26 avril 2011

Le grand retour d’Etienne Tshisekedi

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Les Congolais aiment les dates symboliques : pour son grand retour sur la scène politique congolaise, Etienne Tshisekedi, le leader de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) a choisi le 24 avril, rappelant que, voici 21 ans, c’est à ce jour que le président Mobutu avait abandonné le parti unique et choisi d’engager son pays dans le multipartisme. A cette époque, l’UDPS, alors principal parti d’opposition, avait été autorisé à fonctionner librement après avoir défié le pouvoir mobutiste depuis la fondation du parti, au début des années 80. La décennie 90 fut marquée par la conférence nationale souveraine, où Tshisekedi   fut élu Premier Ministre, fonction qu”il ne pourra jamais exercer, puis par la guerre qui vit Mobutu être chassé du pouvoir en 1997. Par la suite, Etienne Tshisekedi demeurera, plus que jamais, l’”éternel opposant” ne trouvant pas de terrain d’entente avec Laurent  Désiré Kabila  ni plus tard avec son fils Joseph. Il finira par lancer un mot d’ordre de boycott des premières élections démocratiques qui eurent lieu en 2006, avec pour résultat de voir l’UDPS, le plus ancien et le plus organisé des partis d’opposition, être exclue de toutes les assemblées.  Cette fois, la “fille aînée de l’opposition” avec Tshisekedi  à sa tête, est bien décidée à revenir dans l’arène politique et à y reprendre la place qui, selon le “leader maximo” lui revient de plein droit, c”‘est à dire la première.

Deux décennies après l’instauration du multipartisme, Etienne Tshisekedi , 79 ans, s’est à nouveau posé en principal challenger du pouvoir en place et a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, un scrutin à tour unique qui, en principe, devrait se tenir le 27 novembre prochain.

Le premier quinquennat du président Joseph Kabila, élu en 2006, doit s’achever le 6 décembre, une date que Tshisekedi a  martelée devant 80.000 de ses partisans, réunis à l’intérieur et à l’extérieur du stade Tata Raphaël: il a estimé  qu’au delà de cette date, le président en place n’aurait plus de légitimité.

Ovationné par les membres de son parti, le leader de l’UDPS qui estime, plus que jamais, que son tour est venu  n’a pas évoqué l’éventualité d’une alliance avec d’autres formations de l’opposition. Il est vrai que le Mouvement pour la libération du Congo, principal parti d’opposition en 2996, (avec 64 députés et 17 sénateurs) est actuellement en crise : Jean=Pierre Bemba, son président,  toujours détenu à La Haye, veut garder le leadership du mouvement tandis que François Mwamba, le président du parti par interim, a été démis de ses fonctions par le « collège des fondateurs ».

Quant à Vital Kamerhe, l’ex=président de l’Assemblée nationale, qui a créé sa propre formation, l’UNC (Union pour la nation congolaise) il souhaite toujours que l’opposition réussisse, avant le scrutin présidentiel, à s’unir sur le nom d’un candidat unique mais aucun accord n’a encore été conclu en ce sens.

Un seul point réunit pour l’instant tous les candidats éventuels de l’opposition: la dénonciation du durcissement du régime et les craintes qui, selon eux, pèsent sur le déroulement démocratique du scrutin.

19 avril 2011

Comment Fort Gbagbo a fini par se rendre

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Quel fut le déroulement de  la « fin de partie » de Laurent Gbagbo et de proches, qui s’est jouée le lundi 11 avril  dans le palais présidentiel d’Abidjan, bombardé par la force française Licorne et attaqué par les militaires de Alassane Ouattara ?

Les premières images, filmées à bout portant, ont montré un homme  amaigri, son épouse terrorisée, faits prisonniers dans un salon où ils se terraient avec des dizaines de membres de leur famille et de leur entourage. On était loin du « bunker » dont parlait la presse, évoquant une cave de béton où le « président rebelle » se serait réfugié, doté d’un véritable arsenal et surtout de réserves de nourriture qui lui auraient permis d’encore tenir  de nombreux jours. lire la suite

19 avril 2011

Le printemps arabe s’invite au Burkina Faso

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[Le printemps arabe essaimerait -t-il au sud du Sahara? Au Burkina Faso, le président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, lâche du lest pour tenter d’enrayer la contestation : il a nommé au poste de Premier Ministre Luc-Adolphe Tiao, l’un de ses proches, jusque là ambassadeur à Paris. Tiao remplacera le Premier Ministre Tertius Zongo, dont le gouvernement avait été dissous le 15 avril, à l’issue de nouvelles mutineries au sein de la garde présidentielle. Non content de changer son Premier Ministre, le président a tenté de calmer la grogne des militaires en payant, dans toutes les garnisons du pays, les salaires de mars, ainsi que l’indemnité de logement et la prime alimentaire. lire la suite

18 avril 2011

La Côte d’Ivoire saigne encore

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Huit jours après la capture de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, qui a été emmené en détention dans le nord du pays et n’a pas encore eu de contact avec ses avocats, la situation demeure toujours incertaine en Côte d’Ivoire où la réalité des témoignages de terrain contraste avec les propos apaisants des nouvelles autorités. Le président Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale, réside toujours à l’hôtel du Golf (où Mme Simone Gbagbo est toujours retenue). Il a promis la convocation d’une Commission Vérité et Réconciliation tandis que le nouveau ministre de la Justice a déclaré qu’il allait saisir le procureur d’Abidjan pour qu’il ouvre des enquêtes à propos de membres de l’ancien régime susceptibles d’avoir commis des crimes de sang. lire la suite

8 avril 2011

Le souvenir du Rwanda rode sur Abidjan

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La situation demeure critique à Abidjan, les équipes de MSF, qui n’ont plus été relayées depuis le 28 février n’en peuvent plus…

Alors que les medias ont toujours le regard tourné vers la résidence de M. Gbagbo et qu’une chaîne de télévision française demande même à des correspondants (honorables ou non…) de lui faire parvenir des photos et des infos sur la topographie des lieux, la capitale économique de la Côte d’Ivoire vit toujours dans le chaos, la peur, la faim… lire la suite

7 avril 2011

Laurent Gbagbo, le héros de la 25eme heure

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Conscient des menaces, Laurent Gbagbo avait averti ses amis qu’il préférait la mort au déshonneur et que jamais il ne se comparaîtrait devant la Cour pénale internationale. Se présentant comme victime d’un complot, il ne craignait pas de se comparer à Salvador Allende, le président chilien retrouvé « suicidé »ou  à Patrice Lumumba, le Premier Ministre congolais trahi par l’ONU. Aujourd’hui qu’il est terré dans sa résidence  pilonnée par les bombardements français, sa résistance est qualifiée d’obstinée, et son refus de reconnaître sa défaite électorale est qualifiée d’entêtement.  En d’autres temps, le fait de résister ainsi jusqu’au bout, entouré de sa famille,  de ses proches, et d’une poignée de soldats fidèles à l’ordre républicain serait plutôt qualifié d’acte héroïque…

Durant sa longue carrière cependant, Laurent Gbagbo a davantage ressemblé à un politicien de la 4eme République, à un social démocrate réformiste, qu’à un héros de légende.  Alors que Ouattara est le fils d’un chef traditionnel, grand commerçant du Nord, Laurent Gbagbo est d’origine modeste : père sergent de police, famille catholique enracinée dans le «Grand Ouest ». lire la suite

7 avril 2011

Michel Galy,contre l’action militaire

Catégorie actualité, interview

Cette intervention militaire des forces onusiennes et des Français était elle la seule solution ?

Depuis janvier je m’oppose à toute intervention militaire, je crois qu’il aurait fallu poursuivre la négociation, il y avait encore de l’espace pour cela, des champs de manoeuvre…En plus, il est évident que le mandat de l’ONU n’a pas été respecté : l’un des points, c’est qu’il fallait protéger les civils. Or les armes lourdes de Gbagbo ont été visées et détruites, mais celles de Ouattara sont demeurées intactes.   En outre, des informations précisent les soutiens, entre autres Français,  dont ont bénéficié les rebelles de Ouattara appelés aujourd’hui forces républicaines : des éléments des forces spéciales françaises ont combattu à leurs côtés.

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7 avril 2011

Ouattara gouvernera-t-il un jour?

Catégorie actualité, commentaire

Lorsque, mort ou vif, Laurent Gbagbo sortira de sa résidence, Alassane Ouattara, son rival depuis vingt ans, pourra prendre ses fonctions de président de la Côte d’Ivoire.
Mais à mesure que les jours passent et que la situation humanitaire s’aggrave dans une ville livrée aux pillages, les questions s’accumulent<  pourra-t-il gouverner sur un champ de ruines, comment rétablira-t-il son autorité sur un pays profondément divisé< lire la suite

5 avril 2011

La démocratie au canon

Catégorie actualité, commentaire

C’est au canon que les Français de l’Opération Licorne, dont les effectifs avaient été renforcés pour l’occasion, et les forces onusiennes dotés d’hélicoptères de combat ont voulu appliquer les règles du jeu démocratique,  imposer définitivement le vainqueur d’un scrutin contesté et, in fine, « protéger » les populations civiles d’Abidjan.  Outre les dépôts de munitions et les camps militaires (qui abritaient aussi des familles)  des immeubles d’habitation  ont été pris sous un feu intense tandis que des bandes de pillards écumaient la ville. lire la suite

5 avril 2011

L’implacable ascension d’Alassane Ouattara

Catégorie actualité

Il y a plus de vingt ans qu’Alassane Dramane Ouattara, « Ado » pour ses intimes comme pour ses adversaires, suscite les passions en Côte d’Ivoire.

En 1990 cependant, lorsque le président Félix Houphouet Boigny,  qui cumule le prestige du chef traditionnel, du planteur de cacao  et du fidèle allié de la France, appelle Ouattara pour en faire son Premier Ministre, nul ne se méfie de cet économiste peu connu, dont le père, un commerçant prospère, vivait entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.  Voix posée, costumes bien coupés, Ouattara, formé à l’Université de Pennsylvanie, a été directeur du département Afrique du FMI puis gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest de 1988 à 1990. lire la suite