4 février 2013

Maisons détruites au Katanga: les Belges donnent raison à Forrest, les ONG s’indignent s

Catégorie Non classé

Le 24 novembre 2009, l’autorité provinciale décidait d’expulser de force des centaines de creuseurs qui exploitaient la mine de Lwiswishi au Katanga et réquisitionnait pour ce faire les engins de la Compagnie minière du Nord Katanga. A l’époque, l’entreprise générale Malta Forrest, filiale du groupe belge George Forrest International détenait 60% de la joint-venture CMSK, des parts qui, en septembre 2012 furent revendues à la Gecamines.
Au cours de cette opération de « nettoyage » les creuseurs, qui écrémaient les couches superficielles du gisement ne furent pas seulement chassés du site, mais dans le village de Kawama, plus de 500 maisons furent détruites par les bulldozers. Cette affaire, à l’époque, émut la Fédération internationale des droits de l’homme et l’organisation britannique Raid, (Rights and Accoutability in dévelopment) connue pour avoir souvent épinglé le groupe Forrest. Patricia Feeney, directrice de RAID, a cependant reconnu qu’après les destructions, GFI avait accordé 300 dollar à chaque creuseur évincé, mais avait par contre refusé d’indemniser les villageois qui ont perdu leur logement et tous leurs biens.
Dans les mois précédent les destructions, le climat social avait été assombri par le comportement des agents de sécurité de la mine et de la police, qui, s’en prenant aux creuseurs, avaient blessé et tué un certain nombre de personnes. Le 9 novembre un homme avait été grièvement blessé à son domicile, touché par une balle perdue.
Avec leur partenaire local, « Action contre l’impunité pour les droits humains », RAID et la FIDH se battent pour obtenir que l’entreprise Malta Forrest participe au dédommagement des blessés et finance les indemnités des villageois dont la maison a été détruite, à raison de 1500 dollars par famille, « de quoi reconstruire leur maison, remplacer matelas et batterie de cuisine » précise Benoît Van der Meerschen, au nom de la FIDH.
C’est là le fond du problème : estimant qu’elle n’est pas responsable de ces destructions, opérées avec ses engins mais sur ordre de l’autorité publique, l’entreprise minière refuse les compensations individuelles mais a entrepris des actions sociales au bénéfice du village de Kawama, réparation d’un puits, amélioration des services de maternité et construction d’un dispensaire.
Les ONG défendant les villageois de Kawama ont demandé au « point de contact » national belge (PCN), chargé de vérifier la mise en œuvre des principes directeurs de l’OCDE concernant la responsabilité des entreprises en matière de droits de l’homme, de se saisir de l’affaire. Plusieurs réunions ont eu lieu à Bruxelles en présence de représentants des diverses entités fédérales et des Ministères des Affaires étrangères, de l’emploi et du travail mais les ONG se disent aujourd’hui « déçues » car le PCN ne s’est pas prononcé en faveur d’indemnisations individuelles et le médiateur se serait montré « passif ». Les 500 villageois dont les maisons ont été détruites ne pourront compter que sur eux-mêmes…