22 décembre 2010

Kinshasa blâmé par Obama

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« Cynisme, attaques injustifiées… » Kinshasa a haussé le ton face à deux critiques acerbes et lourdes de conséquence, venant de France et des Etats unis. En effet, le président Obama a supprimé la RDC de la liste des pays éligibles à un statut de partenaire commercial privilégié avec les Etats Unis, à l’occasion de la révision annuelle du « programme sur la croissance et les opportunités en Afrique » qui oblige l’administration à prendre en compte les avancées ou les reculs démocratiques des pays concernés pour faciliter ou non les exportations des pays concernés vers les Etats unis.
En parallèle avec cette décision américaine, l’ambassadeur français pour les droits de l’homme, François Zimeray, a qualifié de « naufrage » la situation en RDC, décrivant en termes dramatiques des situations rencontrées à Goma, où il a rencontré des prisonniers affamés, des femmes victimes de violences sexuelles, de enfants sorciers. Il s’est aussi inquiété du déroulement du procès des assassins de Floribert Chebeya, et du fait que le principal suspect, le général Numbi, n’avait pas été cité à comparaître.
Américains comme Français se sont inspirés du dernier rapport de Human Rights Watch, qui dénonce le fait qu’au Kivu, plus de 1000 jeunes gens ont été recrutés depuis septembre et que le général Bosco Ntaganda, réclamé par la CPI, est toujours opérationnel.
Répondant à ces critiques, le ministre congolais de l’Information Lambert Mende a rappelé que les forces gouvernementales ne pouvaient être mises sur le même pied que les groupes armés qu’elles combattent et souligné que cette semaine encore, cinq militaires et deux policiers avaient été tués dans une attaque rebelle au dessus de Goma, les assaillants s’étant ensuite retranchés dans le parc des Virunga en enlevant trois personnes dont un enfant.
L’exaspération occidentale, très mal perçue à Kinshasa, se fonde sur le fait qu’à l’Est, en dépit des opérations militaires, la situation demeure très préoccupante, sur les pressions qui continuent à peser sur des militants des droits de l’homme et des journalistes (un journaliste d’Uvira qui avait critiqué le dernier discours de Kabila a été menacé) et aussi sur les nombreux cas de corruption qui demeurent impunis.