31 janvier 2008

Rwanda. Un nouveau témoin confirme les accusations portées contre des Français à propos de l’attentat

Catégorie actualité, commentaire

Courageux certes, mais prudent tout de même. Le premier pas de Bernard Kouchner à Kigali, qui a reconnu que la France avait commis une erreur politique en 1994 a été jugé bien timide par les Rwandais, mais il a suffi à faire bondir Alain Juppé, qui dirigeait la diplomatie française en 1994. Sur son blog, il réfute le fait que la France aurait fait preuve de passivité et pris parti pour un camp contre l’autre. L’ancien Premier Ministre Edouard Balladur, récusant lui aussi toute «faute politique » tandis qu’Hubert Vedrine, secrétaire général de l’Elysée en 1994, minimise : «il n’y a pas eu de faute politique. Il y a eu une erreur d’évaluation technique ». Et de conclure qu’à Paris, « on a sous estimé les tentations des extrémistes des deux bords, contre lesquels il aurait fallu davantage de moyens de pressions. » lire la suite

25 janvier 2008

Jean Hatzfeld ou l’impossible réconciliation

Catégorie interview

Jean Hatzfeld, ex-journaliste, écrivain, auteur de « la stratégie des antilopes », Flammarion, Fiction et Cie était de passage à Bruxelles. Il nous a expliqué les raisons de son “écriture romanesque” par rapport à l’écriture journalisrique.

Un journaliste, c’est d’abord un intermédiaire : quelqu’un qui fait le lien entre ceux qui vivent des évènements et ses lecteurs, qui essaie de répondre au mieux aux questions que ses lecteurs peuvent se poser. lire la suite

23 janvier 2008

Goma: l’acte d’engagement est finalement signé

Catégorie actualité

Tranchant avec la morosité qui régnait la veille au moment de l’ajournement de la clôture des travaux, les participants à la conférence de Goma, réunis en séance plénière, n’ont pas caché leur joie et leur soulagement. A l’issue d’ultimes tractations, non seulement les représentants de Laurent Nkunda ont accepté in extremis de signer l’«acte d’engagement>» devant mener à une cessation immédiate des hostilités, mais Kambasu Ngeze, chef de la délégation du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) a été le premier à ratifier le document.
Les autres représentants des groupes armés ont signé ensuite au cours d’une cérémonie à laquelle assistait le président Kabila. Ce dernier se trouvait à Goma depuis plusieurs jours pour suivre de plus près le déroulement des travaux et donner l’arbitrage final aux questions en litige. Le dénouement avait été précédé par d’intenses discussions entre les différents protagonistes, qui firent souvent appel à la facilitation internationale pour dénouer les derniers nœuds.
Les trois facilitateurs étaient MM.Roeland van de Geer, envoyé spécial de l’Union européenne, Alan Doss, représentant spécial des Nations unies, et l’Américain Tim Shortley. Pour lever le dernier blocage ces trois hommes passèrent, mercredi matin encore, plus de 45 minutes en communication directe avec Laurent Nkunda qui n’est pas apparu à la conférence.
D’ultimes concessions ont été obtenues de part et d’autre: ni le gouvernement ni le CNDP n’ont insisté pour figurer nommément sur l’intitulé de l’acte d’engagement. Par ailleurs, un comité technique mixte composé du gouvernement et de la facilitation internationale sera chargé de la mise en œuvre de l’accord.
Mais surtout, les facilitateurs ont réussi à convaincre les belligérants, et surtout le CNDP, de l’impossibilité de leur garantir une amnistie complète, couvrant les crimes de guerre et autres actes de génocide: une telle impunité étant contraire au droit international, pour ne pas parler de la morale… Le CNDP devrait se convertir en formation politique: dans cette perspective, il tient à ne plus être présenté comme groupe armé mais comme mouvement politico-militaire.
Auparavant les conférenciers s’étaient mis d’accord sur les principales recommandations qu’ils adresseront au gouvernement congolais et au Parlement : ils exigent unanimement le rétablissement de la sécurité et de l’autorité de l’Etat dans les deux provinces, qui comptent plus d’un million de déplacés internes.
Tous exigent aussi le rapatriement dans leur pays des combattants étrangers, c’est-à-dire essentiellement les miliciens hutus venus du Rwanda en 1994 dont les rangs ont été grossis par des jeunes nés en exil et d’anciens prisonniers qui ont fui le Rwanda. Alors que ces combattants endurcis ont semé la terreur parmi la population civile mais ont aussi collaboré avec l’armée congolaise et les groupes armés Maï Maï, leur retour sera difficile à mener à bien. Pour qu’il réussisse, la force des Nations unies, en coordination avec les forces gouvernementales, devra s’engager de manière beaucoup plus déterminée.
Cet acte d’engagement des groupes armés, qui devrait être suivi par un cessez-le-feu immédiat supervisé par la Monuc (Mission des Nations unies au Congo) et par le cantonnement des troupes représente, s’il est suivi d’effets, le plus important effort de paix depuis la signature de l’accord de Sun City en 2002. Il devrait permettre de rétablir la paix dans la dernière zone de la République encore théâtre d’affrontements armés.
D’autres résolutions de la conférence abordent des questions politiques, humanitaires et de développement et font appel à la communauté internationale pour qu’elle aide le Nord et le Sud-Kivu à se relever. Là aussi il y a urgence : confirmant les rapports des organisations humanitaires, le dernier rapport de l’IRC (International Rescue Commitee) est accablant : il établit que depuis la fin officielle des hostilités en 2002, plus de 2,1 millions de Congolais ont trouvé la mort dans des conditions non naturelles, ce qui porte le bilan total des pertes en vies humaines, entre août 1998, début de la deuxième guerre, et avril 2007, au chiffre hallucinant de 5,4 millions de « morts en excès

23 janvier 2008

L’opération Vérité a réussi, reste la réconciliation

Catégorie actualité, commentaire

Il serait trop facile de critiquer la pléthore de conférenciers ou certaines lacunes de l’organisation : la conférence de Goma, qui a transformé une défaite militaire en succès politique, est aussi une victoire du dialogue et de la liberté d’expression, deux vertus bien rares dans la région… lire la suite

22 janvier 2008

Le CNDP provoque l’ajournement de la conférence de Goma

Catégorie actualité

[Alors que l’on croyait que la conférence de Goma, consacrée à la paix et à la sécurité au Nord et au Sud Kivu, était arrivée dans la dernière ligne droite et que la signature d’un acte d’engagement prévoyant un cessez le feu était imminent, un nouveau blocage est apparu. lire la suite

22 janvier 2008

Président de l”‘Assemblée, Vital kamerhe commente la conférence de Goma

Catégorie actualité, interview

Monsieur Kamerhe, d’où est venue l’idée d’organiser cette conférence ?

Le 20 juin 2007, l’Assemblée nationale a remis au Conseil de Sécurité présent au Congo un plan de sécurisation du Nord et du Sud Kivu qui comportait cinq points, dont un volet politique et diplomatique. Le volet politique comportait la tenue d’une conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et du Sud Kivu. Cette idée fut ensuite concrétisée par l’ordonnance signée par le président de la république en décembre dernier. Nous pensions qu’après avoir organisé les élections dans ce pays, nous n’avions pas besoin d’une autre guerre, il fallait limiter les dégâts sur le plan humain et matériel. Il est vrai que l’issue politique s’est imposée avec plus de force encore après la débâcle militaire. En plus, l’ampleur du drame humanitaire, plus d’un million de Congolais déplacés, sans abri, sans assistance, est un drame qui ne peut laisser indifférent ni le Président de la République ni le Premier ministre ni moi-même. Voilà pourquoi, avec les leaders d’opinion, les communautés de base, les représentants de l’armée, nous nous sommes tous impliqués dans le recherche d’une solution politique. Nous voulons mettre fin à la guerre, dans le Nord et le Sud Kivu, explorer ensemble toutes les pistes de solution pour le rétablissement de la sécurité. Si des éléments de l’armée congolaise ainsi que les démobilisés ne sont pas pris correctement en charge, c’est aussi une source d’insécurité. Il ne s’agît pas seulement de mettre fin à la guerre, mais de voir comment rétablir la sécurité. Nous devons aussi prendre des résolutions dans le domaine humanitaire et social afin de permettre le retour des déplacés dans leur village. Ce retour doit être sécurisé et bien préparé car dans la plupart des cas, les cases ont été brûlées ou rasées, nous devons aussi préparer le retour des réfugiés qui se trouvent au Rwanda, en Ouganda en Tanzanie et au Burundi. Cette conférence sera l’occasion d’élaborer un plan d’urgence pour la reconstruction. Ces deux provinces ont été totalement dévastées depuis 1994, où on a vu l’entrée massive des Ex-Faz Interhahame (auteurs du génocide) assistés par l’Opération Turquoise. Cette dernière avait eu la caution de la communauté internationale… Voilà pourquoi les populations du Nord et du Sud Kivu sont en droit de demander une réparation de la part de la communauté internationale qui nous a incités à accepter ces réfugiés en vertu du droit international humanitaire et qui a donc sciemment laissé une armée étrangère entrer au Congo. L’environnement de la province a été totalement détruit. Compte tenu de tout cela nous pensons que nous méritons un petit « plan Marshall » pour les deux provinces.

Quelles impressions tirez vous du déroulement de la conférence ?

Nous avons été surpris par l’engouement que la conférence a suscité et par la richesse des interventions. La presse nationale comme internationale croyaient que la population de cette région était attachée uniquement à l’option militaire. En réalité, elle était déjà fatiguée par la guerre…Nous attendions 350 participants, nous en avons 1250, ce qui explique de petits problèmes d’ordre logistique, organiser une conférence de plus de 1000 personnes à Goma ,ville martyre c’est compliqué…

Quelles sont les limites qui ne pourront être franchies ?

La conférence réunit des communautés de base, des groupes armés et d’autres participants, députés nationaux et provinciaux. Dans ce cadre, chacun apporte ses idées pour la construction de la paix le rétablissement de la sécurité. Les limites à ne pas franchir sont fixées par la Constitution et les lois de la République : nous ne pouvons rien faire qui viole les lois de la république ni nous substituer aux institutions existantes. Du reste, tous les intervenants, groupes armés ou politico militaires, commençaient toujours par reconnaître le résultat des élections qui a permis la mise en place des institutions démocratiques et par faire allégeance au président de la République. Aller à l’encontre des institutions et des lois de la république serait d’ailleurs un acte de haute trahison…

Quels sont les points qui ont fait l‘unanimité ?

Dans l’immédiat, tout le monde est d’accord pour signer un acte d’engagement dans lequel chacun donnera l‘ordre formel d’arrêter le combat. Autre point d’accord : le retour dans leur lieu d’origine des réfugiés et des déplacés qui se trouvent dans les quatre pays limitrophes. Ils devraient bénéficier d’un un plan humanitaire d’urgence…

De quels réfugiés parlez vous ? De ceux quoi ont été générés parle conflit actuel, ou de réfugiés plus anciens ?

Je dis bien tous les réfugiés : nous sommes tous d’accord sur le principe du rapatriement des ex Far-Interhahamwe (FDLR)dans leur pays d’origine, le Rwanda. Il s’agît là d’une question qui concerne directement le gouvernement du Congo et celui du Rwanda ainsi que la communauté internationale.

Allez vous entamer d’autres négociations avec Kigali ?

Il y a déjà un mécanisme de concertation : chaque vendredi se réunit ici à Goma la « tripartite plus » (Congo, Rwanda, Etats unis) (ndlr. qui veille à ce que soit appliqué l’accord signé le 9 novembre à Nairobi où Kinshasa et Kigali s’engagent ensemble à éliminer les FDLR) Mais le gouvernement attend toujours que le gouvernement rwandais lui soumettre quelques données permettant l’application de ce plan, en l’occurrence la liste des génocidaires
Le Haut Commissariat aux réfugiés sera- t-il associé à l’organisation de ces retours ?

Il faudra une concertation entre le HCR, le gouvernement congolais et celui du pays d’asile afin d’identifier qui rentre au Congo, où il va et pour préparer les conditions de son retour dans le lieu où il est censé avoir vécu avant son départ en exil. Il est évident que le HCR doit être associé à l’opération pour éviter des infiltrations…Chat échaudé craint l’eau froide …
Une sorte de « Marshall » est-il prévu pour le Kivu ?

Plusieurs résolutions de la conférence s’adressent à la communauté internationale, l’Union européenne, les Etats-Unis, la Belgique. Nous aimerions que les promesses ne demeurent pas lettre morte. Il y avait un package ; la sécurisation de l’Est, Nord et Sud Kivu devait aller de pair avec la fin de la guerre mais aussi avec le début des travaux de reconstruction dans le cadre d’un développement intégral. Sinon, ceux qui sont dans les groupes armés vont reprendre le chemin de la guerre car ils n’ont rien d’autre à faire…Les travaux de réhabilitation des routes, des infrastructures de base, la relance de la production, agricole, l’élevage, la création de quelques centres de formation agricole, professionnelle seraient les bienvenus pour l’encadrement de ces jeunes démobilisés qui seront très nombreux

Les autorités ont-elles été déçues par le soutien qui vous apporté depuis les élections ?

Pour être honnête, je dois répondre par l’affirmative : beaucoup de promesses nous avaient été faites avant la signature de l’accord global et inclusif à Sun City en 2002, mais peu de choses ont été faites. Pour vous donner une idée, l’aide accordée réellement ne représente que 28% de ce qui avait été promis, tous bailleurs de fonds confondus. En ce moment l’aide extérieure représente 44% du budget et nous essayons de réduire notre dépendance à cet égard.

Où en est la commission de revisitation des contrats miniers ?

J’attends ses conclusions en mars, le Premier ministre ne vas pas échapper aux questions des députés qui vont s’enquérir des conclusions de cette commission. Déjà, nous félicitons le Président de la République pour avoir conclu qu’il valait mieux conclure des contrats sur une base de troc, faire des routes en échange de gisements dont la valeur doit être déterminée à l’avance afin d’éviter la fuite de capitaux et autres détournements. Au moins les choses ainsi fixées seront-elles claires : un gisement de telle valeur, contre autant de kilomètres de route…Je suis convaincu qu’une telle formule va nous faire avancer plus vite, car le temps que nous perdons pour chercher l’aide extérieure en plus du service de la dette, tout cela représente beaucoup d’argent… Nous devons encore faire un effort supplémentaire pour atteindre le point d’achèvement et récupérer ce que nous payons chaque mois au titre du service de la dette et l’affecter aux besoins de développement interne du pays. La dette extérieure représentait 25 pc du budget nous avons décidé de la réduire à 10%. Dix % dette extérieure, 10% caisse de péréquation, 40% fonctionnement du gouvernement central et 40% pour les provinces : c’est cela le budget de l’Etat…

15 janvier 2008

La vraie fracture du Kénya

Catégorie actualité, commentaire

La vraie fracture du Kénya

Les violences qui ont ravagé le Kénya ont détruit la réputation de stabilité que ce pays s’était donné depuis des décennies et ravivé les pires clichés à propos de l’Afrique : luttes tribales, massacres interethniques, voire « sauvagerie » toujours prête à resurgir… lire la suite

15 janvier 2008

Cartes sur table à Goma

Catégorie actualité

]Le président Joseph Kabila est arrivé à Goma alors que la conférence sur la paix dans la région du Kivu entrait dans une phase cruciale, la recherche de solutions concrètes.
Des ateliers thématiques succéderont désormais à ce qui avait commencé le 6 janvier comme une grand messe : 1300 participants issus du Parlement, de la société civile, des groupes ethniques et des mouvements armés s’ étaient bousculés pour trouver place dans les locaux de l’Université libre des Grands lacs. Annoncé depuis longtemps par le président désireux de prendre le pouls de la population dans les autres provinces cette conférence a été organisée dans l’urgence, au lendemain de la cuisante défaite infligée à l’armée congolaise par les dissidents du général Nkunda. lire la suite

14 janvier 2008

De Gucht se soucie de l’image de la Belgique

Catégorie actualité

Lors du sommet Union Européenne Afrique, qui s’est tenu à Lisbonne en décembre, Karel De Gucht a été harcelé de questions : bon nombre d’interlocuteurs africains s’inquiétaient des « guerres tribales » menaçant la Belgique, des « conflits identitaires » et autres risques d’épuration ethnique. A plusieurs reprises, il dut décliner des offres de médiation, proposées en toute bonne foi ou avec une légère touche d’ironie par des partenaires africains habitués à recevoir missions d’enquête et conseils en matière de bonne gouvernance. Mais surtout, lors des sommets européens ou des rencontres onusiennes, le Ministre a été harcelé de questions à propos de l’avenir de la Belgique, au point de s’inquiéter d’une détérioration de l’image de marque du pays. Ce souci a inspiré une note envoyée à tous les diplomates en poste à l’étranger, dont des extraits ont été publiés par le quotidien De Morgen.
Le ministre y demande à tous nos représentants de tenter d’influencer de manière positive tous les interlocuteurs qu’ils seront amenés à rencontrer, responsables politiques, chefs d’entreprise, leaders d’opinion, commentateurs…
Les diplomates, qui avaient déjà précédemment reçu de semblables instructions sont invités dans les mois à venir à souligner auprès de ceux qu’ils rencontreront qu’il n’est pas exceptionnel en Belgique que la formation d’un nouveau gouvernement exige un long temps de gestation. Il importera aussi de rappeler que la crise que la Belgique vient de traverser n’a eu aucun impact sur les relations internationales ou sur la stabilité économique du pays.
Un plan d’action portant sur l’image de la Belgique figurant dans l’accord de gouvernement de Verhofstadt III, la note adressée par de Gucht aux ambassadeurs doit donc être considérée comme un fil directeur pouvant inspirer de discrètes initiatives.
Le ministre va jusqu’à suggérer aux diplomates quelques démarches concrètes, comme une approche discrète de certains interlocuteurs influents, ou l’inspiration d’émissions de radio et de télévision sans oublier le « placement » de quelques articles dans la presse.
Prudent, le ministre déconseille cependant des initiatives trop visibles, trop spectaculaires. Pas de conférences de presse pourraient s’avérer contre-productives. Mais une image positive de la Belgique discrètement instillée à des interlocuteurs dont le désir d’en savoir plus serait éveillé avec doigté…
Non content de suggérer la démarche, le ministre propose aussi des arguments que les diplomates pourraient utilement avancer auprès des sceptiques, des critiques : le fait que la formation d’un gouvernement a toujours été un exercice long et compliqué, et cela en raison de la structure du pays, de ses diverses sensibilités sociales et politiques, sans oublier le système proportionnel lui-même…
La note du ministre souligne aussi que le gouvernement dit d’ « affaires courantes » a tout de même été capable d’assumer toutes ses obligations internationales et même de prendre des décisions d’intervention, comme l’envoi de troupes au Tchad. Elle rappelle aussi un récent rapport de l’ONU selon lequel la dernière crise n’a eu aucun impact économique significatif. Pour De Gucht, la dernière crise pourrait même avoir eu un impact positif : la longue période de tractations a finalement permis de dégager un accord sur le principe de la réforme de nos institutions.
Certes, il ne s’agît pas de faire du wishful thinking, de prétendre que tout serait résolu : les diplomates ne sont pas priés de dire que la crise serait désormais derrière nous, mais de témoigner de leur confiance en l’avenir. De rappeler que la population, qu’elle soit du Nord ou du Sud du pays, refuse très clairement une scission du pays… Que le modèle belge, même s’il a traversé des temps difficiles, n’a rien perdu de son inventivité, de sa capacité à trouver des solutions… Et qu’au cours des prochains mois encore, la valeur de ce modèle trouvera l’occasion d’être démontrée…
Bref, le ministre conseille résolument à ses diplomates de pratiquer l’optimisme de la volonté et de ne pas opposer à leurs divers interlocuteurs un pessimisme de l’intelligence que l’observation des faits et des déclarations publiques pourraient cependant faire coïncider avec le simple bon sens…