Entre vous et nous : inventer la démocratie au boulot

Hélène a 22 ans, elle est encore étudiante en Communication et le marché de l’emploi, elle n’en connaît rien. Elle le découvre jour après jour à travers vos commentaires et témoignages sur les différents réseaux sociaux de BÉNÉVOLES. Cette semaine, elle a trouvé son maître à penser.

Tous se souviendront de la vidéo de prévention contre le stress au boulot. Une dame à table déguste sa soupe. La mine satisfaite, elle se lèche les babines. La pauvre ! Son conjoint, aigri à cause de son job, en est fort peu réjoui et glapit. Parce qu’un travail pourri risque de vous rendre, vous aussi, pourri, la semaine passée, c’est Mélanie Straetmans, pyschologue du travail au SPF emploi, qui répondait à vos questions lors d’un chat. Quant à moi, j’ai carrément trouvé un maître penseur ! Et c’est un de vous. Il veut rétablir la démocratie au boulot.

Ensemble, nous avions déjà établi le constat de la pathologie salariale : travailler longtemps dans de mauvaises conditions pour des rémunérations qui ne permettent pas de vivre dignement. Si le boulot ennuie souvent, Mélusine parle carrément d’aliénation. Devenus des robots, certains n’auraient plus l’occasion de penser à leur qualité de vie. Ma révélation de cette semaine, Bxlopde Straat, propose d’emblée une solution : rétablir la démocratie au travail. L’homme moderne vivrait dans un paradoxe. Il est un citoyen votant, décideur de son futur politique, qui, une fois la porte du boulot franchie, perdrait ses droits face à une autorité patronale dictatoriale. Je n’y avais jamais pensé. Pourtant, c’est vrai qu’on ne vote pas pour son chef. Pourtant , lui aussi, décide pour nous.

Mélanie Straetmans, l’invitée du Chat, souligne que la Belgique est le seul pays européen à disposer d’un comité pour le prévention et la protection au travail. Cette structure interne permettrait de résoudre une série de problèmes dans les entreprises, notamment par la médiation et l’analyse des risques. Mais selon Bxlopde Straat, si les conseillers au bien-être en entreprise sont utiles et nécessaires, cette structure reste insuffisante et inefficace en un temps la question à se poser serait celle de l’agencement d’une révolution du travail.Mercredi dernier, c’était la Journée mondiale du bénévolat. L’occasion d’enchaîner avec un deuxième chat. Jacques Defourny, Directeur du Centre d’Economie sociale à HEC-Ulg, nous expliquait alors :Contrairement aux idées reçues, le travailleur gratuit ne piquerait pas de jobs, il en créerait même ! Dans une étude, la Banque Nationale a conclu que, sur les 10 dernières années, la création d’emplois dans les ASBL a été 4 fois plus rapide que dans le reste de l’économie. Et à la tête des ASBL sont généralement des bénévoles.Si le plein emploi est un leurre et si le bénévolat offre un sentiment d’utilité sociale, réduire le temps de travail pour offrir du temps disponible pour le volontariat, de manière équilibrée, permettrait d’améliorer les conditions de vie. On irait vers une société pluri-activité.Entre la démocratie au travail et le mi-temps bénévole, les propositions ont fusé cette semaine. Quel pied de voir cette créativité ! A la semaine prochaine !

Hélène BREDART

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