31 août 2011

La Libye, un enfer pour les Africains noirs

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Il ne fait pas bon avoir la peau noire dans la Libye d’aujourd’hui. Venant d’Amnesty International, de Human Rights Watch, de Médecins sans frontières, du CICR,  témoignages et appels se multiplient : à Tripoli, selon MSF, des centaines de migrants, pour la plupart originaires d’Afrique noire, du Soudan et de Somalie entre autres, vivent dans la terreur, sans sécurité ni soins médicaux. Un millier d’entre eux se cachent sur des bateau, dans une base militaire abandonnée, 200 autres ont cherché refuge dans une ferme depuis que les combats font rage au sud de la capitale. Tous refusent de quitter ces camps de fortune, craignant d’être harcelés, battus ou tués. Pour sa part, une délégation d’Amnesty, qui visitait les hôpitaux de Tripoli, a vu des « thuwwar » (rebelles) frapper des malades noirs, extraire de son lit un patient noir et l’arrêter. Ces hommes à la peau foncée ne sont pas tous des migrants venus d’Afrique sub saharienne, beaucoup sont des nationaux originaires, entre autres de la ville de Tawargha, à l’ouest du pays, une région où vivent de nombreux Libyens noirs. Visitant  les centres de détention de Tripoli et al Zawiya, Amnesty a constaté qu’un tiers des détenus étaient originaires d’Afrique noire et dans un quartier pauvre de la capitale, un groupe d’Erythréens terrorisés a été découvert. Ils ont déclaré qu’ils se cachaient, craignant faire l’objet d’agressions violentes. Comme pour confirmer ces craintes, des journalistes britanniques (the Guardian, the Independent) ont découvert une trentaine de corps en décomposition, des Africains noirs qui avaient été tués dans un hôpital de fortune alors qu’ils gisaient sur des brancards ou se trouvaient dans une ambulance. lire la suite

26 août 2011

Libye, Côte d’Ivoire: des interventions qui se ressemblent

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Abidjan en avril, Tripoli en août…Certes, la Côte d’Ivoire de Gagbo n’est pas la Libye de Kadhafi. Cependant, d’un renversement de régime à l’autre, comment ne pas être frappé par les similitudes entre les deux situations, dans lesquelles des  forces spéciales européennes,  françaises d’un côté, franco-britanniques de l’autre,  ont joué un rôle déterminant ?

Les prémices certes, sont différentes : en Côte d’Ivoire, le président Gbagbo refuse d’accepter sa défaite, au terme d’élections contestées et, se fondant sur l’avis du Conseil Constitutionnel, il se considère comme le dirigeant légitime, ce que récuse la communauté internationale, par la voix des Nations unies. Depuis 2002, il est confronté à une rébellion dont la base se trouve dans le Nord du pays et qui soutient son rival, Alassane Ouattara, un ancien directeur du FMI, bien en cour à Paris comme à Washington. lire la suite

25 août 2011

Gil Courtemanche: petits bonheurs et gros chagrin

Catégorie actualité, commentaire

Cet homme là savait écrire comme personne sur les petits bonheurs de la vie. Le quotidien modeste, l’amitié fidèle, l’amour aussi, triomphant ou écorché. Ce n’est cependant pas lors de ces rendez vous là que nous l’avions rencontré, même si nous avions partagé un café, une bière et quelques souvenirs dans le Vieux Montréal. Si, en quelques instants, nous avions sympathisé avec Gil Courtemanche, c’est à cause du Rwanda : se trouvant à Kigali en 1994, il avait tiré de cette tragédie un livre à nul autre pareil, « un dimanche à la piscine ».

Un roman ! Comment avait il osé ? Comment s’était-t-il permis la fiction, alors que les scènes bien réelles qui s’étaient déroulées à l’hôtel des Mille Collines (lieu supposé de son histoire) dépassaient tout ce que l’imagination aurait pu produire ? Comment avait il pu parler d’amour, de peines de cœur, de « blues du Blanc » dans ce décor apocalyptique, où seule la mort avait droit de cité ? Et cependant il l’avait fait, et son  roman avait dépassé en force, en vérité, bien des témoignages, au point de susciter un film du même nom…

Chroniqueur au « Devoir » de Montréal, Gil Courtemanche avait continué à traquer le réel, à le scruter par le petit bout de la lorgnette, mais surtout, avec son air de faux cynique, de celui qui dit ceci ou cela sans y toucher, il avait continué à s’engager à propos du Rwanda, à défendre sa conception de la vérité.

Selon la formule à la fois consacrée et maudite, c’est une longue maladie qui l’a emporté. Après un long combat, après la traversée, sans doute, de la solitude, de la douleur.

Gil Courtemanche savait écrire sur les petits bonheurs, et aussi sur les tragédies de notre époque. Sur le Rwanda, mais aussi l’Ethiopie, ces pays d’Afrique qu’il savait rendre si proches.

Comment conjuguer le souvenir des petits bonheurs d’hier, et le gros chagrin que laisse sa disparition ?

25 août 2011

Le général Giap: centenaire et toujours présent

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« C’est par l’énumération de vos victoires que j’ai appris la géographie de votre pays… » Sous les applaudissements de l’assistance, le Belge Lucien Outers, alors Ministre de la Coopération, renouait ainsi,  en 1978, les liens entre le Vietnam et la Belgique et portait un toast à un petit homme aux lunettes rondes, à la poitrine couverte de médailles. A cette époque déjà, Vo Nguyen Giap avait sa place dans les livres d’histoire : après s’être battu contre les occupants japonais durant la deuxième guerre mondiale à la tête d’une petite armée de partisans, il avait, en 1954,  infligé une défaite majeure au corps expéditionnaire français qui laissa dans la cuvette de Dien Bien Phu 2200 morts et plus de 11.000 prisonniers. A la tête de l’armée populaire vietnamienne, il affronta ensuite les Américains et, malgré les bombardements des B52, mit en échec la superpuissance, capturant, en 1975, la ville de Da Nang, défendue par plus de 100.000 hommes, prélude à la chute de Saïgon. lire la suite

24 août 2011

Goma: la main dans le sac…de cassitérite

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La main dans le sac…de cassitérite.. Voilà qui ne va pas arranger les relations souvent tendues entre la Mission des Nations unies au Congo et les autorités locales<TH>: une jeep de l’ organisation, contrôlée  sur la frontière entre le Congo et le Rwanda, transportait frauduleusement 1200 kilos de cassitérite. Le chauffeur, Julien Mukala, employé par la Monusco, a été immédiatement arrêté  et à Kinshasa, les faits ont été reconnus par l’organisation. Le gouvernement congolais,  régulièrement mis en cause par des rapports de l’ONU ou d’ONG et accusé de fermer les yeux sur les trafics de minerais, n’allait pas laisser passer cette occasion de déplorer la poursuite de trafics illicites, rappelant que ces derniers  entretiennent l’insécurité dans l’est du pays. Le parquet de Goma a immédiatement diligenté une enquête afin d’établir toutes les responsabilités. La question est d’autant plus sensible que le Congo s’estime injustement pénalisé par la loi américaine Dodd Frank qui oblige toutes les entreprises exportatrices  de minerais à prouver l’origine de leurs achats. La suspicion entretenue Outre Atlantique a mené à un embargo de fait à l’encontre des  minerais congolais et   à la mise à l’arrêt des comptoirs d’achat, ce qui a aggravé la pauvreté…
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24 août 2011

Le Nil: dix pays pour un fleuve

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Pour la diplomatie égyptienne d’après Moubarak, sécuriser l’eau du Nil est une priorité absolue. Sans surprise, c’est  Khartoum et surtout Juba, la capitale du Sud Soudan désormais indépendant, qui ont accueilli la première visite officielle du nouveau premier ministre égyptien Essam Charaf.

C’est que le Sud Soudan pourrait relancer un projet longtemps mis en veilleuse à cause de la guerre, la construction du barrage de Jonglei qui drainerait les marécages du Sud et immobiliserait chaque année quatre milliards de mètres cubes. lire la suite

24 août 2011

Le Nil, un enjeu crucial pour ses riverains

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Quelques éléments pour comprendre l’importance du Nil

Le plus long fleuve du monde après l’Amazonie : 6.671 kilomètres

Un bassin versant qui couvre 3 millions de km2, soit le dixième de la superficie de l’Afrique

Sources : le Nil blanc prend sa source dans le lac Victoria, un réservoir d’eau douce de 69.485km2, lui-même alimenté par des rivières dont l’une prend sa source dans la forêt de nyungwe au Rwanda. Le Nil blanc quitte le lac Victoria près de Jinja en Ouganda d’où il atteint le lac Albert avant de se diriger vers le Soudan.

Le Nil bleu prend sa source dans le lacTana en Ethiopie et contribue, pour 84%, au débit du Nil. Son débit change en cours d’année, en fonction de la saison des pluies.

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24 août 2011

Le rêve africain de Kadhafi

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Lorsqu’il a affirmé que les efforts de médiation déployés par l’Union africaine avaient été sapés par « les pays qui ont la capacité de bombarder »  le président sud africain Jacob Zuma a exprimé, en termes diplomatiques, le malaise ressenti par nombre de pays du sud du Sahara. En effet,  devancée par l’intervention occidentale et les succès des rebelles, l’Union africaine, pour sa part,  avait mis sur pied un groupe spécial de médiation pour la Libye et elle aurait du, cette semaine encore, consacrer deux jours de réunion à la crise pour que, suivant les termes du président Zuma, « le peuple libyen puisse avoir la possibilité de choisir son propre leader ». lire la suite

24 août 2011

Pieri au Sud Soudan compte ses morts

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Les équipes de Médecins sans Frontières basées dans la ville de Pieri, au Sud Soudan, sont sous le choc : elles ont été témoins et victimes d’un raid d’une violence extrême. En quelques heures, dans la journée du 17 août, des assaillants ont pris pour cible et détruit la moitié des maisons de la ville, les points d’eau ont été rendus impraticables ainsi que les installations médicales. En outre, les locaux de la clinique de MSF ont été visés, les stocks de médicaments et d’équipement médical ont été pillés, une partie des infrastructures ont été incendiées. Une collaboratrice sud soudanaise de MSF a été tuée, ainsi que des membres de sa famille et un autre collaborateur de l’organisation a déclaré qu’il avait enterré 16 de ses parents. Selon Médecins sans Frontières, cette attaque visant la ville de Pieri, ainsi qu’une douzaine de villages voisins aurait tué des centaines de personnes, y compris des femmes et des enfants et fait des centaines de blessés. La plupart des patients transférés par MSF dans les hôpitaux de la région sont des femmes et des enfants. lire la suite

18 août 2011

Des lecteurs du Soir ont laissé leur coeur au bord des Grands Lacs

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Des souvenirs d’enfance, des amitiés d’université, le poids des réminiscences familiales ou le choc de l’actualité quotidienne : la quinzaine de lecteurs du Soir qui se sont envolés début juillet pour le Kivu, dans l’Est du Congo et pour le Rwanda, sous la houlette de l’agence « Préférences » et de Kivu Travel,  n’étaient certainement pas des néophytes. Ils savaient que dans cette région si longtemps synonyme de tragédies, leur seule présence –des touristes, mus par le seul  désir de voir et de mieux comprendre- serait interprétée comme un message de paix, le signe d’une normalisation enfin amorcée…

Mais ces gens d’âge mûr, habitués aux émerveillements prévisibles et aux aventures chronométrées, savaient ils que dans ce cœur de l’Afrique, ils allaient, aux yeux des Congolais, faire figure de « touristes pionniers» ? lire la suite