30 avril 2012

Muna Murhabazi, l’homme qui allait rechercher les enfants

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« Pourquoi je ne connais pas la peur ? Peut-être parce que je suis déjà un mort vivant… A tout moment, un homme armé peut venir me chercher, m’abattre en forêt ou dans une rue de Bukavu… Je le sais, je suis prêt… »

Muna Murhabazi est ce que l’on appelle un héros tranquille. Avec son vieux blouson, ses yeux fatigués, il ne paie pas de mine. Mais lorsque, tout à coup, il élève la voix, il dégage une autorité extraordinaire. Nous l’avons vu, d’un coup de gueule, stopper des bagarres qui auraient pu dégénérer, intimer  aux garçons l’ordre de se calmer, bloquer des tentatives de fuite et verrouiller les grilles de son centre, installé en plein Bukavu. Cet homme vit sous  tension depuis tellement longtemps qu’il n’y pense même plus et ne dort sur ses deux oreilles que lorsque, tous les deux ans, Amnesty International l’invite en Belgique et lui donne l’occasion de parler de son combat. lire la suite

19 avril 2012

Les “guerres nomades” gagnent le Mali

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Entretien avec Michel Galy, politologue

Vous avez beaucoup écrit sur les « guerres nomades ». Assistons nous à un phénomène comparable au Mali ?

Dès 1989, on a vu la guerre gagner du terrain, depuis le Liberia jusqu’en Sierra Leone, puis, en 2002, atteindre la Côte d’Ivoire. A cette époque déjà, il s’agissait de peuples guerriers. Ils étaient favorisés par des frontières poreuses, qui coupent des ethnies qui se retrouvent de chaque côté des frontières. Les mécanismes  de ces guerres se ressemblent :  les groupes armés disposent d’une base arrière, (à l’instar de Charles Taylor qui pouvait se replier sur Danane en Côte d’Ivoire) puis établissent un foyer de l’autre côté de la frontière et de là, tentent de progresser vers la capitale.

Où se trouve aujourd’hui le foyer de cette nouvelle guerre nomade ?

Si on essaie de transposer le concept, il apparaît que le foyer se trouve dans le Nord du Mali. Il dispose de ressources en hommes et en matériel au départ de la Libye, cette  Libye qui a implosé après la chute de Kaddhafi et la guerre néocoloniale menée par la France et de l’Otan. Les spécialistes estiment qu’entre 5 et 10.000 missiles ont été mis en circulation dans la nature. Les guerriers touaregs qui faisaient partie des troupes irrégulières de Kaddhafi, -la légion arabe-, ont été remis à disposition de leur pays d’origine. Le président du Mali Amadou Toumani Touré a très mal négocié, puisqu’il a laissé ces Touaregs revenir dans le nord du pays avec armes et bagages, avec leur vieille revendication d’un Etat touareg.  Les Touaregs sont comme les Kurdes, un peuple sans Etat. Le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) incarne leurs aspirations : disposer d’un territoire, l’ Azawad, qui s’étendrait sur le Nord du Mali au nord du Niger (où Areva exploite l’uranium) Si la guerre nomade se poursuit, elle atteindra la Mauritanie, l’Algérie et le groupe Boko Haram, du Nigeria, aurait rejoint les combattants.

Comment les Touaregs seraient ils devenus islamistes ?

Il y a au fond deux revendications parallèles, qui s’étendent sur un même territoire : les Touaregs sont prêts à demeurer dans le Nord du Mali, autour des villes de  Gao, Mopti, Tombouctou tandis que les islamistes ont pour objectif soit de descendre vers la capitale soit de créer une sorte de réduit islamiste. Un Afghanistan nomade aux portes de l’Europe…

La dictature libyenne avait fixé beaucoup de groupes guerriers itinérants et l’OTAN a favorisé, en Libye, le retour des groupes guerriers touaregs surarmés, dotés de RPG et de missiles vers le Nord du Mali et du Niger…Au sein de certains milieux militaires français, on nourrissait une sympathie  larvée pour les Touaregs, avec des réminiscences coloniales… On se rappelle que les compagnies méharistes  étaient naguère dirigées par des officiers français…J’ai rencontré autrefois des  officiers français qui disaient qu’il fallait collaborer avec les Touaregs pour contrôler le désert…

Favoriser les Touaregs pour lutter contre Al Qaida notamment à propos des otages français : c’était une sorte de partie de billard à trois bandes…Mais on jouait avec de la dynamite car finalement,  les deux parties se sont alliées pour conquérir le Nord du Mali…

On a donc obtenu le contraire de ce que l’on souhaitait et on a déstabilisé un Etat fragile, où cohabitaient les nomades et les peuples sédentaires, que les premiers considèrent toujours comme d’anciens esclaves.

Les ressources de l’Azawad (gaz, pétrole) ont-elles joué ?

L’idée d’un Azawad indépendant rejoint de très vieux projets coloniaux, qui datent du moment de l’indépendance de l’Algérie : garder le Sahara indépendant, pour pouvoir exploiter ses ressources en pétrole et en minerais…Ces scénarios géopolitiques assez primaires remettent tous en question la légitimité des Etats sahéliens et notamment le Mali et le Niger.

Une intervention militaire de la CEDEAO  (Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest) pourrait-elle être efficace ?

Pas du tout : la force militaire de l’Ecomog a été une catastrophe ambulante  et je ne vois pas ce que pourraient apporter des présidents issus de coups d’Etat comme Blaise Compaoré au Burkina Faso ou appuyés par une rébellion armée comme Ouattara en Côte d’Ivoire…En Côte d’Ivoire, les anciennes Forces nouvelles ou leurs alliés les combattants dozos sont plus qu’opposés à aller combattre au Mali. Ce sont des peuples frères et ils préfèrent poursuivre leur entreprise de pillage du Sud de la Côte d’Ivoire. En plus,  en Côte d’Ivoire  il y a des liens entre des  « com zones » (comandants de zone)  pro Ouattara et certains milieux islamistes… Ne seraient ce que des complicités au niveau des trafics, d’armes et de drogue…

Qui pourrait jouer un rôle stabilisateur ?

L’Algérie pourrait le faire, mais n’a aucun envie de sortir de ses frontières. Au contraire elle a poussé vers le Sud le GSPC, (groupement salafiste),  ancêtre d’Aqmi, au-delà de ses frontières. L’Algérie considère  qu’elle doit avoir une position dominante dans le Sahara et repousse toute idée d’une intervention française ou américaine…

A terme toute cette zone va être interdite d’accès aux Occidentaux…Pour moi c’est aussi la conséquence des deux interventions militaires sarkozistes, en Côte d’Ivoire et en Libye…Les effets pervers de ces interventions s’avèrent plus importants que les bénéfices momentanés que les intérêts français ont pu en retirer. Mais de telles considérations n’ont pas pesé dans la campagne électorale…

19 avril 2012

Congo. Un technocrate aux affaires

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S’entretenant avec Didier Reynders, le président Kabila avait été clair : le nouveau Premier Ministre serait l’émanation d’une nouvelle génération politique et créerait la surprise. Un mois plus tard, la nomination de Matata Ponyo Mapon à la Primature confirme cet engagement et torpille les hypothèses qui couraient hier encore à propos d’une éventuelle ouverture à l’opposition, voire d’un gouvernement d’union nationale.

Car le nouveau chef de gouvernement sort tout droit du sérail présidentiel : il est né en 1964 à Kindu dans le Maniéma, une province qui témoigne une indéfectible fidélité au chef de l’Etat, entre autres parce que la mère de Joseph Kabila est originaire de cette province de l’Est. En outre, Matata Ponyo est issu du parti  majoritaire, le PPRD, et dans le gouvernement sortant, il occupait le poste de Ministre des Finances. C’est sans doute  cette fonction qui lui a valu sa promotion actuelle : en 2010, la politique d’équilibre budgétaire, imposée contre vents et marées, avait permis au Congo de franchir un cap essentiel, celui du « point d’achèvement de l’initiative d’effacement de la dette en faveur des pays pauvres et très endettés (PPTE)», clé de l’effacement de 90% de la dette extérieure du pays.

Sur le plan macro économique, Matata Ponyo peut avancer de bons résultats, une croissance de 6%,  une monnaie stable, un dialogue constant avec les institutions internationales, FMI et Banque Mondiale. Un technocrate donc, au moins aussi apprécié à l’étranger que l’était naguère l’actuel président du Sénat Kengo wa Dondo, l’ « homme de la rigueur », bien introduit auprès des Occidentaux et qui, cette fois encore, avait proposé ses services…

Issu de la Faculté des sciences économiques de Kinshasa, où il était enseignant, ancien directeur du Bureau central de coordination chargé de la reconstruction des infrastructures, Matata Ponyo est un spécialiste des finances publiques et sa nomination devrait rassurer les partenaires extérieurs. Mais les dernières élections, malgré les désordres et les fraudes,  ont démontré que la population, de toute urgence, entendait désormais bénéficier elle aussi des fruits de la croissance.

Autrement dit, le nouveau chef de gouvernement, connu pour sa rigueur, ne devra pas seulement lutter contre la corruption, il devra se battre pour que, dans le budget de l’Etat, les secteurs sociaux deviennent prioritaires.

Sera-t-il la surprise de ce dernier mandat (en principe) du chef de l’Etat ? Beaucoup l’espèrent, en lui attribuant la chance que l’on accorde aux survivants : en février dernier en effet, M. Matata Ponyo se trouvait à bord de l’avion qui s’écrasa dans un ravin à Bukavu, accident dans lequel Augustin Katumba, le principal conseiller de Kabila, fut tué sur le coup. Transporté et soigné en Afrique du Sud, le ministre des Finances fut le premier à revenir aux affaires.

Avec Aubin Minaku nommé à la présidence de l’Assemblée nationale, la nomination de ce jeune technocrate  marque aussi l’arrivée d’une génération nouvelle, qui se démarque de l’ère post coloniale…

17 avril 2012

Pour rêver des trésors du Congo

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Chantal Tombu et Alain Huart ont pris un engagement pour les dix prochaines années : publier sur chacune des onze provinces du Congo une monographie qui allie les informations touristiques, l’approche anthropologique et culturelle et l’aperçu économique.

Le premier de ces ouvrages, consacré au Bas-Congo, est à la fois hétéroclite et fascinant : d’un côté, il invite les « fûtés » et les « routards » à  faire le voyage et leur communique une multitude de « bons plans », qu’il s’agisse des séjours, des excursions, des logements pas trop chers, des lieux où s’attarder devant une bière fraîche ou devant les spécialités locales. Mais de l’autre, les auteurs s’attachent à retrouver les traces que l’histoire  a laissées, qu’il s’agisse de la traite esclavagiste ou des premiers pas des explorateurs puis des colons.

L’évocation des caravanes esclavagistes qui parcoururent la région est passionnante, surtout lorsque les auteurs retrouvent les gestes et les traditions qui furent emmenés par les populations «kongo » d’Angola et du Bas Congo, jusqu’à Cuba, au Brésil ou en Haïti.

A Boma, les voyageurs retrouvent le Congo de Stanley, du lointain Léopold II ; les auteurs font une incursion par le musée de Kinshasa, puis parcourent la ville et font revivre l’épopée de ceux qui se préparaient à remonter le fleuve. Plus loin dans le Mayombe, l’histoire cède la place au souci de préserver la forêt tropicale, aux mécanismes qui devraient permettre à la fois de protéger les arbres et d’assurer un revenu aux paysans  et il apparaît que les recettes de l’éco tourisme pourraient contribuer à satisfaire les deux impératifs.

Photos, maquettes, dessins ponctuent cet ouvrage superbement édité, qui est à la fois un compagnon de voyage et un livre de collection.

Moins connue que le Bas Congo,  la région du Haut Uele a également fait l’objet d’une importante monographie : plusieurs auteurs liés au Musée de Tervuren, sous la direction de Jean Omasombo, ont retracé l’histoire de cette région voisine de la frontière soudanaise, qui a été particulièrement perturbée par les troubles qui ont suivi l’indépendance. C’est là en effet que se déploya la rébellion des Simba, c’est par l’Uele que les « rebelles » mis en déroute par l’armée de Mobutu se taillèrent une échappée vers le Soudan. Cette région, relativement peu visitée, jusqu’à aujourd’hui, est cependant très riche sur le plan culturel, malgré les destructions opérées par les missionnaires. Les statuettes et les instruments mangbetu sont d’une qualité remarquable, le parc national de la Garamba est considéré par l’Unesco comme un chef d’œuvre en péril. Car le péril  subsiste encore : cette région est toujours menacée par la guerre, par les incursions des pasteurs bororos, par la convoitise des groupes armés attirés par l’or de Kilo Moto. Cette monographie là est trop volumineuse pour être emmenée en voyage, mais elle représente sans doute le document le plus exhaustif jamais consacré à l’une des plus fascinantes  régions du Congo.

Chantal Tombu et Alain Huart, Bas Congo, éditions Weyrich-Africa

Haut Uele, trésor touristique, sous la direction de Jean Omasombo Tshonda, publié par Le Cri, Africa (musée royal de l’Afrique centrale)

17 avril 2012

Ces survivants qui gènent les “brouilleurs d’image”

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En ce mois d’avril où le Rwanda se consacre au souvenir des victimes du génocide des Tutsis –un million de morts en trois mois, on ne le rappellera jamais assez- le petit livre clair et incisif de Dominique Celis « gêneurs de survivants » (1) vient à son heure. L’auteur, comme bien d’autres avant elle, retrace l’enchaînement du malheur, la montée en puissance du Hutu Power, la préparation puis le déroulement des massacres, leur mode opératoire et l’intervention du Front patriotique rwandais qui mit fin aux tueries et installa un autre pouvoir le 4 juillet 1994. Tout cela, mis en perspective en termes précis, est connu, mais mérite d’être rappelé sans complaisance. Cependant, l’intérêt de l’ouvrage est ailleurs : loin des circonlocutions et de l’équilibrisme, l’auteur, dès l’introduction, abat  ses cartes. Le propos est clair : « ce livre a été écrit pour qu’il soit pris acte d’un fait : en 1994, les Tutsis ont été exterminés par les extrémistes hutus, avec la collaboration de la France, la complicité directe de la Belgique et la complicité indirecte du reste de l’humanité. Par stratégie négationniste, des inexactitudes ont été répandues sur le régime rwandais mis en place depuis 1994 et j’ai décidé de les relever. »

A l’heure où,  à Bruxelles et ailleurs, des messes sont dites en mémoire des Hutus qui auraient été victimes d’un « deuxième génocide », à l’heure où des révisionnistes désireux d’occulter les crimes de 1994 concluent des alliances contre nature avec des politiciens et des généraux en rupture avec Kagame pour des raisons diverses (dont des charges de corruption), ce livre remet les pendules à l’heure.

En Belgique, qui accueille une diaspora nombreuse et dynamique, forte d’au moins 40.000 personnes, ce type de discours est rare. Bien souvent, c’est dans le silence sinon la honte que les rescapés sont amenés à croiser des membres éminents de l’Akazu, des dignitaires ou des tueurs ordinaires rentrés dans l’anonymat.

L’auteur ne nie pas, loin s’en faut, les difficultés de la reconstruction d’un Rwanda nouveau, les aléas d’une cohabitation exceptionnellement difficile -dans quel pays au monde a-t-on vu bourreaux et victimes être obligés de se croiser sur les mêmes collines ?- voire les critiques que suscite le régime dans plusieurs franges de la population.  Mais le « brouillage de la vérité des faits » est énergiquement dissipé : il apparaît de plus en plus que le négationnisme se cristallise sur les critiques adressées  à la gestion, ou à la personne du chef de l’Etat, le président Kagame, accusé de dérive autoritaire voire criminelle dans sa gestion de la presse et de ses opposants. Or « c’est du génocide des Tutsi dont il est question, et non d’apprécier ou non Paul Kagame, cela importe peu. »

Au passage, l’auteur égratigne les « donneurs de leçons » occidentaux, qui « participent d’une logique ethnocentriste, selon laquelle l’Occident continue d’être la référence ultime en matière d’organisation de la société civile et de l’ Etat ». Elle suggère qu’au Rwanda précisément, l’Occident a perdu tout droit de donner quelque leçon que ce soit et s’étonne du crédit dont jouit l’opposante Victoire Ingabire, qui a ouvertement collaboré avec des groupes génocidaires et propagé une idéologie, celle du « peuple majoritaire »  qui est dorénavant interdite par la loi.

A travers ce petit livre sec et incisif, on sent aussi une douleur qui affleure, celle des survivants. Entre les lignes, on devine le chagrin de ceux qui ont perdu des familles immenses et se demandent pourquoi ils ont été épargnés. On lit la demande de ceux qui voudraient qu’on les comprenne, qui souhaiteraient qu’avant de juger, on essaie de mesurer les défis immenses auxquels est confronté un régime qui a essayé de briser le cycle de la haine et de l’exclusion, qui a misé sur la citoyenneté.

Dominique Celis, Gêneurs de survivants ! La question du génocide des Tutsi, collection « Liberté, j’écris ton nom » 10 euros

12 avril 2012

La deuxième mort de Chebeya?

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Les Congolais auront-ils l’occasion de voir le dernier film de Thierry Michel «l’affaire Chebeya, un crime d’Etat» Rien n’est moins sûr. Le ministre congolais de la Justice, Luzolo Bambi, a demandé à la commission nationale de la censure (qui, hélas, existe encore…)d’empêcher la diffusion de ce film qui retrace un procès hors du commun<TH>: celui des huit policiers jugés par la Cour de Justice militaire pour l’assassinat du militant des droits de l’homme. Cette interdiction est d’autant plus paradoxale que le cinéaste avait été autorisé à filmer toutes les séances de ce procès public. Thierry Michel en avait ramené un film nuancé, qui se regarde comme un polar, à ceci près qu’il n’y a pas de fiction et que certains des protagonistes ont des têtes de barbouzes plus vraies que nature tandis que d’autres inspireraient plutôt la pitié. Même si le général Numbi, considéré comme le suspect numero un, (avec lequel Chebeya avait rendez vous) n’a pas été invité à comparaître, le procès avait été largement médiatisé tandis que le film, qui a déjà reçu de nombreux prix, en France et en Belgique poursuit une carrière internationale. Le cinéaste comptait présenter son oeuvre dans divers lieux culturels au Congo en juillet prochain et il considère que sa diffusion, à l’instar du procès lui-même, représente un test de maturité démocratique.
Qu’il s’agisse du film ou de la sordide réalité de l’assassinat, l’affaire Chebeya appartient déjà à l’histoire du Congo et ce n’est pas la <petite cuiller» d’une censure irréfléchie qui pourra arrêter le flot des émotions…
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9 avril 2012

Attentat du 6 avril: une version burundaise à verser au dossier

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Selon Deo Ngendahayo, la  réunion de Dar es Salaam qui précéda la mort du président Habyarimana était consacrée… au Burundi

« On lui avait dit qu’il ne ferait pas plus d’un mois au pouvoir… A la veille de son départ pour Dar es Salaam, le président burundais Cyprien Ntariyamira avait fait remarquer à ses collaborateurs qu’il y avait déjà trois mois qu’il avait succédé à Melchior Ndadaye, assassiné  en novembre 1993.  Vingt quatre heures plus tard, il trouvait la mort dans le Falcon 50 qui ramenait à Kigali le président rwandais Habyarimana… »

Depuis 17 ans, la polémique concernant l’attentat contre l’avion du président rwandais enflamme l’opinion car ce crash est généralement décrit comme l’élément déclencheur du génocide qui emporta un million de Tutsis et d’opposants hutus. lire la suite

8 avril 2012

Rwanda: les flèches de Théogène Rudasingwa

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Dix  huit ans déjà… Au Rwanda, mais aussi à Paris, Bruxelles et dans d’autres capitales, les Rwandais ont célébré, dans le recueillement, l’anniversaire du 7 avril, date  qui marque le début du génocide, au lendemain de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana.

A Bruxelles, une stèle a été inaugurée en mémoire des victimes. La journée a été placés sous le thème “apprenons notre histoire pour façonner un avenir brillant”. Samedi soir,  une veillée a réuni à Auderghem une assistance nombreuse qui, dans un silence presque religieux, a écouté les témoignages de survivants et de rescapés, aussi poignants qu’aux premiers jours. lire la suite

4 avril 2012

Bosco démontre sa force à Goma

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La démonstration de force du général Bosco Ntaganda a produit l’effet escompté : Goma vit à nouveau dans la peur. Depuis lundi en effet, des jeeps blindées, chargées d’hommes lourdement armés sillonnent la capitale du Nord Kivu et des mouvements de troupes sont enregistrés plus au nord, à Rutshuru et vers Runyoni, du côté de la frontière rwandaise.  Les observateurs redoutent une dissidence au sein du 804eme régiment des Forces armées de la RDC, sinon une nouvelle rébellion. lire la suite

3 avril 2012

Hallucination collective?

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Depuis le scrutin du 28 novembre, les témoignages de désordres, d’irrégularités se sont amoncelés. Même s’il est vrai que les violences imputables à l’opposition (véhicules et personnel de la CENI attaqués, provocations multiples) n’ont pas été suffisamment relevés,  il n’en demeure pas moins que, dans bien des cas, les résultats finaux annoncés dans les centres de compilation différaient des procès verbaux affichés dans les heures suivant le vote. En plus des aléas d’un scrutin à la proportionnelle, la question de la manipulation s’est clairement posée.

D’ailleurs la sagesse populaire confirme les remarques de la plupart des observateurs puisqu’elle assure que les députés sont « nommés » au lieu de dire qu’ils sont « élus » !

Le pasteur Mulunda récuse les reproches avec une vigueur qui autorise trois hypothèses : soit la plupart des témoins occidentaux ont été victimes d’une hallucination (d’une intoxication ? ) collective, soit l’homme de Dieu est dans le déni de la réalité,  soit la réalité serait plus complexe.

Car il est exact que des personnalités haut placées au sein du régime, voire proches du chef de l’Etat, et ne manquant ni de notoriété ni de moyens ont été recalées. Peut-être ces anciens mobutistes, ou ces « grognards » du régime, amis de la première heure de Laurent Désiré Kabila et de son fils n’étaient ils pas membres d’un autre « club », celui du « pouvoir parallèle » si souvent dénoncé ? Un pouvoir qui aurait, lui, imposé la liste de ses favoris ?

S’il ne s’agît là que d’une supposition, ce qui est certain, c’est que les élections ont été marquées par le désordre, que les membres de la CENI, débordés, ont très mal communiqué, alimentant ainsi la suspicion. Quant aux observateurs, ils auraient du s’engager en plus grand nombre et éviter de prendre la poudre d’escampette au lendemain du scrutin…