4 octobre 2010

Catégorie actualité

Vêtements noirs, bandeau rouge sur le front « couleur du sang congolais », plusieurs femmes membres de l’association « Mama tutelema » (Mamans debout) ont choisi de veiller, dans cette petite salle de la chaussée de Wavre, de mener le deuil et surtout de témoigner de l’engagement politique et humain d’Armand Tungulu Mudiandambu. Ce dernier a été retrouvé mort dans sa cellule du camp Tshatshi à Kinshasa, où il avait été emmené par la garde présidentielle après avoir, mercredi dernier, lancé un caillou en direction du cortège présidentiel. lire la suite

1 octobre 2010

Ce que le mapping report ne dit pas

Catégorie actualité, commentaire

Les enquêteurs du Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU ont compilé les rapports d’époque, entendu 1280 témoins, vérifié leurs sources. Mais aligner des faits vrais ne suffit pas à cerner toute la vérité. L’abominable tragédie qui s’est déroulée dès octobre 1996 dans l’Est du Congo a des racines au Rwanda, elle est la conséquence directe du génocide et de l’exode vers le Congo de plus d’un million et demi de réfugiés hutus. Ces derniers étaient encadrés par les autorités administratives et militaires du régime déchu et criminel, des cadres qui emmenaient en exil aussi bien les fonds de la Banque nationale qu’un armement considérable. Leur exode avait été rendu possible par l’Opération française Turquoise qui avait créé une zone de sécurité dans l’Ouest du pays. Dans ces camps installés sur la frontière, pris en charge par le Haut commissariat des réfugiés de l’ONU et gérés par de nombreuses ONG, le droit humanitaire fut bafoué dès la première heure : les militaires et les miliciens ne furent pas désarmés, les tueurs se mélangèrent aux civils sans être autrement inquiétés, les autorités de l’ancien régime maintinrent leur emprise sur leurs administrés, les dissuadant de regagner le Rwanda car elles voulaient se servir de cette masse pour négocier un éventuel retour au pouvoir. lire la suite

1 octobre 2010

Les faits vrais et la vérité des faits

Catégorie Non classé

Qu’il s’agisse de ses succès en matière de santé publique, de lutte contre la corruption ou d’engagement au sein des troupes onusiennes, le Rwanda se veut un pays modèle. Mais le passé rattrape cruellement le bon élève : le rapport publié par l’ONU relate des faits bien réels, la traque impitoyable des réfugiés hutus rwandais qui n’avaient pas pris le chemin du retour, les tueries de civils congolais par l’armée rwandaise ou par ses supplétifs locaux.
La paix, la sécurité que tous souhaitent retrouver dans la région ne s’édifieront pas sur la négation de la souffrance des victimes ; les charniers du Congo doivent être rouverts au même titre que l’ont été les fosses communes du Rwanda : tous les peuples ont droit à la vérité, seule la mémoire assumée, la réparation, sinon le châtiment des coupables peuvent être des gages de guérison et de réconciliation. Cependant, l’addition de faits vrais ne rend pas encore la vérité des faits : s’il représente un premier pas, le rapport de l’ONU demeure insuffisant. Quinze ans après la tragédie, l’exercice de vérité doit être affiné, il doit s’étendre au contexte, à tous les protagonistes.
Si la responsabilité de certains acteurs non africains (les Français qui soutenaient l’ancien régime rwandais, les Américains qui voulaient la chute de Mobutu, les multinationales qui lorgnaient les ressources du Congo) n’est pas rappelée, si l’ONU et ses agences ne balaient pas elles-mêmes devant leur porte, l’effort actuellement mené demeurera vain et contesté.
En outre, si une justice internationale se met en place, l’Union africaine doit impérativement y être associée, sous peine de voir se creuser davantage le fossé entre ce continent et ceux dans le monde qui le jugent sans l’aider suffisemment.

1 octobre 2010

Le Rwanda récuse le rapport de l’ONU

Catégorie actualité

]Relayant les critiques virulentes de la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikwabo, son compatriote le député Denis Polisi de passage à Bruxelles, nous a redit le mal qu’il pense du rapport de l’ONU<sur les crimes commis au Congo de 1993 à 2003. Une accusation Survenue à la veille des présidentielles, la fuite dans la presse de la version préliminaire était un acte intentionnel, destinée à frapper l’opinion…»
Aux yeux du Rwanda, le terme «actes de génocide» est totalement inacceptable : «]Pour nous, le mal est fait. Comment peut-on nous accuser de génocide à l’encontre des Hutus alors qu’en 1996, au lendemain de l’offensive contre les camps de réfugiés, près de deux millions d’entre eux sont rentrés au pays sans être inquiétés ? Le Conseil des ministres a été interrompu et nous nous sommes tous précipités sur la frontière pour accueillir nos compatriotes… Des généraux de l’ancien régime rappellent qu’en fait on se disputait les réfugiés civils: à Kigali, le nouveau pouvoir dirigé par Kagame voulait quils rentrent alors que les tenants du régime déchu voulaient les garder sous leur coupe. A la fin, ces derniers avaient recruté 150.000 hommes de troupe dans les camps ! Lorsque les réfugiés hutus prirent la fuite, les hommes en armes qui les encadraient ont tué les vieux et les malades…»
Le Rwanda considère que le rapport de l’ONU pourrait déstabiliser la région car il met en jeu la sécurité régionale, les bonnes relations qui tentent de s’établir entre nos pays. Quel est l’agenda des protagonistes A l’heure où notre région se relève, souhaite-t-on une nouvelle guerre ? Ou bien l’ex-secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan a-t-il voulu en commanditant ce rapport faire oublier ses propres carences durant le génocide alors que, chargé des opérations de paix, il avait refusé d’intervenir

1 octobre 2010

L’ONU publie son rapport sur les crimes commis au Congo

Catégorie actualité, commentaire

Malgré la levée de bouclier des pays mis en cause, qui ont menacé de retirer leurs contingents militaires mis à la disposition des Nations unies en Somalie et au Soudan, le Haut-commissariat pour les droits de l’homme (HCDH) de l’ONU a tenu bon: son rapport publié vendredi sur les massacres commis au Congo de 1993 à 2003 – des dizaines de milliers de morts –, reprend, de manière pratiquement inchangée, le véritable catalogue de l’horreur dont une première version avait déjà été révélée fin août dernier.
Dressant l’inventaire des atrocités commises dans l’ex-Zaïre, devenu République démocratique du Congo, le rapport définitif atténue cependant, dans un bel exercice de litote onusienne, l’accusation d’actes de génocide commis par la coalition menée par les forces rwandaises, accusation qui avait provoqué la fureur de Kigali. Le rapport final écrit en effet que «les attaques apparemment systématiques et généralisées ayantciblé de nombreux réfugiés hutus rwandais ainsi que des membres de la population civile hutue et causé leur mort, révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crime de génocide.»
Ce terme, fût-il employé au conditionnel à propos du massacre des réfugiés hutus, a provoqué un mois de négociations au plus haut niveau. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est rendu au Rwanda pour dissuader Kigali de retirer ses 3.300 Casques bleus au Darfour, tandis que le président Kagame tentait de susciter une réaction commune des six pays (Rwanda, Ouganda, Burundi, Zimbabwe, Angola et Tchad) mis en cause par le rapport.
Dans des commentaires séparés, l’Ouganda a fait savoir qu’il rejetait ce texte en bloc. Le porte-parole du gouvernement burundais, récusant le document, a estimé «qu’il était destiné à déstabiliser toute la sous-région» et a rejeté toute implication de l’armée burundaise.
A Kinshasa, où un processus de normalisation des relations avec les voisins est en cours, c’est la prudence qui a prévalu: aucun commentaire officiel n’a été livré avant la publication du texte définitif. L’ambassadeur congolais à l’ONU, M. Atoki, a cependant exprimé un sentiment largement partagé: «Ce rapport fend le cœur. Le gouvernement congolais et moi-même, à titre personnel, sommes consternés devant cette horreur indicible et l’étendue des crimes que le peuple congolais a endurée>».
L’ambassadeur a aussi indiqué que son pays étudierait l’option suggérée par le rapport, qui préconise la création «<de chambres mixtes avec la présence de juges nationaux et internationaux». lire la suite