Réseau social : profil anonyme contre dictature

Hamadi Kaloutcha

Hamadi Kaloutcha

On imagine aisément que la suppression de profils anonymes sur Facebook peut nous protéger des personnes mal intentionnées. Cette vision des choses est pourtant très égocentrique, ainsi qu’en atteste l’expérience récente de Sofiène Bel Hadj.

Le Cyberactiviste tunisien – en visite actuellement chez Alter – est en effet actif sur Facebook depuis fin 2008. Ce qui lui a d’ailleurs valu d’être appréhendé par la police tunisienne puis jeté en prison.

C’est via son profil anonyme Hamadi Kaloutcha (http://www.facebook.com/Kaloutcha.Hamadi) – que l’on pourrait traduire en gros par “Dupont la canaille” (on ne peut donc pas dire que Sofiène ait essayé de tromper le public sur son anonymat) – que le blogueur a informé ses compatriotes et appelé à réagir contre le régime.

Mais voilà, sous prétexte de lutte contre les profils anonymes, sa page a été supprimée par Facebook voici une dizaine de jours. Il a donc fallu ruser pour rétablir le profil. Une semaine aura été nécessaire pour convaincre l’administration du réseau social et rétablir la page d’Hamadi Kaloutcha.

Ce n’était juste qu’un combat de plus pour Sofiène, qui a maintenant l’habitude que sa page disparaisse ou soit piratée, ainsi qu’il a eu l’occasion de l’expliquer en public mercredi passé (“Si la révolution tunisienne nous était contée… de l’intérieur” http://www.alterechos.be/?p=breves&d=i&c=a&art_id=21684&listby=day&art_date=2011_09_14). A chaque fois pourtant, il est parvenu à récupérer sa page et son contenu.

Retenons tout de même que si, chez nous, l’anonymat est un danger pour les internautes, ailleurs il constitue un danger – salutaire – pour les dictatures.

Arnaud Grégoire

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4 réponses à Réseau social : profil anonyme contre dictature

  1. Rudy Labedaine dit :

    “Retenons tout de même que si, chez nous, l’anonymat est un danger pour les internautes, ailleurs il constitue un danger – salutaire – pour les dictatures.”

    voilà une phrase lancée à l’emporte pièce qui n’inspire pas la confiance dans la profondeur de la réflexion de l’auteur.
    En quoi l’anonymat est il un danger pour l’internaute, où qu’il soit ?
    Et l’internaute gay qui ne désire pas qu’on connaisse son orientation au boulot ?
    Et l’ancienne victime de harcèlement qui souhaite un nouveau départ ?
    Et le jeune qui désire exprimer sa fantaisie, doit il le faire sous son nom réel ? (moi, kevin dujardin, je suis un vrai – rockeur/punk/hipop man/reagae man/… – au choix)
    non, cette politique est là une fois de plus pour vider Internet de sa substance, la liberté de s’exprimer selon son désir.
    Et ce n’est en aucun cas ce genre de méthode qui pacifiera les réseaux et protègera le quidam d’une arnaque, ou le sysadmin d’une intrusion.
    C’est du puritanisme de base, au service des puissants et de leurs banques de données, dont les européens sont complètement dépendant depuis peu.
    Et c’est consternant de voir tant de confiture ajoutée par les journaleux sur ces services… évidement, le commerce n’est pas loin.

  2. oliver dit :

    l’anonymat un danger chez nous sur internet?????

    en quoi?
    parce qu’on peut lacher des rumeurs?
    pirater?
    arnaquer les gens sur ebay?
    dans ces cas là, il n’y aurait pas d’anonymat valable si il n’y avait pas ces utilisateurs naifs et je-menfoutiste.
    est-ce que cela cause du tort à autrui?
    aucunement , à part pour les entreprises gripsou qui ne voient pas l’interet de se payer un expert sécurité et ces ado-post ado qui flirtent sur le web-putride des réseaux sociaux.

    une maxime qui date mais est toujours valable :
    “si tu veux vivre heureux, vis caché !!!”

    on a l’obligation de passer un permis pour conduire, il faudrait la même chose pour utiliser internet et un ordinateur.
    on éviterait 90% des nuisances.

  3. Moshe dit :

    La france est une dictature qui ne dit pas son nom t’as bien compris :@

  4. Joachim Glad dit :

    Bonjour, j’ai trouvé votre article intéressant mais il me semblerait judicieux d’éviter les distinctions de type “chez eux” et “chez nous”.

    A ce titre, voici un article qui tombe à pic dans l’analyse des usages des réseaux sociaux :

    Fanny Georges, “Représentation de soi et identité numérique
    Une approche sémiotique et quantitative de l’emprise culturelle du web 2.0″

    http://www.cairn.info/revue-reseaux-2009-2-p-165.htm

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