13 juin 2013

Un général rwandais au Mali: tiens comme on se retrouve

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L’histoire a parfois d’étranges rebondissements : le général rwandais Jean-Bosco Kazura a été nommé à la tête de la Minusa, la force onusienne qui se déploiera prochainement au Mali et devra, entre autres, assurer le bon déroulement des élections prévues pour juillet prochain. Le général rwandais, un militaire expérimenté, a déjà servi au Darfour sous les auspices de l’Union africaine, où le Rwanda a mis 4000 Casques bleus à la disposition des Nations unies.
La nomination de l’officier rwandais froisse le Tchad, un pays qui a, aux côtés des Français, consenti un effort de guerre important au Mali, au prix de 38 morts en opérations.
La nomination du général Kazuba réjouit par contre Kigali, qui y voit la récompense de son engagement croissant au sein des Nations unies, car en plus des troupes présentes au Soudan, des policiers rwandais contribuent à former la police haïtienne.
Au Mali, le général Kazura retrouvera aussi une « vieille connaissance », le général Grégoire de Saint Quentin, qui dirige la force française Serval. Les deux hommes seront obligés de collaborer alors qu’en 1994 tout les opposait : combattant de la première heure du Front patriotique rwandais, Jean-Bosco Kazura se trouvait aux côtés de Paul Kagame tandis que Grégoire de Saint Quentin, qui appartenait à l’époque à la coopération militaire française, résidait dans le camp Kanombe aux côtés de la garde présidentielle rwandaise qu’il avait pour mission de former…
Le témoignage du général de Saint Quentin revêt d’ailleurs une importance cruciale à propos de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994 : aux dires de témoins belges, c’est lui qui, quelques instants après le crash de l’avion, se précipita pour recueillir des fragments de l’appareil, et peut-être la boîte noire. Et surtout, résident à proximité du lieu où l’avion s’écrasa, il fut l’un des seuls à entendre clairement le bruit du lancement des missiles et celui de leur impact sur l’appareil. Ce qui lui valut d’être interrogé par le juge français Trevidic, qui a repris l’enquête sur l’attentat contre l’avion.
S’il devait leur arriver de bivouaquer ensemble dans le désert malien, le général Kazura et le général Trevidic auraient sans doute bien des choses à se raconter…