18 octobre 2013

Débarquement belge en Afrique du Sud

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Après François Hollande qui a visité l’Afrique du Sud à la tête d’une forte délégation, après le Portugal dont les citoyens émigrent massivement en Angola pour y trouver des emplois, la Belgique à son tour prend le chemin de l’Afrique australe, où la princesse Astrid prendra la tête, la semaine prochaine, d’une importante mission économique. Pour l’occasion, toute la Belgique, à la fois institutionnelle et économique, sera représentée : deux ministres fédéraux, Didier Reynders (Affaires étrangères) et Pieter De Crem (Défense) seront du voyage, ainsi que, pour la région flamande le ministre président Kris Peeters, qui se contentera d’un bref séjour en Angola tandis que, pour la fédération Wallonie Bruxelles son président Rudy Demotte fera précéder son séjour en Afrique du Sud d’une brève visite officielle au Burundi, au moment où ce pays commémore le 20eme anniversaire de l’assassinat du président Melchior Ndadaye.
Les gouvernements régionaux seront également du voyage : l’Angola accueillera Céline Frémault, ministre de l’économie de la région bruxelloise, tandis que l’Afrique du Sud recevra Mme Ingrid Lieten, chargée en Flandre des investissements publics ainsi que Jean-Claude Marcourt, ministre de l’Economie et de l’enseignement supérieur du gouvernement wallon.
Aux côtés des officiels, exceptionnellement nombreux, se retrouveront pas moins de 252 participants, représentants 159 sociétés et, visiblement attirés par la présence de la princesse Astrid, 27 journalistes seront du voyage. S’il s’agît de la première mission officielle d’Astrid, la princesse ne se trouvera pas en terrain inconnu : en 2006 déjà, elle s’était rendue dans le township de Kayelitsha, avait pris connaissance du programme de lutte contre le Sida mis en œuvre par Médecins sans Frontières en Afrique du Sud.
Cette fois encore, la princesse retrouvera MSF et son chef de mission, le Dr Eric Goemaere.
Aussi bien avec l’Angola qu’avec l’Afrique du Sud, les Belges entendent jouer sur l’ancienneté de leurs relations, sur une certaine fidélité aussi : vers Luanda par exemple, SN n’a jamais interrompu ses vols, même aux pires moments de la guerre civile tandis que l’Afrique du Sud accueille la plus importante communauté belge installée au sud du Sahara, plus de 15.000 compatriotes, dont beaucoup sont arrivés en droite ligne du Congo en 1960.
Mais la véritable raison de l’engouement actuel est évidemment l’économie : les ressources pétrolières assurent à l’Angola une croissance de 11% l’an et si l’Afrique du Sud connaît une certaine récession et limite sa croissance à 2% l’an, son économie ne représente encore un quart du PIB du continent africain.
En outre, à l’heure où se resserrent les liens entre Kinshasa et Pretoria, les Belge souhaitent être présents dans une sorte de relation économique triangulaire. Sans surprise donc, les milieux diamantaires flamands seront fortement représentés, de même que les milieux portuaires, ou les entreprises proposant des services logistiques ou des biens d’équipement.
Si la Wallonie était naguère très peu présente en Afrique du Sud, (en 2006 une mission économique n’avait réuni que neuf entreprises) elle entend rattraper son retard et 18 sociétés seront présentes, dont la montoise Ecocycle, qui espère vendre une machine géante destinée aux hôpitaux et permettant de traiter 300 kilos de déchets à l’heure. En 2012 déjà, les exportations wallonnes vers l’Afrique du Sud avaient augmenté de 22%.
En plus de ses mines et de ses industries, l’Afrique du Sud est aussi un pays où l’enseignement, depuis la fin de l’apartheid en 1994, connaît une rapide expansion. Mais si 89% de la population est alphabétisée, le manque de qualification explique le fait que 51,5% des jeunes sont sans emploi. Les immenses besoins en matière d’éducation expliquent pourquoi toutes les universités francophones ainsi que de nombreuses hautes écoles feront partie de la délégation, la « Belgique du savoir » se révélant un excellent atout en matière d’exportations…