16 décembre 2011

L’Afrique plébiscite Kabila, en dépit des critiques des observateurs

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Lorsqu’il s’agit de la République Démocratique du Congo, les pays occidentaux, Europe et Etats-Unis, n’ont pas le même point de vue que les voisins africains. Ainsi, alors que la Cour Suprême de Justice ne s’était pas encore prononcée sur le recours déposé par l’un des candidats malheureux, Vital Kamerhe et n’avait pas encore proclamé le résultat définitif de l’élection présidentielle du 28 novembre, les chefs d’État des pays de la région des Grands Lacs, réunis à Kampala, rendaient leur verdict: l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Burundi, la République Centrafricaine, ont reconnu la réélection du président Joseph Kabila et appelé «ceux qui ne sont pas satisfaits du résultat de l’élection à l’accepter et à travailler pour reconstruire le pays.» Quant au Rwanda, il a préféré attendre la proclamation officielle des résultats pour se prononcer.
Le président ougandais Yoweri Museveni est allé plus loin, estimant que les préoccupations des observateurs n’étaient pas fondées, ajoutant même «]il ne revient pas à ces observateurs de diriger des pays. L’Afrique du Sud a abondé dans le même sens<TH>: par la voix de sa ministre des affaires étrangères Maité Nkoana-Mashabane, elle a jugé «globalement  les élections congolaises, qui ont été conduites «]en accord avec la loi électorale du pays, avec les principes de la communauté de l’Afrique australe et ceux de l’Union africaine. Ces prises de position africaines diffèrent fortement des réserves et des critiques émises par les observateurs et les gouvernements occidentaux et semblent confirmer l’implication au Congo de l’Afrique et de nouveaux partenaires émergents. À la veille des élections en effet, alors que d’influents «think thanks” cccidentaux, comme International Crisis group ou le Centre Carter assuraient que la Commission nationale indépendante ne pourrait organiser le scrutin dans les délais fixés et plaidait pour un report négocié entre les divers protagonistes, c’est l’implication africaine qui fit basculer la donne: alors que la Chine organisait un pont aérien pour livrer à temps le matériel électoral et les bulletins de vote, l’Afrique du Sud, l’Angola, l’Ouganda et même Brazzaville prêtaient avions et hélicoptères afin que tout soit distribué à la date fixée. Par la suite, alors que plusieurs missions occidentales se préparaient à livrer des conclusions très circonspectes, soulignant les nombreuses violences ayant émaillé le scrutin et les graves irrégularités -sans toutefois mettre en cause l’ordre d’arrivée des candidats- les observateurs de toutes les missions africaines, prenant leurs collègues de court, délivraient un satisfecit global. Autrement dit, les pays africains, que les exemples de la Côte d’Ivoire et de la Libye ont peut-être rendus circonspects, ont avant tout opté pour la stabilité au Congo, incarnée à leurs yeux par le président sortant. Les jours à venir valideront ou non un tel pari. En effet, Vital Kamerhe a été le seul candidat à déposer un recours en bonne et due forme devant la Cour Suprême de Justice, accompagné de 15 avocats qui ont mené l’offensive en soulignant diverses violations de la loi électorale, comme la publication tardive des listes d’électeurs ou la circulation de bulletins de vote déjà cochés. Quant aux autres candidats, dont Tshisekedi, ils ont refusé de présenter leurs arguments devant la Cour Suprême, avançant qu’elle était acquise à Kabila, 18 de ses juges ayant été nommés à la veille des élections.
Même s’ils ont critiqué le déroulement du scrutin et surtout le désordre qui a régné dans les centres de compilation des résultats, les pays occidentaux ont tous invité les Congolais à résoudre leurs différends par la voie légale et à éviter la violence.
Les heures qui suivront la proclamation définitive des résultats auront, ce week end, une valeur de test: elle démonteront la capacité de mobilisation de Tshisekedi qui, se détournant des recours juridiques et s’autoproclamant président, veut faire descendre le peuple dans la rue, elles démontreront aussi jusqu’où les forces de sécurité gardent la maîtrise de la situation.