Les ALE, enjeu ignoré de la réforme institutionnelle ?

L’Onem va rappeler des travailleurs qu’il avait détaché auprès des ALE. Bientôt régionalisées, les agences locales pour l’emploi risquent-elles ainsi d’être vidées de leur substance avant transfert ? Régions et syndicats n’auraient été consultés qu’à postériori. Et du côté des travailleurs, on s’inquiète.

Passé presque inaperçu, un amendement à la loi programme du 22 mars 2012 voté par les partis de la majorité fédérale risque pourtant bien de semer une certaine zizanie dans les semaines qui viennent. Celui-ci stipule en effet que des travailleurs engagés par l’Onem, mais détachés auprès des ALE (agences locales pour l’emploi) pour les aider dans leur travail d’accompagnement des chômeurs, vont être rappelés vers l’Onem pour effectuer un travail de facilitateur (qui est l’agent chargé d’évaluer lors d’entretiens individuels les « efforts » fournis par les chômeurs dans leur recherche d’emploi) auprès des jeunes bénéficiant d’allocations d’insertion. Rayon chiffres, même si rien n’est encore officiel, on parle de neuf agents « rapatriés » à Bruxelles, 20 en Région wallonne et de 20 à 25 en Région flamande.

Là où le bât blesse, c’est que les syndicats et surtout les régions semblent avoir été informés de cette mesure « à posteriori » par Monica De Coninck (SP.a), la ministre fédérale de l’Emploi, alors que, rappelons-le, la prochaine réforme institutionnelle prévoit la régionalisation des ALE. Et du côté des agences locales pour l’emploi concernées, certains font également part de leur mal-être face à cette décision et ses conséquences éventuelles pour les travailleurs et les structures.

Des dératés entre le fédéral et les régions ?

Dans cette situation, les régions semblent faire grise mine. Au sud du pays, on dresse d’ailleurs un constat tranchant. « Nous n’avons pas été consultés par Madame De Coninck, qui par cette mesure empiète sur les perspectives de transfert des compétences, déplore Philippe Mattart, chef de cabinet d’André Antoine2 (CDH), ministre de l’Emploi de la Région wallonne. Dans ce contexte, nous avons demandé une convocation rapide d’une rencontre interministérielle pour en discuter. Elle devrait avoir lieu dans les quinze jours. Il est urgent que nous nous parlions avant que l’on entre dans les transferts de compétences. » Du côté de Bruxelles, Benoît Cerexhe (CDH), ministre de l’Emploi, a répondu à une question à ce sujet au parlement bruxellois le 6 juin. Une réponse dans laquelle il affirme être en contact avec le fédéral pour y voir plus clair. Une réunion avec les ALE bruxelloise serait également prévue.

Et en effet, cette situation pose certaines questions, notamment au niveau de la coordination entre le fédéral et les régions pour ce qui est, justement, du transfert des compétences en ce qui concerne l’emploi. « Si avec un aussi petit dossier que les ALE c’est déjà le chaos, qu’est ce que ça va être pour le reste », commente à ce sujet un directeur d’une ALE de la Région de Bruxelles-Capitale, qui a préféré rester anonyme.

Autre point de crispation : plusieurs intervenants soupçonnent à demi-mots le fédéral de vouloir rappeler un certain nombre de travailleurs qualifiés (les travailleurs rappelés seraient de niveau « A », « B » et « C ») avant de « refiler » les ALE aux régions, au risque de faire de ces structures des coquilles fortement déforcées, si pas vides. Ce qui inquièterait jusqu’aux régions elles-mêmes. « Nous voudrions y voir clair, il faudrait vérifier que l’on est pas en train de nous duper », affirme d’ailleurs Philippe Mattart.

Retrouvez la suite de cet article et les réactions du cabinet de Monica De Coninck à partir du mardi 12 juin dans Alter Echos sur le site : www.alterechos.be

Julien Winkel

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La “contrôlite”, le cancer de nos sociétés

Le « contrôle » est devenu le maître mot de nos sociétés.

Contrôler les jeunes pour qu’ils ne dérangent pas trop.

Contrôler les sans-abri pour qu’ils ne dérangent pas trop et pour qu’ils soient moins visibles.

Contrôler les chômeurs dès fois qu’ils frauderaient.

Contrôler les travailleurs pour s’assurer qu’ils font bien leur boulot.

Contrôler les entreprises dès fois qu’elles frauderaient.

Contrôler sa consommation d’énergie pour ne pas payer trop, réduire son empreinte carbone et aider l’Europe à atteindre l’objectif 20-20-20 (lisez notre dossier consacré aux Compteurs intelligents).

Contrôler le niveau de pollution pour sensibiliser tout le monde.

Contrôler les producteurs bio pour être sûr qu’ils respectent bien le cadre.

Contrôler la Nature parce que les éléments déchaînés, les tremblements de terre, tout ça, franchement, ça fait désordre.

Contrôler les pouvoirs publics pour éviter tout dysfonctionnement révélateur d’une perte de contrôle des pouvoirs publics.

Contrôler les hommes politiques pour vérifier qu’ils font bien ce qu’ils disent, et qu’ils disent ce qu’ils font.

Contrôler la police pour pouvoir la rappeler à l’ordre si certains de ses membres ne respectent pas la Loi.

Contrôler les contrôleurs, parce que laisser trop de pouvoir aux contrôleurs pourrait s’avérer dangereux.

Il faut toujours contrôler quelqu’un, quelque chose. Le contrôle est bien évidemment utile et nécessaire pour s’assurer que tout ira pour le mieux. Que rien ne viendra entraver la bonne marche des choses ! Or aujourd’hui, le contrôle, ou plutôt sa cellule cancéreuse la “contrôlite”, perturbe le bon fonctionnement de nos sociétés. (lire l’édito complet ici)

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Cachez ce sans-abri que je ne saurais voir

De Marseille à Budapest en passant par Liège ou Anvers, les mesures pour chasser les sans-abri des villes se multiplient un peu partout en Europe.

Les sans-abri ne sont-ils plus les bienvenus dans l’espace public ? C’est en tout cas ce que semble montrer l’actualité de ces derniers mois…

Nous en faisions l’écho dans nos colonnes, en Hongrie, les sans-abri attrapés en train de dormir sur un banc ou vendre des journaux risquent désormais une amende, voire, une peine de prison (Lire Alter Echos n° 334 « SDF à Budapest : Pàl Schmitt nettoie à droite »16 mars 2012).

En France, les élus UMP ont multiplié les mesures anti-mendicité. Après le maire de La Madeleine, en banlieue lilloise – qui suscitait la polémique avec son arrêté traduit en roumain et en bulgare – c’est celui Nogent-sur-Marne, en banlieue parisienne, qui a fait parler de lui dans les journaux avec son interdiction de fouiller dans les poubelles. Les sans-abri pris la main dans le sac devant s’acquitter d’une amende de 38 euros. Même sanction à Marseille, avec un texte qui interdit « de se livrer à toute forme de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver le passage… ».

À Vilnius, la capitale lituanienne où vivraient quelques 10.000 sans-abri, une nouvelle législation condamne non seulement les personnes qui mendient, mais aussi celles qui leur donnent de l’argent. L’amende pouvant s’élever jusqu’à 580 euros !

Quid de la situation en Belgique ?

Au Daklozen Aktie Komitee, on s’inquiète depuis longtemps de la situation à Anvers. Des sans-abri se verraient infliger des contraventions au nom du règlement interdisant les rassemblements non autorisés sur la voie publique, accuse Filip De Craene : « certains se retrouvent avec plusieurs amendes. Parfois pour des milliers d’euros. On veut chasser les sans-abri de la ville ».

Côté wallon, on apprenait ce matin sur les ondes de La Première que la ville de Liège entend refouler la mendicité agressive de son hypercentre. Depuis 2001, la Cité ardente s’est dotée d’un règlement communal, peu respecté jusqu’à présent, qui permet de « répartir » les sans-abri sur la ville, nous explique Laurence Cominette, attachée de presse du Bourgmestre Willy Demeyer (PS). Suite à une réunion du conseil zonale de sécurité, le procureur du Roi a autorisé à ce que des arrestations administratives de 12 heures soient opérées après trois contrôles consécutifs. « La police pourra retenir la personne jusqu’à 30 minutes après la fermeture des magasins », poursuit l’attachée de presse du Bourgmestre, pragmatique. Seraient visés ici « un noyau dur » d’une trentaine de personnes, pour la plupart toxicomanes.

Sandrine Warsztacki

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Quelques heures à Saint-Hubert, au coeur de la section « dessaisis »

Dans le dernier numéro d’Alter échos, il est possible de découvrir le couloir de cette section du centre fermé pour jeunes de Saint-Hubert. Dans ce blog, c’est justement la parole de deux jeunes détenus (dont les prénoms ont été modifiés) qu’il est possible de découvrir, brutes, sans sélection.

Saint-Hubert section "dessaisis", photo Cédric Valet

Félicien

« Je suis là depuis huit mois. Normalement je dois sortir bientôt. Mon avocat est confiant, je devrais avoir du ‘sursis probatoire’.

Ici c’est vraiment pas glorieux. Les gens ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais c’est le même cadre qu’une prison.

Avant, j’ai été deux fois à la section éducation de Saint-Hubert, juste à côté. Là-bas, les jeunes sont encadrés. On n’était pas deux heures par jour en cellule. Ici t’es dans ta cellule et puis voilà, on est considérés comme des détenus. Le Service d’aide aux détenus est parfois là, mais j’ai pas la tête à regarder des films; ça m’aide pas à penser à autre chose.

J’ai vraiment plein de choses à faire en sortant. D’abord passer le permis, trouver un emploi, aller au Forem. Pour le permis c’est important, je me suis fait avoir deux fois à rouler sans permis et je me suis retrouvé ici pour ‘entrave méchante à la circulation’.

En fait, je suis pas contre le dessaisissement, mais pas pour non plus. C’est vrai que j’ai compris certaines choses, j’ai pas envie de passer ma vie enfermé. Moi ça m’a un peu aidé, il y en a que ça aide pas.

Je trouve surtout que les juges se dessaisissent trop vite. Et puis la justice belge, elle enferme, elle met en IPPJ, c’est tout ce qu’elle sait faire. Elle n’essaye pas de comprendre les jeunes.

Avec les autres détenus il y a de bonnes relations. Avec les agents, ça dépend. Certains aiment bien provoquer les jeunes, faire des coups tordus pour en mettre à l’isolement.

Le plus dur ici c’est le fait d’être enfermé et de pas voir les gens qu’on aime. Ma famille est à Charleroi. Mon père est venu deux fois me voir. Ma mère, ça fait huit mois que je l’ai pas vue. Les visites c’est le samedi matin. Mais comment font ceux qui travaillent… et puis si c’est pour faire deux heures de route…

Ici c’est l’ennui, il n’y a rien à faire. Il y a une télé et une radio qui capte mal. Pour mieux capter j’ai dû rouler de l’aluminium d’un pot de beurre pour l’antenne. Et la bouffe est vraiment dégueulasse. Le type qui arrive à prendre du poids, ici, il est vraiment balèze

En gros, on est toujours là en train de penser, ça rend vraiment parano. Et puis on m’a pas vraiment aidé ici, ou alors le strict minimum. Le service d’aide aux détenus vient demander si ça va, mais sans plus.

J’en veux surtout au système. J’ai été victime de flics qui ont menti dans les PV et à chaque fois c’est leur parole contre la mienne. J’ai pas pu m’exprimer quand je le voulais et le procureur… c’est comme s’il me disait de fermer ma gueule. »

Saint-Hubert, section "dessaisis", couloir, photo Cédric Valet

Saint-Hubert, section "dessaisis", couloir, photo Cédric Valet

François

« Je suis dans la section depuis plus de huit mois. Et avant j’ai été en IPPJ pendant un an et demi.

Je suis en préventive et je ne sais pas quand je vais sortir. Chaque mois on attend, on attend et au final… on sait pas. Du coup ça cogite, ça cogite, on voit rien venir et c’est compliqué.

Ce qui est sûr c’est que je préférais l’IPPJ. Ici on est 21 heures sur 24 en cellule, ça donne encore plus le sentiment d’être enfermé. Car ici, on n’a rien à faire.

Je lis, je regarde la télé, je fais des pompes. Il y a quelques activités, mais presque rien.

Juste avant d’arriver ici, j’ai été en IPPJ pendant plus d’un an. J’avais déjà fait tout le travail dans ma tête. Et tout à coup j’ai été dessaisi, tout le monde se demandait pourquoi. Pour moi c’était une deuxième punition. J’étais en colère, mais surtout déçu.

Avant l’IPPJ, j’avais arrêté l’école, j’étais tout seul chez moi, ça n’allait pas. A l’IPPJ, j’ai fait le travail. Tout était sur le bon chemin, je me resocialisais, je faisais des projets pour « l’après ». Je voulais faire une formation en infographie …. alors que là, c’est frustrant et je ne sais pas quand je vais sortir. On a cassé mes efforts dans l’oeuf.

Entre détenus, il n’y a pas de soucis. On n’est pas nombreux. Par contre, les gardiens, certains sont bien, d’autres se lèvent pour nous faire chier.

J’ai eu dix jours de sanction en régime « strict ». Il n’y avait qu’une heure de sortie. Le temps est très long car on a encore moins à faire que d’habitude.

Saint-Hubert c’est loin. C’est le fin fond de la Belgique. Faut se lever super tôt pour ceux qui veulent nous rendre visite. Je dis ça, mais je n’ai pas vraiment envie que ma mère voie son fils dans ce cadre là. »

Saint-Hubert, section "dessaisis", cellule d'isolement, photo Cédric Valet

Saint-Hubert, section "dessaisis", cellule d'isolement, photo Cédric Valet

Propos recueillis par Cédric Valet

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Le dessaisissement, en Belgique, est l’objet de controverses virulentes. Ces mineurs ne sont plus considérés comme tels. Ils seront – ou ont été – jugés comme des adultes.

Face à des cas de récidive, ou des faits graves de délinquance, le juge de la jeunesse peut se « dessaisir ». A tout moment, il peut décider que le cadre « protectionnel » de la justice pour mineurs n’est plus adapté.

En détention, la loi qui s’applique est la même que celle qui régit les prisons.

La section pour « dessaisis », comporte treize cellules et une cellule d’isolement. Les activités proposées sont très peu nombreuses. Ces jeunes sont « laissés à eux-mêmes », selon les propres mots de la directrice adjointe du centre, Mélanie Demoitié.

Cette impression est renforcée par le contraste saisissant entre cette aile pour mineurs dessaisis et les trois autres sections du centre fermé de Saint-Hubert.

Dans ces trois autres sections – dites « éducation » – des mineurs sont aussi détenus. Mais là, c’est le juge de la jeunesse qui a décidé de les y placer. Des activités quotidiennes et nombreuses sont imposées aux mineurs, avec comme objectif de travailler sur le projet du jeune et sa possible réinsertion.

Entre les sections « éducation » et « dessaisi », il n’y a que quelques grillages. Mais ce sont deux mondes différents totalement cloisonnés.

Si certains considèrent que le dessaisissement est une réponse forte à la délinquance juvénile, d’autres la critique vertement. A commencer par le comité des Nations unies pour les droits de l’enfant ou le Délégué général aux droits de l’enfant.

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« Access denied » : le centre fermé de Bruges refuse l’accès aux médias

Les demandes de “droit de regard” dans les centres fermés introduites à l’Office des Étrangers ont été refusées. Les zones d’ombre persistent. Pour nous. Pour vous.

Migreurop, cette organisation inter-associatives européenne (en Belgique le CNCD, le CIRE, la Ligue des Droits de l’Homme et le SAD en sont membres) réclamait davantage de transparence des autorités sur les lieux d’enfermement des migrants. Visant cet objectif, elle avait associé la presse à sa campagne. « Open Access : Ouvrez les portes ! On a le droit de savoir ! » visait à combattre cette « opacité maintenue par les États, propice aux dérives et à de multiples violations des droits » des personnes en séjour illégal. Demande avait donc été déposée pour la visite du centre fermé de Bruges pour laquelle quatre journalistes (seulement) avaient manifesté leur intérêt. Traitant des matières sociales d’immigration et de droits de l’homme, Alter Echos avait pris la balle au bond.

Les portes restent fermées

Mais l’office des étrangers s’y est opposé par deux fois, confirmant du même coup l’opacité qui règne effectivement autour de ces centres. Transformant la demande d’ « open access » en en brutal « access denied ». Les portes restent donc fermées, ce qui constitue une information en soit, digne d’intérêt. Libre d’interprétation.

Pour Migreurop, la demande prenait valeur de test, et ce à l’échelle européenne : les autorités assumeront-elles la réalité des centres fermés en l’exposant au regard de la société civile ou continueront-elles de se murer dans le musèlement ? Pour Alter Echos, elle constituait l’occasion de mettre en lumière ce qui est tari dans l’ombre. Ce test de transparence, les autorités, belges, françaises, italiennes ou encore espagnoles, ont préféré le botter en touche. Le motif ? La réalisation d’un reportage dans le cadre de cette campagne ne contribuerait pas à « la politique d’humanisation des centres fermés ». L’argument est aussi caduque que paradoxal. La question que nous sommes en droit de nous poser est alors elle-ci : La déshumanisation ne serait-elle pas le fruit de ce refus de mettre des visages sur une réalité ?

Quand le droit est invoqué

Les responsables du centre fermé de Bruges se sont référés à l’article 40 de l’arrêté royal du 2 août 2002 selon lequel « les résidents ne peuvent pas être exposés à la curiosité du public ». Migreurop soulève cependant que « le second alinéa de ce même article stipule qu’ “ils ne peuvent être ni soumis sans leur consentement aux questions de journalistes [...] ni filmés”. En conséquence, si les détenus y consentent, les journalistes devraient pouvoir s’entretenir avec eux. » La curiosité n’est pas systématiquement un vilain défaut…

« Invisibles, inaccessibles, impénétrables, comment expliquer cet acharnement à faire de ces lieux des « non lieux » ? Qu’essaie-t-on de nous cacher ? », s’interoge Migreurop, qui fait appel à l’article 11 de la Charte des Droits Fondamentaux sur la liberté d’accéder et de diffuser de l’information. On lui emboite le pas.

« La Caricole » : droit de regard sélectif

Le nouveau centre fermé de Steenlokerzeel, dit « Caricole », sera par ailleurs inauguré ce mercredi par Maggie De Block et le Secrétaire d’État à des bâtiments, Servais Verherstraeten. « les murs changent, l’indignité reste », déplore le Ciré. Alors, même si le bâtiment est flambant neuf et vient se substituer au vétustes voire insalubres centre 127 bis et le centre Inad – pour « inadmissibles » – sa fonction est équivalente à ceux-ci : priver des migrants de liberté, pour la plupart parce qu’ils demandent l’asile, soit la protection de la Belgique, à la frontière. Or, selon les principes internationaux, le placement en détention doit être l’exception et non la règle. D’ailleurs, une personne ne peut être placée en détention au seul motif qu’elle demande l’asile. « Injustifiable », s’insurge le Ciré, qui appelle à la mise en place d’alternatives à la criminalisation des demandeurs d’asile.

Pour cet événement, des invitations ont été transmises par le service presse de la Secrétaire d’État à la migration à un certain nombre de journalistes. Alter Echos n’en fait malheureusement pas partie. Mais l’occasion est belle pour ceux qui y ont été conviés de revenir sur ce refus de regard dans des centres fermés à l’œil de la société civile. Et de mettre les autorités devant leurs responsabilités et leurs manquements.

Valentine Van Vyve

Lire aussi à ce sujet, dans le N°329 d’Alter Echos : “Accord sur l’asile et l’immigration : le secteur est sceptique

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Les services sociaux de Liège manquent de pékêt

On en apprend des choses sur le portail des marchés publics de la Région wallonne! In y apprend par exemple que les services sociaux de la Ville de Liège ont besoin de vins, bières et spiritueux.

Le Département des Services sociaux, de la Famille et de la Santé de la Ville de Liège vient effectivement de lancer un appel d’offre pour des vins rouges ou blanc, de Bourgogne ou de Bordeaux, des vins rosés et du champagne, mais aussi pour des bières pils et de la Kriek et pour des spiritueux (Cognac 5 ans d’âge, Pékêt 30°, Gin, etc. est-il précisé). Le tout pour un montant allant de 32.000 EUR à 44.000 EUR. Ca en fait des bouteilles!

Chez Info-Drogues, on souligne que le plus grand problème de drogue en Belgique est dû à la consommation d’alcool. Puis vient la consommation de médicaments psychotropes et, enfin, très loin derrière, les drogues dures!

L’alcool est socialement accepté et même promu, mais sa nocivité est terrible, souligne Antoine Boucher, responsable de la communication chez Infor-Drogues. Il y a là un véritable enjeu de santé publique. Ceci dit, pour Infor-Drogues, il ne faut surtout pas interdire l’alcool, mais il faut par contre résolument et globalement interdire la publicité pour l’alcool.

De surcroît, ainsi que l’explique Antoine Boucher : “au plus on est dans une situation de crise, au plus les gens sont dans la précarité, au plus la consommation augmente. Elle devient un refuge, elle offre la possibilité de voir la vie autrement.” Le représentant d’Infor-Drogues pense ici bien-sûr à la consommation d’alcool, mais aussi à l’achat de billets de loterie et autres jeux à gratter qui en augmentant.

Ceci dit, l’alcool, consommé modérément, “met du lien dans une société qui en manque terriblement”, relève toutefois Antoine Boucher…

Gageons que les services sociaux de la Ville de Liège sauront faire bon usage de leur Pékêt pour remettre un peu de lien social dans la ville du Perron.

Arnaud Grégoire

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L’ordonnance économie sociale est votée, Cerexhe commente

Le parlement bruxellois a adopté, vendredi dernier, la nouvelle ordonnance relative à l’économie sociale qui viendra remplacer le texte précédent, daté du 18 mars 2004. Ce texte prétend régler l’agrément et le financement des Ilde (initiatives locales de développement de l’emploi) et des EI (entreprises d’insertion). Communément appelé « économie sociale d’insertion », le terrain occupé par ces deux types de structures vise à insérer dans l’emploi des personnes infra-qualifiées, demandeuses d’emploi ou relevant du CPAS. Pour ce faire, les EI et les Ilde reçoivent un financement régional, régi par une ordonnance, leur permettant d’accompagner ce « public-cible » tout en lui offrant une expérience professionnelle. A l’heure actuelle, le secteur « pèserait » 90 projets (73 ilde et 17 EI) pour 1390 personnes du « public cible » engagées par ces structures. Le tout pour un budget dédié à l’ordonnance de six millions et demi d’euros.

Notons que pour Benoit Cerexhe (CDH), ministre de l’Emploi de la Région de Bruxelles-Capitale, un des objectifs de l’ordonnance est de proposer un cadre clair assurant une sécurité juridique et financière sur le long terme pour les opérateurs s’investissant dans le secteur. Rappelons en effet que l’ordonnance de 2004 n’avait jamais pu être financée à 100 %. Est-ce à dire que les 6,5 millions actuels seront suffisants pour financer les mesures prévues par le nouveau texte ? « Les projets existants n’auront en tous cas pas moins que ce qu’ils ont aujourd’hui, sourit Benoît Cerexhe en faisant noter que le financement du secteur était de 578 000 euros en 2004. Et dans le futur, nous allons nous battre pour trouver des financements complémentaires. »

Le vote de cette ordonnance constitue l’aboutissement de plus de deux années de travail durant lesquelles le texte s’est vu remanié et amendé à de nombreuses reprises, comme ce fut encore le cas encore il y a quelques semaines (voir Alter Echos n°335 du 30 mars 2012 : « Economie sociale : l’ordonnance amendée »). S’exprimant sur le sujet vendredi à quelques heures du vote, Benoît Cerexhe semblait d’ailleurs soulagé. « Certains ont mis en avant le fait que le travail avait pris du temps. Le fait est que nous avons travaillé en concertation avec le secteur. Entre le texte de base et aujourd’hui, il y a d’ailleurs un certain nombre d’améliorations qui on été apportées », soulignait-il.

Ainsi, une définition reprenant les grands principes de l’économie sociale est contenue dans le texte, chose que ne contenait pas le texte de 2004. Autre point : la non-exclusion des entreprises de travail adapté (ETA) du champ de l’économie sociale. Jusqu’il y a un mois, le projet d’ordonnance ne mentionnait en effet les ETA que pour les exclure du cadre de l’ordonnance (« Les entreprises de travail adapté ne peuvent prétendre à l’agrément »). Le texte voté il y a trois jours change quelque peu la donne puisqu’il mentionne que les ETA peuvent finalement faire partie de l’économie sociale, même si elles ne peuvent prétendre à un agrément et un subventionnement dans le cadre de l’ordonnance (elles sont déjà agréées et subventionnées par le Service bruxellois francophone des personnes handicapées). Un point qui a été critiqué par l’opposition (voir Alter Echos n°335 du 30 mars 2012 : « Economie sociale : l’ordonnance amendée »), mais que Benoit Cerexhe justifie. « Il fallait que nous soyons vigilants à propos d’un éventuel double financement. Cela dit, les ETA font partie de l’ordonnance. »

Remarquons pour conclure que les réactions à ce vote ne se sont pas fait attendre. La Febisp (Fédération bruxelloise de l’insertion socioprofessionnelle d’insertion et de l’économie sociale d’insertion) a ainsi sorti un communiqué de presse ce lundi 2 avril dans lequel elle fait remarquer que le texte a subi de grands changements qui « vont globalement dans le bon sens.». Elle pointe néanmoins certains bémols, comme les questionnements relatifs aux ETA ou le fait qu’un certain nombre de questions épineuses ne soient pas prises en compte dans l’ordonnance mais plutôt renvoyées à ses arrêtés d’exécution.

L’opposition au parlement s’est elle aussi manifestée par la voix de Françoise Schepmans (MR), qui parle dans un communiqué daté du même jour de « pari manqué de l’économie sociale ». La députée regrette également que l’ordonnance « exclue les entreprises de travail adapté de son champ ». Elle note aussi que « la nouvelle ordonnance emploie le mot ‘économie’ mais en réalité son texte ne comporte pas une seule mesure pour encourager les porteurs de projets, soutenir la création d’entreprises et faciliter le développement de leurs activités. (…) Toutes les mesures prévues sont exclusivement dédiées au financement d’emplois subsidiés. » Un reproche qui rejoint celui qu’avait fait Serge de Patoul, député (MR), dans le lignes d’Alter Echos il y a quelques semaines en parlant d’économie sociale envisagée comme « béquille de l’emploi » (voir Alter Echos n°331).

Julien Winkel

Retrouvez toutes les informations sur l’ « ordonnance économie sociale » sur le site d’Alter Echos.

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Fini la pute à papa ou comment la prostitution continue d’échapper à la société

La prostitution est sous le feu des projecteurs ces derniers temps. La RTBF y consacre une émission (Qui sont les clients des prostituées ? – Escort: le nouveau visage de la prostitution ?), Inter-environnement Bruxelles un dossier, la Fonderie une exposition et dans notre dernier numéro, nous consacrions un article à la prostitution estudiantine… Le procès de Dodo la Saumure et les récents débats français sur la pénalisation des clients ont sans aucun doute contribué à remettre cette problématique sur le devant de la scène.

Pendant que passe cette petite musique de fond, les correspondants de la rédaction d’Alter Echos, quant à eux, nous suggéraient d’aller voir ce qui se passe sur le terrain à Anvers et à Amsterdam. Nous avions entendu parler des développements de l’asbl Espace P dans de plus petites villes en Wallonie. Et nous avions un sujet en suspens depuis deux ans : quid d’un Eros Center à Liège ? Projet en particulier porté par Icar, une asbl avec laquelle nous avions déjà travaillé de façon rapprochée. Une occasion en or pour approfondir un peu le travail.

Sur les pas de la réalité

Dans cette petite musique de fond, un air connu sonnait faux.

Dans le débat – français en particulier -, les défenseurs de la prostitution ont tendance à brandir un modèle, presque un cliché : la « régulière ». Le commerce du corps se passe dans une unité d’action, de lieu et de temps : une prostituée expérimentée, femme majeure voire d’âge mûr, sûre d’elle voire gouailleuse, qui exerce son métier par choix, avec un statut d’indépendante qui lui assure des revenus prévisibles, en travaillant toujours au même endroit, son carré, avec un bailleur stable, et une bonne proportion de clients hétérosexuels fidèles. C’est d’ailleurs explicitement sur ce modèle que se sont construites les politiques de légalisation, de régulation ou d’organisation de la prostitution, allant du statut néerlandais au quartier rouge anversois rénové en passant par le projet liégeois d’Eros center.

Or, on l’a confirmé à travers les témoignages de tous nos interlocuteurs pour ce dossier, ce modèle semble bien devenu l’exception et la réalité quotidienne de la prostitution est tout autre, comme le montrent nos détours par les quartiers chauds des villes et les abords de quelques nationales.

Sur le terrain, ce qui apparaît, c’est que toutes les frontières et toutes les limites sont poreuses et donc franchies allègrement dans les deux sens. On ment sur l’âge et donc éventuellement sur la minorité. Le genre est travesti ou transformé. Une prostitution homosexuelle s’est développée. Les prostitué(e)s sont mobiles entre divers lieux (voitures, hôtels, domicile du client, clubs, étage de café, etc. en plus des maisons closes) et diverses activités (le show, le massage, etc. en plus du sexe). La flexibilité est partout, les revenus sont faibles ou peu prévisibles. Une certaine mobilité géographique est de pratique courante. La rencontre avec le client se fait par une multiplicité de canaux ou d’intermédiaires, y compris virtuels comme des sites web vitrines.

On a presque envie de parler d’évolutions classiques et prévisibles pour n’importe quel métier de services en 2012…

Mais la prostitution n’est pas un métier comme les autres. Il y a le côté « rose », qui est déjà une zone grise en soi : celui de la prostitution tolérée, permise, voire régulée. Puis il y a toutes les marges plus ou moins glauques autour. Plus on passe du modèle vers les marges, plus les rapports de domination deviennent aigus voire violents : le tenancier ou le « co-locotaire » est un proxénète, voire pire ; le choix du métier du sexe – comme tant d’autres métiers pénibles, en fait – est le plus souvent un choix imposé par les circonstances (pas de diplôme, problèmes de statut de séjour, etc.) et la nécessité de trouver des voies de survie, mais il peut aussi être imposé par la force, par le recours à la violence physique et/ou psychique. Si le métier est assumé, c’est en règle générale a posteriori, par défaut, ce qui n’empêche pas d’afficher une certaine fierté. Certes toutes les prostituées ne sont pas des victimes, isolées, humiliées, violées, rackettées, bien loin de là ! Et le vieux fantasme de la traite des blanches n’a jamais vraiment épousé la réalité.

En revanche, comme nous le disait Catherine François d’Espace P en juillet, « moins la prostitution sera criminalisée, moins elle sera liée au milieu du crime. La clandestinité engendre aussi des conditions de travail dégradées ». C’est malheureusement trop souvent un euphémisme : une fois qu’on a passé les barrières de la légalité, on rencontrera des victimes de toutes sortes comme le montrent les chiffres néerlandais sur la traite des êtres humains.

Qui plus est – et comme journalistes c’est une vraie question à se poser – , moins un travailleur du sexe correspond au modèle traditionnel, moins il y a de monde pour parler en son nom, hormis en partie les travailleurs sociaux qui flirtent avec toutes ces marges, et qui ont aussi leurs différences d’approches et d’historiques. Et plus la prostitution est poussée vers les marges, plus elle va prêter le flanc aux amalgames entre elle et la toxicomanie, la violence ou encore la propagation du VIH.

La prostitution savon

Le détour par le réel est donc indispensable ici pour asseoir les discours et les politiques. Or ce dossier nous a tout de suite montré que ces politiques ne rencontrent pas leurs ambitions, voire provoquent à moyen terme des effets inverses à ceux recherchés. Et ce qu’elles soient répressives ou « tolérantes ».

Le modèle « libéral » des Pays-Bas semble avoir vécu. Les « red districts » hollandais ne sont pas accessibles à toutes les prostituées. Tout comme la Villa Tinto anversoise ne peut accueillir tous les travailleurs et les travailleuses sexuelles. « La prostitution légale ne serait-elle qu’une tentative de ‘façadisme’ ? », questionne notre correspondant aux Pays-Bas. Vraisemblablement oui, malgré les intentions politiques de départ : professionnel(le)s et client(e)s se retrouvent dans des zones hors de portée de l’action publique. Pire, « les personnes qui sont victimes d’abus deviennent inaccessibles et invisibles pour les associations », observe Anne Vercauteren, coordinatrice de Gh@pro à Anvers. Et ces dérives, souvent graves, touchent les hommes comme les femmes, quand il ne s’agit pas de mineur(e)s – un autre phénomène sur lequel nous reviendrons dans de prochaines éditions… A Liège, où la Ville envisage la création d’un Eros center, des acteurs pointent déjà le risque de telles dérives.

Quant à l’approche purement répressive, elle ne fait aussi que déplacer les risques. Le Luxembourg belge vit difficilement le fait de se retrouver de facto terre d’asile pour les prostitué(e)s fuyant des législations grand-ducale et française plus sévères. L’apparition de ces « transfrontalières » a amené Espace P à y entamer des tournées médicales en collaboration avec la Maison médicale Portes Sud.

Enfin, il est un autre territoire qui échappe à bien des contrôles, celui de la cyberprostitution. Les associations et les autorités judiciaires en sont conscientes et certains ont déjà décidé de prendre les choses en main. D’autant plus que la facilité de l’usage du web « favorise l’arrivée de personnes qui n’auraient jamais envisagé d’exercer sur la voie publique », souligne Marc Purnotte de l’asbl bruxelloise Alias qui suit les hommes prostitués.

Pour arrêter de tourner autour du pot

Aucune politique publique volontariste ne semble aujourd’hui apporter de réponse adéquate pour protéger les travailleurs et travailleuses sexuels. Quand elles ont été préparées avec un réel souci de comprendre la réalité en constante évolution, encore faut-il que leur approche soit intégrée ou coordonnée, sans quoi les problèmes ne font que se déplacer d’un endroit à l’autre, d’une compétence ministérielle ou échevinale à l’autre, de la police au travailleurs sociaux et aller-retour…

Les effets pervers des mesures prises sont-ils une raison pour ne pas agir sur ce terrain politiquement délicat? Nous ne le croyons pas. Faudrait-il ne pas agir sur la prostitution même, seulement sur les réalités qui la structurent comme la lutte contre les organisations criminelles, contre les préjugés sexistes, etc.? Sans doute pas non plus. Tolérer la prostitution en sanctionnant les clients n’est ni cohérent sur papier, ni, semble-t-il, convaincant dans les faits. In fine, le débat de la régularisation des professions du sexe, on peut difficilement faire l’impasse dessus.

Emotions, convictions …et action ?

Ce dont nous sommes sûrs en tout cas, c’est qu’il est toujours confortable de se laisser raconter des histoires qui correspondent au récit qui fait déjà partie de nos références culturelles. Le détour par la réalité est ici indispensable. Il l’est encore plus pour éviter des discours qui s’appuient avant tout sur une idéologie ou des convictions (au nom de la bonne vieille morale ou de la liberté sexuelle, au nom de la dignité des femmes ou de la gestion des risques qui pèsent toujours plus sur les plus précaires). Les clichés, les préjugés et les tabous ont un impact indéniable sur les gens concernés et ces impacts doivent être pris en compte.

Parce que le sujet contient son pesant d’or en émotions, il se prête aux discours radicaux, aux effets de manche, aux joutes oratoires bien frontales, aux débats écourtés. Il se prête donc aussi au déni de la réalité, aux demi-mesures et aux politiques bloquées.

Il est donc facile de se mettre en situation de s’intéresser sérieusement à la prostitution tout en se mettant en position d’irresponsabilité. C’est même tentant. Politiquement, le sujet est délicat, très haut dans la liste des sujets à éviter. Et nombre d’acteurs du débat public sont peu enclins à y consacrer de l’énergie, pour ne pas parler de moyens budgétaires. De quoi bien renforcer l’idée si courante et si peu avouable selon laquelle « ces gens n’ont qu’à se débrouiller seuls. C’est quand même un peu leur faute après tout ». Tout comme l’idée sur les filles qui se plaignent de se faire molester alors qu’elles portent des jupes affriolantes….

Une violence de plus, symbolique et sociale, et si diffuse.

Thomas Lemaigre et Baudouin Massart
Lire le dossier complet sur www.alterechos.be

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Action contre un huissier à Saint-Gilles

Mardi 6 mars, 17h30, j’ai pu voir, rue Vanderschrick (Saint-Gilles), un mur de parpaings dressé à la hâte devant le volet fermé d’un bâtiment. Vraisemblablement celui d’un huissier, puisque de nombreuses affiches accusaient les huissiers « de participer au maintien de l’ordre des riches ». Et par conséquent, un collectif anonyme invitait « à perturber les activités d’un des profiteurs de la misère » en murant le bâtiment d’un huissier. Deux jours plus tard, il ne restait (presque) plus rien.

Avant…


… Après


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Photos : Agence Alter/Baudouin Massart

Baudouin Massart

Publié dans Action sociale | 4 commentaires

Hi, robot!

La déshumanisation du rapport à l’usager va-t-elle de pair avec l’augmentation du sentiment d’insécurité?

© Agence Alter/Baudouin Massart

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