30 novembre 2011

YaTshi Tshi”, l’homme au moral d’acier

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Devant la maison de Limete, un vieux quartier résidentiel de Kinshasa, les ambassadeurs, les observateurs internationaux font la file sous l’auvent, accueillis par des fondateurs de l’UDPS. Des jeunes garçons font le V de la victoire. Chemise bleue, visage détendu, Tshisekedi, calé derrière son petit bureau, n’a pas changé d’un pouce. Ni  de look, ni d’idées, le doute ne l’effleure en rien. Alors que quatre candidats à la présidentielle, dont Kengo et Kamerhe, ont demandé l’annulation du scrutin pour cause d’irrégularités, (on vote encore au Katanga !) il se garde bien de remettre en cause les élections elles-mêmes et s’engage à en accepter les résultats : « absolument, d’autant plus que nous en connaissons déjà d’avance les orientations… Nous attachons une importance décisive à ces élections…Malgré toutes les provocations dont nous avons été victimes, nos militants sont calmes et confiants… »Vigilants aussi : Tshisekedi rappelle que « ce sont les électeurs eux-mêmes qui ont détecté les irrégularités et réagi en conséquence. J’insiste : le mandat de Kabila prend fin le 6 décembre et nous ne pouvons pas nous permettre de lui accorder une heure de plus… »

Assuré de sa victoire, Tshisekedi estime que mardi prochain « rien ne va se passer, tout le monde va accepter les résultats, y compris Kabila lui-même…N’écoutez pas les bruits qui tournent autour de cela… »Ayant déjà accepté  la validité d’un scrutin qui, selon lui, lui donnera la victoire, (un acquiescement qui, en cas d’échec éventuel, le privera de moyens de contestation…) Tshisekedi tient aussi à se démarquer des autres candidats. Avant les élections déjà, il avait refusé tout accord avec ces derniers, aujourd’hui encore il assure : « c’est une idiotie. Comment pouviez vous, avant  les élections, exiger le poste de Premier Ministre sans même savoir combien de députés vous alliez avoir au Parlement ? En politique, il n’y a pas de cadeau, il faut savoir combien chacun pèsera… »Le Tshisekedi d’après les élections n’est pas plus tendre qu’avant avec ses rivaux :« lors de leurs meetings, ils n’arrivaient même pas à réunir 50 personnes, c’est pour cela qu’ils veulent faire annuler le scrutin. J’ai toujours exclu de choisir parmi eux un Premier Ministre, et maintenant moins que jamais… »Lors de ses séjours en Europe, Tshisekedi reconnaît qu’il a subi des pressions. En vain : «  j’ai toujours refusé cette idée qui venait de chez vous, selon laquelle pour l’emporter l’opposition aurait du s’unir. Ce n’est pas cela que le peuple veut. Unanimement, il veut le changement… » Un changement qu’il incarne…

A l’ égard des autres candidats, le vieux leader  assure « ils n’ont qu’une ou deux voix, celle de leur femme, de leurs enfants… Les voix récoltées par Kamerhe au Kivu, cela ne me concerne pas. Avant-hier, il est venu ici et j’ai refusé de le recevoir… Cela ne me dit rien…Quant à Kengo wa Dondo, il  fait partie de ces hommes que j’ai toujours combattus… »

Quant à l’Assemblée, là aussi « Ya TshiTshi » se montre optimiste : « j’ai tout fait pour avoir la totalité des parlementaires…Comme nous n’avons pas beaucoup d’argent, j’ai fait moi-même la campagne de mes députés en province et demandé  qu’on leur fasse confiance. Sans aucun doute, le futur Premier Ministre sortira des rangs de mon parti… »

Se souvenant des années 80, où il engagea la lutte contre feu le président Mobutu, Tshisekedi le vieux lutteur revient sur le sens de ces élections : « malgré les irrégularités, j’ai toujours estimé qu’il fallait y aller ; c’est la fin de trente années de combat,  cette date marque  le départ d’un Congo prospère, bientôt un pays émergent… C’est aussi la fin du mandat de Kabila…»

Tshisekedi rejette sur le pouvoir la responsabilité des débordements, rappelant que dix de ses militants ont été tués : « quand un peuple doit se dégager de la peur pour assurer sa légitime défense, c’est ce que vous appelez violence… » Quant à sa santé, elle semble bien rétablie. L’oeil vif, la répartie facile et incisive, il assure:  “j’ai un moral d’acier, et la santé en découle…”

30 novembre 2011

Le satisfecit des observateurs

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Tous unis derrière le Congo ! Devançant les conclusions des observateurs occidentaux, toutes les délégations du continent se sont rangées sous la bannière de l’Union africaine pour se réjouir des élections qui se sont tenues sur l’ensemble  du territoire congolais. Côte à côte, des observateurs de la Communauté des Etats d’Afrique australe, de la Conférence des Grancs Lacs, des pays d’Afrique de l’Est (Comesa) et d’Afrique centrale (CCAC) ont reconnu l’enthousiasme des électeurs, la large participation populaire et salué l’effort accompli, en dépit des nombreux défis qui se posent encore à la RDC. Pour les Africains, ces élections démocratiques dans l’un des pays parmi les plus vastes et les plus peuplés du continent, sont bien plus qu’un exercice technique : « elles doivent contribuer au renforcement de la paix, à la réconciliation nationale, jeter les bases d’un développement durable».

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29 novembre 2011

Tous les Congolais sont devenus experts ès élections

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Se défendant des accusations de fraude et d’irrégularités, le pasteur Ngoy Mulunda, président de le commission électorale indépendante, s’est défendu. Il a fait parler les chiffres : sur 63.865 bureaux de vote, 485 seulement ont connu des problèmes. Autrement dit, 99,2% des bureaux ont fonctionné normalement… L’opinion n’est cependant pas tendre avec la CENI, elle fustige la confusion des listes électorales, l’absence de matériel en certains endroits, l’ouverture tardive de certains bureaux. lire la suite

29 novembre 2011

Le vote sanction

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Le vote sanction

D’ici la proclamation officielle des résultats, le 6 décembre prochain, la fièvre électorale ne quittera pas le Congo. Mais dès demain, d’autres jeux vont s’engager : l’ analyse des résultats officieux,  les spéculations sur les futures alliances gouvernementales, sur la majorité qui se dégagera à l’Assemblée nationale. Mais dans l’immédiat, quelques leçons se dégagent déjà de ce scrutin. La première, malgré les critiques, c’est que la Commission nationale indépendante, dans des conditions hors normes, a réussi un pari dont la veille encore tout le monde doutait. La seconde, c’est que, dans le climat de violence et de suspicion qui régnait voici quelques jours, un report, de quelques jours ou de quelques semaines,  aurait été plus dangereux encore que des élections, aussi imparfaites et perfectibles au Congo qu’ailleurs. La troisième, c’est que les Congolais, dans leur très grande majorité, ont fait preuve de civisme et de discipline. Il suffisait de voir les policiers qui surveillaient calmement les centres de vote, la courtoisie des assesseurs, le calme des témoins, figés des heures durant dans leur tâche d’observation pour s’en convaincre, même s’il y eut, ici et là, de la confusion et  des impatiences.

La quatrième conclusion, sans préjuger du résultat arithmétique, c’est que les Congolais ont fait usage du plus élémentaire des droits démocratiques : ils ont sanctionné leurs élus. Puni les députés qui se sont votés des indemnités de 6000 dollars par mois en oubliant leurs électeurs. Congédié bien des arrogants qui croyaient qu’il leur suffirait de distribuer quelques T shirts en dernière minute. Ils ont adressé un message sévère à un gouvernement –en principe de centre gauche !- qui a oublié le social et permis à la gangrène de la corruption de s’étendre. Dans de larges couches de la population, le discours de Tshisekedi a fait mouche. Pas seulement parce qu’il a tenu des propos démagogiques, parfois haineux et provocateurs, parfois ethnistes, promettant de renvoyer « le bonhomme » Kabila au Rwanda. Le vieux leader a fait mouche parce que, de manière plus incantatoire que chiffrée, il a promis le changement. L’opposant historique a su catalyser la colère des sans voix, des sans travail, des sans pain, des sans école ; il a bénéficié d’un vote-sanction, dont la sévérité doit faire réfléchir tous ceux qui aspirent à garder ou à prendre le pouvoir.

28 novembre 2011

Dans la fourmilière de Kinshasa

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Dès l’aube, Kinshasa a des allures de fourmilière. Si les véhicules se font rares la population, elle, court d’une école à l’autre, carte d’électeur en mains, à la recherche de son bureau de vote. Claude, avant 7 heures du matin, se trouve déjà à Barumbu, dans la cour de l’ISTA, un établissement technique supérieur où il a conquis son diplôme d’ingénieur, mais sans trouver par la suite d’autre travail que chauffeur de taxi. Dans le préau, les gens se bousculent, essaient de déchiffrer leur nom sur les listes affichées. Claude ne s’y retrouve pas, envoie un SMS à la commission électorale indépendante mais le réseau est saturé. Alors que la pluie menace, la colère gronde. Des gens viennent de Stella, l’autre école du quartier, d’autres de « Bergerie » un centre de vote indiqué sur leur carte d’électeur, mais qui n’existe pas…Une maman enregistrée à Kikwit supplie qu’on la laisse voter ici. A 8 heures du matin déjà, deux observateurs se présentant comme membres du parti de Tshisekedi nous apostrophent,  exigeant que, vu le désordre, tout soit annulé et ils nous promettent des troubles pour l’après midi. lire la suite

28 novembre 2011

Tous les Congolais espèrent le changement

Catégorie actualité, commentaire

Jusqu’en dernière minute, cette deuxième élection démocratique au Congo a suscité le doute, voire la suspicion et bien rares étaient ceux qui croyaient que les échéances pourraient être respectées. Grâce à l’appui des voisins africains qui, à leur manière, ont soutenu la démocratie et la stabilité au Congo et fourni des moyens additionnels, le pari a pu être tenu, in extremis. Mais cet exercice que la dimension du pays rend toujours hors norme est bien plus que le choix d’un nom sur un bulletin. Quels que soient les interlocuteurs, tous les Congolais expriment le même message : ils espèrent que le futur président –qu’il s’agisse du sortant ou de l’un de ses rivaux- leur apporte le changement. Que l’élu prenne enfin le seul rendez vous qui compte, celui du social. Certes, il y a eu des routes et des ponts, des immeubles neufs ;il  y a encore des projets de reconstruction, des promesses d’investissements, de nouveaux amis qui défilent. Sans aucun doute, au cours des cinq dernières années, le Congo s’est réveillé, l’éléphant s’est remis sur pied. Mais où sont passées les plus values minières, les dividendes de l’effacement de la dette, qui donc a bénéficié de l’accroissement du budget de l’ Etat ? Les Congolais doivent toujours payer pour aller à l’école, pour se soigner, l’arbitraire les guette, les taxes hypothèquent la moindre initiative. Dans certains quartiers, les « kulunas » ou bandits dotés de machettes, sèment la terreur. Le régime sortant a beau souligner les progrès déjà accomplis, il faut savoir que c’est au moment où le couvercle se désserre un peu qu’il risque de sauter. Le désespoir social qui accable la population est d’autant plus explosif qu’il se nourrit d’inégalités nouvelles, de l’arrogance de nouveaux riches qui ne le cèdent en rien aux mobutistes d’hier.

Tous les candidats ont circulé dans le Congo profond. Puissent ils avoir entendu le cri de leur peuple.

27 novembre 2011

Le candidat Kabila juge le président

Catégorie actualité, interview

La première question s’adresse au candidat Kabila : après un mois de campagne à travers le pays, qu’avez-vous découvert que vous ne connaissiez pas déjà ?

Parcourir un pays de 345 000 Km 2, c’est évidemment épuisant,  et on apprend toujours beaucoup de choses dans ce sous continent. Cette campagne, c’était une sorte d’itinérance qui nous a permis de  nous remettre en cause au vu des lacunes constatées ici et là.  L’une d’entre elles, ce sont les carences de l’administration, indispensable cependant à la modernisation du pays. Sans administration fiable, il est difficile de faire exécuter nos décisions jusqu’au niveau de la base. Cela pourrait être corrigé assez vite, il est possible d’insuffler plus de rigueur, de discipline…

Voilà dix ans que le président Kabila est au pouvoir. Quel est le point de votre bilan qui vous paraît le plus positif ?

Sans détour, c’est la paix et la sécurité. Voyez les onze candidats : s’ils ont pu sillonner le pays par route, par petit porteur, aller d’Est en Ouest, c’est parce qu’il y a la paix et la stabilité sur l’ensemble du territoire. C’est pour cela aussi que les 18000 candidats aux élections législatives ont  pu mener campagne… L’autre point dont je suis fier c’est le début de la reconstruction. Je dis pas le développement, mais la reconstruction, nécéssaire au vrai décollage.

Pour le moment la reconstruction a démarré sur toute l’étendue du territoire national.. Les élections nous ont coûté 380 millions de dollars sur une période d’une année, ce qui est  énorme. Certes, cela valait la peine, mais c’est cher…

Peut-être faudrait il redimensionner nos ambitions à ce propos,  voir  comment économiser. En termes de développement on fait beaucoup avec une telle somme…Mais d’un autre côté, l’exercice est indispensable car nous avons à tout prix besoin d’une stabilité politique. Elle est le gage d’une stabilité à long terme qui doit nous permettre d’attirer les investisseurs, de garantir la paix  et finalement d’amorcer le décollage du pays.

Quel est, à vos yeux, le sens de ces élections ?

Il s’agît principalement de la consolidation des acquis, de 2006 jusqu’à ce jour.  Nous venons de loin, de très loin…. La destruction du Congo date des années 60, la guerre a commencé au lendemain de l’indépendance. Pendant 40 ans, personne n’a pensé au développement et aujourd’hui il faut tout refaire. Un seul exemple : à Kindu,  il y a un pont qui a été détruit lors de la rebellion de 1964 et jusqu’à ce jour il est resté en l’état.

La reconstruction est sans doute la base, mais la population assure que le social n’a pas progressé. N’est ce pas une urgence ?

Le social est certainement une urgence mais je ne suis pas d’accord avec ceux qui pensent qu’il n’ y a pas eu d’évolution entre 2006 et aujourd’hui. Je suis conscient du fait qu’il faut une amélioration mais vous ne pouvez donner ce que vous n’avez pas, il faut d’abord produire. Et pour cela, il faut avoir les infrastructures nécéssaires. C’est un travail difficile, de longue haleine…

La conjoncture n’a cependant pas été mauvaise pour le pays, le prix du cuivre a grimpé. On a le sentiment que la population n’a pas bénéficié de cette situation plus favorable…

J’ai récemment visité le Katanga et pensé que beaucoup de choses devaient être corrigées. En 2002, nous avons adopté un Code minier censé attirer les investisseurs . Mais  une dizaine d’années plus tard, il faut refaire une évaluation  voire une révision de ce code. Quand on voit les 400 ou 600 camions qui font chaque jour la route entre Kolwezi, Lubumbashi  et la frontière zambienne, on se dit qu’il y a une disparité énorme entre les dividendes des sociétés qui sont venues investir et les retombées sur la population. Tout cela doit être corrigé le plus vite possible, en se mettant autour de la table avec les opérateurs, afin de faire en sorte que l’ exploitation des minerais du Congo soit aussi bénéfice au niveau social. La répartition doit être beaucoup plus équitable.

A l’occasion des conflits avec les sociétés minières le Congo est accusé de remettre en cause des accords signés…

Non, nous cherchons à équilibrer, c’est différent. La  plupart des sociétés sont venues après l’adoption du Code minier mais le Congo aujourd’hui a besoin de sociétés solides et non de gens qui ne songent qu’à jouer en Bourse, à vendre et acheter…

Pour reviser le Code minier, allez vous vous inspirer de l’exemple de certains pays d’Amérique latine qui ont connu des expériences similaires ?

Nous sommes en contact avec la Bolivie, le Chili, la Zambie. Nous sommes parmi les plus grands producteurs de cuivre et nous avons l’objectif de nous concerter, afin d’harmoniser notre point de vue, nos options. Il ne faut pas que les sociétés jouent un pays contre l’autre…

Le Congo s’est ouvert à de nouveaux partenaires que ses interlocuteurs traditionnels. Est-ce bénéfique ?

Il faut avoir une lecture lucide de l’histoire de notre pays. Nous avons toujours connu dans ce pays des partenaires dits traditionnels mais depuis une quarantaine d’années, la population, dont je fais partie, commence à se poser des questions.

Ils nous parlent de la démocratie et c’est très bien mais la démocratie ce n’est pas une fin en soi. Ce qui compte, c’est le bien être de la population. Pour la démocratie, nous travaillons sans problème avec nos partenaires traditionnels, Mais pour le deuxième volet,  le mieux être de la population, le développementdu pays, de ses infrastructures, nous pensons qu’il faut ouvrir nos portes à d’autres. C’est ce qui explique nos relations avec d’autres pays ; il n’y a pas que les Chinois, il y a aussi la Turquie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, le Japon..

Il sembre d’ailleurs que ce soient vos nouveaux amis qui vous ont aidé à réussir les élections ?

A la dernière minute, nos amis traditionnels nous ont faussé compagnie. Dès le début, nous nous étions mis d’accord sur le fait que le gouvernement congolais allait financer 60% des élections. Il se fait qu’aujourd’hui c’est 80% des élections que nous avons du finalement couvrir, et nous avons aussi du compter sur l’appui logistique des pays amis, l’Angola, l’Afrique du Sud. Ils nous ont aidés à déployer nos kits, nos bulletins de vote. N’eut été notre détermination à organiser ces élections,  et l’appui de nos amis de la SADC (conférence des Etats d’Afrique australe) nous n’y serions pas arrivés. Avec pour résultat que nous serions allés vers un autre gouvernement dit d’union nationale, de transition, ce qui aurait représenté une autre perte de temps… Moi, je n’étais pas d’accord avec cette formule, qu’on nous avait déjà proposée en 2006.

Pour moi, c’est clair, il fallait que les élections soient organisées comme prévu, à  la date prévue. Dans les délais  constitutionnels.

Si vous êtes élu, les cinq ans à venir vous suffiront ils pour réaliser votre programme ?

L’essentiel, c’est que nous allons jeter une base solide sur laquelle tous ceux qui viendront apres nous seront obligés de construire.

D’ici cinq ans, terme de votre deuxième mandat, ce sera fini pour vous ?

Il s’agît là d’une obligation constitutionnelle et rassurez vous, je pourrai toujours par la suite continuer à travailler pour le Congo.

Voici trois ans, ici même à Matadi, vous disiez que vous n’aviez pas trouvé les quinze hommes sur qui vous pouviez compter. Les avez vous trouvés aujourd’hui ?

J’en ai déjà trouvé douze comme les Apôtres, il me reste à en trouver trois…Si nous gagnons les élections, ce sera l’un des points les plus importants, trouver les hommes honnêtes et incorruptibles qu’il nous faut…

Si vous l’emportez, le président du deuxième mandat sera-t-il différent ?

Il est certain que ce ne sera plus le même homme. On a plus d’expérience, on connaît presque tout le monde, les amis, les adversaires et les ennemis. Je sais qui veut  voir le développement de ce pays, qui cherche à nous tirer vers le bas…

Nous allons poursuivre la lutte contre la mégestion. Pour changer les choses, il fallait bien commencer quelque part. C’est pourquoi nous avons commencé par réformer la justice, faire en sorte que les juges les magistrats soient dans de très bonnes conditions pour que le système judiciaire soit vraiment incorruptible. Nous avons recruté 2000 nouveaux magistrats, organisé  de séances de formation.  Il y a eu des révocations des mesures disciplinaires mais il s’agit d’un travail de longue  haleine, même si nous avons déjà parcouru 40% du chemin….

Si vous exercez votre dernier mandat aurez vous les mains plus libres ? Y compris pour frapper…

C’est ce qu’on a toujours fait…Il y a une contradiction. On parle d’un Etat de droit mais en même telmps on me dit qu’il faut frapper, réprimer…Les deux ne sont pas toujours compatibles. On a laissé à la justice le soin et les moyens d’exercer le travail de répression au lieu de confier cela à la police et à l’armée. Il ne faut pas qu’il y ait de l’arbitraire…

Notre peuple est conscient du fait que nous venons de loin et tous veulent aller de l’avant…C’est que qui explique que s’il y a eu des incitations à manifester ici ou là, la population n’a pas suivi le mot d’ordre…Et cela, c’est parce  qu’elle a l’espoir, elle a désormais quelque chose à perdre…

27 novembre 2011

La course contre la montre arrive à son terme

Catégorie actualité

A quelques heures du début de l’ouverture des bureaux de vote, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda n’a plus qu’une seule prière à adresser au ciel : « que la pluie se mette en vacances » et permette aux 32 millions d’électeurs d’exprimer démocratiquement leur choix. Car pour le reste, le président de la commission électorale indépendante, auquel bien peu, en avril 2011, accordaient la moindre chance de réussite, affirme qu’il a tenu son pari : à travers tout le pays, le matériel électoral a été déployé et sur 169 centres de vote, seuls 12 demeuraient à pourvoir dimanche après midi.

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27 novembre 2011

Trois grenades dégoupillées, dans un mouchoir de poche

Catégorie actualité

Tout avait commencé par la « guerre des stades » Depuis plusieurs jours, tant le parti de Kabila que celui de Kamerhe avaient réservé l’un de stade des Martyrs, l’autre le stade Tata Raphaël pour y tenir leur dernier meeting. Initialement, Tshisekedi aurait du faire sa dernière apparition à Kinshasa le vendredi, mais, ayant été retardé dans le Bas Congo (il reçut un accueil triomphal à Matadi) il exigea l’un des deux stades pour la clôture du samedi.  « J’avais proposé de tenir mon meeting le matin, et lui l’après midi » nous explique Vital Kamerhe, mais finalement il a décidé de convoquer ses militants sur l’esplanade, devant le Palais du Peuple. » Une zone interdite… lire la suite

27 novembre 2011

La vision et les craintes de Vital Kamerhe

Catégorie actualité, interview

Au retour d’un mois de campagne à travers le pays, quel bilan tirez vous de la campagne électorale ?

Jusque hier, le bilan était positif, l’encadrement des militants était bon. Cependant, à Masi Manimba et Kikwit, avec la complicité des autorités locales, des militants du parti au pouvoir ont voulu  nous empêcher d’entrer dans la ville. Dans presque toutes les provinces, nous avons vu que les gouverneurs prenaient parti pour le candidat sortant, mais cela ne nous a pas dérangés. Partout, j’ai dit  à notre population que nous étions un pays riche, mais avec des dirigeants pauvres en termes de vision…Nous souffrons aussi de la déliquescence de l’Etat. Pour les évènements du dernier jour de campagne, il était irresponsable d’autoriser trois partis à se réunir sur un même espace, le gouverneur aurait du séparer les trois groupes. C’est comme si on avait préparé une situation insurrectionnelle, mais dans quel but ? Réprimer les gens dans le sang ? lire la suite