9 décembre 2011

Peut mieux faire…

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Le président Joseph Kabila, qui totalise 48,95% des voix, aurait certainement été mieux élu si sa victoire avait résulté d’un vote à deux tours. Sa légitimité et donc la stabilité du pays y auraient trouvé une meilleure assise.
Il aurait été mieux élu si, durant la campagne, il n’y avait pas eu une telle disparité entre les moyens dont il a fait usage et ceux de ses rivaux, moins bien préparés, moins bien dotés. Il aurait été mieux élu s’il n’avait pas bénéficié d’un temps d’antenne disproportionné.
Il aurait été mieux – et plus difficilement – élu si, face à lui, il avait rencontré une opposition unie autour d’un homme crédible, d’un projet de société valable, au lieu de personnalités engagées en ordre dispersé. Si Etienne Tshisekedi, son principal adversaire, ne lui avait pas facilité la tâche en refusant la moindre perspective d’alliance, pré ou post-électorale, avec Vital Kamerhe ou Léon Kengo.
Il aurait été mieux élu si la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’avait pas été dirigée par l’un de ses proches, le pasteur Mulunda, indépendamment des qualités de l’homme. Même entouré d’un bureau issu de tous les partis, Daniel Mulunda a souffert d’un déficit de confiance qui a nourri les suspicions.
Il aurait été mieux élu si la communauté internationale avait consenti à s’impliquer autant en 2011 qu’en 2006, et si les observateurs internationaux étaient restés à leur poste jusqu’au terme du dépouillement. Et il aurait certainement été mieux élu s’il n’y avait eu tant d’irrégularités, de désordres, de bureaux électoraux inexistants, de listes sur lesquelles les électeurs ne se retrouvaient pas, de disparités dans les taux de participation…
Mais aujourd’hui que les urnes ont rendu leur verdict, Joseph Kabila se prépare à entamer son dernier mandat. Aura-t-il le courage de combattre la corruption? De lutter contre l’impunité, y compris parmi ses proches<TH>? Entendra-t-il les raisons qui ont inspiré les électeurs qui ont  donné leurs voix  à son adversaire Tshisekedi? L’avenir des Congolais dépendra de sa capacité à répondre à ce désespoir social. Quant à Tshisekedi, vaincu  mais crédité d’un très beau score, il lui reste à choisir sa place dans l’histoire.