Dossier Bernard Boileau

Comme promis sur Facebook, je vous propose ici plusieurs articles que j’ai écrits sur Bernard Boileau. En pdf, vous trouverez un dossier réalisé pour Play Tennis en… 1988… J’avais alors rencontré un nombre important de personnes qui me donnaient leur avis sur Boileau. Et, bien entendu, j’avais également rencontré Bernard assez longuement.
En dessous du pdf, vous trouverez un article publié dans La Libre Belgique en 2006.
Je vous livre cela parce que le portrait dressé sur RTL mardi soir me semblait, comment dire, extraordinairement superficiel.

Dossier Boileau publié dans Play Tennis en 1988 (j’en profite pour remercier le rédac chef de Play Tennis, Michel Vanderstocken, un gars super qui m’a lancé dans l’aventure journalistique et qui est devenu mon ami depuis. Merci Mich!).

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Article paru dans La Libre Belgique le 19 décembre 2006.

La Bonne parole, selon Bernard Boileau

Fils d’ouvrier, l’ex-champion de tennis a connu ce qu’il croyait être le paradis terrestre, puis l’enfer de la drogue. A 47 ans, sa vie tumultueuse semble prendre un nouveau tournant : il veut devenir agent pastoral. Rédemption ? “Non, voie nouvelle !”
récit

Alors que son café refroidit, il roule calmement sa cigarette. “Parce que cela me coûte moins cher. Or, quand j’ai fini de payer mon loyer et les pensions alimentaires de Maude et Jean, mes deux enfants, il ne me reste que 300 euros. C’est dire que je dois faire attention.” Trois cents euros. Douze mille francs belges. Quand il était au sommet de sa gloire, c’est ce que Bernard Boileau gagnait par jour. Ou presque. Puisqu’une victoire dans un simple tournoi belge lui permettait d’empocher 70 000 francs. Par semaine, il en disputait – et remportait – deux, plus un tableau de double. Vingt cinq ans plus tard, le tennisman flamboyant qu’il a été émarge au Cpas de Liège. Et, alors qu’il a roulé dans les plus belles voitures de sport, il se déplace désormais à vélo. “Mais je ne regrette rien. Pendant dix ans, j’ai connu le paradis sur terre. Il n’y avait pas le moindre nuage dans le ciel de ma vie. Après, cela a été différent. Des plaisirs sains qui étaient les miens, j’ai goûté aux autres. A tous les autres… ” Quand Boileau parle de paradis sur terre, il fait référence au monde du tennis des années septante et quatre-vingt. L’époque où ce milieu assez bourgeois découvre, grâce à (ou à cause de) Bjorn Borg, l’argent qui coule à flot et qui va faire basculer la vie de nombreux espoirs. Parmi ces derniers, Boileau est sans doute le plus doué de la génération belge et européenne. A quinze ans, il remporte le tournoi de l’Espérance, l’officieux championnat de Belgique des moins de 21 ans. Il est tellement adroit que, deux ou trois ans plus tard, Yannick Noah dira : “Bernard possède le plus beau revers du circuit. En Europe, il est l’un de mes adversaires principaux.” Mais on n’en n’est pas là. Fin des années 70, le tennis belge n’est pas organisé. Né à Liège en 1959 dans une famille d’ouvriers modestes, Boileau est très rapidement trop fort pour demeurer dans sa province. Son talent est tel que le Léopold Club de Belgique, le club le plus chic et le plus riche du pays, le transfère quand il a à peine 17 ans. Ce qui aurait pu s’apparenter à une bonne nouvelle, marquera en fait le début des années dorées, annonciatrices, elles, de la descente aux enfers. A peine débarqué dans les installations du célébrissime club ucclois, Boileau n’en croit pas ses yeux.
“Mon contrat avec le Léo m’assurait la jouissance d’un flat avenue Louise et d’une voiture de sports dès mes 18 ans. Tous mes repas m’étaient servis dans le club house du Léopold. Je ne recevais pas d’argent mais comme j’avais déjà des contrats avec les équipementiers, je disposais d’une jolie somme par mois.”
En contrepartie, Boileau devait simplement représenter le club lors des interclubs, soit 5 à 6 dimanche par… an.
“Pour le reste, je n’étais astreint à aucune règle, je faisais ce que je voulais. Mes journées étaient quasiment toujours les mêmes. Je me levais vers 9 heures, je m’entraînais deux fois deux heures quotidiennement. Puis, de 16 à 22 heures, je passais du temps avec ma copine. Et, ensuite, le plus souvent, je sortais en boîte.”
Le tout, répétons-le, sans le moindre contrôle.
“J’ai été fort influencé par mes aînés, comme Eric Drossart ou Patrick Hombergen (NdlR : anciens champions de tennis). Issus de la bourgeoisie, ils avaient l’habitude de sortir. Moi, par contre, j’ai découvert un monde que les moyens modestes de mes parents ne me permettaient pas de fréquenter.”
Le choc sera terrible. Mais les effets de ce frontal ne se verront que bien plus tard. Car le jeune Boileau – qui remportera à 19 ans le premier de ses huit titres de champion de Belgique ! – allie alors le talent du tennisman de génie, la beauté d’un éphèbe, la fortune relative d’un golden boy et… la morgue d’un jeune adulte que rien ni personne ne semble pouvoir perturber. Les succès s’enchaînent alors. Plus nationaux qu’internationaux.
Il y avait tellement d’argent à gagner en Belgique que Boileau préfère en effet passer des semaines “de rêve” au pays. Du lundi au jeudi soir, il sort en boîte et, du vendredi au dimanche, il dispute deux ou trois tournois qu’il remporte haut la main. Pourtant, lorsqu’il se rend à l’étranger, il parvient régulièrement à s’illustrer, montant tout de même dans le top 50 mondial en 1983…
Mais il ne voit pas l’intérêt de prendre des risques alors que, sans forcer, il peut régner sur le village tennistique belge… C’est à ce moment, en 1983, que tout bascule.
“Je me sentais de plus en plus seul. Dès que je me trouvais loin de chez moi, je déprimais. J’avais déjà découvert la marijuana lors d’un camp d’entraînement en Floride, deux ou trois ans plus tôt. Mais, ce jour de 1983, comme nous n’avions plus de drogue douce, un “ami” me propose de l’héroïne. Que j’accepte. Je savais que c’était mauvais pour la santé mais je ne pensais pas que je continuerais à en prendre.”
Hélas !, il le fera. A petite dose, tout d’abord.
“La veille d’un match important, elle me donnait l’impression de pouvoir me calmer. De pouvoir aborder la rencontre de manière calme et reposée. Sans m’en rendre compte, je devenais dépendant.”
Un an plus tard, un tournant important intervient. Sa fiancée de l’époque, championne de tennis elle aussi, quitte Boileau après sept années de relations tumultueuses pendant lesquelles le Liégeois ne s’est pas toujours montré sous son meilleur jour.
“Là, j’ai plongé. Je n’avais plus de fiancée, plus de coach, plus d’amis, j’ai commencé à prendre de l’héro tous les jours…”
Ce qui ne l’empêchera pas de gagner encore deux titres de champion de Belgique.
“J’ai remporté le championnat à trois reprises alors que j’étais héroïnomane. J’avais tellement de talent que je parvenais à compenser les effets négatifs de la drogue. A tel point que j’ai cru qu’elle n’altérerait pas ma condition physique et mentale. Et comme l’héro me donnait la sensation de ne pas être aussi malheureux que je l’étais, j’ai continué à en prendre.”
Nous sommes fin 1985. Boileau a 26 ans, il a gagné son huitième (et dernier) titre de champion de Belgique. Très esseulé dans le milieu du tennis, il quitte alors définitivement ce qu’il croyait être un paradis. Malgré plusieurs tentatives de retour au plus haut niveau belge et européen, il échoue. La drogue, l’alcool et sa vie dissolue ont affaibli son corps. Quant à son esprit, il vagabonde au gré des substances ingurgitées. Pendant trois années, Boileau ère de tournois ratés en sorties désespérées. Il essaye à de multiples reprises de se défaire de la dépendance à l’héro, sans le moindre succès. Il est même arrêté par la BSR en 1988.
“J’avais quelques milligrammes d’héro sur moi. Ils m’ont gardé quelques heures mais m’ont relâché à la condition que je ne touche plus à la drogue. Je précise que, contrairement à ce qui a été raconté, je n’ai jamais vendu de drogue. Jamais. Je savais trop qu’une simple prise menait vers la déchéance.”
Il arrête donc la prise d’héro en février 1988. Mais compense ce vide en buvant pas mal. Beaucoup même. Il tente néanmoins un énième retour sur le circuit belge, où on fait payer au joueur des années de comportements prétentieux.
“J’avais tellement dicté ma loi dans les tournois que j’ai cru que je pouvais continuer à le faire. Ce qui n’a pas été possible et a généré chez moi des réactions exacerbées. J’ai donc eu des comportements un rien violents alors que, au fond de moi, je déteste la violence.”
C’est pourtant cette dernière qui sera à la base de son arrestation et de son premier séjour en prison. Après une bagarre sordide dans la maison de ses ex-beaux-parents, il rencontre dans la rue un ancien copain qui lui doit… 2 000 francs belges. Devant le refus de ce dernier de lui rendre la modique somme, Boileau arrache le sac à main de la compagne dudit copain. S’ensuit une course-poursuite au terme de laquelle le Liégeois se retrouvera à la case prison… “Je me suis alors rendu compte que je ne pourrais pas tomber plus bas et que mon incarcération était l’aboutissement de quatre ou cinq années d’un déséquilibre psychologique dans lequel la drogue a joué un rôle important.”
Il en payera encore les pots cassés pendant quelques années. Sorti après trois semaines, Boileau vit effectivement deux années balancé entre les disparitions volontaires, les tentatives d’échapper à la justice et d’autres faits peu reluisants. Il est arrêté le 15 janvier 1990 et condamné à deux ans et huit mois de prison ferme. Un an pour consommation de drogue, trois ans – dont deux avec sursis – pour deux agressions et deux mois pour des infractions de roulage.
Il passera en réalité un peu moins de quatre mois derrière les barreaux de la prison de Saint-Gilles. Sans le sou, mais père d’une petite fille, Maude, le champion déchu réapprend à vivre. Et comme son principal talent demeure le tennis, il tente un nouveau retour aux affaires. Autant dire que ce ne fut guère facile.
“Après avoir été ce que j’avais été, après avoir dominé le tennis belge pendant tant d’années, ce n’était vraiment pas facile de retourner dans les clubs alors que tout le monde savait ce que j’avais traversé. Quand je n’étais qu’un sportif connu, on me regardait déjà comme si j’étais une bête curieuse. Alors, vous pensez, un sportif de haut niveau qui passe par la drogue et la prison, cela a tendance à attiser la curiosité. Mais cela s’est mieux passé que je ne le craignais. Sauf que, étant un ancien drogué, on ne me passait rien. Si je buvais un verre de trop, certains faisaient courir la rumeur que j’étais à nouveau dépendant.”
Ce qui n’était pas le cas.
“Non, je n’ai pas replongé depuis 1988. Mais c’est vrai que j’ai parfois bu beaucoup plus que de raison.”
A tel point que, régulièrement, en effet, les rumeurs les plus folles se propagent de Liège à Bruxelles. Après 1992, Boileau se fait plus discret. Il donne parfois des cours, joue parfois les interclubs mais, jamais, il ne se montre très constant.
“Début 1994, alors que je ne vois plus ma fille née en juillet 1990, je recommence à lire, ce que je n’avais plus fait pendant des années. Après avoir réappris avec des livres légers, comme Agatha Christie, je me suis alors tourné vers les philosophies orientales. J’ai même été voir le Dalaï Lama lors de sa visite au centre boudhiste de Tihange en 1995. Comme je commençais à retrouver un sens à ma vie, j’ai fondé trois ans plus tard l’association Fêtes le mur, destinée à aider les enfants en difficulté, pour laquelle Yannick Noah m’a beaucoup aidé.”
Bien que toujours très inconstant, Boileau donne alors l’impression d’avoir trouvé une nouvelle voie. Il devient d’ailleurs consultant tennistique pour la RTBF fin des années 1990.
“Je pensais moi aussi que ces deux activités allaient me donner de l’oxygène. Hélas !, en 2001, les subsides ont cessé d’être versés à l’ASBL dont je m’occupais et la RTBF a mis fin à ma collaboration (NdlR : en raison de certains propos déplacés sur antenne). Qui plus est, je n’avais plus de maison, plus de voiture, je ne voyais plus ma fille, ni mon fils et, bien sûr, je n’avais plus un sou.”
Mais, alors que la situation semble désespérée, le Liégeois croit apercevoir des signes. Après avoir apprécié la philosophie orientale, il reviendra, grâce à ces signes, vers la religion catholique. Ou, plus exactement, chrétienne.
“J’ai réappris à connaître Jésus. En fait, après avoir visité les cultures et philosophies orientales, j’ai commencé à lire des livres sur la vie de Jésus. Par intérêt littéraire et historique, tout d’abord. Puis, j’ai appris à aimer l’homme. Au fur et à mesure de mes lectures, j’apercevais davantage les signes qui se présentaient à moi.”
A tel point qu’en 2003, Boileau participe à la “marche des vocations” de Huy à Banneux.
“J’y ai rencontré des gens incroyables. Dont un ingénieur qui gagnait super bien sa vie et qui voulait devenir prêtre. J’ai aussi beaucoup discuté avec des jeunes femmes, très jolies, qui avaient choisi le Seigneur pour compagnon.”
C’est au soir de cette marche que le tennisman décide de se renseigner sur les possibilités qui s’offrent à lui.
“J’ai eu envie de me mettre au service de l’Eglise. J’ai alors appris qu’il y avait des formations à l’évêché qui permettaient de devenir agent pastoral ou assistant paroissial. J’ai commencé les cours en 2004. J’ai réussi la première des trois années et raté la deuxième. Mais je poursuis car je pense vraiment que c’est ma voie.”
Bernard Boileau, assistant paroissial. On imagine assez aisément le choc que cette information peut générer chez ceux qui l’ont connu il y a vingt ans.
“Je suis bien conscient que j’étais alors plus proche de Sodome et Gomorrhe. Je vivais d’honneur, de gloire et d’argent. Les temps ont bien changé. Ma foi est rationnelle et raisonnée. Je la ressens de l’intérieur et elle se traduit de manière différente. Je ne suis ni mère Teresa, ni sœur Emmanuelle, ni saint François d’Assises. J’espère désormais avoir suffisamment de discipline et de rigueur pour que le reste de ma vie soit dédié à cette vocation. Je sais que beaucoup de gens vont avoir des difficultés à me croire mais je ne demande pas que l’on croie en moi. Je n’ai de compte à rendre à personne, tout comme je n’ai pas le droit d’avoir de la rancune envers quiconque. J’ai toujours su que Dieu avait un projet pour moi, même quand je jouais au tennis. Aujourd’hui, je pense avoir compris quel était ce projet et je suis prêt à le suivre.”
Puisse cette fois Bernard Boileau ne pas être détourné de son chemin. Nul doute que son fils Jean, baptisé il y a un an, l’aidera à se consacrer à cette vocation. Pour bien le connaître, on peut affirmer que sa sincérité est réelle. Qu’il croit en lui. Que sa vie a désormais un vrai but.
“Je ne parlerais pas de rédemption. Mais bien, effectivement, d’une voie nouvelle.”
Ce récit a été écrit en faisant référence à quatre entretiens avec Bernard Boileau. Le premier en 1988, le deuxième en 1992, le troisième en 2001 et le dernier, la semaine dernière, à Liège.

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10 réponses à Dossier Bernard Boileau

  1. Sancho dit :

    Très très bel article. Ca tranche vachement avec les pérégrinations d’un pauvre divorcé monégasque qu’on peut lire par ailleurs…

  2. Joseph dit :

    Cher Monsieur Haumont, il y a toujours beaucoup d’humanité dans vos articles ou entretiens. Dans le “journalisme” sportif, c’est tellement rare que cela mérite d’être souligné. Je ne m’intéresse au sport que de manière “philosophique”. Je suis peut-être allé dix fois au stade dans ma vie, je n’ai vu qu’un seul match de tennis en “vrai” (une rencontre de double -perdue- en coupe Davis contre la Corée). Je ne connais pas Bernard Boileau. Je l’ai rencontré une fois, par hasard, lors d’une soirée où j’avais été invité au Country Hall du Sart-Tilman. Le mot “beuverie” serait plus exact. Il y avait là sportifs de tous genres, présidents de clubs, “managers” de porte-feuillesss, et j’en passe. Et, au milieu d’eux, Bernard Boileau déjà déchu. Nous avions échangé quelques paroles anodines. Interrompues par de grandes claques dans le dos et paroles avinées d’encouragement. Bernard allait revenir. Tu vas leur montrer qui tu es, mi fî… Avant de quitter, j’avais dit à Monsieur Boileau que j’avais rarement entendu autant d’âneries en si peu de temps. En souriant tristement, il m’avait répondu: “oui, monsieur, tous ces gens ne connaissent rien, ils ne savent pas ce qu’est le sport, moi, je sais que je ne reviendrai jamais”. J’avais trouvé ces propos d’une admirable lucidité. Il m’avait serré la main en terminant son verre de… jus d’orange… Qui a connu l’enfer trouve le paradis dans le moindre clin d’oeil. Je souhaite à Monsieur Boileau d’en croiser beaucoup sur la nouvelle voie qu’il a choisie.

  3. behbehr dit :

    Un article bien rédigé sur le miroir aux alouettes que constitue parfois le sport et cela n’est pas valable que pour le tennis…

  4. Vincent H dit :

    J’ai été très touché par cet excellent papier (une bonne habitude cher Mr Haumont) mais c’est également émouvant parce que c’est avec Bernard Boileau que j’ai débuté le tennis à la fin des années ’70… à Boussu dans une “bête” salle omnisport. J’avais un joli coup de raquette et une bonne dizaine d’années, c’est grâce aux conseils et aux encouragements de Bernard que j’ai poursuivi ce sport qui est devenu une passion. Je joue toujours une ou deux heures par semaine. Je ne suis finalement qu’un modeste joueur mais toujours aussi heureux de frapper dans la balle et c’est en grande partie à cet homme que je le dois. Je voulais qu’il le sache.

  5. pimpinette dit :

    Pénible émission que celle passée à la télé d’un certain SP par contre bonne mise au point d’un certain journaliste de la presse écrite!! bonnes fêtes de Noël.

  6. bruno dit :

    Franchement, Patrick, le dossier et l’article sont excellentissimes…J’ai eu l’occasion de voir jouer Boileau à plusieurs reprises dans le cadre du championnat de Belgique (qui n’ a pas de valeur à mes yeux) et dans des tournois ATP joués en Belgique. C’était clairement un brillant joueur, spectaculaire et doué. De là à le placer potentiellement dans le top 10 ou 15, j’ai mes doutes. Il suffit de se référer à ses résultats, la seule chose qui compte en fait. Non, restons sérieux, top 50, oui mais pas plus, ce qui est déjà remarquable.
    Quant à ses nombreuses incartades, au fond, il a de la chance de s’en être tiré à si bon compte : violation de domicile avec violence, ça coûte cher en principe. Mais bon, Bernard n’est pas violent, ne se drogue pas (plus), ne boit pas, bref, c’est le beau fils idéal….

  7. bruno dit :

    Franchement, Patrick, l’article et le dossiers sont excellentisimes…J’ai vu Boileau jouer à plusieurs reprises en championnat de Belgique et lors de tournois ATP ou de matches de Coupe Davis. C’était un bon joueur, sachant tout faire…Mais selon moi certainement pas un top 10 ou un top 15…Il suffit de se référer à ses résultats contre les joueurs de ce niveau : McEnroe, Borg, Clerc, Noah, Gerulaitis…Une bonne râclée à chaque fois. Pour moi, c’était un top 50, ce qui n’est pas mal. Quant à son comportement, il était odieux: arrogant et prétentieux sur les courts…Le féait qu’il soit issu d’un milieu modeste, etc…n’excuse rien à mes yeux. Au contraire…il aurait dû prendre conscience de la chance qu’il avait d’être doué au tennis et travailler, travailler, sans cesse, comme les vrais stars….

  8. ZiggY dit :

    Bien longtemps après sa diffusion sur RTL, j’ai visionné sur YouTube une vidéo d’une vingtaine de min. sur l’émission que Pauwels avait consacré à Bernard Boileau. Cela ma radicalement foutu le blues & les larmes aux yeux, tellement il était évident que c’était plutôt le côté sensationnaliste qui était recherché…
    Faut dire que ce reportage a fait défiler une partie de ma vie devant mes yeux car BB est loin d’être un inconnu pour moi, nous avons vécu une histoire semblable et nos chemins se sont croisés. Je l’avais vu gagner le Tournoi de l’Espérance au Léo quand j’avais treize ans, c’était pas loin de chez moi: il jouait vraiment bien, c’était de suite devenu l’idole tennistique du petit joueur que j’étais.
    Un peu moins de dix années plus tard, alors que je ne jouais plus au tennis depuis belle lurette et que je déconnais plein tubes depuis un certain temps, j’ai reconnu Bernard chez une connaissance commune pas trop recommandable, dans ces quartiers du sud-ouest de la capitale dont il parle dans l’émission. Nous étions en fait tous deux là pour une seule et même triste raison: notre accoutumance à l’héroïne.
    C’est dans ces circonstances très particulières que j’ai pu retrouver celui qui était mon idole quelques années auparavant, constater le chemin parcouru et l’ampleur de sa descente aux enfers (qui commençait alors), qu’il menait parallèlement à la mienne.
    Bernard n’était pas fier et n’aimait pas qu’on le reconnaisse dans ces milieux. Il ne refusait cependant pas la discussion et semblait vouloir s’en sortir. C’est lors de ces rencontres avec lui que j’ai appris à un peu mieux le connaître et l’apprécier: bien sûr Bernard se droguait mais il y avait bien d’autres choses intéressantes et touchantes chez lui.
    C’est lorsque j’ai été incarcéré pour 2 longues années en 1988 que j’ai appris que Bernard, que je n’avais plus revu depuis un certain temps, ne semblait pas sortir de l’ornière…
    Ensuite, dans les années 90, alors que je remontais lentement la pente, j’ai encore de temps à autre entendu des nouvelles de Bernard. Jamais rien de génial… sauf quand il est devenu conseiller tennis pour la RTBF, là j’ai pensé que peut-être il y était arrivé. Mais visiblement ça n’a pas duré.
    C’est également pour cela que l’émission de SP sonne creux et fait tellement mal… ok, c’est une partie de la vie de Bernard et c’est un peu la mienne aussi, mais il y a d’autres valeurs en nous & nous valons mieux que ce que ce genre d’émission peut laisser penser.
    Cela m’a fait mal de revoir Bernard tant d’années après, visiblement fatigué et quand même un peu abîmé, et d’entendre qu’il émargeait au CPAS de Liège.
    Comme je le comprends dans sa quête de spiritualité et son envie de transmettre son talent à son fils… Comme j’aimerais lui dire que je suis de tout coeur avec lui et que je lui souhaite vraiment d’y arriver! Vas-y mon Bernard!
    Mais aussi, cet article-ci m’a paru autrement plus digne que l’émission de Stéphane Pauwels et cela méritait d’être dit.

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