24 septembre 2007

Offensive belge en préparation

Catégorie actualité

]De part et d’autre, Belges et Congolais se sont quittés rassérénés. Lundi, à quelques minutes du décollage de l’appareil qui devait emmener à New York le président Kabila et sa délégation, le climat était nettement meilleur. C’est que les entretiens du président congolais avec ses interlocuteurs belges (Karel De Gucht, André Flahaut, Sabine Delruelle et surtout Guy Verhofstadt, plus magicien que jamais) avaient permis de clarifier les positions des uns et des autres et de s’apercevoir que, comme souvent entre ces partenaires historiques, les incompréhensions étaient moins profondes qu’on n’aurait pu le penser.
A propos de la situation au Nord-Kivu, où les Belges redoutent une escalade militaire, le président Kabila, qui a passé quatre jours dans la région, se rendant à pied jusqu’à la limite du territoire occupé par N’Kunda, a expliqué qu’il envisageait d’agir sur plusieurs plans: politique et local, en organisant une conférence rassemblant les députés du Nord-Kivu et toutes les forces vives, soit quelque 200 personnes, mais aussi diplomatique, via les réunions tripartites, les contacts directs avec le Rwanda (une rencontre pourrait avoir lieu à New York avec le président Kagame).
Quant à l’option militaire, qu’il refuse d’écarter, le président congolais la présente plutôt comme un moyen de pression, un élément de la «politique de la carotte et du bâton» mais en rappelant tout de même que plusieurs offres ont déjà été faites à N’Kunda et qu’aujourd’hui, [TEXTE_ITAL]« les carottes ont déjà été mangées… »[/TEXTE_ITAL]
Ouvert à toute suggestion, Kabila souligna aussi qu’il avait déjà songé à une représentation plus forte des Tutsis Banyamulenge, quoique ces derniers soient déjà très présents à tous les niveaux de l’armée et l’administration. Il précisa qu’il avait déjà désigné des experts chargés de préparer les relations diplomatiques avec le Rwanda et la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs. Rassurés, les Belges s’abstinrent de citer les quelques noms qu’ils auraient aimé retrouver à des postes ministériels.
Quant à l’annonce des prêts consentis par la Chine, publiée à la veille du déplacement présidentiel, elle produisit sur les Belges l’effet que, peut-être, les Congolais avaient escompté: l’ économie domina les entretiens avec Guy Verhofstadt qui, affaires courantes ou pas, s’engagea personnellement à mettre sur pied, d’ici la fin de l’année , une grande délégation mixte, composée d’opérateurs publics et privés, qui se rendra au Congo afin d’examiner, concrètement, dans quels domaines (les mines, les infrastructures, l’énergie) les Belges pourraient inscrire de nouveaux investissements. De hauts fonctionnaires de plusieurs départements participeront à cette mission, sous la houlette des Affaires étrangères. [TEXTE_ITAL]« Depuis un an, nous n’attendions que cela, le retour concret des Belges », [/TEXTE_ITAL]nous souffle un membre de la délégation, [TEXTE_ITAL]« les partenariats avec la Chine semblent les avoir réveillés… »[/TEXTE_ITAL]. En tous cas, maintenant il semble y avoir urgence: Verhofstadt, qui doit s’envoler mardi pour New York, y reverra Kabila, tout comme De Gucht et de plus amples précisions seront données sur la « grande » mission économique.
A la veille de se retrouver à l’Assemblée générale de l’ONU, Belges et Congolais convinrent aussi d’insister, ensemble, pour que la Mission des Nations unies au Congo joue un rôle plus effectif sur le terrain, entre autres dans la traque des miliciens hutus Interhamwe, qui terrorisent les civils du Kivu.
A ce sujet, le CDH demande une réunion conjointe Chambre-Sénat afin d’examiner ce que la Belgique pourrait faire pour mettre fin aux souffrances des populations et des femmes en particulier.
Tant Joëlle Milquet que Marie-Dominique Simonet, ministre des Relations extérieures de la Communauté française, ont insisté sur ce sujet auprès du président Kabila. Ce dernier, auprès de tous ses interlocuteurs, a démenti que les forces armées congolaises collaborent avec le FDLR (Front démocratique pour la libération du Rwanda)[/LETTRINE]. Point d’orgue à cette visite jugée très positive, les Congolais se dirent très touchés par le fait que le Roi Albert II tint à attendre et reconduire son hôte sur le perron de Laeken.
[SIGNAT_FIN]COLETTE BRAECKMAN[/SIGNAT_FIN]