30 décembre 2011

Philippe Havet, le “log” des Grands Lacs, abattu à Mogadiscio

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Une altercation avec un ancien collaborateur, récemment licencié, des coups de feu tirés à bout portant dans le ‘compound » de Médecins sans frontières à Mogadiscio : Philippe Havet, coordinateur d’urgence de MSF a trouvé la mort en Somalie. La fusillade a fait une autre victime, Andrias Karel Keiluhu, surnommé « Kace », un médecin de 44 ans, qui travaillait pour MSF depuis 1988, en Indonésie, en Thaïlande, en Ethiopie et en Somalie. Grièvement blessé, il a succombé après son transfert à l’hôpital où il avait suivi une opération chirurgicale. Quant à Philippe Havet, il semble avoir été tué sur le coup.

Cette fin tragique a frappé tous ceux qui, au cours de la décennie écoulée, avaient côtoyé ce Verviétois de 53 ans,  rompu aux missions d’urgence. Car, après avoir bravé tant de dangers,  ce « travailleur humanitaire » hors du commun avait fini par donner l’impression qu’il était invulnérable et qu’il n’était certainement pas au bout des neuf vies, -au moins-, qui lui avaient été accordées. lire la suite

23 décembre 2011

Tshisekedi, président à domicile

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Dans la perspective de la prestation de serment d’Etienne Tshisekedi,  son parti, l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) avait prévu tout un protocole : invitations adressées à des hôtes de marque, contacts pris avec des militaires, de hauts magistrats, des diplomates, de hauts fonctionnaires dans l’espoir de les voir assister à la cérémonie tandis que  la population avait été invitée à se rendre au stade des Martyrs.

Rien de tout cela ne s’est concrétisé, car le pouvoir, lui aussi, avait mobilisé, à sa manière : des chars avaient pris place devant le stade, la police en  tenue anti-émeutes bloquait Limete, le quartier de Tshisekedi et le rond point Victoire, empêchant ainsi l’accès au centre ville. De petits attroupements, formés depuis le matin, furent rapidement dispersés par la police qui utilisa des gaz lacrymogènes et procéda à plusieurs arrestations. En maugréant, la population retourna vaquer à ses occupations, tous les commerces étant ouverts. lire la suite

23 décembre 2011

De la Maison africaine à Matonge

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Un demi-siècle après l’indépendance, l’immigration congolaise en Belgique demeure un phénomène relativement récent : durant la période coloniale, très rares étaient les ressortissants africains autorisés à étudier en métropole ou même à y séjourner. Ce n’est qu’à la vaille de l’indépendance que quelques jeunes  étudiants, dont Justin-Marie Bomboko furent autorisés à fréquenter les universités belges, le colonisateur ayant enfin -trop tard…-mesuré l’importance de former une élite capable de gérer le pays. lire la suite

20 décembre 2011

Mugabe a félicité Kabila

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La journée étant chômée et payée dans toute la République, les Kinois sont restés chez eux, suivant à la télévision la prestation de serment de Joseph Kabila. Une cérémonie réglée comme du papier à musique, où la seule inconnue était l’importance des délégations étrangères. Elle était réduite<TH>: le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a été le seul chef d’Etat à s’être déplacé, mais de nombreux ministres africains assistaient à la cérémonie, les pays occidentaux, dont la Belgique, étant représentés par leurs ambassadeurs. lire la suite

19 décembre 2011

Kinshasa : la prestation de serment de 2011 n’est pas celle de 2006…

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Au jour près, le timing est respecté: après que, sans surprise, la Cour Suprême de Justice ait proclamé sa victoire avec 48,95% des voix, le président Kabila prêtera serment et entamera son second mandat, qui devrait être le dernier. Cependant, le climat est bien différent de 2006, où il avait remporté la victoire contre son rival Jean-Pierre Bemba. A cette époque aussi, Kinshasa, toujours réfractaire au président venu de l’Est, avait boudé la cérémonie.
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16 décembre 2011

L’Afrique plébiscite Kabila, en dépit des critiques des observateurs

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Lorsqu’il s’agit de la République Démocratique du Congo, les pays occidentaux, Europe et Etats-Unis, n’ont pas le même point de vue que les voisins africains. Ainsi, alors que la Cour Suprême de Justice ne s’était pas encore prononcée sur le recours déposé par l’un des candidats malheureux, Vital Kamerhe et n’avait pas encore proclamé le résultat définitif de l’élection présidentielle du 28 novembre, les chefs d’État des pays de la région des Grands Lacs, réunis à Kampala, rendaient leur verdict: l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Burundi, la République Centrafricaine, ont reconnu la réélection du président Joseph Kabila et appelé «ceux qui ne sont pas satisfaits du résultat de l’élection à l’accepter et à travailler pour reconstruire le pays.» Quant au Rwanda, il a préféré attendre la proclamation officielle des résultats pour se prononcer. lire la suite

12 décembre 2011

JC Willame: les élections ce n’est pas-encore- la démocratie

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C

Interview de Jean-Claude Willame, professeur émérite à l’UCL, spécialiste du Congo

Que pensez vous du travail des observateurs?

En  ce qui concerne l’Union européenne, qui avait 140 observateurs au Congo, elle est présente de septembre jusque mi- janvier et pour sa part, le Centre Carter a travaillé très sérieusement. Les autres ont peut –être été plus légers. Le Centre Carter a réagi dès que la Ceni (Commission électorale indépendante) a rendue publique sa disquette reprenant les résultats de tous les bureaux de vote, il ne pouvait évidemment pas réagir avant…

Quant au vote lui-même, il y a eu des problèmes de participation : autant elle a été  massive à Malemba Nkulu et au Katanga, (100%, c’est tout de même bizarre…), autant elle a été  beaucoup moindre à Kinshasa. Mais là, il faut dire que la forte pluie de la matinée a aussi incité beaucoup d’électeurs à rentrer chez eux…Il y a surtout eu beaucoup de désordres… lire la suite

9 décembre 2011

Kabila élu sans surprise mais non sans danger

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Dans Kinshasa déserte et tendue comme un arc, le suspense aura duré jusqu’à la limite du supportable. Trois jours après la date limite du 6 décembre, le bureau de la Commission nationale indépendante (Ceni), qui avait retrouvé son unité, a réuni ce vendredi la presse et le corps diplomatique pour proclamer les résultats «<TH>provisoires<TH>» de l’élection présidentielle. Auparavant le pasteur Mulunda, président de la Ceni, avait remis aux diplomates un cédérom reprenant tous les résultats enregistrés, bureau par bureau, afin que puisse être établie la traçabilité des suffrages. Exercice qu’un observateur jugeait cependant très hypothétique… lire la suite

9 décembre 2011

Peut mieux faire…

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Le président Joseph Kabila, qui totalise 48,95% des voix, aurait certainement été mieux élu si sa victoire avait résulté d’un vote à deux tours. Sa légitimité et donc la stabilité du pays y auraient trouvé une meilleure assise.
Il aurait été mieux élu si, durant la campagne, il n’y avait pas eu une telle disparité entre les moyens dont il a fait usage et ceux de ses rivaux, moins bien préparés, moins bien dotés. Il aurait été mieux élu s’il n’avait pas bénéficié d’un temps d’antenne disproportionné.
Il aurait été mieux – et plus difficilement – élu si, face à lui, il avait rencontré une opposition unie autour d’un homme crédible, d’un projet de société valable, au lieu de personnalités engagées en ordre dispersé. Si Etienne Tshisekedi, son principal adversaire, ne lui avait pas facilité la tâche en refusant la moindre perspective d’alliance, pré ou post-électorale, avec Vital Kamerhe ou Léon Kengo.
Il aurait été mieux élu si la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’avait pas été dirigée par l’un de ses proches, le pasteur Mulunda, indépendamment des qualités de l’homme. Même entouré d’un bureau issu de tous les partis, Daniel Mulunda a souffert d’un déficit de confiance qui a nourri les suspicions.
Il aurait été mieux élu si la communauté internationale avait consenti à s’impliquer autant en 2011 qu’en 2006, et si les observateurs internationaux étaient restés à leur poste jusqu’au terme du dépouillement. Et il aurait certainement été mieux élu s’il n’y avait eu tant d’irrégularités, de désordres, de bureaux électoraux inexistants, de listes sur lesquelles les électeurs ne se retrouvaient pas, de disparités dans les taux de participation…
Mais aujourd’hui que les urnes ont rendu leur verdict, Joseph Kabila se prépare à entamer son dernier mandat. Aura-t-il le courage de combattre la corruption? De lutter contre l’impunité, y compris parmi ses proches<TH>? Entendra-t-il les raisons qui ont inspiré les électeurs qui ont  donné leurs voix  à son adversaire Tshisekedi? L’avenir des Congolais dépendra de sa capacité à répondre à ce désespoir social. Quant à Tshisekedi, vaincu  mais crédité d’un très beau score, il lui reste à choisir sa place dans l’histoire.

8 décembre 2011

L’enjeu du “deuxième tour dans la rue”

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Alors que la proclamation des résultats est imminente, Kinshasa tétanisée par l’attente vit toujours au ralenti. Les écoles sont fermées, ceux qui le peuvent s’abstiennent d’aller travailler en ville, la police est omniprésente, particulièrement visible du côté de Limete, fief des « combattants » de Tshisekedi. Le vice-président de la Commission électorale indépendante, Jacques Ndjoli, (issu de l’opposition) a tenté de rassurer l’opinion, déclarant qu’il n’y avait pas de vide du pouvoir et que le président actuel (dont le mandat expirait le 6 décembre) restait en fonctions jusqu’à l’installation du nouveau président.

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