29 avril 2008

Les griefs de De Gucht à propos du port de Matadi ne sont pas fondés

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Dans son évaluation très critique de la politique congolaise, le Ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht a mis l’accent sur trois points qui avaient particulièrement déçu les Belges : le recours à l’option militaire au Nord Kivu contre les rebelles de Laurent Nkunda et la débâcle militaire qui avait suivi (à noter que la Cour pénale internationale vient de délivrer un mandat d’arrêt contre Bosco Ntaganda, chef militaire des troupes rebelles, accusé, entre autres crimes de guerre, d’avoir recruté de force des milliers d’enfants…) la fin du mandat de l’expert indépendant de la Commission des droits de l’homme de l’ONU (qui sera remplacé par d’autres formes de collaboration, à la suite de la transformation de la Commission en Conseil des droits de l’homme). lire la suite

24 avril 2008

Les couacs du Belgian circus au Congo

Catégorie actualité, commentaire

Avant tout, il faut dire que, comme tous ceux qui se soucient du Congo, les dirigeants belges de tout bord ont raison de s’inquiéter du « chaudron social » qui bout au Congo, raison de s’émouvoir du niveau de violence qui règne encore dans certaines parties du pays et raison d’être indignés par la pratique des détournements, pots de vin et autres avatars du défunt mobutisme qui a laissé des traces dans les comportements et les mentalités.
Mais encore faudrait il qu’ils analysent toutes les causes du marasme : alors que le pays est détruit par 30 ans de gabegie et 10 années de guerre, le budget demeure plombé par le remboursement de 800 millions de dollars au titre de la dette, les exigences de rigueur budgétaire posées par le FMI bloquent les efforts sociaux, les déboursements de l’aide occidentale sont lents et n’atteignent que 26% des montants promis. Et il serait fou de croire que des mentalités imprégnées par des décennies de clientélisme changeront en quelques mois.
Pour rendre acceptables les critiques, il faut non seulement voir d’où vient ce pays, mais tenir compte des avancées déjà réalisées, que nul n’aurait osé imaginer voici dix ans.
En plus du fond, il y a l’équité. Le trio gouvernemental a-t-il jamais dénoncé dans les mêmes termes la corruption au Kazakhstan ou en Chine, le recours à la force dans le cadre de la lutte anti terroriste menée par les Américains ? Des ministres belges, ailleurs qu’au Congo, se permettent-ils de fixer les agendas d’un chef d’Etat, d’arriver en retard lors des rencontres, de lire des bulletins avec bons et mauvais points, d’asséner en présence de collaborateurs des vérités d’ordinaire réservées à de prudents huis clos ? Triste expertise, que celle de la gaffe et de l’arrogance…
Et, d’un point de vue belgo-belge cette fois, on ne peut que constater que la volonté de parler d’une seule voix n’a abouti qu’à une belle cacophonie ; les maladresses, volontaires ou non, de M. De Gucht ont embarrassé ses deux collègues mieux éduqués, tronqué leur propre message, en espérant qu’elles n’hypothèquent pas leur politique, fondée sur une sincère volonté de partenariat, en matière de développement et de reconstruction de l’armée. Le Congo ne mérite pas d’être le bac à sable dans laquelle la nouvelle coalition gouvernementale fait de la musculation et des exercices de voix…

24 avril 2008

Chronique d un incident annonce

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Alors que le président Kabila entame une longue série de voyages et fait savoir qu’en mars-avril son agenda est surchargé, une délégation belge est annoncée pour le lundi 21 avril : Pieter De Crem, initialement invité par son collègue de la Défense, sera rejoint par MM DE Gucht et Michel.
But de la mission : démontrer que le gouvernement belge parle désormais d’une seule voix, celle de Karel De Gucht « patron » des relations extérieures, et confirmer l’intérêt pour le Congo.
Un premier contact bilatéral entre De Crem et Kabila, officiellement sollicité puisque le ministre de la Défense vient au Congo pour la première fois, s’avère impossible, le président se trouvant à New York. L’ambassade de Belgique à Kinshasa propose une rencontre le lundi à 11 heures, en soulignant que la délégation est ouverte à d’autres suggestions, et d’autres contacts ministériels se déroulent durant la journée. lire la suite

24 avril 2008

Pieter De Crem decouvre le terrain congolais

Catégorie actualité

Congo De Crem confronté au « social » des militaires

Maigre et sec comme un sabre, le Ministre de la Défense Pieter De Crem prend des couleurs à mesure qu’il découvre le Congo de l’intérieur et qu’il doit demeurer impassible sous le soleil vertical qui frappe les podiums d’où il passe les troupes en revue tandis que les fanfares militaires martèlent inlassablement les hymnes nationaux du Congo et de la Belgique. A Kananga, où les Belges formaient naguère l’orgueilleuse Force Publique dont les hauts faits sont immortalisés par une mosaïque de plusieurs mètres de haut, le ministre a soupiré «38 degrés, c’est aussi la température du corps humain, celle où le cœur bat plus vite… »A chaque étape de ce périple qui l’a mené à l’Ecole supérieure militaire de Kananga, à Kalemié sur le lac Tanganyika où les Belges soutiennent les Casques bleus béninois, à Lubumbashi et au camp Kokolo de Kinshasa, le ministre a eu l’occasion de confronter les principes de sa politique avec les réalités du terrain. La nouveauté de son message tient en peu de mots : « désormais », assure-t-il, « il y aura une meilleure synergie entre la Défense, les Affaires étrangères et la Coopération ; la Belgique parlera d’une seule voix et veillera à la complémentarité de ses interventions. L’armée pour sa part veillera à se démarquer du rôle des ONG, à se séparer de l’humanitaire ; elle assurera des tâches de formation, de logistique et la coopération militaire belge intensifiera l’une de ses excellences, l’appui médical… »
Tout cela est fort bien, mais les faits ont démontré qu’au Congo le « social » et particulièrement celui des militaires, demeure une priorité. A l’académie militaire de Kananga, les Belges ont entrepris depuis le début de cette année de « former des formateurs » avec un premier module consacré à la citoyenneté et ils vont contribuer à doter le Congo d’unités du Génie qui réaliseront des travaux d’utilité publique. Mais en même temps l’unité « Kuya Kumpala », (en avant) convainc par des actes beaucoup plus concrets : elle distribue des semences, du matériel agricole, réhabilite des bâtiments scolaires.
Pour accueillir les Belges avec des chants et des danses, les femmes des militaires portent des robes neuves, mais dès que la musique s’arrête, elles crient leur détresse : il n’y a pas d’eau potable dans le camp, pas d’écoles pour les enfants, le prix du maïs a explosé et la famine menace. C’est pourquoi le ministre congolais de la Défense Chikez a emmené les Belges vers un vaste champ récemment labouré, où les familles des militaires feront bientôt pousser manioc et légumes afin de subvenir à leurs besoins. Quant au commandant de l’académie militaire, le général Kibonge (un homme qui durant deux ans fut maintenu en captivité par Jean Pierre Bemba) il a moins parlé du métier des armes que de sa véritable obsession : créer un élevage de porcs afin de produire au plus tôt une tonne de viande par mois. Sa requête adressée à la Belgique, ce sont les intrants, les moyens de permettre l’insémination de porcs adaptés au climat du Kasaï occidental… lire la suite

24 avril 2008

Le president Kabila replique aux Belges au nom de la souverainete du Congo

Catégorie actualité, interview

Barbe poivre et sel, cheveux drus, regard brillant, le président Joseph Kabila s’est donné un look de maquisard, de freedom fighter, illustrant peut-être les combats qui se mènent en ce moment avec pour enjeu la souveraineté et le décollage économique du Congo.
Au cours des dernières semaines, depuis qu’il exerce la présidence de la Communauté des Etats d’Afrique centrale, il a multiplié les voyages, Zambie, Afrique du Sud, une semaine en Inde, une réunion à New York au Conseil de Sécurité dont il était rentré un jour plus tôt que prévu pour recevoir lundi la délégation belge, composée du Ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, des Ministres de la Défense Pieter De Crem et de la Coopération Charles Michel. Un agenda chahuté, les Belges ayant pris comme une offense le fait que le rendez vous qu’eux-mêmes avaient suggéré pour lundi matin ayant été déplacé en fin d’après midi… Au cours des deux rencontres avec le trio belge, mené par un Karel De Gucht les échanges furent parfois rudes, à la limite de l’incident. « Le partenariat belgo congolais est vraiment très fort, il devrait survivre à ces tensions » devrait conclure Pieter De Crem avant de repartir pour la Belgique alors que ses deux collègues s’envolaient pour l’Est du pays.
Au lendemain de son dernier entretien, mené durant une heure quarante avec la délégation belge, le président Kabila a accepté de répondre aux questions du Soir. lire la suite

22 avril 2008

Congo Retour sur un incident

Catégorie actualité

Sereins et souriants, les trois ministres belges se sont égaillés dans le Congo profond, comme si les tensions qui avaient marqué leur journée à Kinshasa et leur rencontre avec le chef de l’Etat appartenaient déjà au passé. De Crem a visité le port de Kinshasa, un cimetière de baleinières rouillées et découvert la majesté du fleuve, De Gucht et Charles Michel ont fait une incursion dans le Bas Congo, raccourcie par un nouveau rendez vous fixé par le président Joseph Kabila.
C’est qu’il s’agissait d’éviter l’irréparable, de ne pas donner prise à d’éventuelles provocations… lire la suite

22 avril 2008

Catégorie actualité

A peine arrivé à Kinshasa que le trio belge est déjà divisé

Débarquant en force à Kinshasa, les trois ministres belges, Karel De Gucht, Charles Michel et Pieter De Crem avaient un double objectif. Le premier, à usage intérieur belge, était de démontrer que le gouvernement Leterme s’exprime désormais d’une seule voix sur la scène internationale et n’autorise plus les diplomaties parallèles, qu’elles soient francophones ou, comme dirait Pieter De Crem, « dictées par l’Internationale socialiste ». Le deuxième objectif était de s’entretenir avec les dirigeants congolais d’un certain nombre de sujets d’inquiétude, au premier rang desquels les accords économiques passés avec la Chine. lire la suite

2 avril 2008

Congo:on allait voir ce qu’on allait voir…

Catégorie actualité, commentaire

Les Kinois croisent les doigts : le président Kabila lui-même, au volant d’un bulldozer, a donné le coup d’envoi aux travaux de réhabilitation de l’avenue du 24 novembre, devenue avenue de la Libération, l’une des plus importantes artères de Kinshasa qui relie la commune Maniéma au rond point Mandela, au cœur de la ville. Se pourrait-il que les cinq chantiers de la reconstruction, si longtemps promis, démarrent enfin ? lire la suite

2 avril 2008

Robert Mugabe face à l’histoire

Catégorie actualité, commentaire

A la tête de son pays depuis 1980, le président Mugabe devrait tirer les leçons de ces élections qui ont vu son parti perdre sa majorité au Parlement et s’incliner dignement, non sous la pressions des Occidentaux mais devant le verdict de son peuple. lire la suite

2 avril 2008

Ingrid Betancourt, le calvaire d’une femme trop aimée

Catégorie actualité

Le 23 février 2002, lorsqu’ils dressent un barrage sur la route menant à San Vincente de Caguan, les guerilleros des FARC mènent une opération de routine, destinée à perturber la campagne électorale. Dans leur pick up, ils embarquent deux jeunes femmes aussi décidées qu’imprudentes, Ingrid Betancourt et Carla Rojas. lire la suite