30 juin 2011

Le sommet des Etats-désuniss-d’Afrique face à la Libye

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Durant des décennies, alors qu’il était au sommet de sa puissance, le colonel Kadhafi divisait l’Afrique : il finançait des rébellions et accueillait des dissidents, se faisait introniser «roi des rois » après avoir convoqué un sommet des chefs traditionnels, relançait ses rêves panafricanistes d’un continent indépendant et uni, investissait  massivement dans de nombreux pays et… payait les fins de mois  de l’Organisation de l’Unité africaine, dont il était l’un des principaux bailleurs de fonds. lire la suite

28 juin 2011

Affaire Lumumba: les spectres ne sont pas là où on les attend

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Précipitez vous : durant quelques jours encore, le Wiels, à Forest présente « Spectres » un film du réalisateur flamand Sven Augustijnen, doublé d’une exposition. Un film remarquable : le réalisateur, attaché lui aussi à éclairer l’assassinat de Patrice Lumumba, l’a fait sous un angle inédit.

Il a promené sa camera tranquille, son micro inoffensif auprès de quelques uns des acteurs de l’époque, avec le chevalier Jacques Brassine comme fil conducteur.  Brassine, selon ses propres dires, consacra, trente années de sa vie à démonter la conspiration qui emporrta le Premier Ministre pour finalement conclure que le meurtre avait été l’affaire des Congolais et que les Belges n’y avaient joué qu’un rôle marginal. Une conclusion, faut il le rappeler, contredite tant par la commission d’enquète parlementaire qui avait parlé de responsabilité morale que par la plainte déposée au Parquet de Bruxelles contre dix Belges encore vivants…

Avec sa courtoisie, son urbanité qui cache mal un profond cynisme, Brassine ouvre toute les portes et le cinéaste promène sa camera dans le château de la famille d’Aspremont Lynden, où vit encore le fils du ministre des affaires africaines de l’époque. On découvre la fille de Tshombe, les enfants et l’épouse de Lumumba, qui vivent dans le souvenir. Mais surtout Augustijnen a l’idée géniale d’emmener Brassine au Katanga, et il le filme sur le lieu supposé de l’assassinat, dans la lumière des phares. Presque halluciné, balayé par la lumière crue puis plongé dans l’ombre de la forêt, le chevalier reprend pour la nième fois, le récit d’une histoire atroce, qui a marqué sa vie et fait basculer l’histoire du Congo. Et on se dit soudain que le fantôme qui revient sur terre, lâche certains pans de vérité et semble errer dans la brousse n’est pas Lumumba, mais l’historien lui-même…

Les spectres ne sont pas ceux que l’on pense. Hâtez vous de découvrir les ombres d’une certaine Belgique, qui est en train, comme disait Baudelaire « de passer de vie à trépas… »

28 juin 2011

La Tunisie revoit la hiérarchie de ses trésors et de ses valeurs

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Durant des décennies, la Tunisie s’est dénudée pour plaire aux visiteurs étrangers. Des hôtels de luxe se sont alignés tout au long de ses plages, le pays tout entier s’est focalisé sur la côté, comme si la mer bleue, les plages douces étaient le seul atout du pays. Lorsqu’est apparue la concurrence d’autres destinations, la Tunisie a voulu faire plus :  thalassothérapie, soins esthétiques, cures d’amaigrissement, massages… Tout pour attirer le touriste déjà repu, blasé, qui a l’inpression, de Tunis à Djerba, de tout connaître…

Imprévisible Tunisie : la révolution est en train de renverser l’ordre des priorités, non seulement en politique, mais aussi dans la hiérarchie des trésors… lire la suite

23 juin 2011

la justice belge saisie de l’affaire Lumumba

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Le dernier mot reviendra-t-il à la justice ? Décus par les conclusions de la commission d’enquête parlementaire belge sur les responsabilités de la Belgique dans l’assassinat de Patrice Lumumba, les fils du Premier Ministre congolais, constitués en partie civile, ont déposé une plainte de 136 pages auprès du tribunal de première instance de Bruxelles.

En cause, un « crime d’Etat » commis par des agents de l’Etat belge, qui seront accusés de crimes de guerre et de tortures, crimes relevant du droit international et qui, selon leur avocat Me Marchand, ne sont pas frappés de prescription. Selon les plaignants ; ce « complot criminel «  a été ourdi et mis en œuvre à différents niveaux : le Ministère belge des Affaires étrangères, dirigé à l’époque par Pierre Wigny, le Ministère des affaires africaines, dirigé par le vicomte Harold d’Aspremont Lynden, le Bureau conseil du Katanga, où des fonctionnaires belges assistaient  à l’époque le gouvernement sécessionniste de Moïse Tshombe.  Si les plaignants ont tenu à saisir la justice bruxelloise, c’est parce que, à leurs yeux, c’est dans la capitale belge que crime a été conçu et préparé, et plus précisément au sein de la «Cellule Congo ». Rappelons qu’en 1960, alors que la Belgique politique et sociale traversait une période troublée, celle des grandes grèves, l’indépendance du Congo fut préparée au sein d’un cercle très restreint, où se retrouvaient des officiers de haut rang, des diplomates et des fonctionnaires des ministères concernés. Rappelons aussi que durant toute la période coloniale, le sort du Congo, qui ne passionnait guère l’opinion, suscita relativement peu de débats parlementaires et que ceux qui furent appelés à gérer l’indépendance et la crise qui suivit eurent les mains relativement libres.

Avant deux semaines, un juge d’instruction devrait être désigné pour examiner la plainte, si elle est jugée recevable. Si l’Etat belge et ses agents seront mis en cause, des personnes physiques seront elles appelées à répondre ? Même si tous les protagonistes de premier plan ont disparu, une liste de dix noms plus X a été remise à la justice belge. Selon Me Marchand, s’y retrouvent des membres de la « Cellule Congo » et des membres du « Bureau Conseil » qui travaillaient aux côtés de Moïse Tshombe au Katanga.

Me Marchand refuse, de communiquer  les noms des personnes concernées par la plainte, invoquant la présomption d’innocence . On peut supposer cependant que l’avocat belge dispose d’éléments suffisants pour convaincre la justice beklge de considérer la plainte comme recevable. Dans ce cas,  les plaignants espèrent que des dossiers d’archives seront rouverts, des auditions à huis clos réentendues et que les investigations mèneront jusqu’aux  archives de pays tels que le Ghana, qui avait des Casques bleus au Congo en 60 ou la Suède, dont  le secrétaire générak de l’ONU de l’époque Dag Hammarskold était ressortissant.

21 juin 2011

La justice belge saisie de l’assassinat de Lumumba

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Même 51 ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, le devoir de mémoire demeure d’actualité aux yeux de François, Patrice et Roland, les fils du Premier Ministre congolais et de sa veuve, leur exigence de justice demeure inassouvie. C’est pourquoi François Lumumba a  fait le voyage depuis Kinshasa pour déposer, auprès du Tribunal de première instance de Bruxelles, une plainte en bonne et due forme. L’aîné des fils avait assisté, en 2001, aux travaux de la commission parlementaire qui avait examiné le rôle de la Belgique. lire la suite

18 juin 2011

Les enfants accusés de sorcellerie mettent aussi la société en accusation

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Durant une journée, à l’initiative de la députée Véronique De Keyser le parlement européen s’est penché sur la situation des enfants accusés de sorcellerie. Dans toutes les grandes villes du Congo et d’ailleurs, des milliers d’enfants sont aisni chassés de leur famille, désignés comme “sorciers” c’est à dire responsables des malheurs de leur famille sur laquelle ils auraient jeté un sort. Certains sont alors confiés à des sectes religieuses qui se chargent de les “guérir” le plus souvent en les maltraitant, d’autres rejoignent des bandes d’enfants des rues…De nombreuses interventions, livrées par , des praticiens de terrain comme Mithe Osumbu, présidente d’”Oser la Vie”, Roger Katembwe travailleur de rue à Kinshasa, Edwin de Boeve, président de “Dynamo Internayional” ont expliqué la stigmatixsation dont ces enfants sont victimes, leur imaginaire où se côtoient les mondes visibles et invisibles, tandis qu’un reportage présenté par Elisabeth Burdot a plongé l’assistance dans cet enfer quotidien.Bon nombre d’intervenants ont également mis en évidence le rôle des sectes religieuses, qui font oublier le quotidien au nom d’un au delà imaginaire, et certains ont rappelé que le manque d’éducation, la pauvreté étaient des facteurs aggravants. Mais surtout, il est apparu qu’entre l’Afrique noire et l’Europe, la frontière est bien ténue: ” ces enfants viennent ici, ils se trouvent déjà à Bruxelles” asséna Mithé “et il est urgent d’agir… lire la suite

16 juin 2011

Affaire Chebeya: la déception des militants

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Partie remise à Kinshasa: un an après la mort du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, le verdict de la Cour militaire de la Gombe a été reporté d’une semaine. Ni Me Mukendi, avocat des parties civiles, ni Dolly Ibefo, qui a remplacé Chebeya à la tête de l’organisation ]la Voix des sans Voix>» ne sont convaincus par la raison officiellement évoquée, l’indisponibilité, pour cause de maladie, de l’un des membres de la Cour. lire la suite

15 juin 2011

Matadi Trois médecins belges victimes d’une histoire de jalousie

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Trois médecins de l’hôpital de Namur, arrêtés brièvement à Matadi et entendus par le parquet local, ne veulent retenir  de leur mésaventure que les aspects positifs : « nous avons  été bien traités, la justice congolaise a travaillé avec célérité » souligne le chef de mission, le Dr Deschamps.

Soutenue par la Région wallonne et Wallonie Bruxelles international, la mission dans le Bas Congo,  aurait cependant pu mal tourner : « durant neuf jours » explique le Dr Deschamps, « nous avons travaillé à la polyclinique Telema, à Boma. Nouws étions partis avec 900 kilos de matériel et notre mission prévoyait un appui au personnel local ainsi que des interventions aux côtés et sous la responsabilité de nos collègues congolais. Dans ce quartier populaire, le tam tam avait fonctionné et les malades se pressaient à la consultation. »   C’est au cours d’une intervention chirurgicale que le drame survint : une patiente fut emportée par une défaillance cardiaque au cours de l’anesthésie. Aussitôt, l’équipe belge constata que le climat changeait, se transformait en méfiance sinon en hostilité. Moins de deux heures plus tard, la DGM (Division générale des migrations) débarquait pour interroger les praticiens belges à propos de leur permis de travail, de leur inscription à l’Ordre des médecins. Documents qui n’étaient pas nécéssaires dans le cadre de cette mission, temporaire et bénévole…Dès le vendredi soir, l’équipe belge fut alors transférée de Boma à Matadi et deux mandats d’arrêt furent délivrés à l’encontre des collaborateurs congolais. Des avocats locaux intervinrent, ainsi que les services de l’ambassade et le samedi soir, toutes les charges ayant été levées, le Dr  Deschamps et son équipe purent regagner la Belgique. Plus  de peur que de mal… De source congolaise,  il apparaît cependant que l’assistance apportée par le CHR de Namur à la polyclinique Telema, située dans un quartier défavorisé, a fait des jaloux et le décès d’une patiente fut mis à profit par des concurrents locaux…

15 juin 2011

Bis repetita: regards belges sur le Congo

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Durant une demi journée, des orateurs distingués se sont succédé à la tribune de la maison des parlementaires pour parler du Congo. Leur point commun : tous avaient été invités par le CREAC, (Centre de recherches et d’expertise sur l’Afrique centrale) tous étaient Belges, auteurs de nombreux ouvrages sur le Congo, et bien peu osaient faire preuve d’optimisme. Sauf  l’écrivain David Van Reybroeck, qui, au moins, s’interrogea avec talent sur la pertinence de fournir sans arrêt aux Congolais (comme aux autres Africains) des « kits » tout faits  qu’il s’agisse de formules économiques ou de modèles politiques. « C’est  comme les boîtes Ikea » assura-t-il « elles sont fournies de manière standard et  c’est à l’utilisateur qu’il appartient de se débrouiller. S’il n’arrive pas à construire le meuble, c’est sur lui que reposera le blâme… »Et de plaider en faveur de la patience, de la tolérance, de défendre l’idée que, dans la construction de la démocratie, chaque peuple a le droit de construire sa méthode. lire la suite

14 juin 2011

Vingt ans pour Firmin Yangambi

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Les juges congolais ont la dent dure: Firmin Yangambi, avocat originaire de Kisangani et fondateur d’une ONG de défense des droits de l’homme, vient d’être condamné à 20 ans de prison.  Parmi les chefs d’accusation, la tentative d’organiser un mouvement insurrectionnel a été écartée et n’est retenue qu’une seule charge, la détention de deux armes de guerre sans munitions qui avaient été découvertes chez lui.

L’avocat, soutenu par le barreau de Bruxelles, a toujours proclamé son innocence. Par contre il a toujours répété haut et fort l’ambition qui l’habitait: se présenter comme candidat à la présidence de la république. Il en avait déjà l’intention en 2006 mais n’avait pas réuni les fonds suffisants, il aurait voulu tenter sa chance cette année encore et n’en aura pas l’occasion.