10 juillet 2012

Les parlementaires francophones préparent KInshasa

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Interview de Marc Christian Kabore, président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie et président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso

Quels seront les principaux thèmes de la rencontre des parlementaires qui se tient à Bruxelles ?

A l’occasion de cette rencontre annuelle, nous allons d’abord saluer le retour de la Côte d’Ivoire, qui avait été suspendue de notre assemblée. Nous allons aussi examiner les meilleures manières d’aider les Parlements nationaux, qu’il s’agisse de leur informatisation, de stages pour les jeunes. Mais surtout nous allons débattre des différentes crises africaines : évaluer la situation en Syrie, dont les parlementaires sont membres de notre assemblée, et probablement condamner la répression.

Quelle est votre approche de la crise malienne ?

Il faut tout faire pour encourager le retour à la démocratie à Bamako et, à propos du Nord, soutenir les médiations en cours, celle de l’Union africaine, celle de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Nous sommes bouleversés parce qui s’est passé à Tombouctou, cette destruction du patrimoine historique, classé par l’Unesco, nous fait mal au cœur. En outre, les Maliens se sentent abandonnés et les réfugiés touaregs arrivent dans tous les pays de la région, ils fuient les « étrangers » qui débarquent à Gao, Tombouctou. Des Afghans, des Pakistanais veulent mener la guerre sainte au départ du Sahel, c’est très dangereux…Le risque d’extension du conflit à toute la sous région est très réel, il y a un million de Touaregs au Niger… Je me demande si les autorités maliennes sont capables de faire face à cette situation : les militaires putschistes sont toujours là, le gouvernement est composé de technocrates… Notre Assemblée a suspendu la participation de la délégation malienne mais la situation dans ce pays sera au cœur de nos débats…

Aborderez vous la question de la République démocratique du Congo ?

Nous avons pris note des rapports publiés par les Nations unies : il est clair que ce pays a un problème avec ses voisins, l’Ouganda et surtout le Rwanda. Il faut absolument trouver un mécanisme permettant de sécuriser les frontières du Congo.
Quant au 14eme sommet de la francophonie, il est toujours prévu qu’il se tienne à Kinshasa le deuxième week end d’octobre, nous savons que la RDC s’y prépare sérieusement. L’an dernier déjà l’Assemblée parlementaire de la francophonie s’était réunie à Kinshasa dans de bonnes conditions. Il est important d’apporter notre soutien au peuple congolais, de lui témoigner notre solidarité. Nous espérons que les grands pays, bailleurs traditionnels, comme le Canada, le Quebec, la Belgique, soient bien représentés à Kinshasa et, évidemment, nous souhaitons la présence du président français François Hollande.
L’un des grands thèmes proposés par la Communauté française de Belgique est celui des médias, et, plus largement, de la communication. Sur la Toile, nous devons imposer la langue française, au nom de la diversité culturelle. Qui dit langue unique dit aussi pensée unique…

Propos recueillis par Colette Braeckman

XXS

L’Assemblée parlementaire de la francophonie, qui existe depuis 45 ans, est antérieure à l’Organisation internationale de la francophonie, présidée par l’ancien président sénégalais Abdou Diouf. Elle se compose de quatre sections, Afrique, Europe, Asie du Sud Est et Amérique et les députés de 48 pays y sont représentés, des pays francophones ou « ayant le français en partage ».