10 janvier 2012

DE Bruguière à Trevidic, les méthodes changent

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En août 1997, trois ans après l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, dans lequel se trouvait aussi le président du Burundi, la fille de l’un des pilotes de l’avion présidentiel, un Falcon 50, porte plainte avec constitution de partie civile et une instruction judiciaire est  ouverte.

Alors qu’au début les Casques bleus belges ont été accusés d’avoir abattu l’avion, et que, dans les premiers temps, la piste des extrémistes hutus a été privilégiée, en 1997, à la suite d’un rapport d’un enquêteur du Tribunal pénal international pour le Rwanda, Michael Hourigan, le ton change et le FPR est désigné comme l’auteur de l’attentat. En 1998 le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière est désigné par le Tribunal de Paris pour ouvrir une information judiciaire en relation avec une entreprise terroriste. Sans jamais se rendre au Rwanda, il mène une instruction entièrement à charge, auditionne des témoins qui par la suite se rétracteront, comme Abdul Ruzibiza et en novembre 2006,  il émet une ordonnance de soit communiqué visant à la délivrance de mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de neuf hauts dirigeants rwandais, et si le président Kagame ne figure pas sur cette liste c’est uniquement en raison de son immunité de chef d’Etat.

Kigali rompt les relations avec Paris. En 2008, l’arrestation de Rose Kabuye, chef du protocole du président Kagame, permet à la défense d’accéder au dossier et le juge Marc Trevidic prend la relève de Bruguière.

Les témoins à charge commencent à se rétracter, les failles de l’enquête, comme les manipulations menées par les enquêteurs  apparaissent. Fin 2009, Paris et Kigali rétablissent leurs relations diplomatiques,  en janvier 2010 le président Sarkozy se rend à Kigali et en octobre le juge Trevidic se rend sur le terrain avec des experts dont les conclusions viennent d’être rendues publiques.  En septembre 2011 le président Kagame s’est lui-même rendu à Paris en visite officielle : la normalisation politique a accompagné la normalisation judiciaire.