29 septembre 2008

Où est passé Laurent Nkunda?

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Où est passé Laurent Nkunda ? En dépit des combats qui, depuis le 28 août dernier, continuent à mettre aux prises les troupes rebelles du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) et les forces armées congolaises, la rumeur s’enfle à Goma et dans tout l’Est du Congo : le général réfractaire aux accords de paix, qui, en son temps, avait refusé d’être nommé dans l’armée nationale pour pouvoir défendre sur place les intérêts des Tutsis du Kivu et combattre les miliciens hutus ennemis du Rwanda, aurait été grièvement blessé ou, très malade, serait hospitalisé à Kigali après avoir tenté, en vain, d’être accueilli en Ouganda.
Ces rumeurs sont alimentées par le fait que, depuis le 9 juin dernier, les représentants de la « facilitation internationale» (Onu, Union Européenne, Etats-Unis) présents à Goma n’ont plus eu de contact direct et personnel avec le général-pasteur qui, peu auparavant, avait abandonné sa tenue militaire et son badge « Rebelle pour le Christ » pour un costume cravate. lire la suite

29 septembre 2008

Les appétits s’aiguisent au Congo

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Même si la démission du Premier Ministre congolais Antoine Gizenga n’a pas réellement surpris étant donné l’âge du « Patriarche » (83 ans) elle ouvre cependant une période d’incertitudes. En effet, en se retirant , le chef du gouvernement n’a ni suggéré de successeur ni demandé le maintien son équipe : il a déposé toutes les cartes entre les mains du chef de l’Etat et ce retrait soudain laisse supposer soit le désaveu de certaines nomination récentes soit la crainte de voir l’équipe toute entière faire l’objet d’une motion de censure à l’Assemblée. Dans l’immédiat, avant la désignation officielle d’un successeur, plusieurs personnalités, ensemble ou séparément, pourraient assurer l’intérim : le choix le plus logique se porterait sur l’actuel vice Premier Ministre en charge de l’Agriculture, François Nsanga Mobutu, fils du défunt dictateur et qui représente le lien avec la province de l’Equateur et l’Ouest du pays. Deux autres personnalités pourraient le seconder, Maître Nkulu, conseiller à la présidence et Godefroid Mayobo, membre du parti lumumbiste unifié, ancien directeur de cabinet et éminence grise de M. Gizenga, malgré de récents déboires avec son parti.
Le retrait du Premier Ministre aiguise évidemment les ambitions et ouvre la voie à bien des supputations. La première question ramène à l’accord préélectoral conclu en 2006, à la veille des présidentielles : la « primature » avait elle été promise à M. Gizenga, symbole de continuité historique, où à son parti ? Dans ce dernier cas, l’actuel Ministre du Budget, M. Muzito se trouverait sur les rangs des successeurs potentiels.
Par ailleurs, le groupe majoritaire, l’Alliance pour une majorité présidentielle, ne manque pas de candidats possibles : sont ainsi cités les noms du professeur Boshab, qui se trouve à la tête du parti présidentiel PPRD, celui du Katangais Katumba Wanke, éminence grise et grand argentier du pouvoir ainsi que Vital Kamerhe, actuel président de l’Assemblée nationale. Puisqu’au Congo aussi il faut tenir compte des équilibres régionaux, Kamerhe pourrait cependant être desservi par le fait d’être originaire du Kivu et, si le choix du président devait se porter sur un Kasaïen, le professeur d’économie Mabi Mulumba, ancien président de la Cour des Comptes, pourrait sortir du lot…
Etant donné les enjeux de l’heure (l’embrasement militaire à l’Est, les réticences des Occidentaux face aux contrats chinois, la grogne sociale) le remplacement de M. Gizenga pourrait aussi être l’occasion d’un remaniement en profondeur, avec déjà une double perspective électorale : les élections locales de l’an prochain, et les prochaines législatives et présidentielles de 2011…

29 septembre 2008

Un symbole de continuité s’éclipse par la grande porte

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A 83 ans, Antoine Gizenga Fundji n’était pas seulement le chef d’un gouvernement issu des premières élections démocratiques, il était aussi un symbole de continuité historique : en 1960 déjà, il avait été vice premier ministre de Patrice Lumumba, le premier ministre issu des élections tenues à la veille de l’indépendance.
Après l’assassinat de Lumumba, Gizenga, comme Laurent Désiré Kabila, père de l’actuel président, avait dirigé une rébellion se réclamant de la légitimité de 1960 et, en 2006, il avait assuré que sa participation au pouvoir était un retour à la légitimité historique. Auparavant Antoine Gizenga avait vécu durant trente ans en exil, et il n’était revenu au pays qu’en 1991, à l’occasion de la Conférence nationale souveraine.
Réputé pour son austérité et son refus de toute corruption, Antoine Gizenga était vénéré par ses partisans (très nombreux dans le Bandundu et dans les quartiers populaires de Kinshasa) à l’instar d’un demi dieu. L’accord passé avec Joseph Kabila à la veille du deuxième tour des présidentielles n’avait pas seulement assuré la majorité présidentielle en termes de voix, il avait réduit la fracture Est Ouest suscitée par la candidature de Jean-Pierre Bemba et qui aurait pu représenter un nouveau facteur de division. Souvent réclamé par les Occidentaux agacés par un vieux lutteur qui n’avait rien renié de son intransigeance et de ses convictions, le limogeage de Gizenga aurait pu provoquer des troubles dans la « zone rouge » de Kinshasa. Son départ, même en douceur, n’en ouvre pas moins une période d’incertitude…

29 septembre 2008

Le patriarche Gizenga présente sa démission

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Ayant estimé qu’après « 600 jours » de bons et loyaux services, « le corps physique avait ses limites , le Premier Ministre congolais, Antoine Gizenga, 83 ans, a envoyé sa lettre de démission au chef de l’Etat, le président Joseph Kabila.
Lassitude physique et usure politique se sont sans doute combinés pour entraîner une démission qui n’a rien de surprenant : le «patriarche » avait toujours laissé entendre qu’il ne prolongerait sans doute pas son mandat jusqu’à la fin de la législature, prévue en 2011. Reste à savoir désormais si cette démission entraîne celle de tout le gouvernement, mis sur pied au terme d’un savant jeu d’équilibre entre l’Alliance pour la majorité présidentielle et les deux formations alliées, le Palu de Gizenga (Parti lumumbiste unifié) et la formation dirigée par Nzanga Mobutu, l’Union des démocrates mobutistes. lire la suite

23 septembre 2008

Le Rwanda en campagne électorale

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(Reportage réalisé à la veille des élections)
Depuis les collines, les habitants de Kabuga, près de la capitale, convergent vers le jardin du restaurant Bambino. Dans la foule, beaucoup de rescapés, qui se souviennent qu’en 1994 c’est ici que les Inkontanyi, les soldats du Front patriotique rwandais, amenaient les civils qu’ils avaient réussi à arracher à l’enfer de Kigali. D’autres sont d’anciens réfugiés revenus d’Ouganda. Le meeting électoral, tout à la gloire du FPR, ressemble plus à une fête joyeuse qu’à une réunion politique. Des gens se retrouvent, s’étreignent, reprennent en cœur les vieux chants de combat et scandent « Itzinzi » la victoire…Il y a des drapeaux, des casquettes, des T-shirts, à tout moment hommes et femmes commencent à danser, avec les bras qui ondulent comme pour imiter les longues cornes des vaches Ankole. Sans aucun doute, le FPR est sûr de sa victoire, et la seule question admise, c’est la marge qui le séparera de ses rivaux, le PSD (parti social démocrate) et le PL (parti libéral) deux formations qui seront de toutes manières associées au gouvernement.
L’issue des élections législatives, qui se dérouleront du 15 au 18 septembre est évidente car le FPR, qui domine largement la scène politique, s’est associé avec six petites formations. Le scrutin ne comporte que deux inconnues : l’ampleur d’une victoire que le FPR voudrait voir interpréter comme un plébiscite de sa gestion, et l’importance de la représentation des femmes : alors qu’elles devraient former plus de 30% des effectifs du Parlement, elles risquent d’emporter la majorité absolue. lire la suite

6 septembre 2008

Les avocats du Rwanda se fâchent

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« La seule réponse à nos courriers, à nos requêtes, fut un silence assourdissant. Dans cette affaire, nous avons perdu confiance dans la justice française… »
L’avocat français Lev Forster et son collègue belge Bernard Maingain ont décidé, à l’occasion de deux conférences de presse, à Bruxelles et à Paris, de rendre publique leur colère, leur amertume. En effet, après l’ordonnance de soit-communiqué publiée en novembre 2006 par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, les deux avocats avaient été consultés par trois Rwandais cités dans le document, Samuel Kanyemera, dit Sam Kaka, Rose Kabuye et Jacob Tumwine, désireux d’obtenir la levée du mandat d’arrêt délivré par le juge Bruguière. Rappelons que dans son ordonnance, -qui avait déjà bénéficié de nombreuses fuites médiatiques, en violation du secret de l’instruction- le magistrat français avait inculpé neuf personnalités rwandaises membres du Front Patriotique, le président Kagame lui-même bénéficiant de l’impunité en vertu de ses fonctions. Ces cadres politiques et militaires du FPR avaient été accusés d’être responsables de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, qui, le 6 avril 1994, fut l’élément déclencheur d’un génocide depuis longtemps préparé et qui fit un million de morts. lire la suite

6 septembre 2008

Prochaine étape au Rwanda: des mandats d’arrêt contre les Français

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Après avoir publié, le 5 août dernier, le rapport dénonçant la responsabilité de la France dans le génocide, le Rwanda ne compte pas en rester là. « Nous allons attendre un temps raisonnable, disons la fin des vacances, pour demander la mise en place d’une commission rogatoire » nous déclare le Ministre de la Justice rwandais, M. Tharcisse Kavugarama. « D’une manière transparente et ouverte, nous allons invoquer la coopération judiciaire entre Etats pour pouvoir poursuivre nos enquêtes à propos des 13 personnalités françaises citées dans le rapport » (parmi lesquelles Edgard Balladur, Alain Juppé, Hubert Vedrine et de hauts responsables militaires de l’époque)
Comme s’il doutait de cette possibilité de coopération judiciaire, le ministre évoque déjà la phase suivante de l’action rwandaise : « sinon, nous émettrons des mandats d’arrêt internationaux contre les personnes citées, ils devraient être prêts d’ici un mois ou deux. Et nous demanderons la collaboration d’Interpol et de tout Etat membre de l’ONU… » lire la suite

6 septembre 2008

Le président Kagame à coeur ouvert

Catégorie actualité, interview

La campagne électorale vient de s’ouvrir, les élections législatives sont prévues pour le 15 septembre. Quel sens donnez vous à ce scrutin ?

Il s’agît d’un processus démocratique. Les Rwandais, après l’histoire terrible qu’ils ont vécue, ont le droit de choisir librement et régulièrement leurs dirigeants. Ces élections vont aussi permettre aux citoyens de sanctionner les performances de leurs élus, de mesurer le travail fourni par les partis. Pour le FPR en particulier, ce sera l’occasion de mesurer le chemin parcouru dans notre environnement politique.

Il y a cinq ans que vous avez été élu à la tête de l’Etat. Quel est votre propre bilan ?

Lorsque je regarde en arrière, que je considère non pas ce que j’ai fait moi-même, mais bien le gouvernement, les élus et tous les Rwandais, je constate que ce pays a bataillé, travaillé très dur et que les résultats ont dépassé nos espérances. Certes, bien des problèmes subsistent, il y en a même beaucoup mais quand on voit tout ce qui a été fait, dans le domaine social, économique, politique, je crois que nous avons vraiment fait de notre mieux. Plus important, nous gardons l’esprit ouvert, nous analysons ces divers processus et essayons de tirer les leçons des erreurs qui ont été commises.
Parfois, immergés que nous sommes dans les problèmes, nous pensons que nous n’en avons pas fait assez, mais des gens qui viennent de l’extérieur sont surpris et admiratifs des changements qu’ils constatent. lire la suite

3 septembre 2008

Lourd bilan pour les humanitaires au Sud Kivu

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L’accident de l’avion d’Air Serve qui s’est écrasé à 15 km de Bukavu, percutant le sommet du mont Kahuzi a bouleversé la communauté humanitaire : sur les 17 personnes qui ont trouvé la mort à bord de l’appareil figuraient un canadien membre du Programme des Nations unies pour le développement, un Français et un Indien qui travaillaient au Bureau de coordination de Affaires humanitaires de l’ONU OCHA, et un Congolais de Brazzaville membre de Médecins sans frontières. Sur les onze Congolais qui ont perdu la vie dans l’accident, quatre travailllaient pour le Pnud, quatre étaient experts du Parlement congolais et trois appartenaient au staff de Handicap International. Selon HI, ces trois personnes venaient de Kisangani où elles avaient participé à un atelier de sensibilisation de la population aux risques que représentent les mines antipersonnelles, encore très nombreuses dans la région. lire la suite