30 juillet 2006
La grande victoire des électeurs congolais
Catégorie actualité
Que ces élections, les premières depuis quatre décennies, soient une fête pour tous. Que chacun veille à ce qu’elles ne soient pas gâchées…
A la veille d’un scrutin historique, où 25 millions de Congolais se préparaient à choisir un président parmi 33 candidats, et 500 députés sur 10.000 prétendants, l’abbé Malu Malu, président de la Commission électorale, affichait sa sérénité habituelle. Il ne se trompait pas : à quelques heures du début des opérations de vote, on fêtait déjà. Durant la journée de samedi, dans tout le pays, les affiches avaient été arrachées et emportées comme souvenirs.
Dans les soirée, les gens des campagnes s’étaient mis en marche afin de ne pas manquer l’ouverture des bureaux de vote et la radio racontait qu’à Isiro et ailleurs le long du fleuve, les pirogues affluaient au port.
Dans les grandes villes, les églises avaient organisé d’ultimes réunions de prière et de réflexion. A Kinshasa, dans le quartier Petro-Congo, tout au fond de la cité de Macina, Martin, un fonctionnaire de 55 ans, électeur pour la première fois, avait discuté toute la nuit avec ses voisins.
La violence de jeudi avait nourri la conversation : fallait-il ou non sanctionner le vice-président Jean-Pierre Bemba pour avoir laissé ses partisans piller la Haute Autorité des médias, brûler la maison d’un pasteur et le studio du musicien Werrason ? Fallait-il ou non se méfier de Joseph Kabila, mal accepté dans la capitale ?
Dès le lever du jour, les femmes avaient sorti leurs plus beaux pagnes, les hommes se disaient fin prêts : tous connaissaient par cœur le numero de leur candidat à la présidentielle, et, sur les six pages des législatives, savaient où détecter l’élu de leur choix. Dans cette vaste circonscription de Tshangu, où 882 candidats se disputent 17 sièges, les attentes de Martin et de ses voisins sont simples : un Parlement fort, des ministres compétents, qui apporteront enfin l’eau et l’électricité dans leur quartier jonché de détritus et de sacs de plastique. Une certitude les anime tous : Si ça ne vas pas, dans cinq ans on les chasse tous. C’est ça la démocratie …
Lancée le 25 février 2002, le jour où commençaient les négociations de Sun City qui allaient mettre le pays sur la voie de la réunification et des élections générales, Radio Okapi, une coproduction de la Mission des Nations unies au Congo et de la Fondation Hirondelle s’est rapidement imposée dans l’ensemble du pays. Et pour cause : avec ses huit studios régionaux émettant en FM dans les quatre langues nationales, elle émet 24 heures sur 24 et atteint plus de la moitié de la population de ce pays vaste comme l’Europe occidentale.