7 décembre 2011

Louis Michel prône une union nationale

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Qu’avez-vous pensé au début de l’année lorsque le Parlement congolais a décidé de modifier la Constitution et de passer au scrutin à un tour
C’était, pour le moins, une faute esthétique. Le fait d’avoir été prise tardivement, à l’approche des élections, rendait, à tort ou à raison, cette décision suspecte.  Une fois cette révision intervenue, je ne comprends pas pour quelle raison l’opposition ne s’est pas mise d’accord sur un candidat unique. Cela aurait donné une vraie chance à l’alternance. . Tout cela est vraiment dommage…
Le fait de voter en un seul tour hypothèque-t-il la légitimité du vainqueur?
Même si je regrette ce passage au vote à un tour, il n’autorise cependant pas à mettre en cause la légitimité de celui qui va gagner… Quel que soit son score, il aura été élu. Le Congo n’est pas le seul pays à avoir opté pour le vote à un tour…

Quel serait votre plaidoyer, au lendemain des élections
Je plaide pour que le vainqueur soit assez sage pour comprendre qu’il doit reconstituer une sorte d’union sacrée. Les vaincus portent également une légitimité dont il serait bon que l’on tienne compte.
IL serait bon d’associer le plus grand nombre de personnes possible dans le futur pouvoir. Le Congo et son peuple ont besoin d’une véritable union nationale, qui permettrait de relancer une dynamique de progrès, de combattre efficacement la pauvreté et d’apaiser les tensions. Entre les divers  candidats en effet, il y a moins de divergences programmatiques que de motivations personnelles.
Il importe donc de voir plus loin que l’enjeu électoral<TH>: il faut renforcer la stabilité de l’Etat, créer un climat favorable aux investissements, exploiter les ressources naturelles avec un maximum de transparence, afin que cela soit profitable au pays et à ses citoyens, que cela permette de créer un filet de sécurité sociale qui permettra d’améliorer les conditions de bien-être des Congolais, de mettre fin au paradoxe inacceptable  que représente une population si pauvre dans un pays si riche.
Quel peut être le rôle de la communauté internationale?
La communauté internationale doit jouer son rôle, suggérer au vainqueur de travailler aussi avec les vaincus. Emettre des propositions constructives, rechercher des solutions qui seront acceptées par tous. Il faut prôner la réconciliation avec toutes les parties…

Se réconcilier, certes, mais avec qui?
Si l’heure est à la réconciliation, il faut inclure tous ceux qui voudront bien se joindre à une sorte de gouvernement d’union nationale, d’union sacrée pour sauver le pays. Sans un tel compromis historique, le Congo sera sérieusement en péril. En Afrique,  avez-vous été témoin d’expériences positives, après de longues années de dictature
Je  rentre du Togo et j’ai été impressionné par la vision politique du jeune président Faure Eyadéma; il veut vraiment faire progresser son pays et il est obsédé par le dialogue avec tout le monde et est entouré de gens de qualité.

7 décembre 2011

Local voices: les voix du Congo profond

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Les observateurs internationaux sont partis, et même lorsqu’ils étaient là, ils ne se sont pas aventurés dans les campagnes, dans ce Congo profond qui a cependant voté lui aussi.  Heureusement trois jeunes journalistes belges tombés amoureux du Congo ont voulu, sur une échelle réduite mais combien précieuse, combler cette lacune: depuis trois semaines, ils sont installés à Bunyakiri,  au coeur du Sud Kivu. Là, ils filment, enregistrent  bloguent. Bref, ils communiquent. C’est la voix des sans voix, la voix de la base,  de ceux que l’on entend jamais.  Pour les rejoindre, rien de plus facile: connectez vous avec “info@local voices-congo.com” ou localvoicescongo.com

6 décembre 2011

Qui connaît le président Kabila?

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Depuis dix ans, il est à la tête du pays, son portrait s’affiche partout, il a multiplié inaugurations et meetings dans toutes les provinces, sa conférence de presse de trois heures a été largement diffusée. Malgré cela, pour beaucoup de Congolais, Joseph Kabila demeure un mystère. Auprès des uns, abreuvés de rumeurs ou tout simplement déçus, il est l’objet d’une haine intense, quasi hystérique, traité de Rwandais, de complice des Occidentaux et on en passe. Auprès de ceux qui le soutiennent, il suscite l’estime pour son calme, sa persévérance, sa volonté de réunifier, de pacifier puis de reconstruire son pays. Mais même aux yeux de ses proches, cet homme de 40 ans demeure un mystère, et il ne provoque ni adulation ni culte de la personnalité. Esquivant les questions trop personnelles, il répète : « vous ne connaissez pas le président Kabila… » lire la suite

6 décembre 2011

Le Congo attend dans la peur et la méfiance

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Au dessus de Kinshasa quadrillée par les forces de police et par 20.000 militaires en armes, les hélicoptères ont fait la navette jusque tard dans la soirée, ramenant les résultats récoltés dans les centre de compilation des résultats. C’est dans ces centres que sont ramenées les urnes scellées et que les bulletins sont recomptés afin d’établir des procès verbaux qui seront alors transmis à la CENI (commission électorale nationale indépendante).
Cependant, vu la confusion et les risques de fraude qui existent dans les centres de compilation, désertés par la presque totalité des observateurs internationaux, la CENI a été mise sous pression. Elle a été priée, entre autres par Mgr Mosengwo, l’archevèque de Kinshasa, de ne prendre en compte que les résultats affichés sur les bureaux de vote et de respecter le verdict des électeurs.  En cas de litige c’est le PV initial, contresignée par les témoins du vote, qui prévaudra. Cette décision  a désamorcé la polémique qui s’amorçait à cause du désordre régnant dans les centres de compilation et en particulier à la FIKIN de Kinshasa. lire la suite

4 décembre 2011

Mathématiques congolaises

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Féru de maths, l’écrivain Jean Bofane a décrit, voici quelques années dans « Mathématiques congolaises », (éditions Actes Sud) les aventures d’un Kinois qui avait trouvé la martingale magique pour conquérir ou conserver le pouvoir. Ce livre où des équations bizarres étaient mises au service de la politique est toujours d’actualité, plus que jamais. Car les Congolais comptent, éperdument. Ils additionnent les provinces, les capitales et les chefs lieux, décomptent les voix, extrapolent les succès et les défaites. Et il apparaît que celui qui a gagné à Kinshasa s’imagine que cela vaut pour tout le pays. Que celui dont les meetings ont fait plein n’envisage même pas que les curieux…ont peut-être été voir tout le monde, mais ne voteront que pour un seul…

Faire des mathématiques à la congolaise c’est oublier que la voix d’une paysanne de Walikale pèse autant que celle d’un ténor de Kinshasa, c’est oublier que le vote des pauvres a autant de valeur que celui des riches, sauf que les pauvres sont plus nombreux et qu’il leur arrive de se consulter, de partager leur bon sens, d’avoir peur de perdre le peu qu’ils ont, même si c’est infime.

Additionner les groupes ethniques, les fidélités tribales, compter sur l’aura des grands chefs et la force des consignes, miser sur la force de conviction de l’argent, c’est oublier que dans l’isoloir, chacun s’est retrouvé seul, avec son cerveau, son cœur et ses rêves d’avenir…Les mathématiques congolaises passent aussi par les imprécations, les menaces et à mesure que l’attente se prolonge, de vilains clichés resurgissent, où ceux ci seraient dominateurs et désireux de prendre leur revanche, où ceux là seraient des infiltrés, des non Congolais, et d’autres encore  des sournois, des pas dignes de confiance…

Il est temps que l’attente s’arrête, que chacun se taise devant le verdict de la CENI, le constat des observateurs. Car  ces mathématiques congolaises ne se sont pas déroulées à huis clos : plus d’un demi million d’observateurs, nationaux et internationaux, ont suivi les opérations. Ils ont détecté   les tentatives de fraude, dénonçé les désordres, mais sans jamais dénoncer la validité globale du scrutin.

Prudence donc face aux prometteurs de beaux jours, aux prophètes de malheur ou de bonheur, prudence face aux résultats incomplets. En Belgique, durant ces plus de 500 jours de crise gouvernementale, on a dit et répété : « quand il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien » Ajoutons qu’en matière d’élections,  tant qu’on ne sait pas tout…on ne sait rien. Et qu’on ferait mieux de se taire….

4 décembre 2011

Etat des lieux des “années Kabila”

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Jusqu’au pied de l’avion, des Congolais nous interpellaient : « Dites la vérité, dites que pour nous cela ne va pas, que nous souffrons… Veillez à ce qu’on ne nous ne vole pas nos élections… Vous les Blancs, vous soutenez Kabila, c’est votre homme… »

La publication des résultats partiels n’a fait que confirmer les Kinois dans leur certitude : Kabila doit partir, il a perdu… » Et pour papa Antoine comme pour beaucoup d’autres « Tshisekedi, dont nous connaissons l’âge et la santé, a surtout été un moyen de faire partir Kabila…” Bon   nombre de Kinois, qui n’apprécient pas un président qui ne parle guère leur langue et n’a jamais tenu de grand meeting dans la capitale, ne  créditent pas le chef de l’Etat  des chantiers ouverts, des progrès réalisés et ils souhaiteraient le “congédier”  en votant Tshisekedi, comme en 2006 ils avaient choisi Jean-Pierre Bemba. Les résultats définitifs diront si le président a malgré tout réussi une percée dans sa  capitale rétive.  Mais avant cela, un retour sur quelques points de son bilan  peut aider à comprendre  la déception  populaire. lire la suite

4 décembre 2011

Comme un TGV qui foncerait dans le mur

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La Commission nationale indépendante (CENI) publie les résultats comme on lâcherait de la vapeur, pour tenter d’évacuer la pression. Le décompte de 33% des bureaux de vote donne la victoire à Kabila (51%) contre Tshisekedi (34%). Mais tant que les résultats de Kinshasa (8 millions d’habitants) ne sont pas connus, rien n’est joué. Sans même attendre le décompte final, l’opposition hurle<TH>: les candidats Kamerhe et Kengo rejettent tout résultat partiel, et le considèrent comme nul. Quant à Tshisekedi, qui considérait que les élections étaient valables aussi longtemps qu’il était certain de les gagner, il rejette désormais les résultats déjà publiés, met en garde le président Kabila et la CENI, les adjurant «<de respecter la volonté du peuple congolais[». L’Eglise catholique, qui a déployé 30.000 observateurs nationaux dans 24% des bureaux de vote, estime que malgré les irrégularités, les résultats demeurent crédibles. Mais les évèques s’effraient du risque de collision frontale<>: «<]nous avons l’impression de voir un train à grande vitesse qui va tout droit dans le mur>» a déclaré Mgr Djombo, président de la Conférence épiscopale nationale, implorant tous les acteurs politiques, tous les leaders, de «<pousser sur le frein>
En fait, les esprits sont portés à un tel degré d’incandescence que beaucoup, dans la capitale, redoutent que la publication des résultats définitifs et l’inévitable déception qui en suivra, ne provoquent une explosion de colère populaire, qui se traduirait par des violences et des pillages.
La peur règne sur Kinshasa: ceux qui le peuvent font des provisions ou se rendent à Brazzaville, les autres attendent et accusent déjà les Européens d’avoir choisi et imposé Kabila<! Etienne Tshisekedi a annoncé qu’en cas de besoin il «L]lancerait un mot[d’ordre». En attendant, tout le monde se signe. [