19 novembre 2008

Lambert Mende répond à De Gucht

Catégorie actualité, interview

Réaction de Lambert Mende Omalanga,Ministre congolais de l’information aux propos tenus par Karel de Gucht

Quelle est votre réaction aux propos tenus dans le journal De Morgen ?
Nous constatons que M. De Gucht ne souhaite pas une normalisation des relations entre nos deux pays, c’est étonnant, frustrant. Comment un ministre d’un pays, fût il ami, peut il imaginer qu’il peut donner des injonctions à un chef d’état, qui a été élu. Le seules injonctions que notre président peut recevoir sont celles de ses électeurs, c’est devant eux, devant le peuple qu’il est comptable de ses actes. Comment M. De Gucht peut il condamner notre président parce que ce dernier ne l’écouterait pas ? On peut l’écouter certes, mais c’est en fonction du peuple que les décisions doivent être prises. Le ministre oublie aussi qu’il y a dans ce pays un gouvernement, une Assemblée nationale devant laquelle le gouvernement répond. Pourquoi s’en prendre à une seule personne, celle du président ? En oubliant que ce dernier aussi est une institution…
Nous avons été particulièrement choqués lorsque nous avons vu que M. De Gucht utilisait l’image de notre président dans sa campagne électorale…

Les critiques de M. De Gucht peuvent elles avoir un effet positif ?
Absolument pas, elles nuisent à l’image du pays, contribuent à l’entreprise de déstabilisation actuellement en cours. En fait, ces propos renforcent le lobby affairiste et prédateur qui est actuellement à l’œuvre et qui est à l’origine de la guerre qui est menée à l’Est. Ils ébranlent l’image et la fonction du président, qui est une institution, le symbole de l’Etat et à ce titre doit être respecté.

Est il exact que le ministre serait persona non grata à Kinshasa ?

Je ne dirais pas cela. Le fond de notre pensée, concernant les relations entre le Congo et la Belgique, se trouve dans la lettre qui a été transmise au Premier Ministre M. Yves Leterme. Il faut dépasser les opportunismes électoraux, les sentiments personnels d’un ministre…La solution se situe au niveau de l’autorité suprême de votre pays, c’est elle qui doit trancher. Le Congo souhaite que les relations avec la Belgique continuent, et qu’elles soient les meilleures possibles…Nous ne pouvons pas permettre de les voir se détruire…