Entre vous et nous : L’homme moderne est un martyr débordé

Hélène a 22 ans, elle est encore étudiante en Communication et le marché de l’emploi, elle n’en connaît rien. Elle le découvre semaine après semaine à travers vos commentaires et témoignages sur les différents réseaux sociaux de BÉNÉVOLES. Ces derniers temps, vous l’aviez déjà dégoutée du travail, maintenant, elle a compris que ses loisirs ne seront pas mieux lotis.

Lire un bouquin ou aller boire un coup entre copains, ça deviendra bientôt un doux souvenir. Métro, boulot, dodo. Si j’en crois vos dires, mon avenir se résumera à bosser, somnoler et effectuer les corvées. Que d’aventures ! Notre question de la semaine dernière « Est-on entré dans l’ère du loisir ? » a lancé le débat. Un constat jaillit : du temps libre, vous n’en disposez pas. Même plus pour regarder notre vidéo ! (C’est quand même fou le nombre de gens qui commentent des vidéos sans les regarder préalablement)

Au fil des deux derniers siècles, le temps que nous passons au boulot a fortement diminué. Pas assez, cependant ! Pour la majorité d’entre vous, les loisirs sont devenus un luxe. Les semaines précédentes, vous m’avez déjà expliqué que si je trouvais un boulot, il serait médiocre et que mon salaire ne serait pas plus attrayant. Aujourd’hui, j’apprends qu’en plus, je ne pourrai pas m’épanouir en dehors. Heureusement que je pourrai encore me détendre le soir en faisant le ménage et le souper des enfants. Reste le bon plan chômage. Selon certains d’entre vous, les demandeurs d’emploi disposeraient toujours de temps libre : voilà de quoi me réconforter.


Au vu de vos commentaires, je commençais à me réjouir. Puis, mon rêve s’écroule : il ne s’agirait pas d’une réalité. Les chômeurs, eux non plus, ne disposeraient pratiquement pas de temps de loisir. De plus, même s’ils en ont, les allocations insuffisantes ne leur permettent pas de le financer. Je m’arrache les cheveux. Je hurle. Travailleuse ou chômeuse, je n’aurai même plus l’occasion de boire pour oublier. Je me lèverai pour me coucher. Certains demandeurs d’emploi ont d’ailleurs senti nécessaire de détailler leurs dépenses.
Entre le travail, la recherche de travail, les travaux ménagers, l’insatisfaction règne. Tous martyrs sacrifiés sur l’autel des temps modernes. Moi qui avais cru comprendre qu’on manquait de travail… En fait, vous rêvez tous de temps libre.

Moins de travail, moins de loisirs : mais où donc est passé ce temps ?

Avec l’augmentation des temps partiels et du travail intérimaire, l’avenir ne serait-il pas finalement au loisir ? A retrouver ce temps perdu. C’était la question que nous vous posions. En tout cas,  cette hypothèse me ravit.  D’ailleurs, je m’en vais directement au cinéma pour fêter ça. Avant un probable énième retournement de situation. Dans cette analyse de l’interactivité du projet BÉNÉVOLES, je ne sais jamais ce qui m’attend.

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4 réponses à Entre vous et nous : L’homme moderne est un martyr débordé

  1. Annah dit :

    La société moderne est formatée sur un modèle familial et de répartition du temps qui n’est plus en adéquation avec la réalité: un parent qui travaille à temps plein, l’autre à temps partiel, et les grands-parents là à temps plein pour assurer les congés, horaires scolaires trop serrés et jours de maladie des petits-enfants. Pour peu que votre situation ne corresponde pas à ce modèle (par exemple, les grands-parents pas disponibles), vous passez alors tout votre temps libre (et vos économies) à essayer de trouver des solutions pour “faire garder les enfants”, “trouver quelqu’un pour aller chercher les enfants” et “boucler le budget du mois” avec les frais de gardes et de déplacements supplémentaires que cela implique.
    Avec le “boom” des familles éclatées, recomposées, monoparentales, et j’en passe, parler de ” société du temps libre” devient presque une farce cynique pour tout parent “en dehors du moule” et qui travaille un tant soit peu.

  2. Patrick Séverin dit :

    Commentaire très intéressant, merci. Pensez-vous qu’il est possible de reformater cette société autrement ?

    • Annah dit :

      Ah si on pouvait simplement appuyer sur un bouton pour reformater la société et “réibnstaller un nouveau système opérateur”, ce serait bien :)

      Plus sérieusement: non, il n”existe pas de solution générale miracle je crois.
      Plusieurs pistes existent néanmoins:
      1) Considérer que ne pas (ou moins) travailler pour s’occuper de ses enfants, les élever, les véhiculer, etc est un “service rendu à la société” et donc développer une sorte de système parallèle de “rémunération” pour cela, du type “allocation familiale supplémentaire pour parent responsable” … mais on voit d’ici tous les abus et dérives que ce système pourrait entraîner.
      2) Développer à plus grande échelle (national,…) des choses qui se font déjà au niveau local. par exemple près de chez moi, il y a un bâtiment “inter-générationnel”, où se cotoie une maison de repos pour personne agées et une crêche pour enfants de moins de 3 ans. Lorsque la crêche ferme, des personnes agées de la maison de repos se sont portées volontaires pour “parrainer” des enfants dont les parents rentrent plus tard et s’en occuper. Pourquoi ne pas développer ce concept aux écoles, aux gardes d’enfants malades, etc… peut-être une piste, d’autant plus que cela se base uniquement sur le volontariat de la personne pensionnée, et qu’à mon niveau local, cela semble assez bien fonctionner.
      Penser, développer et soutenir plus d’initiatives, massivement, allant dans ce sens.

    • Annah dit :

      re-bonjour,

      Après avoir lu tout votre blog et pensé un peu à ce propos, je pense que, une solution serait de reconnaître comme “plus-value sociale et économique pour tout le monde”, de reconnaître, parallèlement à l’emploi, des activités de “valeurs ajoutées à la société”, telles que toute activité basée sur la bonne volonté, la volonté d’aider d’autres personnes, ou la volonté de pouvoir assurer soi-même le temps de sa propre famille par exemple. Mais pour cela, tout comme pour la “révolution féministe”, il faudrait je crois un lent progrès des mentalités accompagnées d’actions publiques-choc pour bouleverser l’ordre établi.

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