28 mai 2012

Un vent caraïbe, un souffle belge passent sur Saint Malo

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A Saint Malo, une fois encore, l’écrit est à marée haute. Les lecteurs ont envahi la ville et les écrivains se sont emparés de la parole. En tous lieux, le Palais du grand large, mais aussi le salon du livre, les petites librairies de quartier, les théâtres et les chapelles, il y a débat, confrontation, questionnement. Un vent caraïbe souffle sur la ville, porté par les Haïtiens Dany Laferrière et Lyonel Trouillot, par Patrick Chamoiseau tandis que le Congolais Alain Mabanckou rappelle que le prix Ouest France marqua le début de sa carrière. Le Festival Etonnants Voyageurs, ouvert au vent de l’Atlantique, décoiffe la littérature française, les cloisons volent, poètes, écrivains, cinéastes se mêlent. Cette année, une quarantaine de Belges ont représenté l’ailleurs proche, l’inconnu de proximité. On les attendait aux rendez vous du surréalisme, de la bizarrerie, de l’humour et ils n’ont pas déçu. Les éditeurs étaient là, André Versaille, Aden, Nevicata, et surtout les auteurs, Alain Berenboom, Caroline Lamarche, Nicole Roland, William Cliff, les créateurs comme François Schuiten, David Van Reybrouck, dans l’attente de la traduction française de son livre « Congo », Monique Dorsel, Jacques De Decker et tant d’autres : lorsque la petite troupe prit d’assaut le « train des écrivains » gare Montparnasse, on avait déjà le sentiment de jouer « quai des Belges ». A Saint Malo, les plus burlesques furent à hauteur de leur réputation et un public surpris eut droit à Noël Godin, l’entartreur sans tarte mais non sans verve, à Jan Bucquoy, toujours prêt escalader les palais, à Andre Stas, encore plus redoutable lorsqu’il est à jeun, à Jean-Pierre Verheggen qui joue à saute mouton avec les mots, à Theophile de Giraud qui résuma l’art plastique à l’art de montrer la sienne, se retrouvant à poil tandis qu’à l’extérieur il pleuvait des cordes. Il y eut aussi Franquin, qui eut droit à une très belle exposition, à la projection des derniers films de Thierry Michel et de Françoise Levie…Surprenants, chahuteurs, les Belges semblaient souvent plus à l’Ouest qu’au Nord mais c’est surtout dans la forme qu’ils ont surpris. Car pour ce qui concerne le fond, l’enrichissement de la langue par la luxuriance des mots, les audaces de la pensée, les véritables remises en cause, c’est d’ailleurs qu’est venue la lame de fond : des écrivains venus d’Afrique, des Caraïbes, du prix Goncourt Alexis Jenni qui puise son inspiration dans les guerres coloniales, Indochine, Algérie, de Pascal Blanchard, infatigable explorateur de la « France noire » qu’il découvre au départ de cet ailleurs si proche que sont les banlieues…
Quant à la surprise, elle est venue du public lui-même. Il paraît qu’on ne lit plus, que le numérique a pris le pouvoir, que les gens n’aiment plus que le sport, les jeux télévisés, les séries, qu’il faut les amuser, les distraire, les empêcher de penser. Vraiment ? Que ceux qui croient encore cela sachent que la ringardise a changé de camp, qu’à Saint Malo, ils étaient plus de 60.000 participants au festival, des gens ordinaires qui aiment la plage et les restaurants, mais qui aiment plus encore rencontrer leurs écrivains préférés, participer à des débats toujours trop courts. Des gens qui viennent ici pour écouter à travers les livres le souffle du monde comme d’autres collent leur oreille aux coquillages…

24 mai 2012

Prêter des millions…aux plus pauvres

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Deux Congolais lauréats du prix de la gouvernance d’entreprise

Envahie par les réfugiés ou les déplacés, engloutie sous la lave du volcan Nyiragongo en 2002, la ville de Goma a parfois été décrite comme la « capitale mondiale de l’humanitaire » en raison des innombrables organisations non gouvernementales qui s’y sont installées. Depuis l’afflux des réfugiés hutus en 1997, des centaines de millions de dollars, destinés à l’aide humaitaire, ont été dirigés vers le Nord Kivu et cette manne a souvent été décrite comme stérile, sinon contre-productive. Tel n’est pas l’avis de Déo Katulanya, qui estime que les Congolais qui, de près ou de loin, ont eu accès à ces ressources, ont tenté d’en faire le meilleur usage.
Après avoir été directeur adjoint du Cemubac, (une ONG belge spécialisée dans le domaine de la santé, soutenue par l’ULB et très active au Nord Kivu) puis chef d’un projet d’information sanitaire à Kinshasa, Déo a eu envie, en 2001, de rentrer dans sa province et d’aider ses compatriotes à assurer leur propre développement. « à l’époque, les gens avaient besoin de mettre à l’abri l’argent qu’ils avaient gagné en travaillant auprès des réfugiés pour les organisations internationales, ils ne voulaient plus déposer leur épargne au Rwanda et les banques étaient inexistantes. C’est alors que j’ai eu l’idée, avec mon ami Mufunguzi Masumbuko, d’ouvrir une petite coopérative d’épargne et de crédit.
Dès le départ, le public nous a fait confiance. Il faut dire que, lors de l’éruption du volcan, en 2002, nous avons été les seuls à réussir à sauver l’argent que nos membres avaient déposé dans nos coffres… »
Déo a le succès modeste, mais il reconnaît que l’argent, très vite, a afflué dans les caisses de Mecreco : « il s’agissait de sommes modestes, de petites économies, -un salaire d’enseignant, de chauffeur, de fonctionnaire- qui étaient aussitôt réinjectées dans le circuit. De petits entrepreneurs se sont alors adressés à nous pour obtenir des prêts. Le montant maximum du crédit était de 30.000 dollars, souvent bien moins, pour une durée de 18 mois. Les projets étaient modestes eux aussi : construire une maison, acheter un véhicule pour faire du commerce avec l’Ouganda, ouvrir un petit magasin, acheter un minibus de transport. Nous avons cependant essayé de réduire les crédits destinés à la consommation, privilégiant les activités génératrices de revenus… »
Mecreco ne travaille pas à perte « les intérêts de nos crédits vont de 24 à 48% dont 2% restent chez nous, pour payer notre fonctionnement. En dépit de ces prix élevés, les gens s’adressent à nous, car ils savent que les banques, quand elles existent, ne sont pas intéressées par leurs petites économies, ou leurs petits emprunts. »
Comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, Mecreco, en dix ans, créé 38 agences, réparties dans 6 provinces du Congo et est devenue le deuxième réseau de micro finance du pays. Avec fierté, Déo Katulanya souligne que Mecreco crée aussi des emplois : « forts de 100.000 membres, nous avons embauché 400 salariés, qui gèrent les sommes en circulation, soit 22 millions de dollars… »
Nul n’est trop petit pour s’adresser à Mecreco, une maman qui veut un crédit pour vendre des légumes au marché ou transporter du makala (charbon de bois) sera aussi bien accueillie qu’un promoteur qui veut se joindre au boom immobilier de Goma. Ne perdant pas de vue sa finalité de développement, la coopérative veut aussi créer au bénéfice de ses membres un service de sécurité sociale, un système d’assurance santé.
Ce souci du social, cette foi dans la capacités entrepreneuriales des Congolais, la volonté de lutter contre la fraude et d’instaurer une gestion rigoureuse ont séduit le comité de sélection d’un nouveau Fonds, géré par la Fondation Roi Baudouin : le «Fonds gouvernance d’entreprise en RDC ». Décerné tous les deux ans à « un homme ou une femme qui gère son entreprise de manière remarquable » un prix de 15.000 euros a été attribué cette année à deux lauréats, différents et très complémentaires, Deo Katulanya pour Mecreco, et Olivier Mushiete, créateur de Novacel (nouvelle société d’agriculture, cultures et élevage). Sur le plateau des Bateke, dans la province de Kinshasa, Novacel entend développer la production du manioc et approvisionner la capitale et, surtout, créer une forêt qui sera considérée comme un « puits de carbone ».

21 mai 2012

L’alliance entre Kigali et KInshasa résiste aux combats dans le Nord Kivu

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Dotées de de chars et d’hélicoptères de combat, les forces armées congolaises ne lésinent pas sur les moyens pour réduire le bastion des militaires mutins adossés à la frontière rwandaise du côté de Bunagana et de la localité de Jomba, à une dizaine de kilomètres de la frontière ougandaise. Les militaires dissidents, appartenant au mouvement M23, assurent qu’ils résistent aux assauts mais les observateurs militaires sur le terrain relèvent que les forces gouvernementales, dont le 322eme bataillon, formé par les Belges, font preuve d’une combativité inhabituelle et dont déjà engrangé des succès., mais uassi de sérieuses pertes.
Cependant, l’issue des affrontements au Nord Kivu ne dépend pas uniquement du rapport de forces militaire ; elle devrait, in fine, être déterminée par les relations entre la RDC et le Rwanda. Sur ce point, aussi bien à Kinshasa qu’à Kigali, les signaux positifs se multiplient : le nouveau ministre congolais de la défense s’est rendu au Rwanda voici une semaine et, le week end dernier, à l’issue d’une réunion de leur commission mixte, les deux pays ont décidé d’étendre à la situation sécuritaire le mandat de leur commission conjointe de renseignements. Autrement dit, -à l’inverse de ce qui s’était déjà produit précédemment- le Rwanda ne soutient guère les mutins, qui sont cependant des ressortissants congolais d’origine tutsi, et ne devrait pas leur fournir de base de repli sur son territoire. Sur le terrain cependant, des témoins nous ont déclaré avoir constaté que les rebelles étaient approvisionnés en nourriture depuis le territoire rwandais et que des hommes non identifiés traversaient la frontière.
A Kinshasa, lors Conseil des Ministres du lundi matin, le président Kabila a explicitement souligné que « les communautés vivant au Kivu ne devraient pas invoquer les pays voisins comme échappatoire » et il a précisé que « les milices formées par les différents groupes ethniques seront combattues, de même que leurs «parrains intellectuels », c’est à dire des politiciens locaux… »
Cela étant, la loyauté du voisin rwandais a une contrepartie : les responsables du renseignement, dans les deux pays, se sont engagés à présenter d’ici dix jours « un plan concerté » afin de poursuivre la traque des rebelles hutus des Forces armées pour la libération du Rwanda (FDLR)
Kigali craint en effet que ces rebelles hutus ne mettent à profit les troubles au Nord Kivu pour renforcer leurs positions. Au Sud Kivu déjà, des attaques meurtrières attribuées aux FDLR se sont multipliées : 11 militaires pakistanais de la Monusco ont été blessés le 14 mai, des ONG locales dénoncent des attaques meurtrières sur Bunyakiri et Kamagana.
En outre, les affrontements actuels ravivent des tensions communautaires : les Tutsi congolais, simples civils ou intégrés dans l’armée régulière, redoutent d’être tenus pour collectivement responsables de l’action de quelques centaines de mutins et des agressions individuelles ont déjà été enregistrées. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a annoncé l’assassinat de l’un de ses employés à Goma, blessé par balles à son domicile. M. Makabuza était en charge de la sécurité à Rutshuru et auparavant il avait travaillé pour les services de sécurité congolais.

15 mai 2012

Kivu: le Rwanda propose sa médiation

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Face à la mutinerie d’un groupe de militaires issus du CNDP (Conseil national pour la défense du peuple), qui réclament le retour aux accords conclu le 23 mars 2009, d’où le nom de leur mouvement M23, Kinshasa  a choisi la manière forte : des chars, des hélicoptères de combat et les troupes de la force de réaction rapide sont engagés  face aux mutins. Ces derniers se sont retranchés dans le parc des Volcans, le long de la frontière rwandaise. lire la suite

11 mai 2012

Le parc des Virunga menacé par les pétroliers

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Déroulant ses montagnes, ses volcans et ses forêts sur 8.000 kilomètres carrés au nord de Goma, le parc des Virunga, ancien parc Albert, est le plus ancien du continent africain. En 1979, l’Unesco le classe au rang de patrimoine mondial de l’humanité en raison de sa biodiversité exceptionnelle. Quinze ans plus tard, en 1994, son statut est devenu bien plus préoccupant: voilà le parc qualifié de «]site en péril». lire la suite

8 mai 2012

Nouvelle mutinerie au Kivu

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Qu’il soit en fuite pour tenter de gagner l’Ouganda en traversant le parc des Virunga, qu’il ait été blessé  ou qu’il ait été abattu par des membres de sa garde rapprochée, auxquels il avait demandé qu’on ne le capture pas vivant, importe finalement assez peu : ce qui est certain, c’est que le général Bosco Ntaganda, l’un des hommes les plus redoutés au Congo, appartient au passé sinon à la justice.

Originaire du Masisi, Bosco Ntaganda avait, dans l’Ituri, été l’adjoint du chef rebelle Thomas Lubanga, qui comparaît en ce moment devant la Cour pénale internationale. Il avait ensuite rejoint le général Laurent Nkunda au Nord Kivu et l’avait  remplacé en 2009.  Il est probable que le mandat d’arrêt délivré par la CPI à l’encontre de Bosco Ntaganda pour des crimes commis dans l’Ituri ne sera jamais exécuté, car les révélations que pourrait faire « Terminator » pourraient s’avérer compromettantes pour beaucoup.

La mise à l’écart de Bosco Ntaganda est survenue à la suite d’une offensive de l’armée congolaise, qui a pris le contrôle de Mushaki, dans le Masisi, mais la paix dans la région n’est pas rétablie pour autant. En effet, le général Sultani Makenga, adjoint de Ntaganda, qui dirigeait les opérations menées au Sud Kivu contre les rebelles hutus s’est lui aussi mutiné, en compagnie d’autres officiers du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) et il a fondé un nouveau mouvement rebelle, le M23, qui reprend les anciennes revendications des Tutsis congolais.  Invitant les mutins à regagner leur poste dans l’armée congolaise, le général Didier Etumba, chef d’état major, a suspendu pour cinq jours les opérations militaires.

D’après certains observateurs, cette trêve pourrait permettre  à Bosco Ntaganda de disparaître dans la nature tandis que les mutins auraient le temps de se regrouper tous leurs hommes déployés au Nord et au Sud Kivu et de présenter de nouvelles revendications.

La presse rwandaise relève qu’une rencontre a eu lieu à Gisenyi entre le ministre rwandais de la défense James Kabarebe et le colonel Kalev Mutond, envoyé spécial du président Kabila, « afin de trouver une solution pacifique à la crise dans l’Est du Congo. » Il est évident que même si Bosco Ntaganda disparaît, Kigali aura toujours besoin d’un homme- lige au Kivu, pour assurer, entre autres,  la sécurité de sa frontière…

3 mai 2012

Même si “Terminator” se termine, les problèmes du Kivu demeurent posés

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Même s’il est toujours retranché dans le massif du Masisi, au dessus de Goma, entouré de soldats qui lui sont restés fidèles il est douteux que le général Bosco Ntaganda demeure encore longtemps en liberté et à la tête du CNDP (Conseil national pour la défense de la démocratie). En effet, le gouverneur du Nord Kivu, Julien Paluku, a déclaré que le général allait être poursuivi pour indiscipline et devrait répondre de ses actes. En effet, Bosco Ntaganda, dit « Terminator » est, malgré les démentis qu’il oppose, soupçonné d’avoir poussé à la révolte plusieurs centaines de militaires tutsis, auparavant intégrés au sein des forces armées congolaises. Ces hommes font actuellement l’objet d’une opération militaire menée par un bataillon de la Force de réaction rapide, l’une des meilleures unités de l’armée congolaise, formée par les Belges à Kindu. Il semble que les autorités congolaises aient pris la décision de régler le problème posé par Bosco Ntaganda pour plusieurs raisons : l’indiscipline de ses troupes, qui répondaient à des structures de commandement parallèles, la pression maximale exercée par la communauté internationale, dont les Belges et les Américains, et, in fine, la crainte de voir Ntaganda s’allier  avec des rebelles hutus commandés par un major du nom de Gasore. Cette alliance semble contre nature, les hommes de Ntaganda ayant été, durant des années, en première ligne de la lutte contre les combattants hutus des FDLR mais elle pourrait s’expliquer par le fait que, n’ayant plus grand chose à perdre, le général est prêt à conclure n’importe quelle alliance sur le terrain pour maintenir sa position de force. Quant aux ONG, nationales et internationales, sous la houlette de Human Rights Watch qui souhaiterait que Ntaganda soit transféré à la Cour pénale internationale, elles ne relâchent pas la pression : 142 organisations de la société civile et de défense des droits humains se sont adressées à la secrétaire d’Etat Hillary Clinton pour presser les Etats Unis d’apporter son soutien au gouvernement congolais pour qu’il arrête « Terminator ». lire la suite

2 mai 2012

Les vrais enjeux de Goma

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Des milliers de civils en fuite, refluant vers la frontière rwandaise ou cherchant refuge à Goma… Un impressionnant déploiement de l’armée congolaise, où la Force de réaction rapide -formée par des instructeurs belges à Kindu- tente de déloger des militaires en rébellion et a enregistré quelques premiers succès… Ces informations venues du Nord Kivu ont une allure de déjà vu. Cependant, les enjeux réels dépassent la personne du général Bosco Ntaganda, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale qui l’accuse de recrutement d’enfants soldats<TH>: ce qui se joue, c’est la stabilisation durable de l’Est du Congo.
En effet, depuis que les rumeurs d’arrestation de leur chef se sont faites plus précises, la nervosité n’a cessé de croître dans les rangs du CNDP, cette ancienne rébellion composée de Tutsis congolais intégrés au sein des forces gouvernementales. Ces hommes avaient été déployés tout le long de la frontière rwandaise et ils étaient chargés de lutter contre les rebelles hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la défense du Rwanda). Avec le temps, au lieu d’être affaibli et marginalisé, Bosco Ntaganda était aussi devenu le véritable maître de Goma et il avait pris le contrôle de réseaux commerciaux (or, cassitérite)
Début avril, plus d’une dizaine d’officiers supérieurs et de quelques centaines d’hommes issus du CNDP, ont fait défection, assurant que des promesses n’avaient pas été tenues. Entre-temps, si certains des déserteurs se sont ralliés, d’autres assurent qu’ils veulent défendre à tout prix leur chef. Bosco Ntaganda, poussé dans ses derniers retranchements et n’ayant plus rien à perdre pourrait être tenté de conclure des “alliances contre nature “ entre autres avec des opposants rwandais qui se réclament des généraux Kayumba et Karegeya, désireux de détrôner Kagame et recrutant au Kivu.
Du point de vue rwandais, les accords conclu en 2009 entre les présidents Kabila et Kagame prévoyaient explicitement la sécurisation de la frontière commune. Si le Rwanda devait estimer que Bosco Ntaganda est devenu incontrôlable et que Kinshasa échoue à le maîtriser, la paix fragile conclue en 2009 pourrait être mise en péril. C’est pourquoi, encouragées par le chef d’Etat major qui se trouve sur place, les forces congolaises mettent tout en œuvre pour réduire les mutins. Il semble aussi que, cette fois, le président Kabila soit décidé à en finir et à rétablir définitivement l’autorité de l’Etat dans l’Est du pays. Un échec pourrait coûter cher à son régime fragilisé par la contestation des élections. Par contre, la neutralisation de Bosco Ntaganda ]serait interprétée comme un signal positif. La fin de limpunité?’

1 mai 2012

L’épreuve du feu pour la force de réaction rapide à Goma

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Depuis la petite ville de Sake, au dessus de Goma, des centaines de déplacés tentent de gagner la capitale du Nord Kivu pour y chercher refuge. Depuis les localités de Mushaki, de Kiwandja, d’autres civils, par milliers, essaient de se mettre à l’abri des affrontements qui opposent des militaires partisans de Bosco Ntaganda à des troupes régulières qui s’efforcent  d’empêcher les rebelles de descendre vers Goma. lire la suite

1 mai 2012

Kinshasa ou les défis d’une équipe réduite

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Cinq mois après les élections qui avaient engendré une grave crise de légitimité, il était temps qu’un nouveau gouvernement prenne les commandes à Kinshasa. Le Premier Ministre, Augustin Matata Ponyo, sur instruction du chef de l’Etat, a visé l’efficacité et l’économie, composant une équipe de 36 ministres. Fort de sa réputation de spécialiste du cadre macro-économique et de champion de l’équilibre budgétaire, le Premier Ministre garde la haute main sur les Finances et il a nommé au Budget un professeur d’économie, Daniel Mukoko, qui  a rang de vice Premier ministre. lire la suite