25 novembre 2008

Journalistes dans la ligne de tir et critiques de Human Rights Watch

Catégorie actualité

A Bukavu comme dans le reste du Congo, l’assassinat de Didace Namujimbo, journaliste à Radio Okapi, a suscité une vive émotion. Son frère Déo, journaliste lui aussi (et dont Le Soir a quelquefois publié des reportages transmis par Info Sud) a déclaré : « tous les journalistes se sentent menacés. L’enquête sur le meurtre de Serge Maheshe, un autre journaliste de la radio de l’ONU, n’a rien donné. Il y a quatre jours, le chauffeur d’une radio locale a été poignardé. Avant-hier soir un journaliste a été sauvé de justesse, mais ses agresseurs lui ont sifflé «vous parlez trop ! Vous devez vous occuper de vos affaires… » lire la suite

25 novembre 2008

André Flahaut rappelle que l’armée congolaise est en construction

Catégorie actualité, interview

Comment expliquez vous la débâcle de l’armée congolaise au Nord Kivu, après tous les efforts consentis par la Belgique ?

La Belgique a été le premier pays à soutenir la réforme de l’armée congolaise, mais je vous rappelle qu’au début, il s’agissait d’une force hétéroclite de 300.000 hommes, dont beaucoup avaient été présentés au brassage par les anciens belligérants. Aujourd’hui les effectifs sont passés à 120.000 hommes. Il s’agît d’une armée en pleine reconstruction, qui n’est pas encore mûre pour la confrontation. Nous avons contribué à la formation de la première brigade intégrée, amené du matériel de génie à Kalemié, entrepris une opération d’évaluation des brassages et des formations déjà réalisées mais nous nous sommes fait tancer par l’Union européenne car nous allions trop vite…Eux, ils allaient à leur rythme et surtout, ils voulaient adapter là bas des modèles types, sans prendre en compte les spécificités locales. Le ministre de la Défense Chikez voulait une « armée au service du peuple », qui puisse participer à des travaux bénéficiant à la population, entre autres afin d’occuper tous les ex-combattants. En plus, il voulait créer une force de réaction rapide,mais on ne s’est pas bousculé pour l’aider…Aujourd’hui, dans l’Equateur, les Belges sont engagés dans la formation de « forces spéciales » mais cela prend du temps. lire la suite

21 novembre 2008

L’abbé Malu Malu défend le programme Amani

Catégorie actualité, interview

Invité par le Centre national de coopération au développement, l’abbé Apollinaire Malu Malu, ancien président de la Commission électorale indépendante, a longuement évoqué la guerre qui sévit au Kivu. S’il se félicite de la décision de renforcer les effectifs de la Mission des Nations Unies au Congo, il insiste cependant sur le caractère urgent d’une intervention militaire. Depuis janvier 2008, l’abbé Malu Malu pilote le «processus Amani », mis en œuvre après la conférence de Goma, à laquelle tous les groupes armés avaient été invités. Son objectif : trouver une solution structurelle, de manière participative, afin que nul ne puisse dire que la solution lui aurait été imposée. lire la suite

21 novembre 2008

Les Congolais au dessous du volcan, les Belges dans un bac à sable

Catégorie actualité, commentaire

Le contraste est saisissant : d’un côté, des centaines de milliers de civils fuient sous la pluie, se recroquevillent sur la lave des volcans, sont volés, violés, massacrés, et de l’autre, ceux des ministres belges qui devraient être les plus touchés par la tragédie du Congo se comportent comme des enfants dans un bac à sable. Ils se font des oreilles d’âne et des grimaces, se jettent des boulettes et jouent des coudes…
Tout cela est lamentable : après que Louis Michel, sortant de son rôle européen, ait joué les bons offices, son fils Charles s’est précipité à Kinshasa, ravi d’être le premier sur la photo avec Kabila tandis que Reynders le «couvrait », en profitant du voyage de De Gucht en Inde pour envoyer à son collègue le coup de pied de l’âne à propos de l’affaire Fortis. Cependant, l’intervention des Michel père et fils, qui assurent avoir été des « facilitateurs » et avoir tenté de débloquer les relations entre Bruxelles et Kinshasa, n’a été rendue possible, sinon nécessaire, qu’en raison d’autres carences, bien plus graves. lire la suite

19 novembre 2008

Lambert Mende répond à De Gucht

Catégorie actualité, interview

Réaction de Lambert Mende Omalanga,Ministre congolais de l’information aux propos tenus par Karel de Gucht

Quelle est votre réaction aux propos tenus dans le journal De Morgen ?
Nous constatons que M. De Gucht ne souhaite pas une normalisation des relations entre nos deux pays, c’est étonnant, frustrant. Comment un ministre d’un pays, fût il ami, peut il imaginer qu’il peut donner des injonctions à un chef d’état, qui a été élu. Le seules injonctions que notre président peut recevoir sont celles de ses électeurs, c’est devant eux, devant le peuple qu’il est comptable de ses actes. Comment M. De Gucht peut il condamner notre président parce que ce dernier ne l’écouterait pas ? On peut l’écouter certes, mais c’est en fonction du peuple que les décisions doivent être prises. Le ministre oublie aussi qu’il y a dans ce pays un gouvernement, une Assemblée nationale devant laquelle le gouvernement répond. Pourquoi s’en prendre à une seule personne, celle du président ? En oubliant que ce dernier aussi est une institution…
Nous avons été particulièrement choqués lorsque nous avons vu que M. De Gucht utilisait l’image de notre président dans sa campagne électorale…
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19 novembre 2008

Le désespoir des civils au Nord Kivu

Catégorie actualité

« Nous ne savons plus quel saint prier. Nous sommes condamnés à mort par toute cette violence, tous ces déplacements. Nous avons été abandonnés… » Quarante quatre associations congolaises du Nord Kivu, membres de la société civile, se sont unies pour lancer au monde un cri de désespoir : « dans la région de Rutshuru et ailleurs, nous sommes témoins de tragédies sur une échelle jamais connue dans notre histoire où des populations civiles sont exécutées sommairement, par balles ou à coups de machettes, couteaux, houes et épées. A Kiwanja, des corps gisent dans les rues et l’odeur des cadavres en décomposition salue les passants. (…) Les recherches continuent et on trouve toujours plus de cadavres enfermés dans les maisons ou jetés dans les latrines. (…) Lorsque les troupes conquérantes de Laurent Nkunda conquièrent de nouvelles zones, l’armée congolaise prend la fuite. En fuyant, les soldats tuent, pillent, violent et volent laissant derrière eux chaos et désordre. » lire la suite

19 novembre 2008

La vérité traverse le feu

Catégorie actualité, commentaire

« La vérité traverse le feu, jamais elle ne brûle ».. Ce proverbe rwandais devrait servir de ligne directrice à l’audition de Rose Kabuye, qui a accepté de se livrer à la justice française pour essayer de faire la lumière sur le dossier Bruguière qui empoisonne et bloque les relations entre Paris et Kigali depuis deux ans A vrai dire, c’est depuis 1990 que Paris, et plus précisément l’Elysée et la Défense, sont brouillés avec le Rwanda, depuis que les exilés tutsis du Front patriotique rwandais ont pris les armes pour essayer de faire valoir leur droit au retour et que la France s’est obstinée à défendre le régime Habyarimana, alors même qu’il préparait puis mettait en œuvre le génocide de 1994. Après l’échec militaire et politique qu’a représenté pour la France la prise de pouvoir du FPR et de son chef Paul Kagame, diabolisé et exécré, les hostilités se sont poursuivies sur le terrain linguistique (le Rwanda est passé à l’anglais), économique (la France a essayé de bloquer des aides internationales), judiciaire (un mandat d’arrêt a été émis contre neuf hauts dirigeants rwandais), diplomatique (les relations sont rompues depuis 2006) et même journalistico-littéraire (de nombreux ouvrages révisionnistes ont été publiés en France).
Cette hostilité active, s’ajoutant à l’accusation de complicité de génocide, est nocive pour les deux pays : elle ternit l’image de la France en Afrique, jette le soupçon sur ses initiatives politiques et même humanitaires comme sur l’indépendance de sa justice. Elle empêche aussi la France de s’impliquer comme elle le devrait dans la défense des populations civiles du Kivu alors qu’elle en a le désir et les moyens. Cette querelle est mauvaise aussi pour le Rwanda, non seulement parce qu’elle renforce l’influence américaine et détourne le régime de l’Europe, (en dépit des sympathies naturelles de la population) mais aussi parce qu’elle nourrit la paranoïa du régime, freine l’ouverture et le dialogue, l’amène à privilégier sur sa frontière avec le Congo, l’option sécuritaire, militariste que représente jusqu’à la caricature, un certain Laurent Nkunda. Si en portant le fer dans la plaie et en obligeant la justice française à dévoiler ses cartes et son dossier, Rose Kabuye réussissait à crever l’abcès et à permettre un déblocage des relations entre les deux pays, la combattante aurait remporté une autre victoire : celle de la vérité, qui traverse le feu et apporte la paix. Resterait encore à savoir, quinze ans après, qui a tiré sur l’avion…

19 novembre 2008

Rose Kabuye veut faire exploser en vol le dossier Bruguière

Catégorie actualité

D’heure en heure, la population rwandaise, très mobilisée, a suivi les étapes du transfert de Rose Kabuye, directeur de protocole du président Kagame, qui a quitté la prison pour femmes de Francfort pour se présenter devant la justice française. Répondant aux autorités qui attendaient un demi million de personnes dans les rues, les associations de la société civile avaient largement mobilisé et des centaines de milliers de Rwandais ont manifesté dans toutes les villes du pays. Au-delà des slogans officiels de «solidarité avec notre chère Rose » et de dénonciation du rôle de la France et de l’Allemagne, les manifestants voulaient aussi exprimer un sentiment de plus en plus répandu en Afrique et dont le Rwanda se veut le héraut : le refus d’une certaine ingérence occidentale, dont, a ux yeux des Africains, la justice internationale se veut l’un des terrains d’action. lire la suite

16 novembre 2008

Talk and gight face à Obasanjo

Catégorie actualité

« Talk and fight », négocier et combattre. De préférence en même temps. Cette tactique, revendiquée naguère par le président ougandais Museveni est plus d’actualité que jamais dans l’Est du Congo : alors que le nouvel émissaire de l’ONU, Olusegun Obasanjo s’entretenait avec le chef des rebelles Laurent Nkunda, de violents combats étaient à nouveau engagés du côté de Kayabayonga, une localité stratégique. Kayabayonga en effet verrouille la route qui, à travers le nord de la province, mène à l’Ouganda et permet l’acheminement des secours aux déplacés. lire la suite

14 novembre 2008

Elikia M’Bokolo sur le Congo de Léopold II

Catégorie actualité, interview

Cible de vastes campagnes de dénonciation, le Congo de Léopold II était-il pire que d’autres entreprises coloniales ?

A l’époque, il représentait la forme la plus extrême de la colonisation sur le modèle capitaliste, dont on ne retrouve d’équivalent qu’au «Congo français », Gabon, Tchad, Congo Brazzaville, République centrafricaine. Là aussi s’appliquait le modèle léopoldien des «compagnies à charte », où la règle était celle du profit maximum, à n’importe quel prix. Dans le Tanganyika, les Allemands aussi avaient tenté d’appliquer ce principe. Ces compagnies à charte s’inspiraient elles mêmes de l’exemple hollandais en Indonésie et du mode d’exploitation pratiqué par les Espagnols dans les premiers temps de la conquête de l’Amérique. Dans ce système, la valeur de la personne humaine a disparu. Aujourd’hui encore, dans les provinces congolaises où s’est appliqué le système léopoldien, dans l’Equateur, le Mai Ndombe, la simple mention du mot « matope » (caoutchouc), déclenche des souvenirs de mort, d’horreur. lire la suite