Avec ses énormes qualités et, aussi, ses petits défauts. Darcis et Goffin entrent en force en 2012.
La vie d’une joueuse de tennis n’est pas un long fleuve tranquille. Surtout sur le terrain. Surtout, aussi, quand, comme Kim Clijsters, on ne dispose pas de beaucoup de solutions tactiques lorsque les choses vont mal.
Mais, très franchement, ne nous attendons pas à un changement drastique dans ce domaine là alors que Kim a entamé sa dernière saison sur le circuit et que son palmarès démontre que sa manière de faire est tout, sauf, inefficace.
Hier, face à Ana Ivanovic, on a retrouvé la même Kim Clijsters que l’on connaît maintenant depuis… plus de dix ans. Ben oui, pour rappel, sa première finale à Roland Garros, c’était en … 2001, défaite de justesse face à une certaine Jennifer Capriati.
A savoir qu’elle est entrée dans le match comme une furie. Prenant Ivanovic à la gorge (qu’elle a jolie, d’ailleurs). Et ne laissant pas le temps à la Serbe de s’organiser. Malgré quelques déchets en petit jeu de jambes et en précipitation, Kim s’est imposée 61 sans coup férir. Beaucoup pensait alors que le match serait plié. C’était oublier un peu vite le style même de Clijsters et le fait qu’elle est en manque de matches officiels – ce qui se ressent surtout lorsque l’on mène. C’était aussi oublier qu’Ana Ivanovic n’est pas n’importe qui et qu’elle montrait hier une motivation assez importante.
La Serbe a d’ailleurs très bien commencé le deuxième set. A joué plus long, s’est montrée plus patiente en revers. Et, de ce fait, elle a fait un rien douter Clijsters. Qui, je le répète avec force aime conclure les points en deux ou trois frappes. Et qui, dès qu’elle n’y parvient pas, a tendance à forcer, à se précipiter. Ce qu’elle a donc fait, cherchant trop vite les lignes, cherchant trop vite à faire le point rapidement. Ajoutez à cela le fait qu’Ana servait vraiment bien en première balle, réussissant même quelques aces de belle facture et vous aurez compris pourquoi la Belge a perdu le deuxième set 61. Et qu’elle s’est même retrouvée à 0-3 dans le dernier.
Pendant quasi neuf jeux, Kim était cette joueuse perdue qui ne veut pas (et ne sait pas ?) changer de tactique. Qui attend que ses obus retrouvent le chemin du court. Quand elle est dans cette situation, les jeux défilent.
Mais, en énorme championne qu’elle est, Kim ne baisse jamais les bras. Elle ne doute pas (trop) d’elle et attend que l’adversaire se pose des questions, joue un peu plus court. Et qu’elle-même, expérimentée comme seules les Williams le sont encore sur le circuit, fasse à nouveau tourner le vent.
A 3 0 Ivanovic, l’âme a changé de camp et il n’y a plus eu de match. Kim a repris les commandes, Ana les a lâchées.
Et Clijsters s’est imposée en 3 sets. Une vraie Kim Clijsters. Déjà capable de tout gagner. Mais encore capable de perdre un match. Pas forcément contre les meilleures, loin de là, la Belge étant en fait plus fragile face à des seconds couteaux. Car, la véritable adversaire de Kim, c’est Clijsters. Et inversement.
Cela a quasi toujours été comme cela (sauf que Henin était sa bête noire) et cela le sera toujours.
Au prochain tour, en quarts de finale, Clijsters rencontrera Iveta Benesova qui a pris la mesure de Samantha Stosur, première tête de série.
A noter que Kim pense ajouter Sydney à son programme. Elle prendra sa décision ce jeudi. Si elle joue Sydney et l’Australian Open, j’ai bien peur qu’elle fasse l’impasse sur la Fed Cup face à la Serbie…
L’autre match que j’attendais se passait à Chennaï et opposait Xavier Malisse à David Goffin. J’avais écrit que ce duel belgo-belge serait bien plus ouvert qu’il n’y paraissait. Et, de fait, c’est finalement le plus jeune qui s’est imposé, en trois sets s’il vous plaît.
Dans la première manche, Xavier gérait assez bien les échanges alors que David se montrait un peu naïf, en ce sens qu’il manquait parfois d’agressivité là où il aurait dû être plus sec sur ses envois. Par contre, il ne manquait pas d’audace, osant par exemple quelques amorties de belle facture. Mais Malisse dominait le jeu et c’est logiquement qu’il a pris le premier set.
Ce qui n’a pas démotivé Goffin. Lequel, il est vrai, avait en fin de saison 2011 gagné un grand nombre de matches en trois sets. Il s’est donc appliqué pour finalement prendre le dessus en trois manches. Difficile de dire si Malisse a été fortement perturbé par sa santé, lui qui a fait appel dès la fin du deuxième set au kiné et au médecin, mais David Goffin, sans surprise, s’est montré très solide, mentalement et physiquement. En trois mois et quelques jours, il aura battu Olivier Rochus et Xavier Malisse, les deux premiers joueurs belges. Mais, surtout, des joueurs expérimentés. Une fois de plus, Goffin se pose comme étant l’un des joueurs – mondiaux – pouvant exploser cette année.
Steve Darcis a quant à lui commencé l’année par un Thriller. Mené un set zéro et 3-0, il a réussi à se sortir de ce premier tour face à Kavcic. Voilà qui devrait le mettre en confiance, lui qui n’a quasi pas de points à défendre pendant trois mois.
Olivier Rochus s’est par contre incliné devant le Japonais Sugita, sorti des qualifications.
A Auckland, Yanina Wickmayer joue en ce moment contre Sara Errani alors qu’au 75.000 dollars + H de Noumea, Ruben Bemelmans s’est qualifié pour les quarts de finale.
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