23 octobre 2013

La Belgique, dans toute sa diversité…

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Johannesbourg,
Riche de ses talents, de sa diversité, de ses contradictions, la Belgique a donc débarqué à Johannesbourg. Avec ses 300 hommes d’affaires, ses dix profs d’univ, ses trente journalistes et surtout, au centre de tous les regards, sa princesse. Vêtue de blanc, fraîche comme si elle n’avait pas entamé son périple par l’Angola, l’œil vif et l’oreille attentive, Astrid, très à l’aise, évolue au milieu des groupes, se fait présenter ceux qu’elle ne connaît pas, écoute tout le monde jusque tard dans la soirée et ses gardes du corps se font couleur de muraille. Mais la Belgique, ce sont aussi ses institutions, ses ministres qui se sont bousculés pour ce périple austral et donnent à la délégation une allure protéiforme, à tel point qu’on ne sait plus trop qui fait quoi, qui est où. Qu’on en juge : Kris Peeters a regagné l’Europe sitôt terminée la visite en Angola ainsi que la Bruxelloise Céline Frémault, Rudi Demotte, qui s’est très discrètement arrêté au Burundi est arrivé avec un jour de retard, Pieter De Crem attend la délégation au Cap, à bord sans doute du bateau polaire. Jean-Claude Marcourt était présent avant tout le monde, entouré d’universitaires, mais il partira avant la fin, mettant le cap sur Lubumbashi où il visitera une ferme expérimentale. Didier Reynders, lui, est à son poste, il ne quitte pas la princesse mais aura tout de même des entretiens bilatéraux avec ses homologues sud africains où il sera sans doute question du Congo. Quant à la ministre flamande de l’investissement public Ingrid Lieten, elle a rejoint la délégation juste avant la fin de la séance inaugurale, drapée dans une robe couleur framboise.
Tout le monde l’assure, la princesse est remarquablement préparée, elle connaît ses dossiers, en Angola elle a impressionné tout le monde et elle semble ne rien ignorer de l’Afrique du Sud. On ne peut que le lui souhaiter, car le premier briefing fut pour le moins décoiffant. Soucieux de ne pas entretenir de vaines illusions auprès de ses visiteurs, l’ambassadeur de Belgique à Pretoria John Maricou, se retranchant derrière les derniers rapports du FMI, souligna les principaux problèmes auxquels l’Afrique du Sud demeure confrontée : certes, la pauvreté a reculé de 10 % mais les inégalités sociales et raciales se sont creusées, le taux de chômage réel oscille entre 35 et 40%, la cotation du pays baisse sur les marchés internationaux, la vulnérabilité de l’économie accentue les chocs externes dont par exemple la crise du secteur automobile, la croissance est moindre que dans d’autres pays émergents… Conclusion : soyez les bienvenus, mais demeurez prudents… Au nom de l’Awex, Jean-Pierre Muller devait quelque peu adoucir cette douche froide, mais avec de surprenants arguments. Passant soudain de l’anglais, de rigueur durant toute la séance, à un français mâtiné d’accent liégeois, il devait expliquer comment il avait du rassurer sa chère maman : « l’affaire Pistorius, les attaques à main armée, tout cela ce sont des histoires, je me sens autant en sécurité en Afrique du Sud que dans le carré à Liège… » C’est tout dire… Après cela, effectivement, que pouvait encore révéler Marc Schiltz, au nom de Flanders Investment and trade ? Rien d’autre que l’optimisme de la volonté « ce pays a beaucoup à offrir, les opportunités sont nombreuses, il ne s’agît pas d’une économie à la Mickey Mouse… » Et de conclure « acceptez l’Afrique du Sud telle qu’elle est, blanche, jaune, noire ou verte.. »