30 novembre 2011

Le satisfecit des observateurs

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Tous unis derrière le Congo ! Devançant les conclusions des observateurs occidentaux, toutes les délégations du continent se sont rangées sous la bannière de l’Union africaine pour se réjouir des élections qui se sont tenues sur l’ensemble  du territoire congolais. Côte à côte, des observateurs de la Communauté des Etats d’Afrique australe, de la Conférence des Grancs Lacs, des pays d’Afrique de l’Est (Comesa) et d’Afrique centrale (CCAC) ont reconnu l’enthousiasme des électeurs, la large participation populaire et salué l’effort accompli, en dépit des nombreux défis qui se posent encore à la RDC. Pour les Africains, ces élections démocratiques dans l’un des pays parmi les plus vastes et les plus peuplés du continent, sont bien plus qu’un exercice technique : « elles doivent contribuer au renforcement de la paix, à la réconciliation nationale, jeter les bases d’un développement durable».


A entendre ces observateurs africains s’exprimer d’une seule voix, mettre fermement en garde contre tout dérapage violent, on comprenait mieux pourquoi, en dernière minute, prenant de court les frilosités occidentales plusieurs pays voisins et amis du Congo, l’Angola, l’Afrique du Sud, le Congo Brazzaville, ont prêté avions et hélicoptères afin que la CENI puisse tenir son pari dans les délais prévus. « Malgré la suspicion, malgré la contestation, la CENI a fait son job » ont martelé les Africains, blâmant les candidats qui ont déjà demandé l’annulation d’un scrutin dont les premiers résultats ne leur conviennent guère : « nous aurions espéré que les leaders politiques aient la patience d’attendre les résultats définitifs… » Et la vice ministre sud africaine des affaires étrangères de conclure que le destin du Congo intéresse tout le continent « si la guerre devait reprendre, ce sont nos pays, en premier chef qui vont en subir les conséquences. Nous sommes donc directement concernés… »
Les observations préliminaires du Centre Carter sont, elles, plus prudentes. Après les félicitations et les encouragements d’usage, les experts chevronnés de l’organisation ont relevé bien des points litigieux : les bulletins et les listes des électeurs étaient souvent absents, les électeurs avaient souvent de la peine à retrouver leur nom sur les listes, la préparation des électeurs était souvent incomplète, ne leur permettant pas de saisir toute la complexité du processus. Il n’empêche que, malgré ces réserves, les experts du Centre Carter se sont montrés positifs eux aussi, estimant que les électeurs ont fait montre « d’un extraordinaire engagement à la paix et à la démocratie ».

L’ancien président zambien Rupiah Banda, président le groupe du centre Carter, devait résumer un sentiment largement partagé par la plupart des observateurs, toutes délégations confondues : « nous espérons que les résultats de ces élections seront acceptés par tous les candidats, car ils représentent bien la voix du peuple congolais. »

COLETTE BRAECKMAN