26 janvier 2009

Vers la normalisation Bruxelles Kinshasa

Catégorie actualité

Après neuf mois de brouille, les relations diplomatiques entre la Belgique et la République démocratique du Congo sont en passe de se normaliser. Les deux gouvernements ont publié une déclaration commune qui instaure entre les deux pays un dialogue « permanent, franc, ouvert et constructif, respectueux des institutions démocratiques et légitimes des deux Etats ». Ce sont les Premiers ministres des deux pays, Herman Van Rompuy et Adolphe Muzito, qui ont convenu de cette normalisation, « dans l’intérêt bien compris de leurs pays » et «conscients des causes qui ont été à la base des problèmes survenus ces derniers mois dans leurs relations ».
MM. Van Rompuy et Muzito veulent tourner la page en « instaurant un dialogue permanent, franc, ouvert et constructif, respectueux des institutions démocratiques et légitimes des deux Etats » et se promettent de « redynamiser » les relations entre les deux pays.
Rappelons que la crise avait été provoquée voici neuf mois par les propos offensants tenus à Kinshasa par Karel De Gucht reçu en audience par le président Kabila, aggravés quelques jours plus tard par des déclarations selon lesquelles le fait que la Belgique accordant tous secteurs confondus 200 millions d’euros par an au Congo aurait l’ «obligation morale » de prendre position sur ce qui s’y passe.
Cette revendication d’une sorte de « droit de tutelle » avait provoqué la colère du gouvernement congolais qui avait décidé de rappeler son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba, et de fermer les deux consulats belges à Lubnumbashi et Bukavu.
Par la suite, les timides tentatives de normalisation avaient tourné court, entre autres lorsque MM Armand De Decker (président du Sénat) et Van Rompuy (alors président de la Chambre) s’étaient rendus à Kinshasa le 30 juin dernier. C’est que les deux pays s’étaient chacun enfoncés dans la crise : au Congo, la reprise de la guerre au Kivu avait monopolisé toute l’attention et fait craindre pour la stabilité du régime, tandis qu’en Belgique, malgré quelques velléités, M. Leterme n’avait pu résoudre le problème avant d’être lui-même emporté par la tempête bancaire. Avec le recul, au vu des problèmes rencontrés dans les deux pays, la tension, essentiellement d’ordre psychologique, était apparue contre-productive, nuisant à la fois à la crédibilité de la Belgique sur le dossier africain et à la réputation du Congo. Les artisans de la réconciliation ont été, à Bruxelles, le ministre de la Coopération Charles Michel et à Kinshasa, le nouveau ministre des Affaires étrangères Alexis Tambwe Mwamba.
Pour être scellée, la normalisation entre Bruxelles et Kinshasa devra encore passer par quelques étapes : la réunion d’un comité des partenaires afin de finaliser l’évaluation de la coopération, l’accréditation à Kinshasa du nouvel ambassadeur de Belgique M. Dominique Struye de Swielande, le renvoi d’un ambassadeur congolais en Belgique et, last but not least, la réouverture des deux consulats.