1 décembre 2008

Greenpeace débarque à Matadi

Catégorie actualité

Artic Sunrise, le mythique bateau de l’organisation Greenpeace mouille cette semaine à Matadi. Les autorités congolaises accueillies à bord se sont officiellement félicitées de cet intérêt pour la forêt congolaise, à l’heure où elles sont soumises à de fortes pressions. En effet le processus de révision de la légalité de 156 titres forestiers est toujours en cours et lors de la conférence sur les changements climatiques qui s’ouvrira le 1er décembre à Poznan en Pologne, il sera beaucoup du patrimoine congolais. En effet, la forêt du Congo, avec ses 80 millions d’hectares est la deuxième du monde, après l’Amazonie, et elle est beaucoup moins exploitée. Elle représente cependant une ressource vitale pour 60% de la population qui directement ou indirectement vivent de ses ressources, dont 4 millions de Pygmées. A Poznan, il sera question de créer un mécanisme financier international pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et Greenpeace entend bien défendre la biodiversité et défendre les intérêts des populations forestières.
Durant la transition, un code forestier très libéral, à l’instar du code minier,a été adopté, ses termes étant pratiquement dictés par la Banque Mondiale. Dès le départ, il s’est attiré les foudres des défenseurs de l’environnement qui ont déploré que les concessions forestières soient attribuées sur base de photos aériennes, sans tenir compte des populations…
Aujourd’hui Greenpeace demande au gouvernement congolais de finaliser le processus de révision de la légalité de 156 titres forestiers, couvrant 7 millions d’hectares de forêt.
A l’instar de ce qui se passe à propos des concessions minières, les autorités congolaises sont soumises à de fortes pressions des milieux forestiers qui espèrent un arbitrage politique en leur faveur.
Amatou Kounaté, directeur de Greenpeace Afrique a expliqué aux autorités et aux forestiers présents lors de l’arrivée de l’Artic Sunrise qu’il n’y avait pas de contradiction entre le conflit à l’Est, qui mobilise toute l’attention internationale, et le fait d’ouvrir un bureau qui se chargera, avec vigilance et sans concessions, de défendre la forêt tropicale et les 40 millions de Congolais qui en vivent : « il faut que ce conflit s’arrête, il faut que partout dans le pays on mette fin à la corruption… Les titres forestiers illégaux doivent être invalidés, afin que la population puisse pleinement bénéficier d’un accord international finançant la préservation des forêts. »

1 décembre 2008

Le devoir de protéger

Catégorie actualité, commentaire

Le devoir de protéger

Cette semaine, lorsque le Parlement débattra de l’éventualité d’envoyer des soldats belges au Nord Kivu, on peut espérer que les querelles d’ego, les arrière pensées ou les rivalités politiciennes seront mises sur le côté au profit d’une seule priorité : le devoir moral de protéger les populations du Congo, victimes d’une violence insoutenable. Après des mois d’efforts, les organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme ont enfin réussi à briser le mur de l’indifférence et à secouer l’opinion. Tout le monde a compris désormais que l’enjeu dépasse désormais les altercations De Gucht-Kabila et le froid diplomatique entre les dirigeants des deux pays, les frilosités européennes ou les subtiles rivalités entre sphères d’influence francophone ou anglophone : c’est de la survie d’un peuple qu’il s’agît. Car au Nord Kivu, la mort n’a pas encore achevé son œuvre : les femmes sont toujours en danger, les enfants dont 60% sont privés d’école, sont toujours en passe d’être soumis au travail forcé ou au recrutement militaire, et pour tous ces paysans qui ont été chassés de leurs terres au moment des semailles, la famine et les maladies sont inéluctables. D’ici peu de temps, si rien n’est fait, si les auteurs de crimes contre l’humanité qui sévissent au Kivu ne sont pas empêchés de nuire, il n’y aura plus qu’à additionner les morts, en répétant dans le vide «plus jamais ça »…
Plus qu’une éventuelle « tutelle morale » ou qu’un très contestable droit d’ingérence, la gamme est vaste de ce que les Belges peuvent apporter s’ils se décident à participer à une force d’intervention : des compétences militaires indiscutables, un soutien logistique et technique (comme ils l’avaient fait à Kinshasa au moment des élections, les drones pourraient surveiller la frontière et confondre les mauvais joueurs), une «intelligence du terrain » qui fait cruellement défaut à la Monuc. Mais surtout, intégrés dans une force européenne, ils peuvent inspirer confiance : on voit mal comment le Rwanda voisin et très impliqué dans le conflit, à des degrés divers, pourrait récuser un pays qui figure parmi ses principaux contributeurs tandis que les attentes de la population congolaise sont unanimes.
L’impérieuse clarté du devoir moral ne suffit cependant pas, il faut aussi la limpidité du commandement : si danger il y a, il viendra moins des groupes armés eux-mêmes que d’éventuelles incohérences entre la Monuc, l’Union européenne voire des pays partenaires. Et si confusion il devait y avoir, il faut éviter à tout prix que la classe politique belge y contribue…

1 décembre 2008

Congo. En attendant une autre Artemis

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Congo A part les rebelles, tous espèrent une force européenne

This is not business as usual…Ce qui se passe au Nord Kivu ne ressemble pas aux situations connues précédemment, tout va trop vite… Il faut, de toute urgence, remettre la paix sur les rails. Faire appliquer les accords de Nairobi, (qui prévoyaient le désarmement des combattants hutus) remettre en œuvre le programme Amani, qui devait organiser le désarmement de tous les groupes armés opérant au Kivu, rouvrir les négociations politiques. Sinon… Sinon, un jour il ne restera plus qu’à faire le décompte des morts et il sera trop tard… »Mme Hiroute Guebre Selassié, chef du bureau de la Mission des Nations unies à Goma, a quitté pour quelques jours son poste à hauts risques pour une tournée en Europe et aux Etats-Unis. Elle souhaite ajouter sa voix à tous ceux qui plaident pour l’envoi, de toute urgence, d’une force européenne qui épaulerait la Monuc pour quelques mois, le temps qu’arrivent les renforts prévus. Elle se défend toutefois des accusations en tout sens dont l’organisation fait l’objet : «à Rutshuru et à Kiwandja, au plus fort des combats, l’ONU ne disposait sur place que de 120 hommes pour une population de 140.000 habitants. Qu’auraient ils pu faire ? » Et d’expliquer que les 17.500 Casques bleus sont dispersés à travers un pays vaste comme un continent et qu’ailleurs aussi, en Ituri, dans la Province Orientale, au Nord Katanga, pour ne pas parler du Bas Congo et du Kasaï, le maintien de la paix demeure nécessaire. « Si nous devions partir, il y aurait des risques de guerre civile… » lire la suite