4 mars 2010

La croissance ne fait pas le bonheur

Catégorie Ressources

Un peu de théorie pour lancer ce blog…

« La croissance ne fait pas le bonheur. Les économistes le savent-ils ? » C’est ainsi que Isabelle Cassiers (professeur à la faculté des Sciences économiques de l’UCL) et Catherine Delain ont intitulé un article publié en mars 2006 dans la revue « Regards économiques ».

PIB - Satisfaction de vie

A la base de cet article, une idée simple et géniale : comparer l’évolution du PIB avec la progression de la satisfaction de vie. Pour la Belgique, le résultat est clair : sur le même graphe on obtient une courbe en hausse, celle de la croissance, et un série de points qui tracent une ligne descendante, la satisfaction de vie.

Notons que la satisfaction de vie est évaluée sur base d’enquêtes au cours desquelles on demande à un échantillon de la population de répondre à l’unique question : « êtes vous globalement satisfait de la vie que vous menez ? ». Les réponses peuvent s’échelonner de 1 à 4, c’est-à-dire de très insatisfait à très satisfait.

La richesse n’est donc pas tout, constate Isabelle Cassiers et Catherine Delain. Mais alors qu’est-ce qui fait notre bonheur, ou qu’est-ce qui fait notre malheur ?

Les auteurs de l’article pointent divers éléments qui viennent déforcer la satisfaction de vie :

-       les inégalités entre revenus : elles augmentent dans la plupart des pays de l’OCDE depuis les années 70’ ;

-       le chômage : un des objectifs de la croissance est la création d’emploi, hors depuis 30 ans on ne parvient pas à résorber le chômage ;

-       les problèmes de santé d’origine professionnelle, qui sont en forte progression ;

-       le lien social qui se dégrade de plus en plus. Le mode de vie (au sens de l’état civil) qui procure le plus de satisfaction est le mariage, suivi du célibat, de la cohabitation, du veuvage et du divorce. Mais nos sociétés produisent de moins en moins de mariage et de plus en plus de divorce ;

-       La bonne gouvernance et les institutions, dans lesquelles les populations ont de moins en moins confiance ;

-       L’environnement, qui se détériore.

Nous sacrifierions donc l’égalité sociale, la santé, le lien ou encore l’environnement à la croissance ?

Dans d’autres articles, Isabelle Cassiers – et elle n’est pas la seule – remet en cause le PIB comme outil de mesure de la richesse de notre société. Si cet indicateur avait du sens pour la gestion des comptabilités nationales au sortir de la deuxième guerre mondiale, il paraît aujourd’hui obsolète.

En effet, il ne mesure que des flux d’argent et ne tient pas compte d’une multitude d’éléments constitutifs de la richesse de notre société et de notre bien-être. Qu’il s’agisse de l’environnement, de l’égalité sociale, de la santé, du lien, etc.

De surcroît, des éléments qui contribuent à la croissance – comme par exemple la consommation de carburants pour des trajets en voiture qui pourraient être évités – nuisent au bien-être global, à l’environnement et à la santé en l’occurrence.

Mais alors qu’est-ce qui fait le bonheur ou, plutôt, le bien-être ? Et puis comment le mesurer ? Des indicateurs alternatifs existent : l’indice de développement humain, par exemple, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Ou encore le Bonheur National Brut, que le roi du Bhoutan a mis sur pied à la fin des années septante.

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