4 juillet 2010
Le “point d’achèvement” est enfin atteint
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Comme un cadeau marquant le Cinquantenaire, le Fonds monétaire international, qui devrait être suivi par la Banque Mondiale, ont finalement donné leur feu vert et jugé que le Congo avait atteint le presque mythique «point d’achèvement », lui permettant de bénéficier de l’ « initiative renforcée en faveur des pays pauvres et très endettés ». Concrètement, cela signifie que les institutions financières internationales, avec lesquelles le Congo est en négociation depuis 10 ans, devrait voir se dette extérieure effacée, à hauteur de 9 milliards de dollars sur un total de treize milliards. Quatre milliards demeurent dus, une somme qui, à l’aune de ce pays immense très richement doté en ressources naturelles ne représente plus une dette insurmontable. A condition que la rigueur persiste et que l’on n’assiste pas à de nouvelles dépenses inconsidérées!
L’effacement d’une bonne partie de la dette représente pour le budget congolais une économie appréciable : chaque année, 150 millions de dollars (sur un budget de 2 milliards) étaient consacrés au remboursement d’une « dette odieuse » contractée du temps de Mobutu et dont la bulle avait gonflé depuis qu’en 1990, le Maréchal avait rompu avec la communauté financière internationale et suspendu tous les programmes, laissant l’économie, et donc la dette, filer en roue libre. Les autorités affirment que les sommes ainsi économisées seront affectées au « social » c’est à dire à la lutte contre la pauvreté, un objectif soutenu par les institutions financières internationales et le budget qui sera présenté à l arentrée aura été modifié en conséqeunce. Le FMI a cependant assorti son « quitus » d’une mise en garde claire : il faudra gérer la dette prudemment, maîtriser l’inflation, donc les dépenses, améliorer l’administration des recettes. Une recommandation assortie d’une menace à peine voilée : il faudra faire respecter l’état de droit dans les secteurs du pétrole et des mines afin de ne pas effrayer les investisseurs directs étrangers. Il s’agît là d’une allusion transparente à la dénonciation d’un contrat avec First Quantum, une firme canadienne qui avait déjà investi un milliard 200 millions au Katanga et au fait que les gisements de pétrole de l’Ituri ont été attribués… trois fois à des sociétés différentes ! Le litige à propos de First Quantum avait provoqué l’ire du gouvernement canadien qui avait dénoncé la RDC lors du dernier sommet du G20. Le Canada et la Suisse s’étaient d’ailleurs prononcés contre l’effacement de la dette mais les Américains, pesant dans la balance, ont décidé d’aller de l’avant.
Par ailleurs les cérémonies du 30 juin ont suscité des commentaires en sens divers, d’aucuns regrettant que le président n’ait pas accordé d’amnistie aux condamnés à mort accusés de l’assassinat de son père tandis que d’autres relevaient comme un mauvais signe le fait que le président angolais dos Santos n’ ait pas fait le déplacement pas plus que le président sud africain Jacob Zuma. L’Angola et l’Afrique du Sud sont certes des pays alliés du Congo, mais ils sont aussi des puissances régionales qui risquent de prendre ombrage de l’émergence d’un nouveau géant…