Dans un groupe, avoir un Germain Gigounon constitue un plus indéniable. Débordant d’énergie et de sympathie, ce Binchois est sans nul doute un lien entre tous les joueurs et le staff. Il ne se passe pas un moment sans qu’il ne regarde à droite et à gauche pour voir si tout le monde a ce dont il a besoin. Il va donner des conseils à des joueurs plus aguerris que lui. Pas parce qu’il se la pète mais bien parce que c’est un passionné. Un vrai. Un dur. Tout petit, déjà, il étudiait les classements par cœur et savait vous les ressortir sans erreur.
Aujourd’hui, il est toujours passionné de tennis, mais aussi par tous les sports. Il a le cœur sur la main et, il est tellement généreux que, parfois, il en fait trop. Il est en fait un rien extrémiste, ce qui fait l’un de ses charmes. C’est ainsi qu’à La Manga, lors d’un petit mach de foot, sur un assist parfait d’un autre Binchois J, il s’est légèrement blessé. Parce que, sur et en dehors du court, il se donne à fond.
Son enthousiasme, son intelligence et sa passion en font d’ailleurs un candidat potentiel à une place dans le staff AFT. Mais, si nombreux en parlent déjà, lui ne veut pas y penser. Il est trop tôt. Et il a bien raison puisque, en 2011, il a progressé de plus 300 places pour se retrouver à la 458ème.
Rencontre à La Manga.
Germain, comment expliquez-vous cette très bonne saison ?
Germain Gigounon : le fait d‘avoir été blessé au cours des dernières saisons et de savoir que j’étais au pied du mur m’a archi-motivé. J’ai beaucoup joué à partir d’avril et, petit à petit, j’ai arrêté de penser aux blessures et j’ai repris confiance. En début d’année, je suis allé en Serbie avec Christophe (Rochus) grâce auquel j’ai aussi repris confiance en mon jeu.
Et puis, il y a eu la série des 10.000 dollars en Belgique.
Oui, ils m’ont fait beaucoup de bien. Pendant cette série, j’ai enfin compris qu’il n’y avait pas 36.000 manières de jouer au tennis. Cela a commencé à payer à Havré, contre Devilder, même si j’ai perdu. Et, ensuite, à Coxyde, tout s’est bien passé et j’ai su que les Futures étaient à ma portée.
Quand vous dites que vous avez compris qu’il n’y avait pas 36.000 manières de jouer, vous pouvez être plus clair ?
J’ai compris que je devais aller chercher les points. Moi, je courrais, je courrais, mais je ne prenais pas de risques. Sur terre, il faut oser faire des décalages pour frapper en coup droit. Il faut gratter la balle, il faut aller à la volée. J’étais trop passif. Je ne jouais pas assez de coups droits. D’autant qu’il n’est pas évident de faire mal avec un revers à une main. J’ai donc enfin compris la manière dont je dois jouer et je pense donc à moins de choses.
Avec ces bons résultats en Futures et, aussi, de belles victoires face à des joueurs assez bons ?
Oui, j’ai battu quelques bons mecs. Et j’ai aussi joué des Top 150. Très franchement, la différence n’est pas énorme. Mais, en restant passif, c’est impossible de les battre.
Quels sont vos objectifs pour 2012 ?
Je suis 450 en début d’année et j’espère la terminer dans le Top 250. Les qualifs des grands Chelems ne seraient plus très loin. Après, il est impossible de savoir ce qui peut se passer, il est impossible de savoir où se situe son top.
Le Top 50 vous semble réaliste ?
Je sais que ce sera hyper difficile et je n’y pense pas. Ce que je veux, c’est atteindre le Top 250 et jouer les qualifs de Grand Chelem. Après, on verra bien. Il ne faut pas viser trop haut, y aller étape par étape.
Qu’exige votre contrat AFT ?
L’objectif est le Top 250.
Ce qui veut dire que le début 2012 sera fait de ?
Je vais commencer mi-janvier par des 15.000 et des 10.000 dollars + H en Angleterre , puis, j’irai peut-être en Turquie. J’espère passer assez vite à des 30.000 en été. Mais je vais sans doute mixer les deux, tout en espérant avoir accès au tableau final de Grez-Doiceau en été (un 30.000 dollars organisé par…. Christophe Rochus) et aux qualifs de l’Ethias (à Mons)
J’ai cru entendre certaines conversations à l’AFT pendant lesquelles on parlait de vous comme future pièce maîtresse du staff. D’ici quelques années…
(Sourires) J’adore le tennis et je ne dis pas que cela ne m’intéresserait pas mais je ne veux pas penser à cela maintenant. Je veux me concentrer à fond sur ma carrière, sur mon jeu. Si je pense trop à un éventuel poste à l’AFT ? Cela pourrait me perturber dans mon jeu.
Comment nouez-vous les deux bouts ?
L’AFT m’aide, je joue les interclubs. Je ne gagne pas d’argent mais je suis en break event. (Sourires). J’ai été dans le cadre du plan Rosetta mais tel n’est plus le cas (Ndlr : en fonction de certains critères d’âge et de classement, les élites sportives peuvent bénéficier de ce plan Rosetta et être donc salariés).
Quand arrêterez-vous ?
Tant que je progresse, je continue. Si je vois que je bloque pendant deux ans, alors, je prendrai la décision d’arrêter. Mais le progrès, ce n’est pas qu’en termes de classement mais aussi de jeu. Tant que je continue à ressentir des trucs que je ne ressentais pas avant, je poursuis.
Que pensez-vous de rassemblements comme celui de La Manga, début décembre ?
Cela m’apporte beaucoup. D’une part, on peut jouer dehors en plein hiver, ce qui nous change complètement d’air. D’autre part, être tous ensemble, avec les joueurs flamands, en plus, permet de créer un véritable esprit d’équipe. On se tire l’un l’autre vers le haut et c’est vraiment très bon pour tous les membres du groupe.
Vous seriez favorable à un centre national ?
Oui, c’est dommage que, dans un aussi petit pays, on ne puisse pas s’entraîner tous ensemble mais bon, c’est bien que l’on puisse se réunir de temps en temps.
Ses résultats 2011 : http://www.lesoir.be/tennis_belge/index.php?page=resultats
Patrick Meur : « Germain, c’est Hulk»
« Germain, c’est un bosseur. C’est Hulk, en fait. Mais il s’est beaucoup blessé et doit faire attention. Il est speedé, stressé. Il veut tellement bien faire qu’il en fait un peu trop et dépense trop d’énergie. Il doit être détendu. Mais quel plaisir de travailler en sa compagnie… »
Pour suivre: Yannick Mertens.