Entre vous et nous : L’homme moderne est un martyr débordé

Hélène a 22 ans, elle est encore étudiante en Communication et le marché de l’emploi, elle n’en connaît rien. Elle le découvre semaine après semaine à travers vos commentaires et témoignages sur les différents réseaux sociaux de BÉNÉVOLES. Ces derniers temps, vous l’aviez déjà dégoutée du travail, maintenant, elle a compris que ses loisirs ne seront pas mieux lotis.

Lire un bouquin ou aller boire un coup entre copains, ça deviendra bientôt un doux souvenir. Métro, boulot, dodo. Si j’en crois vos dires, mon avenir se résumera à bosser, somnoler et effectuer les corvées. Que d’aventures ! Notre question de la semaine dernière « Est-on entré dans l’ère du loisir ? » a lancé le débat. Un constat jaillit : du temps libre, vous n’en disposez pas. Même plus pour regarder notre vidéo ! (C’est quand même fou le nombre de gens qui commentent des vidéos sans les regarder préalablement)

Au fil des deux derniers siècles, le temps que nous passons au boulot a fortement diminué. Pas assez, cependant ! Pour la majorité d’entre vous, les loisirs sont devenus un luxe. Les semaines précédentes, vous m’avez déjà expliqué que si je trouvais un boulot, il serait médiocre et que mon salaire ne serait pas plus attrayant. Aujourd’hui, j’apprends qu’en plus, je ne pourrai pas m’épanouir en dehors. Heureusement que je pourrai encore me détendre le soir en faisant le ménage et le souper des enfants. Reste le bon plan chômage. Selon certains d’entre vous, les demandeurs d’emploi disposeraient toujours de temps libre : voilà de quoi me réconforter.


Au vu de vos commentaires, je commençais à me réjouir. Puis, mon rêve s’écroule : il ne s’agirait pas d’une réalité. Les chômeurs, eux non plus, ne disposeraient pratiquement pas de temps de loisir. De plus, même s’ils en ont, les allocations insuffisantes ne leur permettent pas de le financer. Je m’arrache les cheveux. Je hurle. Travailleuse ou chômeuse, je n’aurai même plus l’occasion de boire pour oublier. Je me lèverai pour me coucher. Certains demandeurs d’emploi ont d’ailleurs senti nécessaire de détailler leurs dépenses.
Entre le travail, la recherche de travail, les travaux ménagers, l’insatisfaction règne. Tous martyrs sacrifiés sur l’autel des temps modernes. Moi qui avais cru comprendre qu’on manquait de travail… En fait, vous rêvez tous de temps libre.

Moins de travail, moins de loisirs : mais où donc est passé ce temps ?

Avec l’augmentation des temps partiels et du travail intérimaire, l’avenir ne serait-il pas finalement au loisir ? A retrouver ce temps perdu. C’était la question que nous vous posions. En tout cas,  cette hypothèse me ravit.  D’ailleurs, je m’en vais directement au cinéma pour fêter ça. Avant un probable énième retournement de situation. Dans cette analyse de l’interactivité du projet BÉNÉVOLES, je ne sais jamais ce qui m’attend.

Publié dans CARNET | 4 commentaires

Quand cesse-t-on d’être un assisté pour devenir un honnête contribuable ?

Cette semaine, vous le savez certainement, entre en application la réforme des allocations de chômage, avec notamment la dégressivité de celles-ci. C’est donc le moment pour nous de poser une question qui va faire du bruit. Peut-être la plus importante depuis le début du projet.

Quand on ouvre le débat sur le travail et l’emploi, on se retrouve vite à devoir modérer deux camps : ceux qui se définissent comme “les honnêtes contribuables” et ceux que ces derniers qualifient “d’assistés”, voire de “profiteurs”. Mais suffit-il de payer des taxes pour contribuer à la société ? A partir de quand arrête-t-on de profiter du système pour devenir vraiment utile à la société ?

Le débat est ouvert !

Publié dans LE TRAVAIL EN QUESTIONS | 2 commentaires

D’ici, on ne part pas seul (épisode #07)

Philippe était bénévole à Amon Nos Hôtes. Il est mort seul, à l’hôpital. C’est en venant prendre de ses nouvelles que les travailleurs de l’ASBL ont appris son décès. L’histoire de Philippe rappelle à quel point précarité et isolement font trop souvent la paire. Pour Louise, la bénévole la plus proche de lui, le coup est dur à encaisser. Pas question de le laisser partir comme ça. Car d’ici, personne ne part seul.

Publié dans EPISODES DE BENEVOLES | Un commentaire

Entre vous et nous : Travailleurs pauvres, pauvres travailleurs !

Hélène a 22 ans, elle est encore étudiante en Communication et le marché de l’emploi, elle n’en connaît rien. Elle le découvre semaine après semaine à travers vos commentaires et témoignages sur les différents réseaux sociaux de BÉNÉVOLES. Cette fois, elle a compris que trouver un emploi ne la protégerait pas de la pauvreté. Elle est ravie.

Les Poorworkers, qu’ils sont fous! Accepter de bosser pour atterrir tout droit dans la précarité. La semaine passée, nous lancions le débat sur cette problématique de plus en plus inquiétante. Résultat : si quelques internautes leur devinent un scandaleux goût du luxe, la majorité soutient largement les salariés précarisés.

Chauffage, besoin alimentaire, fourniture scolaire pour les gosses, il serait temps de se resserrer la ceinture, pleurnichards ! C’est sûr, les fins de mois, on devrait toujours pouvoir en alléger le poids.

En ce qui me concerne et au vu de vos commentaires, j’ai encore changé d’avis ! Stigmatisation trop violente :  je ne chômerai pas. Conditions et rémunération trop déplorables : je ne travaillerai pas. L’âme d’un Tanguy, je vivrai donc au crochet de mes parents pour le restant de mes jours…

Toutefois, lors de ce “chat” avec Christine Mahy, présidente du réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, tout le monde n’était pas d’accord avec Alex. Et certains ne se sont pas privé de lui faire savoir.

Un riquiqui ennui aurait des conséquences désastreuses sur vos finances. Avec un budget calculé au moindre centime, chaque dépense doit être pesée. Je m’imagine déjà : mère célibataire goinfrant mes enfants d’oranges vitaminées croisant les doigts pour qu’ils ne tombent pas malades. D’ailleurs, je les obligerai à prier chaque soir, même si je ne crois plus en rien. Vivement !Beaucoup d’entre vous ont braqué les présumés coupables. Hommes politiques, entrepreneurs, chacun en prend pour son grade. Pourtant, des patrons pauvres, ça existe aussi. L’un d’eux a voulu s’expliquer. Il dit gagner moins d’argent que ses employés.Un internaute, quant à lui, propose une solution radicale. Avertissement : à vous qui gouvernez notre merveilleux pays, ne lisez pas ce qui suit, sous peine de risques d’insomnies, voire d’exil volontaire.Et enfin, pour changer, les non-travailleurs sont encore la cible de votre courroux. Décidément, il ne fait pas bon vivre quand on est chômeur en Belgique ! Il semblerait que certains contribuables en aient plus que marre de contribuer au système de solidarité.C’est quand même bizarre, non ? Alors que chômeurs et travailleurs auraient tout intérêt à s’unir pour dénoncer la dégradation des conditions de travail, tout est fait pour qu’ils s’affrontent violemment. A qui profite ?

Hélène BREDART

Publié dans Non classé | Un commentaire

Et si le problème, ce n’était pas le travail mais le loisir ?

Petit, on m’a appris que les machines étaient appelées à faire le travail des hommes. Diminution du temps de travail, temps partiels, chômage, globalement, le travail se fait effectivement de plus en plus rare dans notre société. Mais tout ce temps libéré, il faut trouver comment l’occuper, d’où notre question : est-on entré dans l’ère du loisir ?

Et d’ailleurs, les sans-emplois vivent-ils dans le loisir perpétuel ? Comment gèrent-ils ces journées non-structurées par l’emploi ? Nos experts ont la réponse.

Publié dans LE TRAVAIL EN QUESTIONS | 2 commentaires

De l’art difficile de se découvrir (c’est l’épisode #06)

Apprendre à se regarder, à se découvrir, à apprécier sa propre image. Pas toujours évident quand on a eu un parcours chaotique. A travers l’atelier photos que nous avons organisé pour les bénévoles d’Amon Nos Hôtes, ces derniers doivent passer par ce processus et cela engendre parfois des étincelles.

Benoît, Louise et Marc se soumettent à l’exercice en devant sélectionner les clichés qui les représenteront dans une exposition. Ils livrent à chaud leurs impressions face à leurs visages figés sur papier par le photographe Gilles Dewalque.

Publié dans EPISODES DE BENEVOLES | Laisser un commentaire

Entre vous et nous : “Les chômeurs doivent-ils bosser gratos ?” vous a poussé à réagir en masse

Hélène a 22 ans, elle est encore étudiante en Communication et le marché de l’emploi, elle n’en connaît rien. Elle le découvre semaine après semaine à travers vos commentaires et témoignages sur les différents réseaux sociaux de BÉNÉVOLES. Cette semaine, elle s’intéresse à votre débat passionné sur le travail “plus ou moins obligatoire” des chômeurs.

Nettoyer les rues, ramasser les déchets, effacer les tags, depuis un peu plus d’un an, les chômeurs de Rotterdam entretiennent la voie publique sous peine d’allocations supprimées.

Rien que sur ce post sur Facebook, 487 commentaires !

La semaine passée, pour BÉNÉVOLES, le journaliste François Colmant a sondé les hommes et femmes politiques liégeois sur cette question et son article a déclenché le débat sur Facebook. Plus de 500 commentaires en tout ! Très partagés, vos réactions et arguments ont été notés. J’ai décortiqué tout ça et je vous en livre un condensé en primeur. Attention, les avis qui suivent n’impliquent en rien mon opinion personnelle.

Selon vos commentaires, les raisons qui justifient la mise en place d’un “WerkLoont” (“le travail paie”) belge sont les suivantes :

1. La solidarité deviendrait enfin bilatérale. Les travailleurs aident les chômeurs. En retour, les demandeurs d’emploi réaliseraient des travaux pour la communauté. Rendant service à la collectivité, ils mériteraient dès lors leurs allocations.

2. Parmi les plus de 500 commentaires postés, vous êtes très nombreux à vous être indignés contre cette mesure coercitive. Cependant, la majorité des chômeurs qui ont réagi se montrent, eux, favorables au plan de Rotterdam. Ce qui revient beaucoup sur Facebook, c’est qu’ils supporteraient de moins en moins l’image négative associée au chômeur. Avec une telle mesure, les stéréotypes négatifs prendraient fin. « Chômeur » ne serait plus synonyme de “oisif” ou “assisté” avec une revalorisation personnelle du non-salarié à la clef.

3. Reprendre une activité profiterait aux demandeurs d’emploi. En se réinsérant dans le milieu du travail, ils engrangeraient une expérience supplémentaire dans leur curriculum vitae et trouveraient alors plus facilement un “vrai” job.

Mais tout le monde ne penche pas de ce côté. Parmi les analyses de ceux qui ne sont pas d’accord, on peut noter :

1. S’il y a besoin de main d’œuvre, celle-ci devrait être salariée et non la contrepartie d’une allocation de remplacement. Les emplois des “vrais” travailleurs se verraient d’ailleurs menacés par la mise sur le marché de ces travailleurs “gratuits”.

2. Certains d’entre vous pensent qu’on se trompe de problème avec cette mesure. Pour quelques-uns , il s’agirait d’abord de pousser les administrations à être plus efficaces.

Pour finir, il reste une petite partie d’entre vous pensent que ce travail “forcé”, ce n’est pas aux chômeurs qu’il faudrait l’attribuer.Bref, quoi qu’on en pense, où qu’on se situe, une seule chose semble claire : le débat est loin d’être terminé. Avec ses épisodes documentaires, BÉNÉVOLES compte en tout cas continuer à l’alimenter.

Hélène BREDART

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Avoir un emploi n’empêche plus d’être pauvre

Les sans-emplois n’auraient plus le monopole de la pauvreté. Désormais, avoir un salaire qui tombe ne protège plus nécessairement des fins de mois difficiles. En Belgique, nous sommes plus de 200.000 travailleurs à vivre sous le seuil de pauvreté. Mais, en tout, on peut compter 1.500.000 Belges qui sont issus de familles qui travaillent et qui vivent dans un contexte où ils sont incapables de faire face à une dépense imprévue.

Comment en est-on arrivé à cette situation aussi étonnante qu’inquiétante ? Quel en est l’impact social ? Réponse avec nos experts.

Publié dans LE TRAVAIL EN QUESTIONS | Un commentaire

Les bénévoles et la vie de château

Enfermés dans un château pendant 48 heures avec des caméras pour ne rien rater. Ce n’est pas la Star Ac’ mais l’épisode #05 de notre documentaire transmédia BÉNÉVOLES.

Qui n’a jamais rêvé de mener la vie de château ? Pour fêter les 10 ans de l’asbl et pour remercier ses bénévoles de leur engagement indispensable, une bonne partie de l’équipe d’Amon Nos Hôtes s’est extirpée de Liège pour un week-end de team building au château de Dalhem.

L’occasion de faire la connaissance de Louise, bénévole depuis plusieurs années, pour qui ce travail est avant tout une opportunité de s’aider à mettre de l’ordre dans sa vie.

Publié dans EPISODES DE BENEVOLES | Laisser un commentaire

Faire bosser les chômeurs gratos, c’est pour bientôt ?

Financer l’oisiveté, c’est terminé ! Cette maxime un peu abrupte, Rotterdam l’a faite sienne. Le chômage y tutoie les 12%, soit le double de la moyenne nationale, et grève son budget.

Pour corriger cette anomalie comptable, la municipalité a décidé de mettre ses chômeurs à contribution via un programme social, WerkLoont («le travail paie»). Pendant près de 4 mois, le demandeur d’emploi alterne deux ateliers de formation et huit heures de travail «obligatoire» par semaine. Il n’est pas vraiment obligé, ce serait illégal, mais s’il refuse, crac dedans. Gratuitement, il aide donc la commune à entretenir la voie publique. Il balaie, nettoie les rues, efface les tags, ramasse les papiers…

Si la mesure parait assez radicale, les autorités communales, à majorité travailliste, soutiennent le projet, précisant qu’il ne s’agit pas d’une utilisation pure et simple d’une main d’œuvre sans frais mais bien d’un programme d’accompagnement social doublé d’une aide à la collectivité. Et pas question ici de parler de stigmatisation des chômeurs. Non mais.

Et donc, si on refuse ? Sanction immédiate, au premier accroc, les allocations sont réduites de 30%. Au second, merci et au revoir, les aides sont purement et simplement supprimées. L’an dernier, plus de 2.700 chômeurs ont suivi ce programme et 1.160 d’entre eux ont disparu des tablettes de l’administration : si 40% ont décroché un vrai job, 60% ont préféré perdre leurs droits.

En Belgique, ce genre de mesure n’est pas encore d’application, même si l’idée fait son chemin. Un chômeur qui ne cherche pas activement d’emploi peut déjà être pénalisé (diminution, voire suspension des aides) mais pas encore question de le « forcer » à travailler. Une prochaine étape peut-être.

Pour BÉNÉVOLES, à la veille des élections communales, on a voulu creuser la question. A Liège, où le taux de chômage tourne autour des 19%, on a interrogé les candidats au poste de bourgmestre sur la pertinence ou non de cette mesure, qu’ils jugent, à tout le moins, excessive.

Christine Defraigne / MR
“Il faut clairement qu’on débatte de cette question, sans tabou et de manière positive. Sans peut-être aller aussi loin, il y a des pistes à creuser pour remettre dans le circuit ces chômeurs en fin de droit qui peuvent se rendre utiles, retrouver un rythme de travail, de la dignité. Le drame du chômage de longue durée, c’est le décrochage social. Pour le contrer, il faut encourager ces personnes, les remettre dans le circuit, comme nous le proposons dans notre projet de tutorat communal. Cette problématique englobe un débat plus large qui est celui de l’accompagnement des chômeurs, de leur formation vers des emplois en pénurie chronique par exemple. En Wallonie, plus de 50.000 postes restent vacants faute de candidats adéquats !”

Willy Demeyer / PS
Oui ben non en fait, pas de réaction du Bourgmestre, indisponible toute la semaine.

Michel Firket / CDH
Même s’il faudrait une loi pour appliquer ce genre de pratique dans notre pays, je ne pense pas que sanctionner les chômeurs qui refusent soit très productif. A contrario, pourquoi ne pas proposer aux personnes en fin de droit d’assurer des travaux d’intérêts généraux en même temps qu’une formation pour leur permettre de se réinsérer dans le marché du travail ? Proposer – et non forcer – des activités occupationnelles, contre rémunération, permettrait de se former vers un emploi nouveau. Dans ce sens, il me parait primordial de multiplier, voire repenser les conventions de premier emploi pour les jeunes chômeurs qui sont prêts à fournir les efforts nécessaires pour décrocher un travail.

Raoul Hedebouw / PTB
Ce qui se passe à Rotterdam n’est rien d’autre que l’importation du modèle allemand et son principe d’activation des chômeurs mis en place depuis plusieurs années.
Après tout, si on part d’un raisonnement simpliste, on pourrait se dire « pourquoi ne pas faire travailler ces chômeurs qui sont payés par la société afin qu’ils rendent service ? » Mais ce serait oublier que faire travailler des personnes pour un salaire excessivement bas provoquera irrémédiablement une dérégulation du marché du travail. On serait dans une situation de dumping salarial, comme c’est déjà le cas en Allemagne où les salaires ont fortement régressé. Un patron pourrait logiquement se dire qu’il est plus avantageux pour lui « d’embaucher » un chômeur à moindre frais au lieu de continuer avec un salarié. Les premières victimes de ce genre de mesures seraient, en plus des chômeurs, les travailleurs actifs menacés par une espèce de concurrence interne qui casserait leur salaire.

Bénédicte Heindrichs / Ecolo
Cela participe à cette grande vague de conditionnalité de l’aide. Alors qu’il faut poursuivre sur cette idée fondamentale de collectiviser la solidarité, mettre ainsi à l’amende des personnes déjà précarisées me parait contre-productif. On reste sur cette idée que le chômeur est nécessairement fautif. Certes, il existe des dérives, des fraudeurs, des profiteurs mais quid des autres chômeurs en recherche active ou qui sont dans une réelle logique de survie ? De plus, cela me parait un peu paradoxal de forcer des gens à travailler pour des métiers qui existent déjà, tout en les dévalorisant d’une certaine manière. Cela décrédibilise un travail qui est tout aussi respectable.
Et puis c’est bien commode actuellement de taper sur les chômeurs, plutôt que d’accentuer la lutte, par exemple, contre la fraude fiscale ou la criminalité en col blanc, bien plus dévastatrice.

François Schreuer / Vega
Il ne faut pas se leurrer, ce genre de proposition n’est ni plus moins que du travail forcé. Or, de nombreux textes internationaux, la convention des droits de l’homme interdisent explicitement que l’on puisse forcer quelqu’un à travailler. Nous sommes totalement opposés à ces initiatives qui, de toute façon, ne résisteraient pas à un examen devant la Cour de Strasbourg. L’un des droits fondamentaux est la contractualité du travail, avec salaire à la clef. On ne peut pas obliger quelqu’un à travailler contre son gré. Ce genre de dérives nous inquiète car il nous semble qu’il existe d’autres alternatives pour baisser le nombre de chômeurs, comme la diminution du temps de travail par exemple.

François COLMANT

Publié dans REPORTAGES | 4 commentaires

Entre vous et nous : “Attention, je vais piquer votre emploi”

Hélène a 22 ans, elle est encore étudiante en Communication et le marché de l’emploi, elle n’en connaît rien. Elle le découvre semaine après semaine à travers vos commentaires et témoignages sur les différents réseaux sociaux de BÉNÉVOLES. Cette semaine, vous lui avez promis qu’elle aurait bien du mal à trouver un emploi.

Cette semaine, nous lancions le débat sur la question du plein-emploi. Résultat: peu d’entre vous y croient ! Le marché du travail serait saturé. Et, selon vos dires, à moins d’être surqualifiée, sans enfant et de bénéficier de pistons, je finirai mal barrée. Pour certains, c’est carrément une révolution qui doit être menée. Au vu de tous vos commentaires, je les soutiens.

On piquerait vos boulots ! Les jeunes diplômés entreraient en nombre sur le marché du travail et répondraient à une offre de plus en plus élitiste. Offre à laquelle votre profil dépassé ne correspond plus. Sans scrupule, je pousserai donc un salarié à la porte.

Pourtant, les derniers arrivés sur le marché se plaignent eux-aussi. Je ne comprends plus ! Égoïste, je pensais tout sourire à mon début de carrière boosté par cette jeunesse qui devait m’offrir le meilleur des avenirs. Mais, apparemment, je bosserai pour gagner… de l’expérience ! Juste de l’expérience. Dans le but de me  « former », comme vous le dites. Surprise ! Je pensais, en fait, que c’était le rôle de mes études à l’université.

Pour d’autres, c’est la robotisation qui est le virus de l’emploi. Les nouvelles technologies se multiplient, diminuant le besoin de main d’œuvre. A la place d’offrir du temps libre, les machines ôteraient le pain de la bouche des employés.

La délocalisation, elle aussi, est pointée du doigt. Ouvrier d’Asie du Sud-Est, si tu m’entends, saches que tu tiens l’avenir de l’emploi belge dans tes mains. Pour gagner du temps, j’envisage directement de fuir en Thaïlande. Mais, selon vous, leurs conditions de travail seraient pires qu’ici. Je reste donc bloquée.

J’ai trouvé ma destination : Rotterdam. Là, c’est « un travail pour tous » qui est prôné. Les chômeurs doivent « mériter » leur chômage en ramassant leurs crasses. Quel pied : obliger des assistés à lever leur fesses du canapé ! Sur cette question, vous restez divisés.


Beaucoup proposent la même solution. Il s’agirait de travailler moins mais plus nombreux. J’adhère ! Enfin, une idée pour me réconforter et me laisser rêver à un futur glorieux… Sauf que certains sont là pour noircir encore le tableau. Je vous l’ai dit, ce stage aura la peau de mon optimisme.


Hélène BREDART

Publié dans CARNET | 2 commentaires

Le politique est-il impuissant en matière d’emploi ?

Les politiques ont-ils encore la main en matière d’emploi ? Sont-ils les pantins des grandes entreprises et du monde de la finance ? L’emploi n’est-il plus, pour eux, qu’une source de promesses électorales ?
Dimanche, on doit voter et il est bon de s’interroger sur ce qui est encore le vrai pouvoir du politique sur les questions d’emploi.
Face à une économie qui s’est mondialisée, comment un leader politique peut-il encore influencer la création d’emplois sans se mettre à genoux devant les investisseurs ?
Les choix qui ont été posés en Belgique vont-ils dans le bon sens ?

On répond à la question dans la vidéo ci-dessous :

Publié dans LE TRAVAIL EN QUESTIONS | Un commentaire

BENEVOLES ép#04 : Le Choix

Le temps d’arrêter un choix est arrivé. Après plusieurs séances de l’atelier photos, Gilles est revenu à la cafétéria sociale d’Amon Nos Hôtes avec une cinquantaine de clichés réalisés en collaboration avec les bénévoles. Le but désormais est de sélectionner celles qui formeront l’exposition que nous monterons par la suite. Le critère du choix : repérer les photographies qui représentent le mieux ce que le travail de bénévole incarne à leurs yeux. L’occasion d’une nouvelle réflexion sur leur parcours et sur l’impact de cette activité dans leurs vies. Et avec Bouba, les commentaires prennent tout de suite des accents de poésie.

Publié dans EPISODES DE BENEVOLES | Laisser un commentaire

“Il faut travailler moins pour travailler plus nombreux”

Ce midi, le Pr Mateo Alaluf, sociologue à l’ULB, a répondu à (une partie de) vos (très nombreuses) questions sur le thème du plein-emploi.

Morceaux choisis :

Quant aux gains de productivité nés des progrès technologiques :

“Productivité = gain de temps par unité produite. Cela s’est traduit dans l’après guerre par une répartition équilibrée des gains de productivité. Il en a résulté une diminution du temps de travail et une augmentation des salaires. Depuis les années 80 la situation s’est inversée. Les gains de productivité se traduisent alors en termes de chômage et de stagnation des salaires.”

Cela s’explique notamment “par les deux chocs pétroliers, l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, l’emprise du néolibéralisme ainsi que les transformations géopolitiques liées à la chute du communisme.

Quant à la réduction du temps de travail comme nécessité pour retrouver le plein-emploi :

En effet l’emploi intègre tant qu’il est utile et procure un revenu et des conditions de travail convenables. Dans le cas contraire il exclut. Il porte atteinte à la santé des travailleurs. L’augmentation de suicides liés au travail en est le symptôme le plus apparent. Il faudrait en effet travailler moins pour travailler nombreux.

Tout le monde n’est pas d’accord sur l’échec des 35 heures en France. Par rapport à la crise de 2008, les pays qui se sont le mieux tiré en matière de chômage (l’Allemagne et la Belgique…) sont ceux qui ont diminué le temps de travail en recourant notamment au chômage partiel.”

Quant au développement démographique en tant que limite au plein-emploi :

“Il s’agit je crains d’une vision Malthusienne très dépassée. Le grand démographe Alfred Sauvy avait montré le contraire. Nous fêtons d’ailleurs par un colloque le 50e anniversaire de son rapport salutaire sur la démographie wallonne.”

Quant à savoir si le plein-emploi est encore possible :

“Le plein emploi a été possible dans les années 1990. En 2000, le Conseil Européen de Lisbonne évoquait le plein emploi. Je crois que le plein emploi est possible.”

Le débat continue notamment sur Facebook.

Publié dans REPORTAGES | 8 commentaires

Un travailleur sur dix victime de dépression

Santé mentale Cette maladie a un coût : 92 milliards

Les résultats de l’enquête IDEA ne sont encore que partiels. Déjà, ils montrent qu’en Europe, une personne active sur dix s’est absentée de son travail à cause d’une dépression en 2010. Ce qui représente en moyenne une perte de 36 jours de travail par « épisode de dépression ».

« La dépression constitue le problème de santé mentale le plus important chez les personnes en âge de travailler et plus de 30 millions de citoyens européens souffrent de dépression à un moment de leur vie », indique cette étude menée sur 7.000 personnes dans le cadre de l’enquête IDEA (Impact off Depression in the Workplace in Europe Audit). Une étude qui s’est déroulée dans sept pays en Europe (Angleterre, Danemark, France, Italie, Allemagne, Espagne et Turquie).

Parmi les travailleurs ayant souffert de dépression, les Allemands (61 %), les Danois (60 %) et les Britanniques (58 %) étaient les plus enclins à prendre un congé, tandis que les Turcs étaient les moins enclins à le faire (25 %). Ce qui n’a qu’un impact limité sur le coût de la dépression pour les entreprises. « Globalement, cette maladie a coûté 92 milliards d’euros en 2010 en Europe », indique encore l’étude, dont les premiers résultats sont publiés dans le European Journal of Neurology. Ces pertes résultent d’une baisse de la productivité liée autant à l’absentéisme qu’au « présentéisme », soit la présence au travail des travailleurs malgré leur maladie. Et les auteurs précisent que les symptômes cognitifs de la dépression (problèmes de concentration, indécision et/ou pertes de mémoire) entraînent une dégradation significative des capacités et de la productivité au travail et sont présents dans 94 % des épisodes de dépression.

Selon cette étude toujours, il ressort que le nombre de jours de congé moyen pendant un épisode de dépression s’élève à 36 jours. En Allemagne et en Grande-Bretagne, les travailleurs sont absents plus longtemps (41 jours) tandis qu’en Italie, leur absence est plus limitée (23 jours).

À noter encore, une personne ayant souffert de dépression sur quatre admet ne pas avoir parlé de son problème à son employeur. Parmi elles, une personne sur trois estime que cela aurait mis son emploi en péril compte tenu du climat économique actuel. Les résultats complets de l’enquête IDEA seront publiés en 2013.

En Belgique

Selon l’Enquête santé de 2008, la dépression occupe la première place des affections chroniques relevant de la santé mentale dans notre pays. Le nombre de femmes dépressives est plus élevé que le nombre d’hommes

dépressifs. Elle touche en moyenne, 12,1 % des femmes et 5,5 % des hommes. Ce pourcentage fluctue avec l’âge. Il est de 10,1 % dans le groupe des 55-64 ans contre 5,3 % dans le groupe des 15-24 ans.

Stress

Le stress chronique est néfaste pour la santé. Outre sa composante strictement neuropsychiatrique qui peut déboucher sur une dépression, il ressort d’une étude espagnole que s’il dure plus de six mois, il augmente sensiblement le risque d’accident vasculaire cérébral. L’AVC n’est autre que l’obstruction ou la rupture d’un vaisseau transportant le sang dans le cerveau. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’hôpital universitaire San Carlos de Madrid ont étudié les événements qui avaient précédés un tel AVC chez 150 patients. Les chercheurs ont bien sûr tenu compte d’autres facteurs susceptibles d’expliquer ce stress chronique (facteurs psychologiques) mais aussi sur l’AVC (cholestérol, hypertension, diabète etc.). L’alimentation (café, alcool, boissons énergisantes…) et le tabagisme ont aussi été pris en compte. Au final, malgré ces divers ajustements, il apparaît que le stress chronique multiplie par quatre le risque d’AVC.

DU BRULLE,CHRISTIAN

Publié dans REPORTAGES | Laisser un commentaire