26 mai 2008

Le parti de Bemba dénonce la politisation de la CPI

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Qu’ils aiment ou non Jean-Pierre Bemba, les Kinois sont loin d’avoir oublié le flamboyant « chairman » qui galvanisa les foules lors des élections présidentielles et son arrestation à Bruxelles a fait l’effet d’un électrochoc. Claude, un étudiant qui n’avait cependant pas voté pour lui, regrette ce qu’il appelle un « coup dur pour l’opposition » : « ce n’est pas juste, eux aussi doivent avoir un chef, c’est même une catastrophe. » lire la suite

25 mai 2008

La triste fin d’un gosse de riches

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Triste destin que celui de Jean-Pierre Bemba. Avant de tomber entre les mains de la justice internationale et de se retrouver à La Haye en compagnie de comparses bien moins dotés que lui, c’est de lui-même que le « chairman » aura d’abord été victime. Au départ, ce fils du « patron des patrons », Bemba Saolona, homme de confiance de Mobutu, alignait des atouts exceptionnels : une enfance de gosse de riches, des relations, de bonnes études en Belgique (terminées à l’ICHEC où il rencontra Olivier Kamitatu), un beau mariage avec l’une des filles de Mobutu, une maison en Belgique, des affaires au Congo. Grand, l’allure imposante, l’homme était aussi doué d’astuce et son bagoû rappelait le brio de Mobutu lui-même. lire la suite

25 mai 2008

Le “droit de regard moral” des Belges est récusé

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Les relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo ont pris un sérieux coup de froid : réagissant aux propos tenue à Kinshasa par Karel De Gucht fin avril, confirmés sur le fond par le Premier Ministre et aggravés par des déclarations selon lesquelles la Belgique aurait le « droit moral » de sanctionner la politique congolaise, c’est le gouvernement congolais lui-même, réuni en Conseil des Ministres dans le Bandundu vendredi, qui a tenu à répliquer. lire la suite

25 mai 2008

Kinshasa rappelle son ambassadeur à Bruxelles

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Alors qu’une délégation du Parlement de la Communauté française de Belgique, dirigée par son président Jean-François Istasse, arrivait à Kisangani pour animer trois jours de séminaire avec les élus des Assemblées provinciales, la crise éclatait à Kinshasa : le Conseil des Ministres réagissait avec vigueur aux propos très critiques tenus par le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht. lire la suite

20 mai 2008

La Banque centrale du Congo inculpée de blanchiment

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Nouveau rebondissement dans une affaire qui date de 2004 et qui à l’époque ne concernait que la banque Belgolaise et un ancien ministre congolais, Jean-Charles Okoto, aujourd’hui député du parti présidentiel : cette fois, c’est la Banque centrale du Congo elle-même qui a été inculpée par le juge d’instruction Michel Claise en tant que personne morale. Cette inculpation pour blanchiment d’argent découle d’une demande formulée par le Parquet en mars dernier, sur base d’indices « portant sur la disparition de fonds détournés au préjudice d’une société minière congolaise au départ de comptes ouverts dans une banque belge ».
C’est en janvier 2003 que la CTIF, la cellule de traitement des informations financières, avait constaté des transactions anormales sur un compte en banque ouvert auprès de la banque belge Belgolaise. Après 18 mois d’enquête et la surveillance d’un demi million de communications téléphoniques ( !), il apparut que la société d’Etat MIBA (Minière de Bakwanga), principale société productrice de diamants au Kasaï, aujourd’hui en faillitte, avait subi un préjudice de l’ordre de 80 millions de dollars : vingt millions avaient été utilisés pour acheter des armes en Tchéquie et en Ukraine, le reste avait servi à d’autres fins. Rappelons qu’alors le Congo se trouvait toujours placé sous un embargo onusien lui interdisant d’acquérir de l’armement (ce qui n’était pas le cas de ses voisins, le Rwanda et l’Ouganda, accusés à l’époque de financer et d’armer des milices rebelles dans le Kivu et dans l’Ituri…). Quant à Jean-Charles Okoto, ancien PDG de la Miba, il avait aussi été président du PPRD (parti pour la reconstruction et le développement) qui se préparait cette année là à soutenir la campagne présidentielle du président Kabila.
La banque Belgolaise fut alors accusée d’avoir favorisé une transaction illégale sur le produit des ventes de la Miba, sans en avoir averti la SIBEKA, une autre société belge actionnaire de la Miba à hauteur de 20%. En vertu de la loi sur le blanchiment, le magistrat bruxellois poursuivit quatre dirigeants de la Belgolaise, dont son directeur marc Blanpain. Cette affaire, qui n’a toujours pas été conclue, précipita la décision du groupe Fortis d’abandonner sa filiale, cependant réputée pour sa longue expertise dans les relations avec l’Afrique et avec ses dirigeants.
Cette fois, il apparaît que la filière utilisée pour « blanchir » les millions de la Miba n’est pas passée par la seule Belgolaise, mais a également utilisé les canaux de la Banque centrale congolaise. Un délit d’autant plus surprenant que cette institution d’Etat était régulièrement auditée entre autres par le cabinet Price et Waterhouse, qui n’avait rien signalé à l’époque, pas plus que l’ancien gouverneur de la Banque nationale de Belgique Fons Verplaetse, qui était alors consultant à la BCC. L’accusation formulée contre la BCC vise directement son gouverneur, Jean-Claude Masangu, originaire du Katanga, qu’un décret présidentiel vient de confirmer dans son troisième mandat, décision qui a suscité beaucoup de jalousies. Pour Noël Tshiani, économiste et haut fonctionnaire international, auteur du livre «Vision pour une monnaie forte, l’Harmattan mars 2008), il est très inhabituel et rare qu’une banque
> centrale soit mêlée dans des affaires de blanchissement d’argent. Généralement, une banque centrale incarne l’intégrité et la crédibilité… Comme on le sait, l’économie> congolaise est totalement dollarisée. La dollarisation amène avec elle beaucoup d’argent sale dans le pays et cet argent entre facilement dans les circuits bancaires pour en ressortir “blanchi”.
Relevons aussi que Jean-Charles Okoto, aujourd’hui député du parti présidentiel, bénéficie de l’immunité due à ses fonctions. Ce qui lui aurait permis de venir en Belgique à plusieurs reprises, sans être entendu par la justice. Cette immunité est d’ailleurs partagée par d’autres personnalités congolaises de premier plan comme Jean-Pierre Bemba ou Léon Kengo wa Dondo, aujourd’hui président du Sénat, dont le dossier a été frappé de prescription et abandonné plus rapidement que celui d’Okoto…

15 mai 2008

Les contrats chinois en dix questions

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Avant de rendre compte des contrats passés avec la Chine auprès de « pays amis », d’institutions financières internationales ou d’ ONG attachées à une transparence résultant de leur propre monitoring, ce sont les membres de l’Assemblée nationale que le gouvernement congolais avait le devoir d’éclairer. C’est désormais chose faite : le ministre Pierre Lumbi, en charge des infrastructures et travaux publics, a répondu de manière détaillée aux nombreuses questions et critiques posées par les députés congolais. lire la suite

13 mai 2008

Nourrir deux milliards d’hommes…

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La crise alimentaire mondiale serait-elle une chance pour l’Afrique, et en particulier pour la République démocratique du Congo ? Une délégation de la Région wallonne, en tournée dans le Bas Congo avec des représentants du ministère congolais de l’agriculture, n’est pas loin de le penser : «le pays pourrait nourrir deux milliards de personnes »a-t-il été souligné à la fin de la mission… lire la suite

13 mai 2008

A malin, malin et demi

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Tiré du Blog du Fouineur, cette réflexion pertinente et impertinente, qui pourrait aussi s’appeler la fable de l’arroseur arrosé…
Si Karel de Gucht n’existait pas, il aurait fallu l’inventer.
Lui qui se voulait le chantre de la probité morale, donneur de leçon notoire, se fait rattraper par les turpitudes de son propre ministère. Rappelez-vous que le sieur De Gucht (Non autrement identifié), à peine débarqué au pays de Simon Kimbangu, eut la bonne idée de dénoncer la gabegie financière et la corruption qui minent le Gouvernement et la RDC dans son entièreté. Qui s’en plaindra ?
Mais c’était sans compter que voulant faire le donneur de leçon bien ou mal intentionné, il ne réussit qu’à créer un climat de malaise dont personne n’avait besoin. lire la suite

10 mai 2008

La scène et les coulisses

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Au Congo, il y a la scène, et aussi les coulisses. Sur scène, il est, encore et toujours question des fameux contrats chinois : ils sont examinés par le Parlement, qui représente après tout la seule instance légitimes, bien plus que les ambassades européennes ou des ONG autoproclamées gardiennes de la transparence (sauf lorsqu’il s’agît de leur propre bureaucratie…)Sur scène aussi, les vertueuses indignations et motions de soutien au président, où l’on défend avec raison la souveraineté du pays, mais sans trop s’appesantir sur le bien fondé des reproches et sans demander que soit ouvert le 6 eme chantier, celui de la lutte contre la corruption..

Dans les coulisses, il se passe des choses bien étranges : à Lubumbashi, un ressortissant français encore non identifié a été retrouvé mort en prison. Il avait subi des violences, mais on ignore si elles ont entraîné son décès, ou s’il aurait succombé à une crise d’hypotension diabétique. Bizarre : il serait entré illégalement, aurait veillé des soupçons et… aurait disparu dans un cachot. A Kinshasa aussi, c’est au cours d’un simple « incident » que l’ancien ministre de la Défense du RCD Goma Adolphe Onosumba a été grièvement blessé, au point de devoir être envoyé d’urgence en Afrique du Sud. Il aurait été agressé par des hommes en armes, d’anciens militaires, et apparemment victime d’un acte de banditisme. Il n’empêche que c(‘est un bien mauvais signal, auquel s’ajoutent des concentrations de militaires autour des prisons de Makala à Kinshasa et de Buluwo à Lubumbashi… S’agirait il de transférer des prisonniers sensibles, ou d’empêcher d’éventuelles tentatives d’évasion ?
L’expérience nous a appris qu’au Congo aussi, les diables se trouvent dans les détails. Et l’inquiétude que les contrats chinois suscite dans les rangs occidentaux, Belgique en tête, incite à penser qu’aucun incident ne doit être négligé ou sous estimé……