25 septembre 2013

Le manège diplomatique

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Le manège diplomatique a fait un nouveau tour de piste : les chefs d’Etat de la région des Grands Lacs, qui, de réunion en réunion, ne semblent plus se quitter, se sont retrouvés à New York en marge de l’assemblée générale de l’ONU pour débattre du conflit dans l’Est du Congo.
La rencontre s’est soldée par des propos d’une banalité affligeante : Mary Robinson, l’envoyée spéciale de l’ONU, a souligné que la population de l’Est du Congo « avait trop souffert pendant trop longtemps », M. Di Rupo a relevé que les présidents Kabila et Kagame s’étaient « parlé cordialement » et il y a décelé « un signe positif ». Quant à MM. Reynders et Labille ils soutiennent toujours des projets d’intérêt régional. Les chefs d’Etat de la région ont également adopté des critères de suivi de l’accord cadre d’Addis Abeba, démontrant ainsi leur détermination à ne pas faire dérailler le processus de paix. Dans cet esprit, ils ont aussi condamné fermement la reprise des hostilités par le M23 et les attaques récurrentes contre les forces armées congolaises, les casques bleus et les humanitaires, manifestant même une certaine impatience. En effet, l’ultimatum de 14 jours qui avait été donné aux négociateurs pour conclure a été dépassé et un nouveau round devrait reprendre le 6 octobre prochain.
En réalité, on a l’impression que la négociation tourne en rond, butant toujours sur le même obstacle : le sort à réserver aux leaders de la rébellion du M23. Même si la liste des « non réintégrables » s’est désormais réduite à une quarantaine de personnes, Kinshasa refuse d’aller plus loin dans des concessions auxquelles l’opinion publique congolaise est très hostile. Chacun, en réalité, sait que le fond du problème est ailleurs : quelles ont été les véritables raisons de l’entrée en guerre du M23, avec le soutien, actif ou tacite, du Rwanda et de l’Ouganda ? La mauvaise gouvernance au Nord Kivu est l’une des raisons avancées par les rebelles mais chacun sait qu’aussi longtemps que les vrais commanditaires du M23 n’auront pas abattu leurs cartes (économique ? territoriale ? sécuritaire ?) les palabres pourront se poursuivre…