16 janvier 2017

Le fondateur du Village du Livre de Redu a tourné la page

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Noël Anselot, décédé à l’âge de 92 ans, était l’un des derniers acteurs de la résistance, témoin de la bataille de Bastogne où il perdit plusieurs membres de sa famille. Originaire des Ardennes mais né à Liège, il s’engage en 1942 dans les services de renseignement et d’action, sous la direction de Georges Ugeux qui fondera l’agence Inbel et il termine la guerre avec le grade d’adjudant A.R.A. Il se lance alors dans le journalisme, et, dans les colonnes de la Wallonie, il mène une campagne enflammée contre le retour de Léopold III. Il collaborera ensuite à l’agence Belga puis à Reuter et, spécialisé dans les affaires pétrolières, se fera connaître lors de l’affaire Ibramco, ce projet de raffinerie belgo iranien qui entraînera la chute du gouvernement Leburton. Lui-même reconverti dans les affaires pétrolières (il sera directeur de BP Belgique/Luxembourg) puis d’Elf/Belgique, Noël Anselot deviendra célèbre grâce à ses livres dont un best seller de l’époque, « ces Belges qui ont fait la France »(éditions France Empire).
Par la suite, cet amoureux de l’Ardenne et de la Famenne se découvrit à Redu une autre vocation, celle de bibliophile. Dans ce petit village, il ne se contenta pas de lutter pour empêcher la construction d’un barrage sur la Lesse, il fonda avec le journaliste de la RTBf Gérard Valet le « Village du Livre » qui assura la célébrité de Redu et suscita plusieurs initiatives similaires en France, en Suisse, aux Pays Bas et même en Malaisie. Le fonds initial de Noël Anselot avait été constitué au départ des ouvrages qui appartenaient à la famille de Selys Longchamp et qui avaient été mis en vente. Dûment répertoriés, catalogués, ces ouvrages se révélèrent d’une richesse inépuisable et assurèrent des visiteurs fidèles à la librairie que Noël Anselot avait ouvert à Redu. L’un des plus assidus fut le roi Baudouin, qui, venant en voisin feuilleter les livres rares, n’hésitait pas à s’entretenir longuement avec le libraire…
Esprit ouvert, éclectique, alliant la curiosité d’esprit, le sens des affaires et l’esprit de famille, Noël Anselot venait de célébrer ses 70 ans de mariage avec Joan Cranshaw, qu’il avait rencontrée en Irlande alors que, volontaire de guerre elle aussi, elle conduisait les camions de l’armée britannique. Le seul roman que Noël Anselot n’a pas écrit est celui de sa longue vie, mouvementée et traversés par d’innombrables rencontres…Trop de matière peut-être…Ses amis, sa nombreuse famille, mettront du temps à revisiter toutes les facettes de ce personnage hors du commun, qui, par sa culture et son entregent correspondait assez bien à ce que dans un autre siècle on aurait appelé un « honnête homme »…

4 janvier 2017

l’Afrique d’un modeste bourlingueur

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D’hôtel en hôtel, le –modeste- carnet d’un bourlingueur

Ce sont les carnets d’un bourlingueur, version passe muraille. Un voyageur modeste mais omniprésent. La silhouette effacée, mais le regard vif, le déclencheur rapide.
Economiste, spécialiste du développement, enseignant-chercheur dans les universités de Nanterre, de Louvain ou du Sussex, Olivier Le Brun a arpenté le monde et rédigé d’innombrables rapports, entre autres pour les Nations unies. Mais lui, on ne l’a pas vu dans les hôtels de luxe et il n’a pas circulé dans des jeeps aux vitres teintées. C’est que, pour comprendre la pauvreté et peut –être l’économie, pour observer au plus près les sociétés des Caraïbes, de l’Afrique centrale et de l’Ouest, de Madagascar ou des Comores, il préférait arpenter le terrain et descendre dans des hôtels que ne mentionne aucun guide. Des « guest house » de village, des « motels » le long des routes, des parcelles appelées « au bon repos » ou « Hôtel Versaille », des cabanes annoncées comme « World trade center ».
Les photographies de ces petits hôtels à six francs six sous balisent un périple « poético politico sentimental » à travers sept pays africains, avec des textes qui correspondent admirablement aux images présentées et qui évoquent une Afrique plus vraie, plus proche que les clichés misérabilistes ou modernistes qui prévalent trop souvent.
L’auteur nous emmène dans une Afrique au ras du sol, dans la poussière des bus et le fracas de la musique, une Afrique qui vit et accueille et qui se débrouille, avec ses modestes moyens, pour demeurer accueillante, chaleureuse.
Merveilleux sont les souvenirs d’Olivier Le Brun, splendides sont ses photos, modestement présentées dans un petit livre aux allures de carnet de voyage. Un livre que l’on glisse dans sa poche, ou, pourquoi pas, dans le fond du sac à dos. Car il est le meilleur des guides : pour apprendre à traîner un peu, à prendre le temps de regarder. Avec les yeux du cœur et un appareil photo suffisamment discret…

Olivier Le Brun, Africa Hotel, Yellow Now, les carnets

4 janvier 2017

Mémoires noires, ou l’Afrique des premières photos

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Mémoires noires, un passé qui ne passe pas…

Tout commence par un émerveillement. Celui que ressentirent les premiers explorateurs blancs qui, délaissant les côtes, pénétrèrent au cœur du continent africain. Ils s’appelaient Livingstone, Savorgnan de Brazza, Marchand et, bien sûr Henri Morton Stanley. Poussés par la curiosité, le désir, l’espoir de repousser les frontières du monde connu, ils étaient aussi des arpenteurs. Ils traçaient des croquis, posaient des bornes frontières, se préparaient à rendre compte à leurs commanditaires, ceux qui avaient financé les entreprises de découverte et espéraient bien récupérer leurs mises.
Mais en cette fin du 19eme siècle, les explorateurs étaient déjà dotés d’appareils photos, la star technologique de l’époque et, longtemps enfouies dans les musées ou les collections privées, leurs archives échappaient au grand public. Jacques Lamalle, désireux de remettre au grand jour, à la disposition de tous, ces documents historiques, entreprit de numériser certaines des photos tirées de divers fonds d’archives européens, dont le quai Branly et l’incontournable, le richissime musée royal de l’Afrique centrale à Tervueren.
De ces choix, sans doute difficiles, de ces travaux de réanimation d’images que l’on croyait mortes est né un ouvrage magnifique, prenant, émouvant, révoltant aussi. Un livre qui nous fait voir l’Afrique de l’intérieur avec le regard à la fois ébloui et cupide des premiers découvreurs. Les explorateurs de l’époque qui sont aussi cartographes, chefs militaires, ethnologues, sont dotés d’appareils photos rudimentaires si on les compare au matériel d’aujourd’hui mais ils possèdent un atout que les générations suivantes ont définitivement perdu : un regard neuf, une capacité d’émerveillement. Dès l’entame de l’ouvrage, c’est l’émotion qui l’emporte devant les sources du Nil et la majesté du Congo, devant les chutes de Murchinson en Ouganda ou la luxuriance du bassin congolais. Mais les hommes ne tardent pas : villageois saisis au sortir de leurs cases, pagayeurs et piroguiers qui rappellent que les fleuves étaient les autoroutes d’alors, pêcheurs habiles et audacieux qui n’ont vraiment pas attendu « qu’on leur apprenne à pêcher »…. Minutieux, les explorateurs se font aussi architectes : ils observent les villages, notent l’agencement des cases, leur variété, leur relatif confort, l’adaptation au milieu, les greniers, les champs cultivés. Ils fixent aussi les paisibles visages d’ habitants qui n’ont pas encore appris à se méfier et introduisent les visiteurs jusque dans les cours intérieures ou les enceintes royales et les autorisent à photographier les forgerons, les tisserands, les briquetiers, sans oublier les musiciens, flûtistes, tambourinaires…
Les explorateurs sont également fascinés par les femmes, leur élégance, leur beauté « beaucoup de ces jeunes filles sont jolies et admirablement faites. Si les Européens étaient nus, ils feraient triste figure à côté de ces corps bien découpés, aux membres élégants…. » écrit un David Livingstone qui n’était pas pressé de rentrer en Europe…
Mais l’enchantement ne dure pas, le charme de la rencontre s’estompe vite : les explorateurs sont avant tout des chefs de mission, des guerriers lourdement armés. Ils donnent des ordres, se font obéir et mettent les populations locales au service de leur dessein. Le chapitre intitulé l’ « œuvre aux Noirs » illustre les dégâts du portage et la lourdeur des charges, la cruauté de la cueillette du caoutchouc et la pratique bien réelle des mains coupées. Cette fois, les corps hier bien découplés sont squelettiques, les regards sont vides ; les lourdes défenses d’ivoire traînées le long des pistes ponctuent les silhouettes penchées, les lianes du caoutchouc s’entremêlent. Une sobre légende le rappelle : « le moteur de l’expansion coloniale fut bien le Nègre. » La dernière image de l’album frappe comme un coup de poing : précédée par d’autres corps affalés, un cadavre est allongé au bord de la « route des caravanes ». Réalisée en 1895 par le photographe Auguste Weyns, qui accompagnait Charles Lemaire, la photo du squelette gît en travers de la piste, dans une pose qui évoque le désespoir, l’épuisement. Cette image là, vieille de plus d’un siècle, pourrait avoir été prise aujourd’hui encore sur les pistes du Sud Soudan, de l’ Est du Congo ou d’ailleurs. Mais alors qu’hier de telles photos pouvaient alimenter des campagnes dénonçant l’exploitation coloniale, aujourd’hui elles ne susciteraient peut-être qu’un sentiment de déjà vu…

Jacques Lamalle, Mémoires noires, éditions Les Arènes, 250 photographies exceptionnelles, 1880-1910

1 janvier 2017

Croire au miracle de la Saint Sylvestre

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Imprévisible Congo ! Alors que le pire était à craindre, que les expatriés s’étaient vu conseiller de plier bagages et que les « envoyés spéciaux » de la communauté internationale étaient arrivés au bout de leurs conseils et de leurs menaces, ce sont finalement les négociateurs congolais, sous la houlette de leurs autorités spirituelles , qui ont trouvé la voie d’un compromis. Dans cette négociation de la dernière chance, toutes les parties ont jeté du lest : l’opposition, même son aile la plus radicale, a renoncé à obtenir un départ imminent de Kabila. Quant à ce dernier, il a accepté de partager le pouvoir, de co-gérer une transition qui, plus tôt que prévu, devrait déboucher sur des élections à la fin de cette année. Dans cette Afrique centrale où se côtoient les dinosaures accros au pouvoir, le « Raïs », qui demeure toujours le plus jeune du club, a finalement renoncé à se représenter. Même si subsistent des pièges, cachés ou non, si tous les dangers ne sont pas écartés (une reprise de la guerre pourrait encore enrayer la machine électorale et pérenniser la transition), si la classe politique demeure capable de se déchirer pour des questions d’intérêt personnel, il faut, au lendemain de cet accord de la Saint Sylvestre, se laisser gagner par l’optimisme. Car cette négociation de la dernière chance a été menée par les Congolais eux-mêmes, sans interférence étrangère. Chacun des camps, gardant en vue l’intérêt supérieur du pays, s’est montré capable de faire des concessions. Et Moïse Katumbi, en suggérant que son cas soit réglé plus tard, a posé un geste d’homme d’Etat. S’ajoutant aux pressions extérieures, c’est la mobilisation populaire qui s’est révélée déterminante : malgré le déploiement de l’appareil sécuritaire, le régime s’est rendu compte qu’on ne pouvait gouverner contre l’opinion, contre la jeunesse. Même obligé de recourir aux sifflets pour s’exprimer sans danger, le peuple congolais est demeuré attentif, mobilisé. Si tout va bien (croisons les doigts…) il aura obtenu ce miracle de fin d’année: pour la première fois depuis l’indépendance du pays, la transition devrait s’opérer de manière pacifique, par la voie des urnes et non dans le fracas des armes et les déchirements de la violence.
Certes, les palabres ont duré longtemps, les évêques ont souvent frôlé l’exaspération. Mais au bout du compte, si les termes de l’accord sont réellement mis en œuvre, le Congo aura réussi une étape cruciale dans l’apprentissage de la démocratie. Ce sera la première bonne nouvelle de cette année 2017.

1 janvier 2017

Un accord qui devrait réconcilier les Congolais

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Au finish… Il aura fallu treize heures de négociations ininterrompues, la menace à peine voilée de l’Eglise catholique de recourir à un mystérieux « plan B » et de dénoncer publiquement les responsables de l’échec, l’impatience croissante des ambassadeurs convoqués au centre diocésain et surtout la pression de l’opinion, nationale et internationale, pour que, peu avant minuit, alors que le dernier des ultimatums venait à expiration s’élève la « fumée blanche symbolique : un accord était conclu, qui devrait passer à l’histoire comme l’accord de la Saint Sylvestre ! Le comité restreint, réuni par la Conférence épiscopale du Congo, réunissant des représentants de Joseph Kabila, arrivé en fin de mandat, et des négociateurs issus de l’opposition avait enfin fixé les modalités précises du partage du pouvoir durant la période de transition qui précédera des élections qui devraient se tenir d’ici fin 2017.
Des virgules, des formulations, des verbes conjugués au présent ou au conditionnel : les négociateurs, bretteurs redoutables, se sont battus pied à pied, en répétant que chaque mot comptait et que, -comme l’Eglise catholique le sait mieux que personne- le diable se cache toujours dans les détails. « Il y avait des pièges, nous les avons déjoués, mais il y en aura encore d’autres» nous confiait, épuisé mais satisfait, le député Martin Fayulu mais « l’essentiel c’est qu’il n’y a ni gagnant ni perdant, tout le monde a su jeter du lest… »
L’accord politique, qualifié de « global et inclusif », prévoit donc que le président Joseph Kabila, dont le mandat s’est terminé le 19 décembre dernier, reste à la tête du pays et qu’il ne sera remplacé qu’après l’élection de son successeur. Cette élection interviendra d’ici décembre 2017, soit quatre mois plus tôt que le délai prévu par le premier accord obtenu sous l’égide du médiateur de l’Union africaine Edem Kodjo. En contrepartie de ce « bonus » accordé au président sortant, l’opposition obtient deux points : la création d’un Conseil national de transition (CNT) présidé par l’opposant historique Etienne Tshisekedi (84 ans) et le nomination d’un Premier Ministre issu de la coalition dite le « Rassemblement de l’opposition » plus radicale que les formations qui avaient déjà négocié un premier accord politique, conclu le 18 octobre dernier.
Jusqu’en dernière minute, deux points ont focalisé les débats : l’éventualité d’organiser un referendum qui ouvrirait la voie à une révision de la Constitution (et à un troisième mandat) et la « décrispation politique ».Alors que, sur le terrain, en province de Lualaba par exemple, les préparatifs de cette consultation avaient déjà commencé, ce n’est qu’en fin de soirée que les partisans de Kabila abandonnèrent ce projet. Autrement dit, le président Kabila, s’il demeurera en poste durant la transition, ne briguera pas de troisième mandat.
Quant à la décrispation, elle visait surtout la libération de certains prisonniers politiques et la possibilité, pour Moïse Katumbi, de pouvoir rentrer au pays. « Pour les porte parole de Kabila, « c’était devenu une affaire personnelle » nous confiait Martin Fayulu, « comme si la haine était toujours proche de l’amour. » En effet, jadis très proche de M. Kabila et aujourd’hui le plus populaire de ses opposants, candidat déclaré à la future élection présidentielle, l’ancien gouverneur du Katanga est devenu la « bête noire » du régime, bien plus détesté que d’autres « traîtres ». Au terme d’un procès contesté, il a été condamné à trois ans de prison pour une affaire de spoliation d’immeubles et, se sentant menacé, il a choisi de vivre en exil, officiellement pour y recevoir des soins médicaux. Son retour éventuel serait le symbole d’une décrispation véritable.
Le document de compromis consacre aussi la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, dirigé par un Premier Ministre proposé par le Rassemblement. Etienne Tshisekedi étant chargé de surveiller la transition, il est douteux que le poste soit confié à son fils Félix et d’autres noms circulent. Mais qu’adviendra-t-il de Sammy Badibanga, Premier ministre issu de l’accord du 18 octobre et qui vient à peine d’être investi ? Ce Kasaïen, jadis membre de l’UDPS et proche de la famille Tshisekedi, devra-t-il déjà céder la place ? Ou bien faudra-t-il attendre une nouvelle session de l’Assemblée nationale fin mars ? Malgré la signature de l’accord, le chronogramme reste flou et les pièges restent nombreux… « Il va falloir encore travailler, ce n’est donc pas une fin, seulement un début » souligne le Nonce apostolique, Mgr Montemayor, qui a sérieusement épaulé les évêques congolais.
Ces derniers peuvent en tous cas se réjouir d’avoir désamorcé une crise qui a déjà fait une quarantaine de morts tandis que, sur les réseaux sociaux, les simples citoyens, se souhaitant la « Bonana » (bonne année) constatent que leur pays, depuis l’indépendance, n’a jamais connu de transition pacifique mais qu’en 2017, peut-être, « le miracle sera congolais »…

1 janvier 2017

Fumée blanche ou fumée noire?

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Fumée blanche ou fumée noire ? Un journaliste congolais n’hésitait pas à comparer le centre diocésain de Kinshasa à la chapelle Sixtine et durant toute la journée de vendredi, le suspense fut aussi intense que s’il s’était agi d’élire un nouveau pape.
C’est que l’enjeu était d’importance : le Congo allait il s’engager dans la période transitoire précédent les prochaines élections dans un climat relativement apaisé ou, en l’absence d’un accord entre les partisans de Joseph Kabila et les représentants de l’opposition, le pays allait-il se retrouver engagé dans une nouvelle vague de violences ? Ou bien, malgré l’accord, forcément imparfait car résultant d’un compromis, les violences allaient elles reprendre de toutes manières ?
Rappelons que c’est avec le soutien du Pape Benoît qui avait déclaré qu’il « fallait construire des ponts et non des murs » que les évêques membres de la Conférence épiscopale du Congo avaient accepté de lancer une « négociation de la dernière chance » à la veille du 19 décembre, date de l’expiration du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila. Pour tous les Congolais, il s’agissait d’une « date fétiche », à laquelle le pouvoir aurait du changer de mains. En réalité, les élections n’ayant pas été organisées, le pouvoir en place se reposa sur un arrêt –contesté- de la Cour constitutionnelle stipulant que le chef de l’Etat sortant était autorisé à rester en fonctions jusqu’à la mise en place de son successeur. Prévoyant la contestation et les accusations qui allaient surgir dès le 19 décembre, un premier dialogue avait réuni, dans l’enceinte de la cité de l’OUA, une partie de l’opposition et les partisans de Kabila. Un accord politique, conclu le 18 octobre, avait débouché sur une promesse d’élections en 2018 et sur la nomination du Premier Ministre, Sammy Badibanga à la tête d’un gouvernement de 68 ministres et secrétaires d’Etat. Originaire du Kasaï, cet ancien homme d’affaires avait été un proche d’Etienne Tshisekedi. Mais depuis 2011 il appartenait à l’aile «participationniste » de l’UDPS qui avait accepté, après les élections contestées, de siéger à l’Assemblée en dépit de l’ukase formué par le président du parti. Cet accord politique fut jugé « non inclusif » par les Occidentaux qui plaidaient pour que l’UDPS dans son ensemble soit associée à la gestion de la transition et que M. Katumbi, l’ex- gouverneur du Katanga, puisse rentrer au pays pour y jouer un rôle politique. Le 19 décembre, dans un pays verrouillé par les forces de sécurité, des manifestations eurent lieu malgré tout, et, sévèrement réprimées, elles firent une vingtaine de morts, ce qui incita les Occidentaux à durcir les sanctions contre certaines personnalités du régime.
Les évêques eux, poursuivirent leur médiation, espérant d’abord parvenir à un accord avant Noël : ils réunirent une équipe restreinte, limitée à une quinzaine de personnes représentant les porte parole de Kabila et ceux du « Rassemblement de l’opposition » réuni autour de la personne d’Etienne Tshisekedi, président de cette coalition. A la veille de la date butoir du 30 décembre, au delà de laquelle les évêques avaient promis de rentrer dans leurs paroisses et de mettre en œuvre un « plan B » (dont on ignore les modalités…), les discussions continuaient à tourner autour de quatre points essentiels : étant acquis que Joseph Kabila resterait en fonctions jusqu’à la date des élections (une concession d’importance s’il en est..) le le Rassemblement exigeait le poste de Premier Ministre (ce qui était pratiquement acquis…), on débattait de la gestion des exécutifs provinciaux ( l’opposition exigeant d’y être associée afin de contrôler la préparation des élections), la recomposition du bureau de la Commission électorale indépendante était jugée essentielle afin de garantir une préparation équitable du futur scrutin, prévu d’ici la fin de l’année 2017. Les mesures de décrispation, c’est à dire la libération de 7 ou 9 prisonniers politiques «emblématiques » et le retour au pays de Moïse Katumbi, étaient jugées indispensables. La mise sur pied d’un «Conseil national de transition » suscita également bien des débats : le Rassemblement exigeait d’en avoir le contrôle, les partisans de Kabila estimaient qu’une telle instance n’était pas prévue dans la Constitution…
Lassé des tergiversations de la classe politique, Mgr Fridolin Ambongo, au nom de ses collègues, lança un avertissement aux négociateurs, assurant « il n’est pas question de leur accorder un jour de plus, ils doivent trouver un accord aujourd’hui ».
Jusque tard dans la soirée le suspense devait tenir les Congolais en haleine…

22 décembre 2016

Un président jeune qui a…perdu le soutien de la jeunesse

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Lorsqu’en 2001, il succéda à son père assassiné, Joseph Kabila était le plus jeune chef d’Etat d’Afrique. Même aujourd’hui, âgé de 45 ans et après quinze années de « règne », il n’est pas bien vieux…Cependant, cet homme nouveau à l’époque, qui réussit à s’affirmer, à maîtriser tous les rouages du pouvoir avec des talents insoupçonnés, a perdu l’essentiel : la confiance des jeunes.
Au Congo, les moins de vingt cinq ans représentent la moitié sinon les deux tiers de la population. Ils sont les électeurs de demain, les cadres du futur. Ils incarnent l’avenir du pays. Ils n’ont connu que Joseph Kabila. Même taiseux et discret, ce dernier a hanté leurs années d’enfance durant lesquelles Mobutu n’était déjà plus qu’un souvenir du siècle dernier. Les promesses de Kabila ont fait rêver ces gamins. Ils ont partagé sa vision d‘un pays moderne, émergent, d’un pays meilleur à vivre pour les pauvres, d’un pays où on pourrait étudier, travailler, construire. Aujourd’hui, ces rêves sont fracassés. Ceux qui ont pu étudier à force de sacrifices sont condamnés au chômage, la plupart vivent d’expédients. Dans les mines que l’on ferme pour les confier aux multinationales qui chassent les travailleurs au profit des excavatrices, combien sont-ils qui payaient leurs modestes études en creusant, en se faufilant dans les galeries avec leur taille d’enfant et leurs ambitions d’adultes ?
Alors que ces jeunes avaient cru en l’essor économique de leur pays, ils constatent que les gains éventuels sont mangés par la corruption. Ils avaient cru, -naïfs qu’ils étaient-, aux chances de la démocratie. En toute occasion, ils entonnaient l’hymne national « Debout Congolais » et ils étaient sincères lorsque, chantant à tue tête, ils promettaient « de construire un pays plus beau qu’avant ». Aujourd’hui, ils sont confrontés à des manoeuvres dilatoires, des palabres sans fin menées par des hommes politiques qui n’ont rien oublié des pratiques mobutistes.
Ils font face aussi à une répression bien moderne, elle, menée avec des armes neuves, et sans états d’âme. Ces jeunes privés d’avenir assurent qu’ils n’ont pas peur de mourir. On leur avait promis la révolution de la modernité. Aujourd’hui, ce dont ils rêvent avant tout, c’est la révolution de la moralité.

22 décembre 2016

Wamu Oyatambwe: “Kabila bye bye” sur fond de misère sociale

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Interview de Wamu Oyatambwe, politologue (VUB) auteur du livre « de Mobutu à Kabila »

Vous êtes rentré en début de semaine de Kinshasa. Quel était le climat ?
Franchement mauvais… On a le sentiment que le régime ne comprend rien à la problématique des jeunes, à leurs frustrations. Je suis frappé par l’amateurisme avec lequel on gère les manifestations. Car enfin, elles étaient prévisibles, et depuis longtemps. On savait que les gens allaient sortir dans la rue, crier « carton rouge » ou « Kabila by bye »…Tout cela aurait pu être prévu, accompagné. Au lieu de cela, le régime est tombé dans le piège, celui de la violence, de la répression. Comme en septembre, lorsqu’il y a eu 50 morts… Ici aussi, tout en accusant l‘opposition de vouloir semer le chaos, le régime est tombé lui-même dans le piège de la violence.
Tout cela s’inscrit sur une base explosive depuis longtemps, la situation sociale. La misère est indescriptible, généralisée. Les jeunes- deux tiers de la population- sont au chômage, il n’y a pas de perspectives d’emploi. En outre, la situation économique a empiré au cours des derniers mois : le cours du franc congolais, par rapport au dollar, est passé de 980 à 1260, ce qui signifie une hausse de 25 % et donc une baisse d’un pouvoir d’achat déjà très faible. C’est intenable. Mais ce qui l’est plus encore, c’est l’arrogance des riches. Ils construisent des immeubles, organisent des fêtes dans les nouveaux hôtels, louent des salles pour des mariages. Et ils s’imaginent que tout autour, les pauvres ne se rendent compte de rien. A cela s’ajoutent les rapports comme celui de l’agence Bloomerg, qui décrit de manière détaillée la fortune accumulée par la famille Kabila. Même si l’on peut discuter des données, les mettre en cause, il n’empêche que tout cela circule sur les réseaux sociaux, alimente la colère générale. Comment accepter que la famille présidentielle soit créditée d’une fortune de 15 milliards de dollars, alors que le budget de l’Etat atteint péniblement les 4, 5 milliards ?
La chute des cours des matières premières contribue à aggraver les choses.
Cette misère sociale entraîne un rejet du système, alors qu’en même temps les espaces de liberté rétrécissent et que la répression s’accentue. Quel dommage… Au début de l’entrée en fonctions du Premier Ministre Matata Mponyo, on avait senti un frémissement, les recettes de l’Etat augmentaient, la croissance s’accélérait, la bancarisation (paiement par voie bancaire des salaires des fonctionnaires) avait des effets positifs. Mais aujourd’hui on s’aperçoit que les travaux d’infrastructures ont été mal réalisés que des routes sont déjà à refaire…

La classe politique, tous partis confondus, est elle attentive à ce malaise social ?
Absolument pas. Les partis sont enfermés dans une stratégie purement politique. Depuis un an, il n’est question que de troisième mandat, de date des élections etc…On ne se positionne que par rapport à cela, bien loin au dessus des préoccupations des gens…Si demain la médiation menée par la conférence épiscopale aboutit à une solution, il faudra élargir encore le gouvernement de 68 ministres qui a été présenté cette semaine, y inclure les nouveaux venus. Je suis certain que le président ne reviendra pas sur sa décision, ne remettra pas en cause ce gouvernement issu de l’accord politique d’octobre dernier, tout au plus sera-t-il élargi, ce qui ne résoudra rien…
Le problème, c’est qu’il n’y a plus de légitimité au Congo : tout le monde est hors mandat. Le président, évidemment, mais aussi le président du Sénat, Lépon Kengo wa Dondo, qui légalement pourrait lui succéder en cas de vacance : il est hors mandat depuis cinq ans ! Le vide juridique est absolu, plus aucune autorité n’est légitime. Même si on se mettait d’accord pour organiser des élections en 2018, je ne suis même pas sûr que ce serait possible : le budget de la CENI est colossal, un milliard 800 millions de dollars…Où pourrait on trouver cet argent ? En outre la remise à jour des listes électorales, dans un pays aussi vaste, aussi dépourvu de moyens de communications, représente une opération compliquée : dans certains coins il faut se déplacer en pirogue ou à pied… Tout cela va prendre du temps…
Peut on craindre un putsch ?
Je ne sais pas : l’appareil sécuritaire semble sous contrôle, la garde républicaine est forte, dominée par des fidèles de Kabila…Mais les policiers partagent les mêmes conditions que le reste de la population : en ville, ils vous demandent de l’eau, vous disent qu‘ils souffrent eux aussi…Vont-ils accepter de tirer sur les jeunes, sur leurs enfants ?
Et pourtant, je crois encore que c’est Kabila qui a toutes les clés en mains. Mais je me demande s’il se rend compte de la gravité de la situation, qui écoute-t-il encore …Ainsi par exemple, je crois qu’avoir publié la liste du gouvernement alors que la médiation des évêques n’était pas terminée, ce fut un erreur. Il fallait laisser une chance à la négociation au lieu de gouverner par défi. Je suis aussi frappé par l’invocation d’un certain «esprit rebelle », une verve anti occidentale, exprimée par ceux qui disent parler au nom de Kabila… Ils tiennent des discours du style « tout le monde nous en veut, l’Occident nous rejette.. »

Si l’on se fait l’avocat du diable, on peut tout de même constater une certaine unanimité occidentale contre Kabila, alors que dans la région, il y a d’autres présidents qui s’éternisent au pouvoir, qui répriment, qui s’enrichissent…Pourquoi cette sévérité à l’égard du Congo ?

Mais parce que par sa dimension, son importance géopolitique, son économie, le Congo ne peut se comparer au Congo Brazzaville, au Rwanda, à l’Ouganda, aux petits pays de l’Afrique de l’Ouest. Toujours il a suscité plus d’attention, été plus regardé qu’un autre. Les enjeux sont tellement différents…Il faut tout de même dire aussi que la gestion est différente : le Rwanda, pour ne citer que lui, réussit nettement mieux…Au Congo, l’Etat demeure incroyablement faible.
Je ne peux que souhaiter bonne chance à la médiation des évêques, mais je suis préoccupé par l’illégitimité du pouvoir et par les risques d’une explosion sociale généralisée…Et cependant, il faut aussi préserver les acquis de la démocratie…

21 décembre 2016

Les évêques du Congo reprennent le chantier de la négociation

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Avant de quitter les évêques congolais convoqués au Vatican, le Pape Benoît a béni le Congo : « je réitère un appel vibrant à tous les Congolais pour que dans ce moment délicat de leur histoire, ils soient des artisans de réconciliation et de paix. » Il a aussi souhaité « que Noël ouvre des chemins d’espoir ».
Une exhortation formulée alors que le Congo compte ses morts : selon un «bilan provisoire » des Nations unies, 19 personnes ont été tuées à Kinshasa, Lubumbashi et Matadi en plus de 45 blessés. Les autorités revoient ce chiffre à la baisse et ne reconnaissent que 11 morts. Dans les villes qui se sont enflammées sitôt qu’est venu à expiration le mandat de Joseph Kabila, le calme peine à revenir, l’encadrement policier est toujours massif et la population exprime toujours sa colère et ses craintes. A Kinshasa cependant, les exigences de la survie quotidienne ont obligé les 10 millions d’habitants à sortir de chez eux et à reprendre leurs activités, fût ce au ralenti, mais beaucoup de boutiques sont restées fermées. A Goma vingt jeunes activistes du mouvement Lucha ont été arrêtés à l’occasion d’un sit in alors qu’ils proclamaient « Bye Bye Kabila ».
Comme ils l’ avaient annoncé avant leur départ, les prélats membres de la Conférence épiscopale (CENCO) ont donc repris leur effort de médiation. Ils ont convoqué une nouvelle réunion, rassemblant autour d’une table des porte- parole de la majorité présidentielle et des représentants du Rassemblement de l’opposition. Mais le « format » de la rencontre est de plus en plus restreint : trente personnes la semaine dernière, dix cette fois, pour le troisième et sans doute dernier acte d’une négociation de la dernière chance. Monseigneur Marcel Utembi, président de la CENCO, a lancé un avertissement clair aux hommes politiques : « notre souhait est de clôturer avant Noël. Si les acteurs politiques et la société civile civile n’arrivent pas à un compromis à cette échéance, la CENCO en tirera toutes les conséquences qui s’imposent. »
Si les points litigieux demeurent les mêmes, les circonstances ont cependant changé depuis la semaine dernière : sans attendre le résultat de la médiation épiscopale, le président Kabila a promulgué la liste de l’éléphantesque gouvernement de 68 membres. Des membres de sa majorité soulignent que, si un accord était trouvé avec l’opposition radicale, des postes supplémentaires pourraient encore être trouvées pour les ralliés de la dernière heure, à moins que des nouveaux élus ne soient déjà priés de céder leur siège…En plus des violences des derniers jours, le climat est également plombé par le déploiement sécuritaire et par les propos d’Etienne Tshisekedi qui, sans appeler à manifester, a cependant exhorté ses compatriotes à ne plus reconnaître l’autorité de M. Kabila.
C’est bien là que le bât blesse : les négociateurs achoppent toujours sur la « décrispation » c’est-à-dire la libération de sept prisonniers politiques « emblématiques » et sur la durée de la transition, mais le fond du problème demeure l’avenir politique de M. Kabila qui ne veut pas céder le pouvoir.
Ses partisans justifient son maintien par l’article 70 de la Constitution stipulant « qu’à la fin de son mandat, le président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu » tandis que les opposants citent l’article 64 de la même Constitution, selon lequel « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force »…
Estimant qu’en négligeant délibérément d’organiser les élections dans les délais prescrits, le pouvoir a fauté, les opposants souhaiteraient mettre sur pied un « Conseil national de transition » qui pourrait être présidé par Etienne Tshisekedi. On peut imaginer que ce dernier, qui s’était déjà autoproclamé président après les élections contestées de 2011, ne manquera pas alors de se considérer comme un « président bis », ce que les partisans de Kabila refusent absolument.

20 décembre 2016

Talk and fight, négocier et combattre…

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Le miracle n’a pas eu lieu : sans attendre le retour des membres de la Conférence épiscopale, qui avaient prévu de reprendre mercredi les négociations avec les derniers récalcitrants de l’opposition, Joseph Kabila, dans les dernières minutes de son mandat présidentiel, a nommé son nouveau gouvernement. Autrement dit, craignant peut-être le vide du pouvoir, il a pris de court les hommes de bonne volonté qui, suivant le conseil du pape François, essayaient encore de « construire des ponts ». Défiant l’opinion, il a ainsi adressé une sorte de pied de nez aux évêques qui, à sa demande d‘ailleurs, avaient entrepris une « négociation de la dernière chance ».
Alors qu’il était jeune militaire dans les rangs de l’AFDL, (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), un mouvement piloté par le Rwanda et qui finit par renverser Mobutu en 1997, Joseph Kabila, dans l’ombre de son père Laurent Désiré, apprit l’une des tactiques de base des rebelles auprès desquels il s’initiait au métier des armes : talk and fight. Parler, c’est à dire négocier, mais aussi combattre. Et ne jamais perdre de vue l’objectif final.
Depuis les élections de 2011, contestées à cause de nombreuses fraudes et irrégularités, Joseph Kabila n’a jamais cessé de mettre en œuvre cette méthode éprouvée : faire mine de négocier mais aussi combattre afin de rester au pouvoir au-delà de délais prévus. C’est ainsi qu’il organisé en 2012 les « concertations nationales », vaste forum réunissant l’opposition et la majorité présidentielle, qui accouchèrent de résolutions qui ne furent jamais mises en œuvre. Le « dialogue politique » mené à la cité de l’Organisation africaine, avec l’appui du médiateur nommé par l’Union africaine, Edem Kodjo, eut la même finalité : réunir la majorité présidentielle et des membres de l’opposition dans une vaste palabre, distribuer généreusement indemnités financières et promesses de partage du pouvoir, convaincre tout ce beau monde de l’impossibilité matérielle d’organiser les élections à la date prévue. Evidemment : la Commission électorale se révélait sous financée, les listes n’étaient pas prêtes, les nouveaux électeurs n’avaient pas été recensés…La nécessité s’imposait donc d’ organiser une transition sur mesure, avec délai élastique. Autrement dit le «glissement », c’est-à-dire un maintien au pouvoir qui ne porte pas ce nom. Si le président demeure taiseux, ses proches s’expriment, promettent, tentent de rassurer, s’engagent à soutenir un gouvernement de transition associant une partie de l’opposition. Durant des semaines, le « talk » occupe le devant de la scène. Mais dans les coulisses, c’est le « fight » qui domine : les forces de sécurité reçoivent du matériel neuf, la garde républicaine est renforcée, les agents de renseignements redoublent d’activité et la répression se durcit.
Cependant, on ne peut tromper tout le monde tout le temps : s’il devait se confirmer que, comme bien d’autres avant eux, les évêques eux aussi ont été roulés, il faut craindre le coup de crosse. Sinon pire.