Le Forem dressait en début de semaine l’Etat des lieux socio-économique de la Wallonie. L’occasion pour l’organisme en charge de l’emploi et de la formation de pointer à nouveau les métiers critiques et ceux en pénurie de candidats.
Le Forem relève ainsi que 47 métiers sont critiques et que 37 métiers sont en pénurie de candidats (pour la liste complète, voir la copie du tableau extraite de l’Etat des lieux du Forem, reprise ci-dessous). Ce qui est marquant c’est, ainsi qu’on l’on le souligne du côté du Forem, que ce sont peu ou prou les mêmes métiers qui restent en carence depuis dix ans.
Si la situation n’a guère évolué, c’est peut-être que le problème n’est pas bien posé. En effet, examiner la problématique des métiers en pénurie strictement du point de vue de la formation et du manque de personnel compétent – et donc individualiser le problème en pointant les chômeurs non formés comme, d’une certaine façon, responsables des pénuries – est une vision très étroite de la question.
Du côté du Forem comme des syndicats, on souligne à quel point la problématique d’un métier en pénurie est relative au secteur d’activité concerné. Mais l’on observe aussi des constantes au travers de différents secteurs : la pénibilité du travail, les régimes horaires difficiles et les rémunérations faibles, font partie des ces causes de pénurie en aval de la formation.
Pas étonnant, au vu des conditions de travail, que des jeunes formés au métier de chauffeur poids lourd quitte leur boulot après six mois. On leur demande parfois, pour du transport national, de démarrer leur journée à 3h30 du matin et de la terminer à 21h. Le problème est similaire chez les infirmières : elles doivent travailler à pauses, sept jours d’affilé, ce qui revient à sacrifier une bonne partie de leur vie privé, pour un revenu peu motivant!
La liste des métiers en pénurie reprend aussi les coiffeurs. Mais à Bruxelles, il faut bien souvent être trilingue pour trouver une place de coiffeur.
Enfin, certains métiers sont en pénurie parce que le seuil de compétence est trop élevé. Pensons ici notamment aux ingénieurs et informaticiens. Ceci dit, faire un infirmier d’un ancien sidérurgiste reste une gageure…
S’agissant de métiers en pénurie, il convient aussi de se poser la question de la façon dont est définie la pénurie. Au tournant du millénaire, une importante pénurie d’informaticiens a été médiatisée. Si celle-ci était certes réelle, elle était toutefois de nettement moindre importance que ce qui était communiqué à l’époque et qui ne représentait dans les faits que l’important turn-over des spécialistes IT.
L’on dit aussi ça et là que des secteurs déclareraient certains profils en pénurie de façon à pouvoir faciliter l’embauche d’un personnel étranger – qui bénéficie dès lors de facilités pour obtenir les autorisations de rester sur le territoire – et offre aux employeurs un coût nettement moindre. Voilà qui reste toutefois à vérifier.
Ce qui est certain, ainsi que le souligne Pedro Rodriguez, responsable des travailleurs sans emploi à la CSC, c’est que la vision des métiers en pénurie doit être élargie et qu’on ne peut faire reposer sur la seule question de la formation du chômeur la cause de la pénurie.
Arnaud Grégoire


“S’agissant de métiers en pénurie, il convient aussi de se poser la question de la façon dont est définie la pénurie.”
et vous ne vous demandez pas si ces métiers sont vraiment en pénurie?
barman,serveur,== horeca> on est une dizaine à se présenter par place
ingénieur>il faut 2-3mois minimum pour un jeune ingé sans experience pour trouver un job
informaticien>pas besoin de diplôme pour travailler la dedans,c’est encore un des seuls métiers , où on peut être auto-didacte
“Ceci dit, faire un infirmier d’un ancien sidérurgiste reste une gageure…”
ca ne poserai pas de probleme SI il n’y avait pas eu onkelinx et son foutu décret qui impose de faire les 2 premieres années de son graduat en 3ans
SI les cours du soir pour infi n’avaient pas de place si limitées et des horaires à chier fait pour les gens du cpas, les chomeurs ou les travailleurs à 1/2temps; Sans compté que ça se fait en 5ans(et il faut attendre 3ans pour avoir son numero inami et donc travailler dans le milieu)
parlons un peu des formations du forem? ce sont des formations? ou plutot de l’occupationel, c’est plutot ce dernier, on m’a répondu ca lors d’un entretien pour devenir formateur pour des électriciens !!!
les cours du soir sont généralement bidons , surtout sur la région carolo, où on doit faire travailler les étudiants avec du matos des années 60-70…
on pourrait parler de technofutur tic…sur le papier ,c’est correcte, sauf qu’ils sont sur un zone non déservies par les bus..1bus toutes les heures sur un zoning à 1h de marche de gosselies.
quand on habite roux-courcelles, c’est plus rapide de prendre un bus pour charleroi puis un autre pour le zoning…
Comment expliquer la carences dans le métier d’ attaché commercial au moment où les lauréats des écoles de commerces ne trouvent pas de travail?
Bonjour,
Très bonne analyse Mr Arnaud Grégoire, en effet, il faudrait rechercher les causes car le fait de constater qu’il y a pénurie pour certains métiers n’avance à rien. Les fonctions critiques sont souvent délaissés pour diverses causes multifactorielles: la pénibilité du travail, des régimes horaires variables et des rémunérations faibles, important turn-over, etc. Quant aux fonctions en pénurie, d’après moi, il s’agit plutôt d’une réserve de main d’oeuvres limitée qui ne fait pas l’affaire des recruteurs. Moins de candidats = moins de choix. Il faut aussi souligner que les recruteurs sont à la recherche de talents, autrement dit, de surdoués manuels ou intellectuels voire les deux. D’autre part, les candidats doivent être attirés par une politique de recrutement qui offre des emplois stables et rémunérateurs en fonction du profil du candidat sinon le problème persistera toujours.