Steve Darcis et David Goffin ont assuré avec sérieux leur statut de favori. La Belgique mène 2-0 et montera dans le Groupe mondial. Le moment est venu de construire le produit “Belgian Daviscup Team”. A Québec City, Kirsten Flipkens est en demi-finale!
Il faisait triste, froid et humide au Primerose ce vendredi midi. Il a d’ailleurs bruiné à plusieurs reprises, ce qui rendait les tribunes encore un peu plus vides qu’elles n’auraient dû l’être logiquement.
J’ai manifestement pas mal énervé les joueurs et le capitaine en écrivant hier que ce match était invendable. Je maintiens ce que j’ai écrit: vendre des matches qui se jouent contre des Suédois que seules leurs familles (et quelques fanas) connaissent relève quasiment de l’impossible. Je reconnais que les organisateurs auraient sans doute pu (dû) faire un effort plus important en termes de publicité mais, très honnêtement, je doute que cela aurait changé quelque chose. Peut-être aurions nous eu deux ou trois cent spectateurs de plus. Et encore.
Se rendre hier sous la pluie et dans la grisaille au Primerose voir Ryderstedt et Vinciguerra alors que le match était télévisé relevait une fois encore d’un acte si pas de bravoure, du moins de parfaite cohésion avec l’équipe de Coupe Davis.
Qui mérite en effet de se créer un réseau de supporter. Qui devrait, en fait, travailler à partir du groupe des « fous furieux sympas » qui les suivent de match en match pour essayer de gonfler leur nombre. Steve Darcis est sans doute le mieux placé pour le faire puisque que c’est sa maman qui gère ce groupe, avec beaucoup de compétence et d’enthousiasme.
Si les organisateurs ont peut-être manqué à certains de leurs devoirs, je suis sincèrement convaincu que le travail doit être initié en interne, à la base même de cette équipe.
Equipe qui doit absolument aller de l’avant et arrêter de regarder en arrière afin de se créer, je le répète, un réseau de fans, d’amis, de supporters.
Afin de faire oublier les “mauvais souvenirs récents” qui ont trop souvent pris la place dans les journaux des récits de match. Ainsi, les diktats répétés (qu’ils soient ou non fondés) envers Norman et/ou Malisse n’ont guère donné au public l’image d’un groupe soudé. De même, critiquer le capitaine lors du très porteur match Belgique – Espagne était tout, sauf très grisant pour un public qui était pourtant tout heureux d’assister à un match de prestige.
Jeudi, au lieu de critiquer les organisateurs – ce qui plaît aux journalistes qui en ont donc parlé au lieu d’évoquer plus longuement le match – il aurait été plus porteur, je pense, de ne penser que positif, du genre: “ok, la Suède n’est pas un gros poisson et nous comprenons que les supporters ne viennent pas en masse. Mais bon, si nous jouons correctement, nous serons dans le Groupe Mondial l’an prochain. Ce sera alors à nous de montrer de quel bois nous nous chauffons.”
Avec un jeune joueur comme David Goffin qui a créé un vrai mouvement d’espoir et d’enthousiasme, avec un joueur mature comme Steve Darcis dont tout le monde apprécie la nature généreuse et la sympathie, avec un ex-Top 30 comme Olivier Rochus qui devrait apporter son extraordinaire expérience et non son amertume, avec de jeunes joueurs qui frappent à la porte, avec un capitaine, Johan Van Herck, qui ne demande qu’à progresser et qui prend son rôle avec le sérieux qui l’a toujours caractérisé, avec, aussi, la certitude de jouer dans le Groupe Mondial, cette équipe doit, dès lundi ou mardi, avec l’aide de l’un ou l’autre sponsors, avec l’AFT et la VTV (qui font des efforts sur les réseaux sociaux) et avec ceux qui le désirent, se pencher sur un plan de bataille en termes de communication.
Je m’explique: pourquoi ne pas créer une page facebook ou un compte tweeter Daviscup team. Une page dans laquelle les joueurs viendraient eux-mêmes parler de leur match. Pourquoi ne pas développer des pages facebook personnelles réellement gérées par les joueurs ou par un de leurs proches. Un joueur comme Goffin devrait très vite, s’il gère lui-même sa page, atteindre les 5000 fans. Et, s’il l’alimente régulièrement, il créera encore plus un réseau et pourra parler directement aux fans, leur demandant par exemple de rejoindre le Primerose. Si vous regardez les joueurs et les joueuses du Top, tous sont à la tête de milliers de followers et d’amis (ce qui n’est pas pour déplaire à leurs sponsors)
Il n’y a pas que cela, bien sûr, mais si l’équipe belge de Coupe Davis veut rivaliser avec les grands pays, elle doit professionnaliser sa communication. Elle doit s’appuyer sur elle-même, démontrer que ses membres sont les premiers à faire de la communication positive. Et, dès ce moment, je suis certain que les organisateurs seront prêts à débourser pour faire de la pub. Car ils sauront qu’ils ont en mains un produit solide – le “Belgian, Daviscup Team”, qui génère lui-même ses propres acheteurs, quel que soit l’adversaire.
Tout est en place pour que cela arrive. Reste plus qu’à le mettre en route.
Et, en ce sens, Steve a très bien réagi au micro d’après match quand il a remercié le public présent de son enthousiasme. Le positivisme, s’il peut parfois être naïf, est toujours plus porteur que son contraire.
Sur le terrain, Steve et David ont été très solides.
Dans un premier temps, face à Michael Ryderstedt, gaucher costaud, Darcis a bien contrôlé, montrant tout de suite qu’il y avait un écart technique important entre lui et son rival. Qui, en fait, avait de gros problèmes de géographie. Il était en effet rarement bien placé.
Darcis a juste commis une petite faute de relâchement dans le deuxième set (il a été mené 0-3) mais a refusé de laisser filer la moindre manche. Une fois revenu à 3-3, il a contrôlé le set pour le remporter au tie-break avant de voir le Suédois s’écrouler complètement.
Un rien tendu (ce qui est normal lorsque l’on monte sur un terrain de Coupe Davis en étant archi-favori), David Goffin a pu apprécier assez vite le coup droit de Vinciguerra. Qui n’a pas été 33ème mondial pour rien. Ce coup droit est très giclant et frappé avec une belle violence. Mais David, comme Steve, a joué très sérieusement, a été très solide. Et, assez vite, on a pu voir que Vinciguerra aurait un problème de vitesse de réaction.
Et, de fait, Goffin n’a jamais vraiment tremblé même s’il a dû rester concentré tout au long de la rencontre.
De la très belle ouvrage de la part des deux joueurs de simple. Rien à dire: du travail très pro.
Ce samedi, ce sera le double à 14 heures. J’ai complètement oublié de vous dire hier que le meilleur joueur de double suédois, Robert Lindtesdt, 6è mondial, était blessé et qu’il ne jouerait donc pas. Normalement, Enqvist devrait aligner Brunstrom mais difficile dire avec qui il fera équipe.
Côté belge, Olivier Rochus devrait être de la partie. Je pense que Johan le fera jouer avec Steve Darcis. Ruben est bon en double mais la terre du Primerose ne constitue pas sa tasse de thé préférée. Je mise donc sur Rochus – Darcis et sur une victoire belge. Pourquoi pas David ? Entre autres parce que David doit jouer demain à midi contre le moins bon des Suédois. Et qu’il partira avec 99% de chances de victoire. Il est donc inutile de le fatiguer.
Je ferai un direct commenté, mais en direct de Buvrinnes.
Sinon, il y a eu une autre excellent nouvelle ce vendredi. C’est la qualification pour les demi-finales de Kirsten Flipkens à Québec City. Elle menait 6-2 3-0 face à Tatishvili lorsque cette dernière a abandonné. En demi, elle croise une solide Mona Barthel, 36ème mondiale. Mais quand on a battu Cibulkova, on peut battre Barthel.
Quoi qu’il en soit, Kirsten est assurée dès à présent de se retrouver autour de la 85ème place mondiale. Bravo.
Niels Desein a quant à lui été sorti en quarts de Pétange par Edouard Roger-Vasselin 7-5 6-4. Pétange où Dick Norman – associé à Kas – est en finale. Il jouera contre J.Murray/Sa ou Goodall/Bucewicz.
Belle journée.
Un grand bravo à David et Steve – même archi-favoris, il fait assurer – à Kirsten – si heureuse pour elle de sa remontée au classement et de ce qu’elle démontre en tournoi – à Dirk et à Niels – d’être arrivé en quarts.
Tout à fait d’accord avec vous, Patrick, sur le fait qu’il ne faut pas rêver les potentiels d’attirer un public nombreux avec cette affiche Coupe Davis… En Hollande, où il est sans doute plus facile de réunir du monde, c’est dans les heures qui ont suivi la confirmation de la présence de Federer que les places se sont tout à coup vendues comme des petits pains après un hiver de disette…
Alors, entre perdre contre la Suisse devant un public nombreux ou se retrouver dans le groupe mondial soutenus par un noyau d’irréductibles, que choisir? Il me semble que l’équipe belge n’est pas du mauvais côté du dilemne…
Excellentes idées pour la communication à revitaliser pour la suite, pour les joueurs et par les joueurs….
Les réunions finlandaises ne me permettront pas de suivre le double… Mais allez les Belges!