4 juillet 2010
Les surprises du 30 juin
Catégorie actualité, commentaire
Edito
Les surprises du 30 juin
Célébrant le 50eme anniversaire de son indépendance, le Congo une fois de plus, a surpris. Par la mise en scène ordonnée et rigoureuse des festivités et des cérémonies, il a démenti les pessimistes qui professaient que le désordre, la désorganisation étaient inévitables ou qui prêchaient en faveur du boycott.
Il a surpris aussi par l’ampleur et la qualité des travaux qui ont modifié le visage de Kinshasa, lui donnant, en quelques mois, l’allure d’une capitale moderne, aux proportions imposantes. Ces changements sont certes dus au travail des entreprises, surtout chinoises, qui avec rigueur, ont veillé à respecter leurs contrats. Mais ils sont dus aussi à la volonté des autorités locales et des simples citoyens qui ont soudain estimé qu’il n’était plus possible de laisser s’accumuler plastiques et autres immondices. Chacun a son niveau a soudain décidé, littéralement, de balayer devant sa porte et de rendre possible le miracle d’une ville propre.
Mais ce qui a surpris aussi, dans cette matinée du 30 juin, c’est le double message adressé par le président à ses invités et à sa population. Un message de réconciliation nationale, un message de paix. Il était extraordinaire de voir rassemblés à une même table des hommes comme Museveni, Kagame et le vieux Mugabe qui hier encore combattaient dans des camps différents et menaient sur le sol congolais la « première guerre mondiale africaine » au détriment des populations locales. Toutefois si Kabila veut faire du Congo un havre de paix, il entend aussi donner à son pays les moyens de décourager tout agresseur éventuel et la panoplie militaire soudain révélée était proprement stupéfiante. On pourrait certes regretter que des budgets aussi importants n’aient pas été affectés au développement, mais l’histoire des dernières années a démontré que des ressources mal défendues suscitent trop de convoitises et que la première condition du développement, c’est la paix qui passe aussi par la dissuasion.
La dernière surprise de cet anniversaire, cette fois teintée de mélancolie, c’est de constater l’attachement que suscitent encore les Belges et plus particulièrement la personne d’Albert II, un attachement désormais désabusé : les Congolais ont compris que cette Belgique qui se divise et ne s’aime plus ne peut plus grand chose pour eux et c’est ailleurs qu’ils trouvent désormais des appuis, des projets…Le formidable déploiement des nouveaux amis du Congo, qui croient, eux, aux potentialités de ce pays ne peut que laisser dans le cœur des Belges un goût amer, celui des occasions qu’ils ont manquées, par leur propre fait…