29 mars 2010

Le temps de l’Afrique

Catégorie actualité, interview

Jean-Michel Severino et Olivier Ray,

Le temps de l’Afrique, éditions Odile Jacob, 345 pages, 25 euros

Interview:

Alors que l’Afrique noire est l’ «arrière cour » de l’Europe, vous semblez dire que nous n’y avons rien décelé des récentes évolutions ?

Ce livre est né de notre stupéfaction devant la manière dont, à longueur de livres et d’articles, on parle de l’Afrique, « continent en crise », « sinistré », perçue comme un objet de compassion, où la charité a été sous traitée aux organisations humanitaires tandis que l’endiguement (des flux migratoires entre autres) était confié aux organisations onusiennes et aux Etats africains eux-mêmes. Nous regardons l’Afrique à travers un rétroviseur alors qu’en réalité, ce continent se transforme à toute vitesse et explose sur le plan démographique : en 1960, la Côte d’Ivoire comptait 11 habitants au kilomètre carré. Ils sont 70 aujourd’hui, et seront 110 en 2050.
La population africaine croît au rythme de 2,5% par an, deux fois plus vite que la moyenne des autres pays en développement.
A ce rythme, l’Afrique sub saharienne devrait compter 1,8 milliards d’habitants en 2050, une fois et demie l’Inde d’aujourd’hui… lire la suite

22 mars 2010

La Belgique ne veut pas des militaires congolais à Bruxelles

Catégorie actualité

Les militaires congolais ne participeront pas au défilé du 21 juillet à Bruxelles, cette question n’est pas à l’ordre du jour. Par ces termes clairs et définitifs, le Premier Ministre Yves Leterme a mis fin à la polémique déclenchée par l’invitation peut-être imprudemment lancée par Pieter De Crem à son homologue congolais Charles Mwando Simba. Faisant marche arrière et s’étonnant des « réactions hors de proportion » De Crem avait d’ailleurs précisé que son invitation représentait surtout une « formule de politesse ». lire la suite

20 mars 2010

Le Congo dans le rétroviseur de l’histoire

Catégorie actualité, commentaire

Lorsqu’il s’agît du Congo, nos hommes politiques, au Nord comme au Sud du pay lire la suite

20 mars 2010

“L’île”: un défi à la raison d’Etat

Catégorie actualité, commentaire

Les centaines de bougies posées sur les étals posés au ras du sol donnent une atmosphère magique à la commune de N’Djili, sur la route de l’aéroport. Les halos dorés dissimulent la poussière, font oublier la chaleur. A l’écart des petits cercles de lumière, des gens se faufilent entre les maisons basses, se croisent sans jamais se heurter. Des enfants jouent à grand cris sur les rares terrains vagues, les mamans vaquent, leur bébé dans le dos. Au-delà du terre plein et du caniveau, le boulevard qui mène à l’aéroport est un long serpentin de bruit et de fumée. Autobus et mini bus, motos, voitures s’enchaînent dans un interminable embouteillage, une limace de ferraille dont les piétons déjouent les maillons et les menaces. Au fond du quartier, le théâtre des Intrigants. Une salle assez vaste surmontée d’une tôle, un groupe électrogène qui ronronne bruyamment. Ce soir là, les gens se pressent, avertis par le bouche à oreille : le théâtre de Poche, qui a quitté pour trois semaines son havre du Bois de la Cambre, joue l’ïle, la pièce du sud africain Atoll Fugard. lire la suite

15 mars 2010

Rwanda: grenades et défections, des tensions imprévues

Catégorie actualité

A quelques mois des élections présidentielles prévues pour août prochain, le président Kagame, qui se présente pour un deuxième mandat, pourrait se contenter de miser sur les nombreux succès engrangés au cours des dernières années : les félicitations du rapport « Doing Business » de la Banque Mondiale, la normalisation des relations avec Kinshasa, qui s’est traduite par l’échange d’ambassadeurs et par des opérations militaires conjointes et le rétablissement des relations diplomatiques avec la France, avec, en point d’orgue, la récente visite à Kigali du président Sarkozy et surtout les remarquables progrès accomplis par le Rwanda sur la voie du développement.
Cependant, au lieu de la satisfaction et de l’optimisme, une certaine tension règne à Kigali en ces débuts de campagne électorale. Arrivée à Kigali le 16 janvier en provenance des Pays Bas, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des Forces démocratiques unifiées et qui compte se présenter au suffrage des électeurs, a été plusieurs fois interpellée par la police et le vice président de son parti, dénoncé par une juridiction gaçaça pour avoir été présent au moment du génocide, a été incarcéré. lire la suite

10 mars 2010

Albert II à Kin: quelques réactions

Catégorie actualité

Lambert Mende Omalanga, ministre de l’Information et porte parole du gouvernement

Nous sommes très satisfaits de cette décision de la Belgique et le roi Albert II sera l’hôte d’honneur des cérémonies du 50 eme anniversaire de l’indépendance de notre pays. Il se retrouvera à Kinshasa en compagnie de nombreux chefs d’Etat de pays amis, nos alliés et voisins africains, une importante délégation chinoise dont nous ignorons encore le composition. Mais étant donné nos liens historiques avec la Belgique, le roi Albert II sera évidemment le premier d’entre nos hôtes et sa visite, hautement symbolique, marquera le temps des retrouvailles, au plus haut niveau. Pour la population, cette visite aura une forte résonance affective. lire la suite

10 mars 2010

Main tendue et yeux ouverts

Catégorie actualité, commentaire

La main tendue, les yeux ouverts

Descendant de Léopold II, que tous les Congolais considèrent comme le fondateur de leur pays, frère de Baudouin qui présida à l’indépendance, à Kinshasa, le roi Albert II sera évidemment tributaire du passé, de ce lien si personnel qui unit la monarchie à l’ancienne colonie de la Belgique.
Le Roi des Belges sera aussi le symbole des relations très particulières qui, au fil du temps, se sont nouées entre les peuples de ces deux pays, des relations tissées de savoirs et de passions croisées, d’amour et de haine, de métissages et de malentendus…Mais au delà des évidences imposées par le passé, au delà du symbole, la présence d’Albert II au Congo sera surtout un formidable encouragement adressé à ces millions de Congolais qui, malgré les agressions, les guerres et les faillites de leur Etat se sont engagés pour maintenir la pérennité de leur pays, préserver son unité et aujourd’hui tenter de le reconstruire. Cette œuvre là est celle des dirigeants actuels, certes, et si leurs tâtonnements, leurs compromissions doivent être dénoncés, les efforts déployés pour stabiliser les institutions et rétablir la paix méritent d’être soutenus. La bouteille, bien sûr, n’est pas encore à moitié pleine, mais il faut savoir que hier encore elle était sur le point de se briser et seuls les aveugles peuvent prétendre que rien n’a changé !
Les interlocuteurs du Roi seront les représentants des institutions, les dignitaires du régime, bien imparfaits encore et il sera facile de les critiquer à l’instar de toute représentation humaine. Mais ce qui importe, c’est qu’au delà des personnes, le Congo est engagé dans un processus démocratique, il s’est doté d’une Constitution, ses acquis actuels étaient impensables voici dix années encore et il importe de les rendre irréversibles.
Toutes ces victoires méritent d’être reconnues et consolidées, avec empathie et lucidité. Certes, le Congo s’est inscrit sur la carte du monde et dans les livres de compte des Belges grâce à ses ressources et aujourd’hui encore ces dernières suscitent convoitises et amitiés intéressées. Mais à ce moment de l’histoire des deux pays, alors que la Belgique a renoncé à bien des ambitions économiques ou géopolitiques, c’est avant tout vers le peuple congolais que doit se tendre la main du roi des Belges, avec compréhension et respect, afin de l’aider à croire en lui-même, afin de lui permettre de construire sa deuxième, sa vraie indépendance…

ain tendyue

10 mars 2010

Deux partenaires qui ont changé chacun…

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Depuis la dernière visite au Congo du Roi des Belges, un quart de siècle s’est écoulé et seuls les plus vieux des Kinois se souviennent encore de ce dernier passage de « Bwana Kitoko », le « joli garçon » qu’ils avaient tant admiré dans les années qui précédèrent l’indépendance…
Durant ce long laps de temps, les pages de l’histoire ont tourné, à toute vitesse, en Europe comme en Afrique, et la République démocratique du Congo présidée par Joseph Kabila n’est pas plus le Zaïre de Mobutu que la Belgique d’Albert II n’est celle de Baudouin Ier…En 1985, le maréchal-président, qui n’avait pas encore entamé sa descente aux enfers et achevé de ruiner son pays, pouvait encore accueillir avec faste et effusion son « cousin », jouer sur le registre des relations personnelles et des « intérêts bien compris », proclamant que la Belgique et le Zaïre étaient « condamnés à s’entendre »…Quant au roi Baudouin, il était encore le vertueux symbole d’un pays unitaire, le « père » incontesté d’une nation qui n’avait pas terminé sa mue institutionnelle. lire la suite

9 mars 2010

Attendant Albert II KInshasa met les bouchées doubles

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La route qui mène vers le Mont Ngaliéma a été réparée ; en contrebas, le fleuve déroule ses rapides et la rumeur de la ville est amortie par la verdure. A l’occasion du dernier sommet des pays d’Afrique australe, les grilles de la cité de l’OUA ont été repeintes et les 34 villas remises à neuf. C’est ici, en principe, que seront hébergés les invités de marque qui assisteront au 50ème anniversaire de l’indépendance du Congo. De loin, le commandant L. nous fait admirer la plus belle des demeures, ses murs ocres brillant au soleil, son jardin soigné. Ce vieux militaire qui a connu les fastes du mobutisme précise que c’est ici que l’ancien président accueillit naguère le roi Baudouin. Il espère qu’Albert II à son tour séjournera sur le mont Ngaliéma le 30 juin prochain. Exprimant l’avis de la plupart de ses compatriotes, le commandant L. tient fortement à la présence du roi des Belges : « ce sera un symbole fort, un message moral : la reconnaissance du fait que nous Congolais, malgré les épreuves, nous avons maintenu l’unité de notre pays… » lire la suite

9 mars 2010

Congo-Belgique: prendre date pour l’avenir

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Et si l’hypothèse inverse était retenue ? Si, tenant compte des critiques, du relevé argumenté de toutes les carences des autorités de Kinshasa, le roi Albert II n’allait pas au Congo le 30 juin prochain ? Fort bien. Ce désistement conforterait les inconditionnels de la bonne gouvernance, qui pourraient exercer leurs talents entre Charleroi et Anvers sans oublier les quartiers chauds de Bruxelles. Il donnerait raison aux « réalistes » qui savent depuis longtemps que la Belgique, placée par hasard au cœur de l’Europe, n’a jamais été qu’un accident de l’histoire. Rien de plus qu’un petit pays frileux dont les investisseurs redoutent des horizons africains dont ils ont naguère tiré tant de profits, un pays qui a vendu ses banques, liquidé sa capacité industrielle et bradé ses ambitions. Un peuple égoïste qui tourne le dos aux illusions du passé et jouit encore des dividendes d’une réputation surfaite… Si le Roi ne se rend pas à Kinshasa, ce désistement permettra aux Congolais d’enfin couper le lien qui les relie à l’ancienne métropole ; après avoir fait le « deuil du père », ils pourront, l’esprit tranquille, se tourner vers les nouveaux partenaires qui se bousculent et leur marquent les signes de respect dont la Belgique se montre si chiche… lire la suite