29 juin 2012
L’un fête et l’autre pas…
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L’anniversaire de l’indépendance au Burundi sera une fête douce-amère. Douce, car, en présence de nombreuses délégations étrangères, le Burundi pourra démontrer qu’ à force de négociations, de compromis, de dialogues sous de multiples auspices, les démons de l’ethnisme ont été conjurés. Douce aussi car chaque province, chaque commune a été invitée à présenter une « œuvre », une réalisation concrète indiquant que la reconstruction est en bonne voie. Cependant, la fête sera aussi teintée d’amertume car bien des périls demeurent, la tentation de la violence, de l’autoritarisme d’un parti tout puissant, de la corruption endémique et le souvenir des centaines de milliers de morts emportés au cours du demi siècle écoulé ne sera pas effacé par les roulements de tambour…
Quant au Rwanda, ses dirigeants estiment que s’il n’y a rien à fêter, il y a par contre beaucoup à méditer. En effet, à Kigali voici 50 ans, l’indépendance se traduisit moins par la libération d’un peuple que par la mise à l’écart, la persécution d’une composante de la nation, -les Tutsis-, définis comme des étrangers, des indésirables, dans le pays de leurs ancêtres. Bien avant la date de l’indépendance, dès 1959, l’engrenage de la haine ethnique avait commencé à broyer le vieux royaume et seule la victoire du Front patriotique rwandais, le 4 juillet 1994 devait à la fois mettre fin au génocide et faire entrer le pays dans une ère différente, celle de la véritable rupture avec l’ « ordre » colonial, de la reconstruction de l’identité nationale.
Au Rwanda, les jours à venir seront consacrés à la réflexion, au deuil de toutes les victimes, celles que l’on peut commémorer et celles que l’on doit taire. Et même si quelques Belges seront bienvenus à titre individuel, aucun ne sera invité à titre officiel, l’ancienne métropole étant, jusqu’aujourd’hui, considérée comme la matrice de la division ethnique, sinon le dernier refuge des négationnistes de tous bords…