14 décembre 2008
Sale temps pour certains opérateurs économiques
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Cinquante deux mandats d’arrêt ont été délivrés à Kinshasa à l’encontre d’opérateurs économiques, dont de nombreux expatriés, la plupart actifs dans le secteur de la construction.
Ils seraient accusés de ne pas avoir respecté leurs cahiers des charges, dans le cadre de contrats de reconstruction de bâtiments et de routes passés avec l’Etat et fiancés par l’initiative PPTE (pays pauvres et très endettés)
L’opération « Mains propres » lancée par le ministre de la justice du nouveau gouvernement Muzito suscite l’émotion à Kinshasa : moins par la substance des griefs formulés à l’égard des entrepreneurs de la place que par les méthodes pratiquées.
En effet, plusieurs hommes d’affaires en vue ont été convoqués au lieu dit « Casier judiciaire » un lieu de détention situé dans le quartier résidentiel de la Gombe. Alors que la plupart des Congolais se sont abstenus de répondre à la convocation, plusieurs expatriés ne sont pas près d’oublier le traitement qui leur a été réservé. C’est ainsi que le Belge Blattner s’est retrouvé au cachot, dont il n’est sorti que grâce à l’intervention du consul américain, et qu’Yves Braconnier, patron de la société Sefoco a été détenu du mardi 2 décembre jusqu’au vendredi 5, avant d’être libéré, puis reconvoqué le mardi suivant et finalement remis en prison, à Makala cette fois. Plusieurs opérateurs économiques libanais et deux Italiens ont subi le même sort, accusés eux aussi de ne pas avoir rempli leurs contrats ou d‘avoir trafiqué des devises.
Tous se souviendront de leur passage par « Casier judiciaire » : ils ont été arrosés d’urine et invités à passer la nuit dans des cachots jonchés d’excréments et autres crasses. Ce n’est qu’en payant des cautions de 1000, 2000 voire 5000 dollars que les suspects ont été autorisés à dormir dans des couloirs nettement plus propres que les cellules.
Ces pratiques, qui ressemblent à un véritable racket dont les autorités supérieures ne semblent pas avoir connaissance, illustrent le climat tendu qui règne à Kinshasa. Dans la capitale en effet, la guerre à l’Est, les concessions que le Congo est invité à faire sous la pression militaire de Nkunda, l’arrêt des cinq chantiers de la reconstruction à cause de la pénurie de ciment, les pertes de recettes enregistrées au Katanga à la suite de l’effondrement du prix des matières premières, augmentent les risques de déstabilisation. Ces craintes suscitent l’agressivité des services de sécurité dont les agents, en cette veille de fêtes, redoublent de «zèle » et multiplient les ponctions…