17 août 2011

Congo: les élections doivent enraciner la démocratie

Catégorie actualité, commentaire

[LETTRINE]A trois mois des élections, présidentielle et législative au Congo,  contrastant avec l’engouement  qu’avait suscité le scrutin de 2006, l’intérêt de la communauté internationale  demeure distant et les financements sont en baisse. Cette relative indifférence est une erreur, car ce qui se joue, c’est bien plus que la réélection ou non du président sortant, Joseph Kabila. Le véritable enjeu du scrutin, c’est l’enracinement de la démocratie dans ce vaste pays d’Afrique centrale, un pays pivot, toujours menacé par les guerres et dont la stabilité est cruciale pour le développement de tout le continent. En 2006 en effet, les élections, soutenues à bout de bras par la communauté internationale, avaient avant tout symbolisé la fin du conflit. Elles avaient aussi  légitimé des élites issues de la matrice de la guerre puis  des compromis politiques qui avaient marqué les accords de paix.
Cette fois, les électeurs seront invités à sanctionner ceux qui ont géré le pays durant ces premières années de la reconstruction et, à plusieurs niveaux, le verdict risque d’être sévère. Car si certaines promesses ont vu un début de réalisation, les déceptions demeurent nombreuses. La  population n’a pu que constater que la démocratie s’est révélée plus appétissante pour les mandataires que pour la masse des électeurs. A tous les niveaux, les élus d’hier vont donc se retrouver au pied du mur, obligés de rendre des comptes.
Un tel exercice est vital, car la sanction électorale est aussi le fondement du consensus démocratique qui unit une population aussi nombreuse, aussi diverse que celle du Congo, parfois minée par la tentation du régionalisme et de la division.
C’est pourquoi, en amont, les amis du Congo doivent maintenir leur appui, exercer leur vigilance, dans la capitale et en province afin de prévenir toute fraude éventuelle, de juguler toute contestation possible.
En adoptant le mode de scrutin à un tour, les parlementaires congolais ont voulu conjurer le spectre de la Côte d’Ivoire, où un scrutin contesté a débouché sur un affrontement  qui a fait des milliers de morts. Au Congo aussi, une mise en cause de la régularité du scrutin aurait des conséquences incalculables.  Mieux vaut prévenir…