29 avril 2009

Les bonnes résolutions des partenaires belges et congolais

Catégorie actualité

Un approfondissement ? Une accélération ? Belges et Congolais ont la satisfaction modeste et refusent de qualifier de « virage » les résolutions prises au terme de deux journées qui ont réuni les « partenaires » des deux pays afin de décider de l’avenir de la coopération belge en RDC. Cependant, si le texte de la déclaration finale a été calculé, soupesé mot par mot, au point de mettre en péril l’horaire de la journée et le départ de la délégation belge, c’est parce qu’il marque un net changement, moins par rapport aux principes que par rapport aux pratiques jusqu’à présent en vigueur.
Qu’on en juge. Les deux parties se sont engagées, s’inspirant de la « Déclaration de Paris » sur l’efficacité de l’aide, à rendre cette dernière plus efficiente, à la mettre en œuvre plus rapidement. Et surtout les Belges ont accepté de « s’aligner davantage sur les priorités et les stratégies de la RDC, aussi bien dans les secteurs d’intervention qu’en matière de renforcement des capacités locales. » Quant au Congo, il s’est particulièrement engagé dans le domaine de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.
Mais surtout, la Belgique, conformément aux vœux de son partenaire congolais, a accepté de revoir les modalités de sa coopération, jusqu’à présent très éclatée sinon saupoudrée. C’est ainsi que l’accent sera mis sur la réhabilitation et sur la reconstruction, que l’échelle des interventions sera augmentée, afin de réduire les risques de fragmentation. En outre, compte tenu des efforts déployés par d’autres bailleurs dans d’autres domaines, la Belgique concentrera ses efforts dans les secteurs où son expertise est largement reconnue : l’aménagement des pistes rurales et la réhabilitation de bacs qui permettent de franchir lacs et rivières, l’éducation (la distribution de matériel scolaire en est l’un des aspects) l’agriculture. Dans le domaine de la santé, un certaine continuité sera assurée dans des domaines où les Belges ont déjà entrepris des actions décisives, la lutte contre la tripanosomiase (à laquelle 10 millions d’euros seront alloués), l’appui aux secteurs de santé dans des régions périphériques du Bandundu et de l’Equateur, souvent négligées par les coopérations traditionnelles. Du reste, les Belges veilleront à œuvrer en tenant compte des zones déjà couvertes par d’autres intervenants. Ceci afin d’éviter, par exemple, que de nombreux projets se concentrent dans l’Est, plus facilement accessible, ou dans la capitale, au détriment des provinces de l’Ouest, privées de moyens de communications.
Sur plusieurs points précis, les Belges ont rencontré les revendications des Congolais. Ainsi par exemple, si des volontaires belges seront désormais envoyés au Congo (des jeunes qui se formeront sur place à la coopération dans des domaines très précis) ce dispositif sera élargi à des ressortissants congolais, des homologues, qui pourront également être envoyés sur le terrain et ainsi se former à développer leur pays. Quant au statut juridique de la Coopération technique belge, qui se comporte quelquefois comme un entrepreneur de projets au point d’entrer en concurrence avec le secteur privé, son statut juridique sera clarifié.
Dans les temps à venir, les Organisations non gouvernementales et les universités devront rendre des comptes : puisqu’elles fonctionnent avec des financements venus de la coopération, donc de l’Etat belge, elles seront tenues, tous les trois mois vraisemblablement, de communiquer des rapports sur leurs objectifs, leurs réalisations et de se soumettre à des évaluations régulières. Parmi les autres points sur lesquels les Congolais ont obtenu gain de cause figure la sélection et l’agrément des assistants techniques ainsi que la gestion des marchés publics.
Toutes ces avancées ont visiblement réjoui le Ministre congolais de la coopération régionale Raymond Tshibanda, qui a constaté qu’ « un travail appréciable avait été abattu en un temps record » et que » désormais, nous sommes dans le bon ».
Du côté des Belges en effet, et en particulier dans le chef de Charles Michel, la volonté d’aboutir était évidente. Pour des raisons humanitaires, dans ce pays qui peine à sortir de la crise, pour des raisons d’efficience aussi. Mais surtout pour des raisons politiques : il apparaît en effet que, depuis la crise de l’an dernier, les Congolais, malgré leur volonté de renouer avec la Belgique, n’ont rien cédé sur l’essentiel, remettant sur la table les revendications déjà formulées l’an dernier et obtenant finalement gain de cause…Ils ont trouvé en Charles Michel un interlocuteur flexible, soucieux d’imprimer à sa coopération avec le Congo un caractère exemplaire et d’éviter désormais les litiges inutiles. D’ici fin 2009 encore, les « partenaires », plus résolus que jamais à s’entendre, devraient se retrouver pour finaliser les nouveaux projets qui seront lancés en 2010. L’an prochain, au
rendez vous du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Congo, la Belgique entend tenir son rang…