Cela fait des années que des projets de monnaies alternatives émergent ici et là. Des projets bourrés d’idées et d’idéaux, plein de bonne volonté, mais rien de très structuré jusqu’ici. Une situation qui évolue pourtant radicalement ces derniers temps, notamment sous l’impulsion du Réseau Financement Alternatif (RFA), qui a mis en place une stratégie de groupes locaux développant des projets d’économie alternative. Il a aussi contribué à la réflexion sur une monnaie complémentaire pour la Région bruxelloise : l’Eco-Iris.
Dans son rapport annuel 2010, le Réseau Financement Alternatif expose en effet la mise en place d’une nouvelle stratégie pour donner un coup d’accélérateur à la création de monnaies locales.
“Face aux demandes et questions de plus en plus pressantes sur la finance éthique, les activités économiques locales, etc. nous avons mis en place un réseau citoyen dans le cadre duquel nous soutenons la création de groupes locaux FINANcité qui travaillent sur les thématiques de l’épargne, du crédit ou des monnaies complémentaires”, explique Laurence Roland, du Réseau Financement Alternatif.
FINANcité s’emploie ainsi à aider des groupes qui agissent dans un premier temps sur la formation et l’information et qui peuvent aller jusqu’à la mise sur pied d’une monnaie alternative. Du côté francophone, deux groupes locaux soutenus par RFA, à Mons et à Meix-devant-Virton, sont en phase de mise au point de leur monnaie alternative.
A Bruxelles, une étude de faisabilité a été menée sous l’impulsion du cabinet Huytebroeck (Ecolo) et de l’IBGE, par plusieurs partenaires (le Centre d’études économiques et sociales de l’environnement , Groupe One et le RFA) pour analyser la pertinence de la mise en place d’une monnaie complémentaire. Celle-ci répondrait au nom d’Eco-Iris. Elle serait très ancrée par quartier et conçue en partenariat avec les habitants. L’objectif est que à la fois l’IBGE et les habitants définissent les comportements qui “rapportent” des Eco-Iris d’une part; et les biens et services que permettront d’acheter les EcoIris, d’autre part.
L’étude est donc à ce stade bouclée et elle a préconisé un projet pilote sur trois quartiers de Bruxelles pour tester la formule. Des quartiers ont été identifiés. On attend la décision du politique.
La formule qui serait adoptée pour Bruxelles est notamment inspirée de l’exemple d’un quartier populaire de Gand où les associations ont créé le “toreke”. Cette monnaie complémentaire permet aux habitants d’être rémunérer pour le travail en faveur de l’amélioration du quartier : nettoyage de parc, entretien d’un potager collectif… Ils peuvent ensuite échanger ces torekes dans des magasins bio ou commerces de seconde main, par exemple. Soulignons que le projet gantois est soutenu par les autorités.
Dans les mois à venir, on devrait donc voir naître de plus en plus de groupes locaux, qui jettent les bases d’une finance alternative, nettement plus proche des gens. Et peut-être aussi beaucoup d’autres monnaies complémentaires.
A ce sujet, lire notre focus : “L’épi en guise de blé”
Signalons aussi que notre prochain numéro d’Alter Echos revient en détail sur l’expérience gantoise des torekes.
Pour télécharger le rapport annuel du réseau Financement Alternatif : http://www.financite.be/financite,fr,57.html
Arnaud Grégoire

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